La province du Puntarenas s’étire entre le sud de la péninsule de Nicoya et la frontière panaméenne : une longue bande littorale sablonneuse bordée de collines verdoyantes qui plongent directement dans l’océan. Ces plages réputées ont connu ces dernières décennies un intense développement touristique, et le flux des surfeurs et des adeptes du soleil ne fait qu’augmenter depuis la réalisation de liaisons routières rapides avec San José et la création de la Costanera, nouvel axe au sud de Dominical.

Puntarenas

La capitale de la province du même nom est avant tout un port d’embarquement vers le sud de la péninsule de Nicoya et ses plages. En attendant l’heure du ferry-boat, les deux visages de cette cité construite tout en longueur méritent l’attention. Au sud, le Paseo de los Turistos est le paradis des vacanciers, même si l’aspect de l’eau et du sable, pollués par le trafic maritime, n’incite guère à la baignade. Les échoppes de souvenirs succèdent aux bars, restaurants et hôtels. Quelques centaines de mètres au nord, l’animation se fait plutôt laborieuse et populaire autour du port, bruissant d’activités, et de l’odorant marché couvert où les ouvriers s’affairent dès le lever du soleil. 

Iglesia 
Calle 3-7, avenida 1-central.
C’est le seul édifice religieux du Costa Rica bâti en pierres apparentes. La restauration récente, grâce à un rejointoiement réussi, souligne la qualité du matériau. L’intérieur est en revanche très sobre.

Suivez le guide ! 
Sur le marché, dégustez un ceviche, plat typique élaboré à partir de poissons ou de crevettes marinés dans le citron.

Museo histórico marino et Casa de la Cultura 
Calle 3-5, avenida Central. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 12 h et de 13 h à 17 h. Entrée libre.
Réunis dans un même bâtiment, la maison de la Culture propose des concerts, des spectacles et des expositions de peinture ou de photographie, tandis que le Musée historique rappelle le passé glorieux de la ville, à l’époque où le port était la plate-forme privilégiée pour l’exportation de café.

Parque marino del Pacifico 
Calle 6, avenida 2. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante.
Les aquariums sont rares au Costa Rica. Celui-ci, doté d’un équipement récent, présente, dans 28 bassins, les espèces marines représentatives de la côte pacifique, entre autres ces tarpons tant recherchés par les pêcheurs. Des écrans interactifs permettent de mieux comprendre les écosystèmes et les modes de reproduction des poissons et crustacés. L’aquarium organise également des ateliers pour favoriser l’éducation à l’environnement.

Isla del Coco, le grand large

A 450 km au sud de la péninsule de Nicoya.
Sanctuaire parmi les sanctuaires de la nature, cette île, cernée de falaises, doit sa préservation exceptionnelle à son éloignement des côtes. Elle n’est accessible qu’après plus d’une semaine de navigation, au départ de Puntarenas. Le camping y étant interdit, les passagers dorment sur le bateau. Les plongeurs chevronnés y trouvent l’occasion de nager au milieu d’une faune sous-marine rare et d’observer de nombreux requins, dont le requin-marteau et le requinbaleine. Sur terre, la forêt tropicale humide – qui a servi de décor naturel au tournage de Jurassic Park – abrite une multitude d’espèces d’oiseaux, dont trois endémiques à l’île : le coucou, la perruche et la moucherolle des îles Coco. 

De Puntarenas à Jacó

La route nationale serpente dans l’arrière-pays et sa nature généreuse avant de rejoindre la côte pacifique à hauteur du petit village de Tárcoles. 

Fundación pro iguane verde 
A 50 km au sud est de Puntarenas. Ouvert tlj de 8 h à 16 h. Entrée payante.
Cette association à but non lucratif a entrepris avec succès un programme d’élevage en captivité d’iguanes verts qui sont ensuite relâchés dans des exploitations situées en forêt. La chair de ce reptile a toujours été consommée par les paysans d’Amérique centrale. Une chasse trop intensive et la destruction de la forêt tropicale, leur habitat naturel, ont mis l’espèce en danger. Cet élevage fournit aux agriculteurs une source locale de nourriture et un revenu d’appoint, grâce à la vente des peaux et d’autres produits.
En suivant les sentiers balisés ou en grimpant sur les plates-formes aménagées dans les arbres, on peut surprendre cet animal, aux étranges allures de dinosaure miniature, qui s’immobilise avant de fuir promptement.

Pont sur le Río Tárcoles 
Sur la route nationale 34.
Sur cette route qui longe toute la côte pacifique centrale, le pont enjambant le Río Grande de Tárcoles est une réelle attraction. Sous les arches de cette construction moderne, les crocodiles du fleuve paressent à loisirs. Il est formellement interdit de leur jeter de la nourriture, mais leur présence opportune et permanente semble indiquer que nombreux sont ceux qui, malheureusement, transgressent ce règlement.

Parque nacional Carara 
A 5 km à l’est du village de Tárcoles. Ouvert tlj de 7 h à 17 h. Entrée payante.
Cette réserve biologique est une zone de transition entre les forêts sèche et humide. Une grande variété de la population animale y cohabite : les toucans et les colibris sont omniprésents. Les singes-araignées et les singes capucins se balancent de branche en branche, perturbant à peine la léthargie des paresseux. L’ara écarlate, ce grand perroquet au corps rouge vif et aux ailes jaune, bleu et vert, est le symbole de ce parc, l’un des derniers territoires où il vit dans son environnement naturel. Avant le coucher du soleil, quelques centaines de spécimens se regroupent en couples pour rejoindre la mangrove du Río Tárcoles où ils passent la nuit.
A partir du centre d’accueil, quatre sentiers de randonnée, longs de 1 à 5 km, permettent de rejoindre les berges de la rivière où vivent des crocodiles, ou encore de s’enfoncer plus profondément dans la forêt.
Sites archéologiques de Carara 
Une nécropole datant de l’époque précolombienne, ainsi que divers témoignages d’une occupation passée, ont été découverts dans le périmètre du parc national. Réservés pour l’instant aux chercheurs et étudiants, il est néanmoins possible de les visiter en compagnie d’un guide.

Le cri de la jungle 
Loin d’être l’animal le plus dangereux de l’innombrable bestiaire costaricain, le singe hurleur en est le plus inquiétant, surtout lors de la première randonnée en forêt. Dans le parque nacional Carara, comme dans toutes les réserves du pays, il se fait entendre avant de se montrer : un cri grave et rauque, sorte de vagissement ininterrompu, résonne de façon lugubre dans un environnement qui paraît brusquement hostile. C’est grâce à son larynx, particulièrement développé, qu’il peut produire ce son. Son hurlement, perceptible à plus d’un kilomètre de distance, n’est pas anodin : il l’utilise pour avertir ses congénères de la présence d’intrus sur leur territoire. Sa très longue queue préhensile, véritable cinquième membre, lui sert de balancier dans ses déplacements acrobatiques.

La Catarata 
A 5 km de Tárcoles, au nord de la route principale.
La plus grande cascade du pays, haute de 200 m, est accessible à partir du parking, et après une marche de quelques dizaines de minutes. Tout au long de cette promenade, on peut débusquer de minuscules grenouilles venimeuses vertes et noires, qu’on se gardera de toucher.

De Tárcoles à Quepos

Avec une succession infinie de plages de sable fin léchées par des eaux limpides, en dehors des villes, cette portion de côte est la plus prisée des adeptes du surf et de la baignade en toute liberté. 

Jacó et ses environs 
A 20 km au sud de Tárcoles.
Cette station balnéaire très fréquentée doit son affluence à la relative proximité de San José, distante de moins de 100 km. Vouée au plaisir du vacancier, elle offre un éventail considérable de restaurants, bars, magasins de souvenirs ou boîtes de nuit… La plage de la ville, longue bande de sable gris, souffre de la pollution, mais il existe dans les environs de nombreux endroits paradisiaques où les surfeurs s’en donnent à cœur joie. Pour les baigneurs, Playa Herradura, à 4 km au nord, propose des eaux beaucoup plus calmes.
Parmi toutes les activités envisageables dans la région, on peut s’adonner à la pêche sportive, à l’observation des papillons dans un jardin spécialisé, au survol de la canopée dans l’aerial tram forest, à l’escalade dans le parc d’accrobranches, sans oublier les descentes en rafting sur les Ríos Naranjo et Savegre.

Les plages au sud de Jacó 
Jusqu’à Quepos, la route longe la côte et les points de vue sur le Pacifique sont splendides. Parmi les plages disséminées tout au long du parcours, la plus réputée d’entre elles, Playa Hermosa, à 5 km au sud de Jacó, est réservée exclusivement à la pratique du surf tant ses vagues sont hautes et dangereuses. Un rassemblement y est d’ailleurs organisé chaque année au mois d’août. A Playa Esterillos Este et Oeste, la baignade n’est pas plus conseillée. En revanche, l’affluence est moindre et l’atmosphère tranquille. Entre les villages d’Esterillos et de Parrita, les nageurs ont intérêt à se rendre sur Playa Palma, où les eaux sont beaucoup plus calmes.

Quepos 
A 70 km au sud de Jacó.
Deuxième station importante de la côte pacifique centrale, cette ville doit son nom à la tribu indienne des Quepoas qui habitait les lieux avant la conquête espagnole. Contrairement à Jacó, la commune a réussi à préserver une vie en dehors du tourisme. Un petit marché couvert continue à ouvrir ses portes tous les jours, favorisant le contact entre plaisanciers et locaux. On y trouve le fruit des deux principales productions des environs : la banane et l’huile de palme, dont on se sert pour la fabrication de margarine et de savon. La plage est bien trop polluée pour s’y baigner. Par contre, les eaux sont riches en dorades, thons jaunes et autres marlins, et les amateurs de pêche au gros ne manquent pas de possibilités de sorties en mer.

Entre Quepos et Dominical

La route continue à suivre les rivages de l’océan Pacifique, mais le bitume disparaît pour céder la place à une piste périlleuse… Pourtant, elle est très empruntée, car elle donne accès au célèbre parc national Manuel Antonio, avant de se faufiler entre de gigantesques plantations de palmiers africains. 

Parque nacional Manuel Antonio 
A 10 km au sud de Quepos. Ouvert du mardi au dimanche de 7 h à 16 h. Entrée payante.
Cette superficie restreinte – 682 ha -, concentre de multiples attraits. Afin de réduire une fréquentation touristique devenue excessive, les responsables du parc ont décidé de limiter les entrées à 800 visiteurs à la fois.
Parmi les habitants de ce touffu territoire, où les palétuviers forment audessus d’un entrelacs de racines des bouquets blancs, rouges et gris, le singe sagouin – appelé localement mono titi – est une espèce rare. En 1993, un ouragan dévastateur a détruit une grande partie de la forêt primaire du parc et la population de sagouins a diminué de moitié. Aujourd’hui, il est encore très difficile de les surprendre, au contraire des singes capucins à face blanche, beaucoup plus nombreux. Les iguanes prolifèrent également, et n’hésitent pas à sortir de la forêt pour se réchauffer sur le sable.

Plages 
Le sentier principal du parc rejoint des plages virginales. Playa Espadilla et Playa Espadilla Sul, les deux premières rencontrées sur le chemin, sont plus adaptées aux joies du surf qu’aux plaisirs de la baignade. En revanche, près de Punta Catedral, Playa Manuel Antonio, recouverte d’un sable blanc immaculé, est propice à la nage et à la plongée sous-marine. La limpidité des eaux révèle un univers coloré d’algues, d’éponges et de coraux. On y trouve encore d’anciens pièges à tortues, utilisés voici dix siècles : ce sont des pierres posées au sol en demi-cercle, qui empêchaient les tortues de regagner la mer après la ponte. Les plages Puerto Escondido et Playita, 2 km au sud, sont plus calmes, mais ne sont accessibles qu’à marée basse.

Punta Catedral 
Cette portion de terre est aujourd’hui rattachée au continent et un chemin de 1,5 km permet d’en faire le tour en une heure. Ce ne fut pas toujours le cas. Il y a plusieurs dizaines d’années, c’était une île, isla Catedral, qui émergeait à quelques encablures du rivage. Avec le temps, du sable et des sédiments se sont accumulés et la flore y a pris pied. La profondeur des racines a stabilisé ces dépôts jusqu’à créer un véritable pont végétal. Ce petit isthme est appelé par les scientifiques un tombolo. L’exemple du parc national Manuel Antonio serait l’un des plus remarquables au monde.

Hacienda Barú 
A 40 km au sud de Quepos. Ouvert tlj. Entrée payante.
La route entre Quepos et Dominical n’est toujours pas bitumée et certains passages peuvent s’avérer délicats, particulièrement durant la saison verte. Environ 2 km avant de retrouver le goudron et la civilisation, on passe devant la réserve privée de l’hacienda Barú. Créée au début des années 1980 par Diane et Jack Ewing, elle peut être visitée en quelques heures, mais le mieux est de lui consacrer une halte de plusieurs jours, tant l’endroit est agréable et la biodiversité d’une richesse incroyable. Sur les 330 ha de superficie que compte la réserve, plus de 50 espèces de mammifères ont été recensées, ainsi que 35 sortes de reptiles et d’amphibiens, 100 variétés d’arbres et 75 d’orchidées !
Pour profiter de cette nature généreuse, les propriétaires ont mis en place un réseau de 7 km de sentiers qui s’enfoncent dans la forêt humide et aboutissent à la plage toute proche. On peut aussi se promener sur les berges du Río Barú. Un jardin d’orchidées, un autre consacré aux papillons et un mirador, idéal pour l’observation des oiseaux, ont également été aménagés. Il est même possible de passer une nuit dans la jungle, sous des tentes. Il existe bien sûr des chambres équipées pour ceux qui ne peuvent se passer de confort.

Dominical 
A 45 km au sud de Quepos.
C’est avec une planche qu’il faut gagner la plage principale de ce petit village, revêtue de sable gris irisé par le rougeoiement de magnifiques couchers de soleil. Ici, l’océan roule des vagues gigantesques et offre des spots de surf de première qualité.

Suivez le guide ! 
Une balade à cheval à travers la jungle rejoint les bassins formés par des chutes d’eau, les Cataratas Nauyaca (A 20 km au nord de Dominical).

La Costanera

Entre Dominical et Palmar Norte, cette route récente offre de splendides panoramas sur la côte Pacifique, dont on se régalera en faisant une halte sur la terrasse d’un des nombreux hôtels qui ont poussé à flanc de colline. Profitant de ce nouvel axe routier, en effet, le tourisme se développe rapidement sur cette portion de la côte, même s’il est encore loin d’atteindre le seuil de fréquentation de Jacó ou Quepos. Protégées par la péninsule d’Osa, les plages sont beaucoup plus tranquilles et propices à la baignade. Sur ce trajet, on ne traverse que deux petites communes : Uvita et Ojochal. La première donne directement sur la mer et possède un rivage propre que les cailloux rendent peu praticable. La seconde est située dans les terres. Habitée par une importante colonie francophone, elle propose un large éventail gastronomique… 

Parque nacional Marino Ballena 
Situé entre Dominical et Uvita.
Ce parc national a été créé pour assurer la préservation des coraux. La plongée sous-marine y est l’une des activités les plus en vogue. C’est aussi un lieu de passage de différents mammifères marins, dont les baleines à bosse qui lui ont donné son nom. On peut les observer entre décembre et mars. L’isla Ballena,située à quelques encablures de la côte et accessible avec un bateau de location, est un refuge pour de nombreux oiseaux marins, en particulier les fous de Bassan et les frégates. La plage principale du parc est également un lieu de ponte pour les tortues hawksbill et de Ridley, durant la saison des pluies.

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