Les quartiers périphériques sont comme autant de petits villages, forts chacun d’une histoire particulière. Il y règne des atmosphères bien différentes, et les querelles de clocher y sont encore vivaces.

Ile d’Amager

Au sud du centre et de Christianshavn, station Amagerbro.
Le « potager » de Copenhague, d’où les paysans venaient jusqu’au siècle dernier vendre leurs primeurs sur le marché d’Amagertorv, est aussi connu pour son peloton d’exécution, où les condamnés à mort étaient amenés jusqu’en 1950, après les procès de la Seconde Guerre mondiale. 

Islands Brygge (quai d’Islande) 
Station Islands Brygge.
Non loin de l’Hôtel de Ville, on accède à l’île d’Amager au sud par le pont d’Amagerbro qui enjambe l’entrée du port. Les quais qui longent la mer ont récemment fait l’objet de réaménagements et c’est là que l’été, une plage de lambris est installée pour le plus grand plaisir des habitants de la ville. Des bâtiments de bois dressés sur le bord de mer sont aménagés en locaux culturels et on peut y voir des expositions ou assister à des spectacles à la belle saison.

Jardins ouvriers 
Station Lergravsparken.
Comme en France après la révolution industrielle, les jardins d’ouvriers apparaissent au Danemark à la fin du XIXe siècle. A Ålborg d’abord en 1884, où Jørgen Berthelsen partage un terrain en 85 parcelles qu’il loue à l’année pour la modique somme de 14 couronnes. A Copenhague ensuite, où les premiers apparaissent en 1891. Ceux d’Amager sont encore nombreux et très recherchés. Ainsi de nombreux habitants de Copenhague sont-ils inscrits sur des listes d’attente pendant plusieurs années avant d’avoir accès à une parcelle où ils viennent passer les soirées d’été et les week-ends au grand air.

Plages d’Amager Strandpark 
Amager Strandvej, station Lergravsparken.
Une nouvelle plage est aménagée à Amager depuis l’été 2005 et offre aux habitants de Copenhague des installations balnéaires modernes. Le métro relie la plage au centre-ville en quelques minutes.

Denmark_0304 © DENNIS G. JARVIS

Denmark_0304 © DENNIS G. JARVIS

Vesterbro (quartier ouest)

A l’ouest du centre, station Vesterport.
Jusqu’aux années 1950, ce quartier est communément appelé det sorte Vesterbro (le quartier noir de l’Ouest). Puis le manque de logements amenant la Ville à réinvestir tous les bâtiments encore utilisables ou à rebâtir, un important plan de restauration est mis en œuvre. Aujourd’hui, tous les immeubles sont assainis et pourvus d’un minimum sanitaire défini par la loi. Ainsi les trafiquants et les proxénètes, qui ont fait la réputation encore tenace de ce quartier populaire, laissent peu à peu la place aux bobos branchés de Copenhague. 

Vesterbrogade 
La grande avenue qui relie la place de l’Hôtel-de-Ville à la colline de Valby est un lieu cosmopolite, autant dans le paysage urbain que dans les mentalités. Les boutiques de meubles danois voisinent avec les vendeurs de kebab et les restaurants japonais. Værnedamsvej, petite rue perpendiculaire à Vesterbrogade qui longe les bâtiments du lycée français, est principalement fréquentée par des francophones, et on y trouve aussi une des deux boulangeries françaises, Marie-France (l’autre se situe sur Peter Bangs Vej, à Frederiksberg).

Suivez le guide ! 
Devant le musée de la ville, une maquette de Copenhague au Moyen Age est exposée du printemps à l’automne. On y voit les remparts et les gibets où les criminels étaient pendus, ainsi que les maisons du vieux centre avant les grands incendies.

Københavns bymuseum (musée de Copenhague) 
Vesterbrogade 59. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 16 h de mai à septembre, de 13 h à 16 h d’octobre à avril. Entrée libre.
Le bâtiment qui date de 1787 appartenait à la Société des Tireurs de Copenhague qui avait reçu l’autorisation du roi de s’établir à l’extérieur des murs de la ville. En 1887, la partie de la propriété au sud d’Istedgade est vendue et on construit à cet endroit un mur de protection contre les balles perdues. Construit en trompe-l’œil, le mur ressemble à la façade d’un château fortifié. En réalité, il n’a jamais été autre chose qu’une protection contre les balles, qui présentait aussi l’avantage de cacher la misère de Vesterbro aux riches membres de la Société des Tireurs. Le musée est aujourd’hui entièrement rénové et l’exposition permanente a été renouvelée intégralement en 1996. Elle montre l’évolution de la ville à travers les âges et comment Copenhague est devenue la métropole qu’on connaît aujourd’hui.

Istedgade 
Tracée sur les anciens remparts, cette rue mal famée s’est transformée en lieu branché où les restaurants et cafés affichent des spécialités issues des quatre coins du monde. Riche d’une histoire singulière par sa résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, puis par son atmosphère villageoise, elle doit faire face à l’invasion des sex-shops dans les années 1960 et à la prostitution de rue. Mais les prix des appartements ayant augmenté avec la politique de rénovation massive des années 1990-2000, on redécouvre aujourd’hui Istedgade sous un meilleur jour.

Øksnehallen (anciens abattoirs) 
Halmtorvet 11.
Aujourd’hui transformés en salle d’exposition, les abattoirs de Kødbyen (la cité de la viande) datent de la fin du XIXe siècle. L’activité bouchère, cependant, a des origines plus anciennes dans l’interdiction prononcée en 1577 par Frederik II de tuer des animaux à l’intérieur de la ville. Les bouchers s’installent alors autour de Halmtorvet, où les paysans s’arrêtent sur le chemin du marché, lequel se situe alors sur Amagertorv. C’est ainsi que Kødbyen devient un lieu bigarré où les jongleurs et les commerçants animent les rues et les tavernes, désormais remplacées par les cafés et les restaurants. Les structures en fer forgé et les 5 000 m2 qui accueillaient autrefois les bestiaux sont aujourd’hui restaurés dans des couleurs claires. De nombreux salons, expositions et rencontres professionnelles se déroulent aujourd’hui dans les anciens abattoirs.

Carlsberg Museum (musée Carlsberg) 
Gamle Carlsberg Vej 11. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 16 h. Entrée gratuite pour les moins de 12 ans.
La maison mère des bières Carlsberg invite à la découverte de son histoire dans les locaux de 1847 et présente les installations dans lesquelles on brasse le houblon. Le visiteur est dirigé entre les cuivres étincelants des vieilles cuves dans un parcours libre, organisé sur deux étages, qui comprend des expositions interactives et quelques effets spéciaux. Une visite passionnante, qui se termine par une dégustation des bières à la fabrication desquelles on vient d’assister (réservée aux amateurs de plus de 18 ans).

Frederiksberg

Au nord-ouest du centre, station Frederiksberg ou Solbjerg.
Bien que géographiquement très proche de Copenhague et a priori indissociable d’un autre quartier périphérique, Frederiksberg est une commune indépendante et revendique une identité propre. 

Frederiksberg Allé et Gammel Kongevej (ancienne voie du Roi) 
Abusivement surnommée les « Champs-Elysées » de Copenhague, Frederiksberg Allé n’a rien de monumental, et puis… Frederiksberg n’est pas Copenhague. Majestueuse par sa lignée de platanes qui lui donne ce petit air français que se plaisent à lui attribuer les Danois, elle est surtout résidentielle. Les commerces qui l’animent paraissent désuets par le contraste avec l’agitation branchée de Vesterbrogade et de Gammel Kongevej. Cette dernière connaît en effet depuis la fin des années 1990 un rajeunissement spectaculaire. Autrefois presque exclusivement occupée par des antiquaires, des libraires et des artisans, Gammel Kongevej est aujourd’hui l’endroit des boutiques de mode, de déco, des agents immobiliers et des vendeurs de cuisines intégrées qui foisonnent et ne désemplissent pas.

Prins Henrik Skole (école Prince-Henri) 
Le lycée français sur Frederiksberg Allé est marqué d’un passé tragique : en mars 1945, l’armée britannique bombarde le quartier général de la Gestapo installé dans les locaux de la Shell. Ceux-ci occupent alors le pâté de maisons entre Kampmanndsgade, Nyropsgade et Vester Farimagsgade. Lors de la première vague, un avion de la Royal Air Force percute une ligne électrique et s’écrase à plusieurs centaines de mètres de là, non loin de l’école française. Plusieurs des pilotes des deux vagues suivantes, trompés par la fumée et les flammes, lâchent leurs bombes sur l’école, tuant plus de 123 personnes, dont 87 enfants.

Frederiksberg Slot (château de Frederiksberg) 
28, Roskildevej, Frederiksberg.
D’inspiration italienne, il est construit à l’initiative de Frederik IV en 1699 sur la colline de Valby. Les deux ailes sont ajoutées en 1738 d’après les plans de Laurids de Thurah. Le château fait office de résidence d’été de la famille royale, principalement sous le règne de Frederik IV. Depuis 1869, il est la propriété de l’armée et fonctionne comme école militaire.

Frederiksberg Have (parc de Frederiksberg) 
Entrées du parc : Frederiksberg Runddel, Andebakkestien, Søndre Fasanvej ou Roskildevej, station Frederiksberg ou Solbjerg.
Dans le parc à l’anglaise qui entoure le château serpentent un canal, sur lequel on peut se promener en barque, et des allées sinueuses bordées d’arbres centenaires. Le parc est très fréquenté l’été, mais ses multiples recoins et bosquets cachent toujours un coin tranquille. Devant la porte nord-est du jardin, à la hauteur de Møstings Hus se trouve Andebakkeøen (l’île aux canards), véritable réserve ornithologique investie par des centaines de hérons cendrés nichés dans les arbres. On peut observer à loisir ces majestueux oiseaux le matin, avant l’arrivée des jardins d’enfants, et le soir au coucher du soleil. Le parc, malheureusement tronqué par Roskildevej, a perdu son unité d’origine mais l’impression d’espace demeure néanmoins et la diversité des monuments qui s’y cachent donne à ce lieu un charme romantique. En été, de nombreux rassemblements populaires s’y déroulent, comme la fête des Travailleurs le 1er mai, ou celle de la Saint-Jean le 23 juin, où des milliers de personnes se rassemblent pour brûler la sorcière.

Søndermarken 
Roskildevej, derrière le château.
La partie du parc qui s’étend derrière le château est plus accidentée que la première et moins fréquentée. On y trouve un musée et un monument d’hommage aux émigrés, érigé à l’initiative des Danois d’Amérique. Au-dessus de l’entrée sont inscrits ces mots : « De, der drog ud og aldrig vendte tilbage » (A ceux qui partirent pour ne jamais revenir).

Cisternerne (musée du Vitrail) 
Søndermarken, derrière le château. Ouvert jeudi et vendredi de 14 h à 18 h, samedi et dimanche de 11 h à 17 h. Fermé en décembre et janvier. Entrée gratuite pour les moins de 14 ans. Sous la pelouse de la fontaine, les citernes de Søndermarken sont aménagées depuis 2001 en musée du Vitrail. Elles avaient été construites en 1859 comme réserve d’eau potable après l’épidémie de choléra de 1853. En 1981, on décide d’y installer un lieu d’exposition et les réservoirs sont vidés de leur eau. Les locaux du musée sont entièrement souterrains et la température n’y dépasse jamais 9  °C, été comme hiver. Des vitraux d’artistes contemporains comme Robert Jacobsen, Carl-Henning Pedersen, Per Kirkeby, Bjørn Nørgaard, Erik A. Frandsen, TróndurPatursson, Arne Haugen Sørensen, Jens Birkemose ou Peter Brandes y sont désormais exposés, dans les salles à colonnes de 4 mètres de haut entre les stalactites et les flaques d’eau qui rappellent l’origine de cette galerie aux airs de catacombes.

Zoo de Copenhague 
Roskildevej 32. Ouvert tlj de 9 h à 16 h, de juin à août de 9 h à 18 h. Entrée payante.
A quelques mètres du château se trouve l’entrée du jardin zoologique, incontournable par sa tour de 50 mètres de haut qui ressemble à une miniature de la tour Eiffel, et qui offre sur Copenhague et ses environs une vue imprenable. Ouvert en 1859 à l’initiative privée de l’ornithologue Niels Kjærbølling, il se limitait aux 4 000 m2 prêtés par le ministère de l’Intérieur pour une durée de dix ans. Au fil des générations, le jardin s’est vu attribuer de plus en plus de terrain pour devenir le parc de 11 hectares qu’on connaît aujourd’hui. L’entreprise familiale de Kjærbølling est devenue une société d’actionnaires, financée par des sponsors privés, des subventions allouées par l’Etat, et les bénéfices de l’exercice. Outre la qualité de ses installations qui profitent aux écoles de toute la région pour l’enseignement des sciences de la nature, le jardin zoologique est aussi un lieu de promenade en famille très agréable, dans lequel les animaux évoluent dans des conditions exceptionnelles eu égard à la situation du lieu.

Un cadeau royal 
Trois éléphants ont été offerts par le roi de Thaïlande au couple royal du Danemark lors de leur visite officielle au mois de février 2001. Un pour la reine, un pour le prince consort, et un troisième pour le peuple danois. En novembre de la même année, Kungrao, Tonsak et Surin, un mâle et deux femelles entre 3 et 4 ans, ont été transportés au jardin zoologique, où ils font désormais partie de la famille des éléphants. A leur arrivée, le comité d’accueil se composait de l’ambassadeur de Thaïlande, du gouverneur de Surin, et bien entendu de Sa Majesté la reine Margrethe II et de Son Altesse Royale le prince Henri.

Nørrebro (quartier nord)

Au nord de Copenhague, station Nørrebro.
Ce quartier populaire naît au XIXe siècle après la destruction des remparts. Dans la campagne d’alors s’étendent déjà le cimetière d’Assistens Kirkegaard et quelques fabriques industrielles autour desquelles la main-d’œuvre étrangère s’installe peu à peu dans des bicoques insalubres. C’est là que se forme le cœur de Nørrebro, qu’on appellera vers 1950 den sorte firkant (le carré noir). Limité au sud par les lacs, Nørrebro s’étend entre Ågade et Tagensvej jusqu’à la gare de Nørrebro Station. Le bord des lacs est aujourd’hui un quartier chic, avec ses brocanteurs et ses petits cafés autour de Sankt Hans Torv, tandis qu’en remontant Nørrebrogade après Jagtvej, on pénètre peu à peu dans la partie restée populaire. 

Sankt Hans Torv (place Saint-Jean) 
Nørre Allé-Blegdamsvej.
Cette charmante place qu’entourent des bâtiments caractéristiques de la fin du classicisme était autrefois le lieu de la traite des vaches qui paissaient dans les prairies de Fælledparken. Elle est désormais le cœur du quartier animé de Nørrebro et un des lieux de prédilection des noctambules. Les cafés qui la peuplent accueillent une clientèle cosmopolite et la proximité des lacs en fait un but de promenade agréable à l’heure du déjeuner ou de l’apéritif.

Cimetière Assistens Kirkegaard 
Kapelvej 2. Ouvert du lever au coucher du soleil. Entrée libre.
Le plus grand cimetière de Copenhague qui longe Nørrebrogade abrite les tombes de nombreux personnages célèbres tels que Hans Christian Andersen et Søren Kierkegaard. Comme la plupart des cimetières danois, il ressemble plus à un parc qu’à un lieu de sépulture, et c’est d’ailleurs ainsi que l’utilisent les habitants qui viennent s’y promener entre amis ou avec leurs enfants.

Ravnsborggade 
Si l’on aime le shopping hors des sentiers battus, la première rue à droite après Dronning Louises Bro (le Pont de la Reine Louise) est un passage obligé. Ses nombreuses boutiques en ont pour tous les goûts : antiquités, brocante, objets originaux, prêtà-porter, chaussures… Surnommée « le plus grand salon du Danemark », Ravnsborggade est à proprement parler meublée de chaises et de divans où ses commerçants s’installent pour profiter, l’été, des rayons du soleil. Une ambiance bon enfant y règne à l’écart du tumulte de Nørrebrogade.