La côte

Proche du continent, cette Irlandelà cligne de l’œil vers Le Havre et Cherbourg. Pour les Dublinois, elle est synonyme de vacances balnéaires : en été, ils envahissent massivement ses plages. De Courtown à Ardmore en passant par Rosslare, une des localités les plus ensoleillées de l’île, elles possèdent souvent plusieurs kilomètres ininterrompus de sable fin. Si le littoral ne manque pas d’argument sand and sun, il sait aussi parler d’histoire.

Wexford
Ainsi à Wexford, ancien port viking fondé au XVIIIe siècle. Sur High Street, la ville conserve des vestiges de ses fortifications normandes. Le long de South et North Main Street, de nombreuses plaques historiques rappellent le riche passé du lieu. Les vieilles boutiques sont pleines de charme. Cornmarket aussi, un marché du XVIIIe siècle voisin de la place du Bull Ring.

Westgate Heritage Centre
Westgate Street. Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 14 h et de 14 h 30 à 17 h 30, plus le dimanche de 14 h à 18 h en été. Entrée payante.
Dans Westgate Tower, la dernière des cinq portes qui perçaient les anciens remparts, présentation audiovisuelle du passé de Wexford.
La réalisation est excellente, on ne s’ennuie pas un instant.

Irish National Heritage Park
A 4 km à l’ouest de Wexford. Ouvert tlj d’avril à novembre, de 10 h à 19 h. Entrée payante. Prévoir 2 h au moins pour en faire le tour.
Dans une ancienne tourbière d’une dizaine d’hectares, une rétrospective historique de l’Irlande. Des chemins balisés, piqués de nombreux panneaux explicatifs, conduisent ici à un monastère paléochrétien, là à des sépultures médiévales, ailleurs à un chantier naval scandinave, à un moulin à eau du VIIe siècle, à un campement du mésolithique. Les reconstitutions sont parfaites.

Ballysaggatsmore Tower © IrishFireside

Ballysaggatsmore Tower © IrishFireside

Johnstown Castle
A 7 km au sud de Wexford. Ouvert toute l’année, en haute saison de 9 h à 17 h du lundi au vendredi, de 14 h à 17 h le week-end, en basse saison de 12 h 30 à 17 h 30 en semaine, fermé les samedis et dimanches. Entrée payante.
A l’ombre de séquoias et de pins écossais, ce château néogothique ne manque pas d’allure. Il domine fièrement lacs et jardins plantés de camélias, d’azalées, de rhododendrons. On ne les visite pas.

Irish Agriculture Museum
En revanche, ses communs enferment ce musée, qui présente toute une collection de charrettes et de vieux tracteurs, mais aussi de meubles paysans et d’objets domestiques de l’après-guerre. Le tout délicieusement rétro.

Enniscorthy Castle
Enniscorthy, 22 km au nord de Wexford. Ouvert d’avril à septembre de 10 h à 18 h (le dimanche, de 14 h à 17 h 30). Entrée payante.
Sur une rive escarpée de la rivière Slaney, une imposante forteresse normande modifiée au XVIe siècle et restaurée au XIXe siècle. Elle abrite un musée réunissant des outils et des instruments de musique anciens, plus des armes, des gravures, des livres évoquant l’insurrection paysanne de 1798.

Wexford Wildfowl Reserve
Ouvert tlj, entrée libre.
A l’est de Wexford, les amoureux des oiseaux marqueront une pose dans cette réserve, qui réunit de nombreux échassiers, mais aussi des cygnes et, en hiver, des oies du Groenland.

Kilmore Quay
A 30 km au sud de Wexford par la R739.
Ce petit village de pêcheurs conserve ses cottages à toit de chaume et à façade immaculée. En été, et seulement par beau temps, des bateaux y assurent la liaison pour Saltee Islands : des îles où s’arrêtent les oiseaux migrateurs et où nichent macareux, pingouins et autres mouettes. C’est la plus vaste réserve ornithologique d’Irlande.

De Kilkenny à Waterford

Kilkenny n’est rien moins que l’ex-capitale de l’Irlande. Et l’une des plus belles localités de l’île, à fort caractère médiéval. Elle atteignit son apogée au XIIIe siècle, en accueillant le Parlement irlandais.
Ses principaux édifices historiques ont été restaurés par une population particulièrement fière de sa cité. Monuments religieux comme Black Abbey (Abbey Street), demeures bourgeoises comme Shee Alms House (Rose Inn Street), relais de poste historiques comme Kyteler’s House (Kieran Street) : Kilkenny est un musée à ciel ouvert. C’est aussi une ville animée et prospère, qui associe d’élégantes boutiques à ses maisons anciennes, des brasseries à ses églises et des rythmes contemporains à sa musique traditionnelle. Sa principale artère, High Street, qui va du château à la cathédrale, mérite des allers et des retours. Et ses 80 pubs lui assurent une des vies nocturnes les plus riches de l’île.

Suivez le guide !
Kilkenny a conservé ses venelles médiévales. Butter Slip est la plus célèbre. Ses éclairages nocturnes y projettent des ombres fantasmagoriques.

Kilkenny Castle

The Parade. Ouvert tlj de juin à septembre, de 10 h à 19 h ; d’octobre à mars, du mardi au samedi de 10 h 30 à 17 h, le dimanche de 11 h à 17 h ; en avril et mai, tlj de 10 h 30 à 17 h. Entrée payante.
Sa masse imposante domine l’entrée de Kilkenny et la rivière Nore. C’est une des principales forteresses normandes de l’île. Sa Long Gallery porte bien son nom : elle fait 45 m de longueur ! Avec ses poutres sculptées et peintes, sa cheminée en marbre de Carrare, ses tapisseries des Gobelins et ses portraits de lords, c’est la salle du château de loin la plus intéressante. La cuisine a été transformée en salon de thé et restaurant. Elle conserve une splendide collection d’ustensiles de cuivre, à admirer sans faute, même sans consommer.
Parc et jardin envoûtants. Une dernière précision : Kilkenny Castle serait hanté par le fantôme d’une jeune fille brûlée pour sorcellerie.

St. Canice’s Cathedral
Irishtown. Ouvert tlj de 10 h à 18 h. Entrée libre, offrande appréciée.

Au sommet de la colline, elle est flanquée d’une tour ronde de 30 m de hauteur. Sans conteste, St. Canice’s Cathedral, très bien conservée, constitue un des plus séduisants témoignages de l’Irlande médiévale. Le crénelage des murs et les larges arcades gothiques sont impressionnants. Nombreux et splendides monuments funéraires.

Suivez le guide !
Montez au sommet de la tour de St. Canice’s Cathedral : le point de vue sur Kilkenny est très beau.

Rothe House
Parliament Street. Ouvert d’avril à octobre de 10 h 30 à 17 h (le dimanche de 15 h à 17 h), de novembre à mars, le week-end seulement de 15 h à 17 h. Entrée payante.
Elle date du XVIe siècle. C’est une des rares constructions de style Tudor qui subsistent en Irlande, avec façade à arcades. De nos jours, elle abrite une collection de costumes et de broderies, plus un musée historique.

Browne’s Hill Dolmen
Autour de Kilkenny, des collines doucement rebondies font le lit des rivières Nore et Barrow, très appréciées par les pêcheurs et par les amateurs de croisières en eau douce. Au nord par les N10 et R726, le site de Browne’s Hill Dolmen, à 3 km de Carlow, s’enorgueillit de posséder le plus gros dolmen d’Irlande : 150 tonnes bon poids ! Personne ne sait comment il est arrivé là.

Jerpoint Abbey
Près de Thomastown. Ouvert tlj en été de 10 h à 17 h, de la mi-octobre à la mi-juin, du mardi au dimanche de 10 h à 13 h et de 14 h à 17 h. Entrée payante.
Au sud par les N9 et D5, cette abbaye ne cache rien de ses origines : elle fut fondée à la fin du XIIe siècle par un roi d’Ossory. C’est une des ruines cisterciennes les plus exceptionnelles d’Irlande. L’église romane est bien conservée et abrite des tombes délicatement sculptées. Les colonnes jumelées du cloître sont, elles aussi, ornées de personnages sculptés : gens d’église, nobles dames, chevaliers, etc. D’une valeur artistique unique, le lieu est à la fois empreint de sérénité et de mystère.

New Ross
Avant de rejoindre Waterford, on peut faire un détour par l’une des plus anciennes cités du Wexford. Construite sur la Barrow, elle constitue un centre important de croisières. Et elle ouvre le chemin du John F. Kennedy Park.

John F. Kennedy Park
Dunganstown. Ouvert tlj de mai à août de 10 h à 20 h, d’octobre à mars de 10 h à 17 h, en avril et en septembre de 10 h à 18 h 30. Entrée payante.
Proche de la propriété familiale des Kennedy, un arboretum orné de quelque 4 500 arbres, arbustes et fleurs provenant du monde entier. Il a été créé en 1968, en hommage à JFK, le président américain préféré des Irlandais. Il faut absolument grimper sur la colline de Slieve Coilte : elle offre une vue magnifique sur toute la région.

Suivez le guide !
Pour nostalgiques du Grand Guignol seulement : dans Christchurch Cathedral, on découvre la représentation d’un cadavre en décomposition !

Waterford
Sur la N25, proche de l’estuaire de la Suir, ce port actif depuis plusieurs siècles est, aujourd’hui, très bien équipé pour le transport par conteneurs. Sans nier sa vocation industrielle, la cité joue allègrement la carte du tourisme. Elle possède d’importants vestiges de remparts vikings, notamment le long du Mall, de Spring Garden Alley et de Castle Street. Autour de Christchurch Cathedral et Holy Trinity Cathedral, elle multiplie les rues piétonnes et les boutiques attrayantes. Surtout, Waterford est la championne toutes catégories de la cristallerie irlandaise.

Waterford Crystal Factory
Kilbarry. Ouvert tlj sauf le samedi après-midi, de 8 h 30 à 18 h d’avril à octobre, de 9 h à 17 h de novembre à mars. Entrée payante.
A 2 km au sud de la ville sur la route de Cork, la fabrique fut fondée à la fin du XVIIIe siècle. On y admire l’extraordinaire talent des maîtres verriers, qui transforment sable, plomb et potasse en cristal. Souffleurs et graveurs comptent parmi les meilleurs d’Europe. Galerie d’exposition et audiovisuel.

Reginald’s Tower
The Quay. Ouvert tlj en été de 10 h à 19 h, hors saison, du lundi au vendredi de 10 h à 17 h, le samedi de 14 h à 17 h. Entrée payante.
Erigée par les Normands sur l’emplacement d’une construction viking, cette grosse tour ronde, qui fait face au fleuve, abrite le musée de la ville. Les cartes anciennes de Waterford sont superbes. On remarquera aussi le drapeau de la brigade irlandaise engagée dans la guerre américaine de Sécession.

Waterford Heritage Center
Grey Friars Street. Ouvert en été du lundi au vendredi de 9 h à 20 h 30, les samedis et dimanches de 9 h à 17 h ; hors saison, du lundi au vendredi de 10 h à 17 h, le samedi et le dimanche de 14 h à 17 h. Entrée payante.
L’histoire de la cité à travers les résultats de ses fouilles archéologiques. Nombreux objets vikings et médiévaux, maquettes intéressantes.

Le paradis des pêcheurs
La plupart des 400 lacs et des 14 000 km de rivières d’Irlande échappent encore à la pollution. Dans les années 1960, ce sont ses eaux poissonneuses qui firent connaître l’île aux Français, par pêcheurs interposés. La pêche à la ligne appartient au mode de vie du pays. Du gardon au saumon, de la brème à la truite, de la carpe à la perche, il y en a pour tous les coups de ligne. Mais ce sont les brochets qui jouent les vedettes. Les lacs en contiennent encore d’énormes, et pour cause : les Irlandais ne les mangent pas. Ils les trouvent fades et truffés d’arêtes.

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