La Grèce est bien le pays des quatre éléments : l’eau de l’Egée, la terre du Pinde, le feu de Santorin, le souffle du Meltemi. La côte sud de la Crète est à la latitude de Jerba. La frontière de la Thrace est à la hauteur d’Ajaccio. Quant aux longitudes, Corfou frôle le méridien de Budapest; Kastellorizo, celui d’Alexandrie. Encadrez le tout et vous y faites entrer l’Espagne…

 

Carte d’identité de la Grèce

Nom : Grèce (Ellas)
Capitale : Athènes (Athina)
Superficie : 132 000 km2
Nature du régime : république parlementaire
Population : 11 millions d’habitants
Langues officielles : grec moderne (dimotiko), grec littéraire (katharevousa) dans les textes administratifs
Monnaie : l’euro
Religions : christianisme orthodoxe : 95 % (séparation de l’Eglise et de l’Etat depuis 1982)
islam : 1,2 %
catholicisme : 0,5 %
PIB : 130 milliards d’euros (12 000 € par habitant)

meteora monastery © alaskapine

meteora monastery © alaskapine

La Grèce maritime

La différence, c’est que la République hellénique a quatre fois moins de surface : un quart du territoire se disperse entre 3 000 îles, ce qui en fait le pays le plus insulaire d’Europe. Jetées dans la mer flottent donc les îles Ioniennes, les îles du golfe Saronique, les Cyclades, les Sporades, les îles de l’Est, celles du Dodécanèse et la Crète, un monde à elle seule.Même sur le continent, on se trouve rarement à plus d’une centaine de kilomètres de la mer, la Grèce lorgnant vers trois horizons à la fois – mer Ionienne à l’ouest, mer Méditerranée au sud et mer Egée à l’est.

 

La Grèce des sommets

Mais, en dépit de ses 15 000 km de côtes, la Grèce reste solidement ancrée au socle des Balkans; car, lorsqu’elle n’est pas maritime, la Grèce est montagneuse – à 70 % ! Ce qui fait qu’un Crétois se sent moins marin qu’homme des plateaux et des cîmes ; ce qui fait que l’agriculture et les communications ont eu du mal à se développer ; ce qui explique, enfin, que du nord au sud et de l’est à l’ouest, les régionalismes aient persisté. Coincées entre ces géants naturels, veillées par les 2 917 mètres du célèbre mont Olympe, les rares plaines – de Béotie, Thessalie et Macédoine, blondes des cultures de blé, viennent adoucir ce paysage tourmenté.

 

La flore

Le partage mer-montagne se retrouve naturellement dans la végétation. Les feuillus et les sapins règnent dans le Nord, sous un climat bien continental. L’olivier, le pin et le cyprès couvrent les îles et les rivages découpés du Sud, si typiquement méditerranéens. C’est une des raisons pour laquelle la Grèce est la deuxième d’Europe – derrière la péninsule ibérique – pour la variété de la flore. Comme la France a sa garrigue et l’Espagne ses tomillares, la Grèce possède sa frougana, couvrant les sols secs et rocailleux. De la même manière, ce type de maquis s’installe là où la forêt a disparu, victime des trop nombreux incendies. Arbousiers, chênes, genêts, sauge, thym, origan… y poussent allègrement, jouant sur la couleur au printemps et, en été, sur la senteur.

 

La faune

En revanche, la faune ne semblera pas trop exotique aux familiers de l’Europe latine, qui retrouveront les locataires habituels des végétations méridionales : reptiles, hérissons, lièvres bruns, fauvettes, rouges-gorges, merles, perdrix, faucons et quantité d’insectes. Le chacal doré, animal rarissime, parcourt cependant le Péloponnèse, particulièrement les régions de la Laconie et du Magne, mais il est vrai que du temps d’Héraclès, le lion d’Asie (qu’on ne rencontre plus aujourd’hui qu’en Inde), y rôdait aussi. Dans les estuaires, on rencontrera des oiseaux marins familiers : le flamant rose, la mouette, le pélican blanc, le grand cormoran, l’élégante avocette et l’éternel canard.Et puis, dans les hautes vallées que hantent parfois les loups, on signalera tout de même le vautour d’Egypte et le gypaète, et, sur les côtes, le phoque moine et la tortue caret, deux espèces aujourd’hui menacées.

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