3 - Un pays, une histoire, des hommes


Les clés du passé

Algérie, Biskra, 1830 © Werner Presber

Porte ouverte sur la Méditerranée, l'Algérie a de tout temps attiré la convoitise de conquérants venus aussi bien d'Orient que d'Occident. Ce n'est qu'en 1962 que le pays accède à son indépendance, après avoir passé plus de deux millénaires sous le contrôle de nombreux empires.

La préhistoire

La terre algérienne n'a pas toujours été un vaste désert de sable et de pierres. A l'époque préhistorique, le Sahara était recouvert d'une savane tropicale. Les scènes de chasse représentées par les peintures rupestres dans le tassili des Ajjers (Sud) témoignent d'une faune particulièrement riche et exotique : éléphants, girafes, antilopes, autruches, lions…

L'homme, venu de l'Afrique de l'Est, fut attiré par ces forêts giboyeuses relativement tôt. Le plus vieil Algérien connu est l'Atlanthrope, ou l'homme de l'Atlas, dont les restes du squelette, découverts près de Mascara, ont été datés d'il y a 500 000 ans. A partir du Paléolithique moyen, plusieurs civilisations émergent en Afrique du Nord, notamment les Atériens (entre -40 000 et -20 000), installés à l'est, et les Ibéromaurusiens (entre -20 000 et -8 000), sédentarisés le long de la côte. Vers 7 000 av. J.-C., c'est au tour des Capsiens de s'épanouir dans le Maghreb oriental. Originaires de Capsa, dans la Tunisie actuelle, ces semi-nomades se répandent entre les deux grandes chaînes montagneuses du Maghreb mais sans jamais atteindre le littoral. On considère les Capsiens comme les ancêtres probables des Numides, peuple berbère qui occupait l'Afrique du Nord au cours du dernier millénaire avant notre ère.

L'Algérie antique

Les royaumes numides
Après la fondation de Carthage en 814 av. J.-C. par des Phéniciens, la côte algérienne passe sous le contrôle des Carthaginois. Ils établissent plusieurs comptoirs et nouent des relations commerciales à l'intérieur des terres. A cette époque, l'Afrique du Nord est divisée en deux : le royaume massyle, qui s'étend à l'est et a pour capitale Cirta (l'actuelle Constantine), et le royaume masaesyle à l'ouest, dont la capitale est Siga. Lorsqu'éclate la deuxième guerre punique (fin du IIIe siècle av. J.-C.), Rome et Carthage sollicitent l'appui des deux rois berbères.
Syphax, le Masaesyle, finit par se rallier aux Carthaginois tandis que Massinissa offre ses services au général Scipion. Syphax et Hannibal battus, Massinissa en profite pour étendre son royaume. Mais Rome, qui voit d'un mauvais œil l'émergence d'une puissance berbère, commence dès 146 av. J.-C. à annexer l'Afrique du Nord. Jugurtha, petit-fils de Massinissa, s'oppose alors aux visées hégémoniques romaines et devient le symbole de la résistance numide à l'envahisseur. Trahi par son beau-père, il est livré à l'ennemi en - 105 et envoyé en prison en Italie.

La domination romaine
Tout au long du Ier siècle av. J.-C., Rome poursuit sa politique d'annexion en s'appuyant sur des souverains numides qui lui sont fidèles, comme Juba II, installé sur le trône du royaume de Maurétanie. Marié à Cléopâtre Séléné, fille d'Antoine et de Cléopâtre, il fonde une grande et belle capitale qu'il nomme, en l'honneur de l'empereur, « Caesarea » (Cherchell). En l'an 42, l'Afrique du Nord est divisée en deux provinces : la Maurétanie tingitane (actuel Maroc) et la Maurétanie césarienne qui s'étend de la Moulouya au Constantinois. Les anciens comptoirs phéniciens se romanisent et se dotent d'amphithéâtres, de cirques, de thermes, etc. La colonisation se poursuit avec l'installation de camps et de garnisons (Timgad, Djemila, Lambèse, Sétif…) que l'on fait relier par un important réseau de routes.
Après s'être romanisée, l'Afrique se christianise, et ce, malgré l'hostilité du pouvoir impérial qui multiplie les persécutions. La nouvelle religion, dont l'expansion est favorisée par l'empereur Constantin dès 313, se répand très rapidement dans les cités, et l'on voit apparaître les premières églises et basiliques du Maghreb.

Saint Augustin
Né en 354 à Thagaste (actuelle Souk-Ahras dans l'Est algérien), ce fils de païen et de chrétienne se convertit au catholicisme à Milan et est ordonné évêque d'Hippone (Annaba) en 396. Il s'oppose à toute forme d'hérésie et combat le manichéisme ainsi que le schisme donatiste. A la fois théologien, philosophe et moraliste, il produit une œuvre immense (Les Confessions, La Cité de Dieu, correspondance, traités…) et ses idées ont grandement marqué l'histoire de la pensée chrétienne occidentale. Il mourut en 430, retranché dans sa basilique, lors du siège d'Hippone par les Vandales. Sa dépouille repose à Pavie mais la basilique Saint-Augustin à Annaba conserve son cubitus droit.

Vandales et Byzantins (429-647)
Au Ve siècle, l'Empire romain, attaqué de toutes parts, est en lambeaux. En 429, les Vandales débarquent en Afrique du Nord. Sous la conduite de Genséric, ils rasent Caesarea, Tipasa et Hippone, où meurt saint Augustin, retranché dans sa basilique. Un siècle plus tard, en 533, l'empereur byzantin Justinien, qui rêve de ressusciter la grandeur de l'Empire romain, parvient à occuper la partie orientale du Maghreb jusqu'à l'arrivée des Arabes en 647.

L'Algérie musulmane

La conquête arabe
Les cavaliers arabes arrivent en Afrique du Nord en 647. Si le Coran est généralement bien accueilli, certaines tribus berbères refusent de se soumettre. Dans les Aurès, la lutte est menée par la Kahina, reine semilégendaire. Malgré plusieurs succès remportés sur l'adversaire, elle finit par être vaincue à Tabarqa en 704. Au début du VIIIe siècle, la totalité du Maghreb passe sous le contrôle du califat omeyyade de Damas. Mais ce dernier, en proie à des révoltes internes, se désintéresse de ses territoires et laisse s'installer progressivement des dynasties arabo-berbères qui perdureront sous le califat abbasside de Bagdad.

Les dynasties musulmanes
En 909, la dynastie Rostémide, établie depuis deux siècles à Tahert, tombe sous les coups des Fatimides chiites de Kairouan et laisse place à deux autres dynasties : les Zirides, et les Hammadides, issus de la Kalaâ des Beni Hammad dans les monts du Hodna, puis contraints de s'établir dès la fin du XIe siècle à Béjaïa.
A l'ouest, la dynastie berbère des Almoravides, emmenée par Youssef ibn Tachfine, s'impose comme la nouvelle puissance de l'Afrique du Nord. De 1061 à 1147, les Almoravides s'emparent de plusieurs places fortes, unifient les régions et embellissent de nombreuses mosquées et monuments à Marrakech, leur capitale, Tlemcen, Nedroma ou encore Alger. Puis c'est autour des Almohades (1147-1269), une autre dynastie berbère, de contrer la Reconquista en Andalousie et de protéger le littoral algérien contre les Normands de Sicile. Affaiblis par des conflits internes et des révoltes permanentes, les Almohades finissent par chuter et le Maghreb se fragmente en trois grands ensembles : la Tunisie et l'Est algérien reviennent aux Hafsides, l'Ouest est contrôlé par les Mérinides, tandis que depuis Tlemcen les Zianides règnent au centre pendant près de trois siècles.

Les attaques espagnoles (XVIe siècle)
Bien décidés à s'implanter en Afrique du Nord, les Espagnols entreprennent au début du XVIe siècle plusieurs raids sur la côte algérienne. En 1505, ils s'emparent de Mers-el-Kebir puis d'Oran, Mostaganem et Bougie. Alger est quant à elle assiégée depuis une forteresse édifiée sur l'îlot du Penon. Les frères Barberousse, Aroudj et Kheir ed-Din, sont alors sollicités pour repousser la flotte catholique. En quelques années, les deux corsaires turcs parviennent à reprendre aux Espagnols l'essentiel de leurs nouvelles possessions. Alger est libérée en 1518 par Kheir ed-Din qui, par la même occasion, place toute la côte algérienne sous protectorat ottoman.

Comment l'Invincible Armada fut vaincue à Alger
Le 20 octobre 1541, l'Armada espagnole se présente dans la baie d'Alger dans l'espoir d'arracher la ville aux Turcs. Elle est composée de 22 000 hommes, 450 navires et 65 galères. Trois jours plus tard, la puissante armée impériale débarque et tente un assaut par le sud. C'est alors qu'une pluie torrentielle s'abat sur la ville pendant plus de deux jours. Les éléments d'infanterie et d'artillerie sont trempés, épuisés, et incapables de mener la moindre attaque. Quand la pluie cesse, une terrible tempête se met à souffler sur la baie. Plusieurs dizaines de vaisseaux coulent ou échouent sur les plages. Le 27 octobre, Charles Quint ordonne la retraite. Il a perdu la moitié de sa flotte et plus de 8 000 hommes ont dû être abandonnés sur place. Les Algérois ont longtemps vu dans cet événement une aide divine.

La régence turque (1518-1830)
Pendant plus de trois siècles, les Turcs dominent le Nord de l'Algérie, contrôlant essentiellement les villes côtières et quelques villes à l'intérieur des terres. Alger, placée sous l'autorité des beys, prospère grâce à sa flotte de corsaires. A l'intérieur du pays, les beys administrent les provinces et perçoivent les impôts. En 1826, les relations entre Alger et le gouvernement français se compliquent au sujet du règlement d'une dette. Les rapports s'enveniment au point qu'en 1827, le bey d'Alger frappe le consul de France d'un coup d'éventail. d'éventail. Cet incident sert de prétexte à Charles X pour entreprendre une action militaire contre l'Algérie. Le 16 juin 1830, une armée de 36 000 hommes débarque à Sidi-Ferruch et s'empare d'Alger, sans difficulté, le 5 juillet.

L'Algérie française (1830-1962)

La conquête (1830-1857)
Ce qui ne devait être qu'un acte de représailles se transforme rapidement en conquête du territoire algérien. L'armée française progresse rapidement le long de la côte mais se heurte à l'intérieur du pays au bey de Constantine à l'est, ainsi qu'à l'émir Abd el-Kader à l'ouest. Depuis Mascara, ce dernier organise la résistance et soulève une importante armée. Après avoir infligé plusieurs revers à l'envahisseur, il signe, avec le général Bugeaud, le traité de la Tafna (1837) qui reconnaît à l'émir l'administration de tout le pays sauf des ports et des villes côtières. En 1839, il relance pourtant les hostilités avec la France. Bugeaud, devenu gouverneur de l'Algérie, mobilise 100 000 hommes et parvient à refouler l'armée arabe sur les Hauts Plateaux. En 1843, la smala de l'émir est détruite et le chef arabe doit se réfugier au Maroc. Suite aux bombardements de Tanger et de Mogador par la flotte française, il est contraint de quitter le royaume et finit par se rendre en 1847. Dix ans plus tard, l'Algérie semble entièrement soumise à la France.

La colonisation
Afin de consolider la conquête d'un territoire aussi vaste que la France, des milliers de colons français sont envoyés dès 1836 occuper les terres fertiles du Nord de l'Algérie. Leur nombre s'accroît par la suite avec l'arrivée de travailleurs espagnols, italiens et maltais. Après la guerre franco-allemande de 1870, la IIIe République fait de l'Algérie un territoire français divisé en trois départements. La politique de peuplement reçoit une nouvelle impulsion avec l'arrivée massive de colons lorrains et alsaciens qui sont rendus propriétaires de terres viticoles.
En 1870, le décret Crémieux accorde la nationalité française aux 30 000 juifs d'Algérie et, en 1889, une loi naturalise automatiquement tous les étrangers nés en Algérie. Quant aux musulmans, ils sont placés sous le régime de l'indigénat : instauration d'un permis de circuler ainsi que d'un couvre-feu, interdiction de tenir des réunions publiques, etc.

La montée des oppositions
Malgré l'implantation scolaire et la diffusion de la langue française, les musulmans ne sont pas assimilés et restent considérés comme des citoyens de seconde zone. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, à laquelle de nombreux musulmans participent, se pose la question de l'indépendance. Le cheikh Ben Badis, président du Conseil des ulémas d'Algérie, veut faire de l'Algérie une véritable nation et obtenir l'égalité des droits avec les Européens. Les Jeunes Algériens de Ferhat Abbas militent pour l'accession à la citoyenneté française des musulmans tandis que le mouvement indépendantiste de l'Etoile nordafricaine de Messali Hadj s'emploie à éveiller le nationalisme chez les Algériens.
Le 8 mai 1945, alors que la France fête la fin de la Seconde Guerre mondiale, les musulmans défilent pacifiquement à l'appel du Parti populaire algérien (PPA) de Messali Hadj. A Sétif, Guelma et Kherata, la police réprime les manifestations à caractère indépendantiste et tire sur la foule. Des révoltes éclatent et plus d'une centaine d'Européens sont assassinés. La répression se termine par le massacre de plusieurs dizaines de milliers d'Algériens. Les partisans d'une Algérie indépendante se mobilisent à nouveau. Messali Hadj fonde le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), tandis que quelques-uns de ses militants, parmi lesquels Aït Ahmed, Ben Bella et Khider, fondent un comité révolutionnaire qui deviendra le Front de libération nationale (FLN).

La guerre d'Algérie (1954-1962)
Le 1er novembre 1954, une série d'attentats sont organisés simultanément dans les Aurès et en Kabylie. Les combats s'étendent rapidement au reste du territoire et le FLN parvient à rallier le peuple musulman à sa cause. La France envoie en Algérie un demimillion d'appelés.
Alors que les massacres et les attentats se poursuivent, les principaux chefs du FLN établissent les fondements d'un Etat algérien lors du congrès de la Soummam, le 20 août 1956. Quelques mois plus tard, l'avion qui transporte à Tunis plusieurs leaders nationalistes est détourné vers Alger. Aït Ahmed, Boudiaf, Khider, Ben Bella sont arrêtés et emprisonnés.

En 1957, le général Massu et sa division de parachutistes sont chargés de remettre de l'ordre à Alger. Les arrestations se multiplient et la torture est employée lors des interrogatoires. Les « événements d'Algérie », comme on les appelle alors, inquiètent aussi bien les colons que l'opinion publique en métropole. Le 13 mai 1958, des Européens prennent d'assaut le bâtiment du ministère d'Algérie, en appellent au général de Gaulle et exigent la création d'un gouvernement de salut public afin que l'Algérie reste française. De retour au pouvoir, De Gaulle tente d'abord de satisfaire les deux parties. Mais en 1959, face à l'ampleur de la violence, il doit reconnaître le droit des Algériens à l'autodétermination. Malgré les actions sanglantes menées par l'Organisation de l'armée secrète (OAS) contre la population indigène et les autorités françaises, des pourparlers sont entamés à Evian avec un gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). L'accord de cessez-le-feu conclu le 1 1962 marque la fin de l'occupation française en Algérie. Quelques mois plus tard, le 3 juillet, l'Algérie est proclamée indépendante, et le 5, les Algériens fêtent dans la liesse générale leur indépendance. Pendant ce temps, près d'un million d'Européens, rejoints par les harkis, quittent le pays dans des conditions très difficiles.

Le pèlerinage des pieds-noirs
Les pieds-noirs, qu'ils soient juifs ou chrétiens, sont de plus en plus nombreux à accomplir le pèlerinage sur la terre qui les a vus naître. Seuls, en famille, ou dans le cadre de voyages organisés, ils retournent dans leur ancien quartier, se recueillent sur la tombe des leurs et frappent à la porte de leur première maison où les occupants leur réservent un accueil très chaleureux. Le nom des rues a changé, des immeubles ont disparu, mais les amis d'enfance sont encore là. Après des retrouvailles chargées d'émotions, des liens se tissent à nouveau entre les deux rives de la Méditerranée, près d'un demisiècle plus tard…

L'Algérie indépendante
Alors qu'elle vient juste d'accéder à son indépendance, l'Algérie connaît ses premières crises politiques. Ahmed Ben Bella, proche de l'Armée de libération nationale (ALN), est élu à la présidence mais aucun membre du GPRA ne figure dans son gouvernement. Les conflits internes et un contexte socio-économique inquiétant poussent Houari Boumediene à organiser un coup d'Etat militaire le 19 juin 1965.

Dans les années qui suivent son accession au pouvoir, Boumediene maintient le pays sur la voie socialiste. Il nationalise les terres, les banques, les compagnies pétrolières et concentre l'essentiel de l'activité économique du pays sur le secteur des hydrocarbures. A sa mort, en décembre 1978, il est remplacé par le colonel Chadli Bendjedid, candidat unique désigné par l'armée. Ce dernier doit faire face dès 1980 à la crise sociale et identitaire révélée en Kabylie par le « Printemps berbère ». Sur le plan économique, la situation ne cesse d'empirer avec la chute des prix du baril. En octobre 1988, des manifestations sont réprimées dans le sang à Alger et dans d'autres villes du pays. Un an plus tard, le pays se lance dans une expérience inédite avec l'instauration du multipartisme. Les formations politiques se multiplient en vue des premières élections démocratiques. En 1990, le FIS (Front islamique du salut), dont le projet de république islamique séduit les couches populaires, remporte les élections municipales. Il récidive en décembre 1991 au premier tour des législatives mais Chadli Bendjedid annule le processus électoral et démissionne. Le pouvoir est alors confié à un Haut Comité d'Etat présidé par Mohamed Boudiaf, figure historique de la révolution. L'espoir qu'il suscite est de courte durée puisqu'il est assassiné le 29 juin 1992. Dans le même temps, le Groupe islamique armé (GIA), branche radicale du FIS désormais dissout, multiplie les attentats et plonge tout le pays dans la terreur. Journalistes, intellectuels, policiers et ressortissants étrangers sont les premiers visés. En quelques années, plus de 100 000 personnes trouvent la mort dans des conditions atroces.

En 1999, le nouveau président Abdelaziz Bouteflika propose une « concorde civile » qui consiste à amnistier les terroristes n'ayant pas commis de crimes de sang. Son programme est largement plébiscité par la population et permet de mettre un terme à la décennie noire. L'Algérie entre dans une nouvelle ère, où la reprise économique, favorisée par l'augmentation des prix du pétrole, contraste avec une situation sociale toujours très préoccupante.

Chapitre précédent Chapitre suivant