Longtemps occultée par Bruges, sa rivale de toujours, Gand (Gent) a privilégié dès les XVIIIe et XIXe siècles ses activités économiques. Victime de la pollution engendrée par son dynamisme industriel, ce petit joyau des Flandres travaille depuis une vingtaine d’années à l’amélioration de son image culturelle et touristique : restauration de quartiers et de maisons médiévales, organisation d’événements, assainissement des canaux, mise en valeur des musées et du patrimoine local…

Cœur historique

Het Stadhuis
Botermarkt 1. Accessible du lundi au jeudi, uniquement lors des visites guidées complètes de la ville. Tél. : 09 233 53 11.
C’est une harmonieuse juxtaposition de bâtiments (le premier d’entre eux remonte à 1313) et de styles architecturaux mélangeant le style Renaissance et le gothique flamboyant. Alors que l’aile Renaissance, qui donne sur le Botermarkt, date du XVIIe siècle, le reste de l’édifice, flanqué d’une ornementation plus sophistiquée, date du XVIIIe siècle. L’ensemble, qui sert de centre administratif, recèle quelques détails qui méritent la découverte, dont en façade plusieurs statues blotties dans des niches. L’une d’entre elles montre le premier architecte de l’édifice, Rombaut Keldermans, en train d’étudier ses plans.
Parmi une enfilade de salles prestigieuses, la fameuse salle de la Pacification vit la signature, en 1576, de la pacification de Gand.

Het Belfort en de Lakenhalle
Beffroi accessible du 15 mars au 15 novembre, du lundi au dimanche, de 10 h à 18 h. Entrée payante. Visite guidée gratuite, du 1er mai au 31 octobre, à 14 h 10, 15 h 10 et 16 h 10.
Dominant la place Saint-Bavon (Sint-Baafsplein), le beffroi est l’un des édifices les plus marquants de la ville. Construit à cheval sur les XIIIe et XIVe siècles, souvent remanié dans son architecture et finalement restauré au début du XXe siècle, il est le gardien des chartes et des privilèges de la ville, puissants symboles de son indépendance. Du haut de ses 91 m, il offre une vue exceptionnelle sur Gand. En grimpant à son sommet, il faut s’arrêter au quatrième étage pour y admirer le mécanisme de l’horloge, qui passe pour être la plus ancienne du pays : elle date de 1670. Le carillon, fort de ses 52 cloches, mérite également le coup d’œil.
Jouxtant le beffroi, la halle aux draps (Lakenhalle) formait avec celui-ci un véritable centre commercial au Moyen Age. Construite entre 1426 et 1441, restaurée au début du XXe siècle, elle était le lieu de rencontre privilégié des marchands de draps et de laine.

Historical Centre of Gent © AbhijeetRane

Historical Centre of Gent © AbhijeetRane

Sint-Baafskathedraal
Sint-Baafsplein. Ouvert d’avril à octobre, du lundi au samedi, de 8 h 30 à 18 h, le dimanche de 13 h à 18 h. De novembre à mars, du lundi au samedi, de 8 30 à 17 h. Entrée libre sauf pour la crypte de l’Agneau mystique. Chœur fermé à la visite. Tour accessible uniquement pendant les fêtes de Gand, de 11 h à 18 h.
C’est en 1540, sur ordre de Charles Quint, qui avait transformé l’abbaye Saint-Bavon en forteresse, que la collégiale fut consacrée à saint Bavon avant d’être élevée au rang de cathédrale vingt et un ans plus tard. Aujourd’hui, c’est l’un des édifices les plus remarquables de la cité gantoise. Tout en brique et en granit, son architecture mélange divers styles : roman (la crypte, qui demeure le seul élément de l’église originelle), gothique français (le chœur), gothique flamboyant (la nef) et gothique tardif.
L’intérieur de la cathédrale est encore plus prestigieux. L’espace y semble immense, soutenu avec une légèreté surprenante par de fines colonnes. La lumière y est douce, tamisée par les fenêtres. En se promenant dans les travées, le visiteur est frappé par le grand nombre d’œuvres d’art qui l’agrémentent et l’enrichissent. Notamment une célèbre Vocation de saint Bavon, peinte en 1624 par Rubens, ou le Triptyque du Calvaire (1466), que l’on doit à Juste de Gand.

Polyptyque de « L’Adoration de l’Agneau mystique »
C’est un extraordinaire retable niché dans une chapelle latérale, à gauche de l’entrée. On estime que l’œuvre a été commencée vers 1420 par Hubert Van Eyck (dont c’est la seule œuvre signée) et qu’elle fut achevée douze ans plus tard. Commandée par un riche Gantois du nom de Josse Vijd, elle résume à elle seule plusieurs éléments clés de la religion chrétienne, du péché originel à la rédemption. Au total, ce tableau ne compte pas moins de 42 espèces de fleurs et plantes ainsi que 248 figures avec un surprenant point commun : elles sont toutes éclairées par la droite.

L’histoire mouvementée de « L’Agneau mystique »
L’Adoration de l’Agneau mystique connaît tout de suite la célébrité et suscite d’emblée les convoitises. Notamment celles de Philippe II ou des iconoclastes (vers 1570). En 1640, il échappe au feu. Plus tard, Joseph II, choqué par la nudité d’Adam et d’Eve, fait enlever les panneaux controversés et les remplace par des versions plus pudiques. Par la suite, une partie de l’œuvre prend la route du Louvre et d’autres panneaux sont envoyés à Berlin. Il faut attendre 1920 pour que la totalité de l’œuvre, à l’exception du socle d’origine, perdu en 1550, retrouve sa place initiale. En 1934, un vol l’ampute de saint Jean-Baptiste (qui est rapidement retrouvé) et des juges intègres, toujours disparus et remplacés par une copie visible actuellement. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le polyptyque prend la direction de Pau et est finalement retrouvé dans une mine de sel autrichienne. Depuis, l’œuvre fait l’objet de mesures de sécurité draconiennes.

Suivez le guide !
N’hésitez pas à grimper au sommet de la tour de la cathédrale Saint-Bavon : la vue que l’on a sur la ville et ses environs est superbe.

Koninklijke Nederlandse Schouwburg
Sint-Baafsplein 17.
Dans un superbe cadre architectural, il affiche chaque année un grand nombre de productions signées par la Compagnie théâtrale néerlandaise de Gand. Les représentations sont en flamand, mais la compagnie offre gratuitement la traduction simultanée en français ou en anglais grâce à une technique de casques à écouteurs à infrarouges.

Sint-Niklaaskerk
Ouvert le lundi de 14 h à 17 h et du mardi au dimanche de 10 h à 17h .
Construite entre le XIIIe et le XVe siècle, elle représente probablement l’exemple le plus remarquable du style gothique typique de la région de l’Escaut.

Korenmarkt
Bordé par l’une des rues les plus pittoresques de la ville, la Graslei, le marché aux grains était, au Moyen Age, le centre commerçant local le plus actif. Aujourd’hui, le lieu n’accueille plus les marchands de grains, mais est bordé de cafés animés où il est agréable de s’arrêter pour déguster une bonne bière belge.

De Graslei en de Korenlei
Ensemble, ils forment le plus ancien port de Gand sur la Lys, où s’exerçait jadis le monopole des bateliers.
Le quai au Blé, pourtant moins réputé que son vis-à-vis, présente quelques-unes des plus belles demeures de la ville. Notamment De Zwanne(n° 9), ancienne brasserie du XVIe siècle, et Het Huis van Graaf van Egmond(maison du duc d’Egmont, n° 15). Le quai offre également un magnifique point de vue sur les façades qui s’alignent le long du quai aux Herbes. C’est probablement sur ce dernier que l’on retrouve les plus beaux exemples de l’architecture gantoise classique : Het Guildhuis van de Metselaars(maison des Maçons, n° 8), bâtie en 1527 dans le style gothique brabançon, Het Spjiker(maison de l’Etape, n° 10), datant du XIIIe siècle, la mignonne petite Tolhuisje(Tonlieu, n° 11),datée de 1682, où logeait le receveur, ou la Vrijschepers(maison des Francs-Bateliers, n° 14), de 1531, qui présente en façade de délicates scènes nautiques.

Groentenmarkt
On y arrive en remontant la Hoogpoortstraat depuis l’hôtel de ville, agréable rue bordée de maisons des XIVe, XVe et XVIe siècles. On y découvre surtout la façade de la Grande Boucherie (Groot Vleeshuis), remarquable par son bel alignement de lucarnes à redans. A quelques pas, le pont aux Herbes (Grasbrug) enjambe la Lys et mène au musée des Arts décoratifs et du Design.

Design Museum Gent
Jan Breydelstraat 5. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h. Entrée payante.
Une élégante demeure du XVIIIe siècle abrite ce musée, qui présente diverses collections (art appliqué, design, artisanat…), de 1600 à notre époque, sous la forme d’un intérieur composé de styles divers. On voit, entre autres, une très belle salle à manger du XIXe siècle, l’un des joyaux des lieux. Une aile plus récente est consacrée à l’art appliqué au XXe siècle, de l’Art nouveau à l’Art déco.

Sint-Michielskerk
Ouvert du 1er avril au 30 septembre, du lundi au samedi, de 14 h à 17 h. 
En bordure de la Breydelstraat, à quelques pas de la Lys et du quai aux Herbes, elle fut construite entre 1440 et 1648. C’est surtout pour son célèbre Christ en croix, peint par Van Dyck en 1629, que l’on fait le détour par cette église.

Het Pand
Onderbergen. 1. Ne se visite pas.
C’est l’une des abbayes les plus remarquables de Gand et l’ancien couvent des dominicains. Construite les pieds dans l’eau, au bord de la Lys, elle appartient aujourd’hui à l’université de Gand, qui l’utilise comme centre culturel, et abrite aussi diverses collections scientifiques.

Sint-Michielsbrug
Le pont le plus monumental de la cité offre une vue tout à fait splendide sur l’enfilade des tours gantoises célèbres dans le monde entier : les tours de l’église Saint-Nicolas, le beffroi et la cathédrale Saint-Bavon. De part et d’autre du pont, le regard porte sur le quai aux Herbes et le quai au Blé ou s’arrête sur l’église Saint-Michel.

Ripailles au banquet médiéval
Le décor est planté : couvent du XIIIe siècle, crypte médiévale, salle de château ou réfectoire roman. L’ambiance est excellente : la musique médiévale résonne sous les voûtes, les troubadours entonnent leurs ritournelles, les jongleurs, fauconniers et cracheurs de feu donnent le meilleur d’eux-mêmes. Un peu à l’écart, des chevaliers se battent en combat singulier à l’épée tandis que, plus pacifiquement, un petit groupe se lance dans une danse paysanne très en vogue à l’époque de Breughel l’Ancien. Les agitateurs de drapeaux succèdent aux cornemuseurs et les prestidigitateurs aux trompettes thébaines. C’est parti pour trois heures de spectacle et de ripailles, suivant les usages en vigueur au Moyen Age. Un « banquet historique » typique, tel qu’il est possible de le vivre encore aujourd’hui dans la cité gantoise. Renseignements au 09222 49 04.

Suivez le guide !
Au départ du Graslei et du Korenlei, prenez les bateaux ouverts ou couverts pour une découverte de 35 min de Gand vue des eaux. Ou alors, si vous préférez la terre ferme, faites un tour de la ville en calèche en 30 min.

De Vlaamse Opera
Schouwburg 3.
Impossible de quitter Gand sans découvrir son opéra, construit en 1840. Il s’agit d’un très bel exemple d’architecture théâtrale de style Louis-Philippe. La partie la plus remarquable est la salle de spectacle, dominée par un impressionnant lustre d’apparat qui illumine les belles peintures du plafond. L’opéra est réputé pour ses productions de renommée internationale.