En Irlande, la mer est toujours à moins de 100 km de là où vous êtes. L’île est de taille modeste : le huitième de la France. Elle présente pourtant un relief diversifié.
Une grande plaine occupe le centre du pays, couverte de tourbières (bogs) et de lacs, mais aussi de quelques collines. Elle est drainée par le Shannon, la rivière la plus longue du pays et de toutes les îles britanniques (470 km). Des montagnes l’entourent, qui viennent mourir sur une côte souvent déchiquetée et, côté Atlantique, entaillée par de profonds bras de mer. De granite, de quartz ou d’ancien grès rouge, ces reliefs montagneux sont impressionnants malgré leur altitude modeste : le sommet le plus élevé d’Irlande, le Carrantuohill, dans le Kerry, culmine à 1 040 mètres.
Les curiosités géologiques ne manquent pas, entre le Burren (comté de Clare), désert calcaire creusé de cours d’eau souterrains, souvent reliés entre eux, et les grottes mystérieuses de Marble Arch, dans le comté de Fermanagh, ou de Dunmore, dans le comté de Kilkenny.

Irland 2009 - 140 © l-i-n-k

Irland 2009 – 140 © l-i-n-k

Carte d’identité de l’Irlande

Nom : République d’Irlande (Eire).
Capitale : Dublin.
Superficie : 70 282 km2.
Chef de l’Etat : Mary McAleese, depuis le 30 octobre 1997.
Nature du régime : Démocratie parlementaire (deux chambres).
Population : 4 757 000 hab.
Langues officielles : Irlandais (gaélique) et anglais.
Religion : Catholique (95 %).
PNB : 40 232 $ / hab.

L’île verte

Il faut dire que l’origine de la terre d’Irlande remonte à la nuit des temps : deux milliards d’années pour ses parties les plus anciennes, tel le comté de Donegal. A l’ère quaternaire, la totalité du pays fut enveloppée par les glaces qui, en se retirant, abandonnèrent d’épais dépôts morainiques. Adoucissant l’ensemble, les plages irlandaises comptent parmi les plus belles de l’Atlantique, tant par leur immensité que par leur blancheur. C’est pourtant le vert qui constitue la couleur emblématique de l’Irlande : celle de pâturages à l’herbe drue, entourés de murets de pierre sèche ou de haies vives, et dont la richesse est favorisée par un climat typiquement océanique, avec précipitations abondantes.

Au bonheur des botanistes

Il n’y a plus de forêts profondes en Irlande : dès le XVIe siècle, l’île fut mise en coupe réglée par les colons protestants. Les arbres qui ont échappé au massacre sont essentiellement des chênes, des bouleaux et des frênes. Depuis quelques années, les autorités gouvernementales appliquent un programme de reboisement à long terme. Il favorise les essences résineuses comme le mélèze, le sapin ou l’épicéa, au développement plus rapide. Partout ou presque poussent genêts et bruyères, indissociables de l’image même de l’île. Mais certains secteurs privilégiés recèlent des plantes beaucoup plus rares, qui font le bonheur des botanistes. Ainsi le Burren, où des espèces arctico-alpines voisinent avec des fleurs méditerranéennes : gentiane, orchidée, saxifrage, genévrier, violette, fleur d’aubépine…Au printemps, le spectacle est vraiment enchanteur. D’autres régions ajoutent touches et couleurs originales à la végétation irlandaise de base : Killarney et Gengarrif, avec leurs arbres à fraises et leurs lichens tropicaux. L’ouest du Connemara, avec ses fougères quasiment inconnues ailleurs. La vallée de la rivière Suck (comté de Galway), avec des mousses et des laîches d’une étonnante diversité. Et Dublin qui, grâce à la bienfaisante douceur du Gulf Stream, fait pousser des palmiers dans ses jardins publics.

380 espèces d’oiseaux

En Irlande, l’eau est partout. Ce n’est pas par hasard que pêcheurs sportifs et chasseurs de sauvagine ont été, dans les années soixante, les premiers touristes à fréquenter assidûment le pays. Saumons, truites, brochets, mais aussi anguilles et gardons, sont encore nombreux dans les rivières et dans les lacs, malgré les premières atteintes d’une pollution liée aux industries chimique et pharmaceutique. Du nord au sud de l’île, hérons, sarcelles, cingles plongeurs, poules d’eau, canards, courlis, oies sauvages et autres bécassines surveillent la gent piscicole du coin du bec.
Le bord de mer abrite des phoques et des dauphins, des coquillages et des crustacés, des requins bleus et des… poissons volants, qui suivent les courants du Gulf Stream. Côtes et îles sont peuplées de mouettes, pluviers, macareux, cormorans, pétrels, tournepierres, fous de Bassan, etc. Au total, l’Irlande annonce 380 espèces d’oiseaux sauvages. Près d’un tiers y nichent régulièrement, dont le râle des genêts. Menacé ailleurs, ce bel oiseau trouve un habitat protégé au cœur des cultures traditionnelles de l’ouest de l’île.
Les grands animaux sont beaucoup plus rares sur l’île, même si le cerf vit encore dans certains territoires semi-montagneux, tels ceux du Glenveagh National Park ou du Connemara National Park. En revanche, de petits mammifères comme la martre, la loutre ou l’écureuil demeurent d’autant plus abondants qu’ils n’ont plus rien à craindre des aigles, disparus au siècle dernier.

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