Portrait d'un cubain © Pim Nuijten

Portrait d’un cubain © Pim Nuijten

L’ensemble de la république de Cuba (l’île principale et les archipels) atteindrait les 11,5 millions d’habitants. La capitale, La Havane, de loin la plus grosse agglomération du pays, compte près de 3 millions d’âmes. Près de la moitié des Cubains auraient moins de 20 ans. Le dernier recensement date de 1994. Selon une estimation officielle, la densité de la population à Cuba est de l’ordre de plus de 100 habitants au km2.
Les « Indiens » : on a pu établir que les Siboneys, ou encore Ciboneys, de type Guayabo Blanco ou Cayo Redondo, présents dans les Antilles et les Caraïbes, seraient arrivés à Cuba en différentes vagues entre 6 000 et 3 000 ans avant Christophe Colomb. Ils étaient chasseurs, pêcheurs et prédateurs, mais n’étaient pas céramistes. Les « Indiens » du groupe culturel mayari, arrivés entre 800 et 1100 apr. J.-C. commencèrent, eux, à pratiquer l’agriculture et la céramique. 
Enfin, la population aborigène qu’ont connue les Espagnols sont des Araucos, du groupe taïno et sub-taïno, agriculteurs et céramistes, possédant en commun la langue des Indiens arawaks des Antilles, l’arauco. De ces cultures précolombiennes, il reste des traces dans les nombreuses grottes à travers le pays et ses îles. Elles semblent avoir servi de tombeaux où les morts étaient enterrés selon des rites précis et entourés d’objets en céramique. L’un des meilleurs exemples en est la « Grotte Numéro Un » (Cueva Numero Uno) à Punta del Este, dans l’île de la Jeunesse, qui comporte des témoignages d’Indiens siboneys. C’est un ensemble de 213 peintures rupestres, partiellement polychromes, sur les parois et les plafonds. Au cours des travaux de nettoyage et de mise en valeur, d’autres peintures ont été découvertes en 1967. Selon certaines estimations, la population indienne à Cuba était de 200 000 personnes à l’arrivée des Espagnols. 
En 1532, il n’y en aurait plus que 5 000 et, avant la fin du xvie siècle, quelques individus ; l’extermination a été massive. Il en resterait quelques familles dans la partie extrême-orientale du pays, dans la province de Guantanamo, totalisant peut-être 300 personnes. Il existe deux témoignages émouvants sur les cultures indiennes de Cuba : le musée de sculptures en plein air à Guama qui regroupe plusieurs ‘uvres de l’artiste contemporaine Rita Longa, ainsi que le Musée Indo-Cubain de Banes, près de Guardalavaca.

Les Noirs :

tout au long du XVIe siècle, il y eut « importation » massive de Noirs d’Afrique comme esclaves dans les mines et les plantations. Les 300 premiers seraient arrivés en 1524 et les derniers en 1873. Le « siècle d’or » de la traite des Noirs se situerait entre 1715 et 1815. On a pu calculer que 500 000 personnes au moins ont ainsi été déportées vers Cuba en provenance essentiellement des côtes occidentales d’Afrique, entre Sénégal et Angola. Une autre vague noire a été constituée par ceux d’Haïti et de Jamaïque qui au nombre de 250 000 ont été importés pour des raisons de recherche de main-d’’uvre complémentaire dans les plantations de canne à sucre et de tabac, entre 1913 et 1927. De source cubaine, on parle de l’arrivée d’un million d’Africains en trois siècles. Aujourd’hui 12 % des Cubains sont d’origine noire. 

Les Asiatiques :

on a pu calculer que 120 000 Chinois de Canton ont émigré à Cuba dans la seconde moitié du xixe siècle. Ils sont aujourd’hui très concentrés à La Havane. Leur présence se remarque notamment par les « restaurants chinois » qu’ils animent. Selon des informations cubaines, 13 000 Cantonais vivent aujourd’hui à Cuba (environ 0,1 % de la population). Les premiers Chinois sont arrivés le 3 juin 1847. Ils étaient 206 survivants d’une traversée bien longue et agitée. En 1996, une série de grandes festivités ont eu lieu dans le « Quartier chinois » de La Havane avec une apothéose en mai-juin 1997 pour les 150 ans de présence chinoise à Cuba. Au menu : festival gastronomique, fête des Arts traditionnels et des sports, colloque scientifique, etc. 

Les Espagnols et les Européens :

ce sont bien évidemment les Espagnols qui ont le plus contribué au peuplement de Cuba. Ils vinrent notamment dans des régions les plus pauvres : Galice (comme la famille de Fidel Castro), d’Extremadure et des Asturies. Les administrateurs et les membres du clergé venaient, eux, surtout de Castille et d’Aragon. À la fin du xixe et au début du xxe, il y eut quelques arrivées d’autres Européens, notamment de Français, d’Italiens, de Britanniques et d’Allemands, tentés par l’aventure économique et le nouvel espace de développement que Cuba représentait alors à leurs yeux. 66 % de la population de Cuba est d’origine européenne. 

Les Métis :

ils représentent 22 % des Cubains. « Un jour, l’on dira couleur cubaine » a dit le poète cubain Nicolás Guillén.

Les migrations récentes :

le régime dictatorial de Batista a fait émigrer nombre de Cubains à la recherche de liberté et de conditions économiques meilleures. Ils sont surtout allés en Espagne, dans les autres pays latino-américains du Centre et du Sud et aux États-Unis. La révolution castriste a généré trois vagues d’émigration au début des années 1960, en 1980, lors des « événements » du Port de Mariel et en juin-juillet-août 1994, lorsque des milliers de Cubains quittèrent l’île à bord d’embarcations de fortune, les balsas, d’où leur nom de balseros. Les données chiffrées sont difficilement contrôlables et varient énormément selon les sources. Les États-Unis, et spécialement la Floride, en auraient accueilli 200 000 en 1960 et 120 000 en 1980. On parle par ailleurs d’un total de 800 000 départs. Des avocats, des médecins, des commerçants, des étudiants, mais aussi des gens simples. Ils ont également émigré vers l’Europe (Espagne), Costa Rica et d’autres pays latino-américains.

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