C’est le plus vaste émirat de la fédération, avec 87 340 km2, ce qui représente près de 87 % de la surface totale du pays. La côte s’étire sur plus de 400 km, et le Grand Sud partage un immense désert de sable avec l’Arabie saoudite.

Abu Dhabi

A 165 km au sud de Dubaï.
Signifiant « père de la gazelle » en arabe, la capitale des Emirats arabes unis s’est développée sur une île en forme de T reliée au continent par deux ponts. Abu Dhabi est aujourd’hui une mégapole tournée vers l’avenir. En tant que capitale politique, Abu Dhabi s’est longtemps voulue conservatrice, tandis que Dubaï innovait économiquement et architecturalement. Mais les temps changent… C’est ainsi qu’elle a ouvert aux étrangers l’accès à l’investissement immobilier, qu’elle a levé les restrictions sur les visas et qu’elle développe un projet touristique caractérisé par la recherche d’une offre culturelle. 

Bedouin Village 
Derrière le Palais international des expositions d’Abu Dhabi, sur Mussafa Road. Ouvert tlj de 10 h 30 à 17 h. Entrée libre.
Réplique d’un campement bédouin avant l’ère du pétrole, le site présente, entre autres, une mosquée traditionnelle et une maison en boue séchée. Des démonstrations de fauconnerie et des tours à dos de dromadaire sont organisés pour les visiteurs.

Emirates Heritage Village 
A côté du Breakwater. Ouvert du samedi au mercredi de 9 h à 14 h et de 17 h à 21 h, jeudi uniquement en soirée.
Créé en avril 2000 grâce à des fonds gouvernementaux, ce musée vivant est consacré à la culture bédouine et aux traditions des marchands pêcheurs de perles. Il est situé dans un parc fleuri de 1 600 m2 qui domine la mer, au pied du plus grand drapeau du monde (40 m2 !). A vocation pédagogique, le village présente un centre artisanal, un musée ethnologique et la reconstitution de l’habitat bédouin.

Petroleum Exhibition 
A côté de la fontaine d’Abu Dhabi en forme de volcan, sur Corniche Road East. Ouvert de 7 h à 14 h du samedi au mercredi. Entrée libre.
De vieilles photographies, des vues aériennes et une présentation vidéo en français dépeignent le développement rapide d’Abu Dhabi, ancienne oasis devenue une ville moderne et cosmopolite.

La Sorbonne 
Airport Road, vers le pont Al Maqta, entre la concession Ford et l’usine Lacnor-Miko.
Inaugurée le 18 novembre 2006, l’Université Paris-Sorbonne-Abu Dhabi a été créée par un accord de coopération internationale signé le 19 février 2006 entre l’Université française Paris-Sorbonne (Paris IV) et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche des Emirats arabes unis. L’exclusivité de l’usage du nom « Sorbonne » au Proche et Moyen-Orient est garantie aux Emirats Arabes Unis.
Avec cette coopération, les Émirats souhaitent développer des formations universitaires de haut niveau et élargir l’ouverture culturelle et linguistique au-delà du monde anglo-saxon.
Dix départements accueillent les étudiants de la région : archéologie et histoire de l’art ; langue, littérature et civilisations arabes ; économie et gestion ; droit et sciences politiques ; géographie et aménagement ; histoire ; langues étrangères appliquées ; lettres modernes (langue et littérature française) ; musique et musicologie ; philosophie et sociologie.
Nouveaux projets 

Al-Ain

A 134 km au sud-est de Dubaï.
Enclavée entre désert et montagne, cette oasis, mitoyenne de la cité omanaise de Buraimi, est la deuxième plus importante ville de l’émirat. Sheikh Zayed bin Sultan al-Nahyan, qui était jusqu’à sa mort en 2004 le président de la Fédération, y est né et en a été le gouverneur.
Avant l’ère du pétrole, cinq jours à dos de dromadaire étaient nécessaires pour atteindre Al-Ain depuis Abu Dhabi. De nos jours, 1 h 30 d’autoroute suffit ! On met environ le même temps pour venir en voiture depuis Dubaï. 

Des îles en-veux-tu-en-voilà 
Les Emirats arabes unis comptent plus de 200 îles, îlots et récifs émergés. L’ensemble représente une superficie de 5 900 km2. Situées à quelque 200 km à l’ouest d’Abu Dhabi et à environ 100 km à l’est de l’Arabie saoudite, deux îles se distinguent par leur forte identité. Verdoyante, celle de Sir Bani Yas, en face de Jebel Dhana, est l’une des huit îles composant l’archipel des Desert Island. Cette petite île, pas plus grande que l’île de Ré, a été transformée par Sheikh Zayed en réserve naturelle. Il y a planté 2,5 millions d’arbres, avant de la peupler de plus de 5 000 animaux de 23 espèces différentes. Bientôt, les espèces arabes seront réunies dans une seule et même réserve ouverte aux visiteurs, l’Arabian Wildlife Park, premier du genre qui couvrira plus de 50 % de l’île. Des guépards, hyènes et chacals y seront introduits pour réguler les populations de manière naturelle. Le premier hôtel de l’île, l’Anantara Desert Island Resort & Spa, a ouvert ses portes fin 2009, ainsi que des centres équestres, nautiques et de plongée. Au large, à 30 km au nord-ouest de Bani Yas, la petite île de Delma est un ancien port de pêcheurs de perles.C’est là qu’ont été découverts les plus vieux ossements des émirats, remontant à la période d’Ubaid (4300-3500 av. J.-C.). L’île a été transformée en sanctuaire culturel, avec un musée qui témoigne de sa très longue histoire.

Ville-oasis 
Grâce à une plantation active entreprise ces quarante dernières années, Al-Ain est devenue une cité paisible, dotée en son cœur d’une oasis de palmiers-dattiers. Les routes sont bordées de fleurs, de buissons et de palmiers. Une autre particularité la rend agréable à vivre : à l’exception des hôtels, aucun bâtiment ne compte plus de trois étages, ce qui permet aux résidants et aux visiteurs de profiter d’une vue dégagée sur les monts environnants. A ne pas manquer, les marchés et le vieux souk, attractions très pittoresques.

Forteresses 
Riche d’une longue histoire, Al-Ain compte quelque 18 forteresses, construites à des fins défensives au xixe et au début du xxe siècle, avec des matériaux locaux, briques de boue et troncs de palmiers. Ces bâtisses témoignent de la position stratégique que la cité occupait autrefois sur les routes commerciales des caravanes, entre Oman et le golfe Persique. Ses abondantes sources d’eau en firent également une étape attrayante. De nos jours, beaucoup de ces forteresses ont subi une restauration, notamment celles qui encadrent le centre-ville. Au nord-est, Sheikh Zayed Murabbaa servait de logement pour la garde royale. Autre tour de guet, Seebat Khalifa Bin Nahyan protégeait aussi l’entrée du village et son approvisionnement en eau.

Marché aux dromadaires 
Accessible par Shakhbout bin Sultan Road. Ouvert le matin.
Voisin de la vieille prison, qui n’est autre qu’un fort en briques de terre crue, ce marché est le dernier souk de ce type aux Emirats arabes unis. Cette exclusivité lui confère un certain succès : il grouille de monde tous les matins. La grande concentration de dromadaires, ajoutée au cérémonial des marchands en train de discuter le prix et le mérite de leurs animaux, offre un spectacle captivant.

Suivez le guide ! 
Des vestiges archéologiques de l’âge de fer et de l’âge de bronze sont visibles au nord et au sud de la ville.

Musée national
Sultan bin Zayed Street. Ouvert du samedi au jeudi de 8 h 30 à 19 h 30, et le vendredi de 15 h à 19 h 30. Fermé le lundi. Entrée payante.
Sheikh Zayed bin Sultan al-Nahyan a créé ce musée à la suite de la découverte d’un site de l’âge de bronze (3200-1200 av. J.-C.) sur l’île d’Umm al-Nar et des fouilles entreprises dans la partie orientale de l’émirat il y a environ quarante ans. Lorsqu’il a ouvert en 1969, il ne comptait que deux salles, avant d’être agrandi quatre ans plus tard. Géré par le Département des antiquités et du tourisme, il propose une section ethnologique et une autre consacrée à l’archéologie. On peut y admirer, entre autres, une collection de pièces de monnaie et une petite réplique de la grande tombe de Hili. Le musée expose également les nombreux cadeaux que les hommes d’Etat et les rois en visite aux Emirats arabes unis ont offerts au président Sheikh Zayed.

Eastern Fort 
Taïwan Road, près de la vieille prison.
Egalement nommé Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan Fort, en hommage au père de Sheikh Zayed qui le préférait à fort El Jahili, il remonte au début du xxe siècle. Trois de ses extrémités sont surmontées de tours rondes parsemées de petites fenêtres.

Fort El Jahili 
Au centre-ville, près des jardins publics. Tél. : 03 78 439 96 ou 03 76 415 95. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 9 h à 17 h, le vendredi de 15 h à 17 h. L’entrée se fait par le mur sud.
Construit entre 1891 et 1898, sur ordre du Sheikh Zayed Bin Khalifa (Gouverneur d’Abu Dhabi de 1855 à 1909), le fort Al Jahili est un des forts les plus importants des Emirats et a servi de résidence d’été à la famille royale Al Nahyan jusque dans les années 1950, date à laquelle les Britanniques l’ont réquisitionné pour en faire un centre d’impôts et y ont ajouté des bâtiments. C’est l’une des plus grandes forteresses encore conservées des Emirats arabes unis. Il se compose d’un fort carré et d’une tour ronde composée de quatre niveaux concentriques.
Récemment rénové, le fort abrite depuis décembre 2008 un centre d’information touristique et une exposition permanente consacrée à l’explorateur Wilfred Thesiger, surnommé « Mubarak bin Londres ». Très ami avec le sheikh Zayed, Thesiger traversa l’immense étendue désertique du « Quart vide » deux fois dans les années 1940.

Suivez le guide ! 
Il est préférable d’arriver sur le marché aux bestiaux avant 9 h du matin pour éviter la chaleur et les fortes odeurs.

Al-Ain Wildlife Park Resort 
Accessible par Al-Nahyan al-Awal Road, dans le sud de la ville. Ouvert d’octobre à mai de 10 h à 19 h du samedi au jeudi et de 10 h à 20 h le vendredi ; de juin à septembre, ouvert de 16 h à 20 h du samedi au jeudi et de 10 h à 22 h le vendredi. Entrée payante.
Créé en 1967, le zoo d’Al-Ain a été remplacé en mars 2010 par l’Al-Aïn Wildlife Park Resort, 1 100 ha voués à la découverte de la vie en milieu aride et à la protection de la faune et de la flore endémiques. Un hôtel, un musée d’histoire naturelle et un centre de conservation et de reproduction d’espèces animales sont en construction. En attendant que tout soit prêt en 2012, plusieurs expositions temporaires sont déjà au programme, comme une, magnifique, sur les dinosaures.
Le zoo, qui accueille la collection d’animaux du monde entier la plus grande et la plus variée du Moyen Orient, s’enrichit sans cesse de nouveaux occupants. En plus de ses 80 espèces de mammifères, 102 espèces d’oiseaux, 31 espèces de reptiles et une trentaine d’espèces de poissons, il accueille des zèbres, des girafes, des pumas, des jaguars, des hippopotames, des chimpanzés et autres orangs-outans. On y admire des animaux indigènes menacés d’extinction comme la gazelle saoudite, le chat des sables et le plus grand troupeau du monde d’oryx d’Arabie. En mars 2010, un couple de lions blancs originaire d’Afrique du sud est venu les rejoindre.
Un « zoo train » permet de faire le tour des installations, qui s’étalent déjà en 2010 sur près de 450 ha.

L’oryx d’Arabie n’est plus menacé 
Réalisant que les parcs animaliers pouvaient jouer un rôle important dans la sauvegarde des espèces en voie d’extinction, Son Altesse Sheikh Zayed a été à l’initiative de la création de ce zoo, dont la devise est « Conservation, éducation, recherche et amusement ». Depuis 1992, plusieurs programmes de captivité ont été lancés dans le but de préserver certains animaux rares. C’est le cas de l’oryx d’Arabie, qui a fait l’objet d’une réhabilitation, en coopération avec le département forestier d’Al-Ain. Le zoo a ainsi réintroduit une centaine d’entre eux dans les forêts.

Oasis de Qatarrah 
A environ 5 km au nord-ouest du centre-ville d’Al-Ain, à côté du fort Mujairib.
Cette abondante palmeraie fut le site d’une importante découverte archéologique. La tombe de Qatarrah, qui remonte au IIe millénaire av. J.-C., est l’une des premières sépultures exhumées aux émirats. Longue et étroite, elle a été mise au jour dans les années 1970 par une équipe d’archéologues irakiens. Elle renfermait notamment des bijoux en or, aujourd’hui exposés au musée d’Al-Ain. Parmi eux, un ornement représentant un animal à deux têtes devait probablement être un grand médaillon à porter autour du cou.

Parc archéologique de Hili 
Al-Masoudi Street, à une dizaine de kilomètres au nord du centre-ville. Ouvert tlj de 16 h 30 à 21 h 30.
Ce jardin public est parsemé de sites archéologiques. La plupart des découvertes remonteraient à plus de quatre mille ans. Parmi les vestiges figurent plusieurs tombes collectives appartenant à la culture Umm al-Nar. La plus importante est la grande tombe de Hili, qui trône au milieu du parc.
Elle fait 12 m de diamètre et possède deux entrées, chacune décorée d’un mystérieux bas-reliefreprésentant deux hommes entre les pattes de deux oryx qui se font face. Le musée municipal a fait de ce motif son logo.

Hili Fun City 
A proximité du parc archéologique. Ouvert tlj en hiver de 16 h à 22 h, vendredi et jours fériés à partir de 9 h, en été de 17 h à 22 h, jeudi jusqu’à 23 h, vendredi et jours fériés à partir de 9 h. Accessible uniquement aux femmes et aux enfants le mardi et le mercredi. Fermé le samedi. Entrée payante.
Ici, les montagnes russes et les autotamponneuses sont sorties de terre en pleine oasis ! Al-Ain compte l’un des plus vastes parcs de loisirs de la région du Golfe, d’une superficie de 1 km2. Inauguré par Sheikh Tahnoon bin Mohammed al-Nahyan en octobre 1985, il appartient à la municipalité, mais c’est le groupe Abu Dhabi National Hotels qui en assure le fonctionnement. Réaménagé et agrandi en 1998, il propose plus d’une quarantaine d’attractions, ainsi qu’une patinoire de 30 m sur 60 dans sa partie orientale.

Aux environs d’Al-Ain

D’une grande beauté, cette région aux paysages variés est bordée à l’est par la frontière avec Oman.

Bida Bint Saud 
A environ 25 km au nord d’Al-Ain.
Ce site est dominé par un affleurement au pied et au sommet duquel se trouvent des cimetières de l’âge de bronze et de l’âge de fer. Le spectacle est d’une grande beauté au coucher du soleil. La découverte d’une structure en briques de boue séchée et la présence d’un falaj témoignent également de l’occupation de Bida Bint Saud pendant l’âge de fer.

Une irrigation ancestrale de la terre 
Falaj (aflaj au pluriel) est un mot couramment employé aux Emirats arabes unis et à Oman. Il désigne un système d’irrigation ingénieux développé dans le sud-est de la péninsule Arabique depuis l’âge de fer, il y a près de trois mille ans. On peut le décrire comme un tunnel souterrain horizontal connecté à la surface par des tuyaux. L’eau s’y écoule en permanence depuis sa source originelle vers les terres cultivées en contrebas, selon le principe de la gravité. La longueur des tunnels varie de 3 à 30 km. Dans la région, ils font généralement une dizaine de kilomètres de long. Al-Ain n’est pas en reste et, d’après les archéologues, deux d’entre eux remonteraient au moins au début du Ier millénaire av. J.-C.

Suivez le guide ! 
La route qui mène au sommet de Jebel Hafeet est bordée d’aires de stationnement à la hauteur des arrêts « points de vue ».

Jebel Hafeet 
A une trentaine de kilomètres au sud d’Al-Ain.
Cette montagne culmine à 1 340 m d’altitude. Une route de 13 km de long, sinueuse mais facile à parcourir, mène au sommet. Les plus courageux peuvent tenter l’ascension à vélo : selon le niveau de chacun, la montée dure 1 à 2 h… mais la descente une vingtaine de minutes seulement ! Tant d’efforts sont récompensés car, du sommet, le panorama sur les oueds, les plaines désertiques, les oasis et Al-Ain en arrière-plan est superbe par temps clair. Il est désormais possible de dormir à l’hôtel sur le site.

Le « Quart Vide »

C’est le surnom donné à l’immense désert Rub al-Khali, qui recouvre le grand sud de l’émirat d’Abu Dhabi ainsi que la partie orientale de l’Arabie saoudite. Au nord de la frontière s’étendent, sur 80 km, les nombreuses palmeraies de l’oasis de Liwa, l’une des plus vastes d’Arabie. Les gigantesques dunes de sable, qui atteignent 100 m de haut, en font une destination fascinante à explorer en 4 x 4.

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