Antalya, Kaleici - Port

Antalya, Kaleici – Port

L’itinéraire

L’itinéraire Antalya – Perge – Aspendos – Side-Alanya – Anamur – Silifke – Korykos – Mersin – Adana est long de 580 km. Il commence par la Pamphylie, une région montagneuse qui culmine à 3 000 m d’altitude, bordée par une large plaine agricole (coton et agrumes) où se trouvent également les sites archéologiques de Perge, Aspendos et Side. La côte méditerranéenne est beaucoup plus chaude que la côte égéenne (des bananes y sont cultivées !) mais moins belle et moins sauvage, sauf entre Alanya et Silifke, où de splendides paysages de montagne dominent. A partir d’Anamur, la route pénètre la Cilicie (Çukurova), dont Adana est la capitale, centre d’une riche plaine consacrée à la culture des agrumes. Cette région très dynamique a connu un développement économique rapide ces dernières années. Sur tout le parcours la route est excellente.

Antalya

Blottie au creux d’une baie et entourée de hautes montagnes, Antalya (200 000 habitants) est devenue un centre touristique important. Elle possède un petit port romantique, de splendides parcs et de belles plages s’étendant à l’est sur 20 km. L’antique Attaleia, fondée par Attale II (159-138 av. J.-C.), devint possession romaine après la transformation du royaume de Pergame en Province d’Asie. Les murs de la ville datent de cette époque. Plus tard, le port servit de base navale aux Croisés. Au début du XIIIe siècle, les Seldjoukides la conquirent ; à la fin du siècle suivant, elle devint ottomane. La ville est dominée par le Yivli Minare, haut minaret dont les structures en briques constituent une partie de la mosquée seldjoukide élevée au début du XIIIe siècle par Alaeddine Kayqubad. A côté du minaret se trouve le musée archéologique, ancienne basilique byzantine qui renferme une riche collection de sarcophages et de statues provenant de la province d’Antalya. Au centre de la ville, la tour de l’horloge, élevée sur une vieille tour des fortifications de la ville, domine la Cumhuriyet Caddesi. En descendant la Çetinkaya Caddesi (qui conduit vers Alanya) jusqu’à Atatürk Caddesi, se trouve, sur la droite, la porte d’Hadrien, construite durant une visite de l’empereur (117-138). La tour de Hidirilk, tour sud-est des fortifications romaines, servit probablement de phare. Au sud-est, s’étend le vaste parc municipal dont les sous-bois et les fleurs font un lieu de halte charmant et reposant. A l’ouest et à l’est d’Antalya se trouvent de belles plages bien équipées (Konya Alti, Sidé). Le bureau du tourisme se trouve sur Cumhuriyet Cad. L’aéroport se situe à 15 km du centre-ville. Antalya est un important centre de yachting depuis lequel s’organisent des croisières.

Aux environs d’Antalya

Dans la direction nord-ouest, vers Korkuteli, après 35 km, la route atteint le village de Güllük, proche de Termessos dont les ruines s’étendent sur un plateau rocheux qui offre une vue panoramique sur les montagnes du Taurus et la baie d’Antalya. La ville prit de l’importance au IIe siècle av. J.-C. Il en reste la muraille ainsi que les ruines d’un gymnase, d’un marché, du centre de la cité, de l’agora, d’un théâtre et de plusieurs temples.

A 16 km d’Antalya en direction d’Alanya, une route s’embranche à gauche vers Aksu et conduit aux ruines de Perge, une des villes les plus représentatives de l’ancienne Pamphylie, prospère du IIIe au IIe siècle av. J.-C. Le site garde les ruines du théâtre qui pouvait contenir 12 000 personnes. La scène, du IIe siècle, était richement ornée de représentations mythologiques (Dionysos, Kestros, Zeus). Une galerie délimitait l’arrière de la salle. Entre le théâtre et les murs de la cité se trouvent les ruines d’un stade de 234 m sur 34 m. Certaines parties des murs de la ville sont encore visibles, mais les restes de la forteresse sur la colline sont négligeables.

Théâtre Aspendos - Antalya

Théâtre Aspendos – Antalya

Sur la route principale qui va de Serik à Belkis, l’embranchement au km 47 conduit à Aspendos, un ancien port rendu célèbre par son merveilleux théâtre, le mieux conservé de tous les édifices antiques classiques de l’Asie mineure. Construit avec des marbre et calcaire locaux au IIe siècle av. J.-C. par l’architecte Zenon, il peut encore accueillir 25 000 spectateurs. Des festivals s’y tiennent au mois de mai. Sa façade, à laquelle il manque la corniche, est partagée en trois entrées et quatre rangées de fenêtres. Les ailes gauche et droite constituent le front de la scène. Quant au demi-cercle, séparé par une large galerie, il possède 20 rangs dans sa partie basse et 19 dans sa partie haute. La salle, d’un diamètre de 95 m, est close par une série de piliers. Alors que l’ensemble est en bon état, il ne reste que des fragments de la façade intérieure. Des nombreuses colonnes et statues, seuls les socles et balcons demeurent apparents. Le revêtement de marbre a lui aussi disparu. A 200 m au nord du théâtre, se trouvent le stade et une sépulture. Plus loin, après l’ancienne porte de l’est, se dresse l’Acropole, à cheval sur deux collines adjacentes. Sur la plus basse s’élevait un théâtre et sur l’autre la cité, dont subsistent des ruines intéressantes. Des quatre chemins conduisant autrefois au théâtre, toutes les portes ont été retrouvées. A l’emplacement de la porte sud, les marches se devinent encore. Aucune muraille n’ayant été construite, les versants abrupts entourant la cité constituaient à eux seuls une protectIon.

Dans la plaine se trouvent les vestiges d’un aqueduc romain et de deux châteaux d’eau chargé d’alimenter l’acropole et la cité. L’agora est délimitée à l’ouest par une rue commerçante à arcades. Au nord, le Nymphaum, de 35 m de large sur 15 m de haut, se composait de deux étages comportant des doubles colonnes et des statues. Le côté est de l’agora était clos par une basilique à trois nefs de 105 m sur 80 m dont il ne reste plus que les fondations. Au sud s’élève un bâtiment qui enjambait en trois arcs le ravin accolé à la partie sud de l’agora. Sur le front nord de la basilique, le porche, rassemblant un portail avec des arcs en plein cintre au nord et trois portails au sud, servait certainement de halle alimentaire. Au nord du Nymphaum, les fondations d’une construction en arc de cercle appartiennent certainement à un ancien hôtel de ville.

Au km 81, la route sur la droite rejoint, 4 km plus loin, le carrefour menant à Sidé. Ce pittoresque village est devenu un important centre touristique d’un séjour agréable installé sur une avancée de terre basse d’où partent d’immenses plages de sable bordées d’hôtels. Le village proprement dit possède également de très beaux hôtels et pensions de bord de mer, au milieu de jardins. Les vestiges de la ville antique de Sidé se noient entre les maisons du village. En arrivant à Sidé, se dresse à gauche de la route un très beau théâtre du IIe siècle bien conservé (accès payant) devant lequel s’ouvre l’agora. A droite de la route, se trouve le musée installé dans les anciens thermes romains. La route passe ensuite sous un arc de triomphe romain puis s’arrête devant un parking. La circulation automobile est interdite en ville. La visite des temples d’Athéna et d’Apollon se fait à pied. Après Sidé, un parc a été aménagé près de cascades (suivre les panneaux « Selale » à 4 km de Manavgat). Plus loin, la route de gauche, vers Beysehir et Konya, mène à Alanya.

Alanya

La ville ancienne est perchée sur une presqu’île montagneuse, entièrement ceinturée par une gigantesque muraille de 6,5 km et défendue par 140 tours. La ville moderne (117 000 habitants) s’étend sur la route d’Anamur le long d’une belle plage de sable jalonnée d’hôtels. Alanya figure parmi les plus importantes stations balnéaires de Turquie. Ce site défensif exceptionnel a de tout temps été occupé. La ville de Coracesium est déjà mentionnée à l’époque de l’occupation perse. Son nom actuel vient du sultan seldjoukide Alaeddin Kaykobad qui la prit d’assaut. Au sud du port se dresse la tour rouge (kizil kale), une puissante tour octogonale construite par Alaeddin Kaykobab, dans laquelle a été aménagé un musée ethnographique. Plus au sud, un petit chemin permet d’accéder à l’ancien arsenal, lui aussi d’époque seldjoukide. C’est un bâtiment rectangulaire de 60 m sur 40 m qui comporte cinq galeries couvertes s’ouvrant sur la mer.

Baie d'Alanya

Baie d’Alanya

Une petite route de 3 km monte en tournant à la citadelle. Chaque lacet offre un très beau panorama sur la baie d’Alanya. Avant d’arriver à la forteresse supérieure (Içkale), se dresse une mosquée bâtie par Soliman le Magnifique. A l’intérieur de la citadelle, construite par Alaeddin entre 1226 et 1231, se trouvent divers bâtiments militaires, une citerne et une chapelle byzantine. La vue sur Alanya y est incomparable. En revenant vers la ville par l’ouest de la presqu’île, la grotte de Damlatas, une grotte marine aménagée, se visite. Avant Anamur, au km 277, une pancarte indique le site d’Anamorium, 3 km plus loin. La route finit en cul-de-sac sur une belle plage après avoir traversé les vestiges d’une ville byzantine au milieu d’une végétation sauvage et confuse. A droite, sur les pentes de la colline se trouve la nécropole. Certaines tombes portent encore des décorations. Sur la gauche, l’édifice le mieux conservé est le Bouleuterion, une salle de réunion avec gradins. Le site comporte encore plusieurs églises. Un peu plus loin sur la droite, un bain construit sur deux étages se visite.

La ville d’Anamur n’est pas exceptionnelle. Il en va différemment du château d’Anamur (Mamure Kalesi). Littéralement posée au bord de la mer dans un état de conservation étonnant, la bâtisse trône, couronnée de ses créneaux. Construit à la fin du XIIe siècle, le château appartenait au royaume de petite Arménie, fondé par des émigrés Arméniens en 1190 en Cilicie et qui dura jusqu’en 1375. Les Seldjoukides s’emparèrent du château en 1221 et construisirent l’essentiel de ce qui est visible aujourd’hui. Le bâtiment se compose de trois quartiers juxtaposés et indépendants, ayant chacun son système de défense : le quartier de mer, le long de la côte ; le quartier de terre, où une mosquée a été construite au XIXe siècle ; et enfin le château proprement dit, qui se tient sur une petite hauteur légèrement en avancée sur la mer. Occupé une quinzaine d’années par Pierre de Lusignan, roi franc de Chypre, à la fin du XIVe siècle, le château fut récupéré et restauré par les Ottomans qui l’utilisèrent jusqu’au début du XXe siècle.

Silifke et ses environs

Après Anamur commence la plus belle partie de la côte méditerranéenne. Au km 409, se trouve Tasucu, petite station balnéaire d’où partent les bateaux pour Chypre. 11 km plus loin, la route atteint Silifke, l’ancienne Séleucie du Calycadnos, située sur la rive droite du Göksu, où l’empereur Frédéric Barberousse se noya en 1190, au cours de la troisième Croisade. A l’ouest de la ville, se visitent les ruines d’un château arménien du XIIe siècle bâti sur l’ancienne acropole. De Silifke une excellente route permet de joindre Konya en 256 km. Uzuncaburç, après 28 km d’une route forestière très pentue, est l’ancienne Olba fondée à l’époque hellénistique (IIIe siècle av. J.-C.). Les édifices antiques dispersés au milieu du village comprennent un théâtre en partie taillé dans le roc, le temple de Zeus, encore très impressionnant, dont les bas-reliefs sont rassemblés dans le téménos (enclos sacré), le temple de Tyché (ou Fortune, déesse tutélaire de la ville), et une tour de 25 m de haut qui faisait partie des remparts.

A 21 km de Silifke en direction de Mersin, une petite route monte au vallon du Paradis (Cennet deresi), un escalier aménagé descend dans les profondeurs d’un gouffre tapissé de verdure. Face à l’entrée d’une immense grotte s’ouvrant en arche au bout du chemin, se dresse une petite église du Ve siècle. L’édifice à nef unique – dit « hypèthre » (sans toit) – est bordé de fenêtres surmontées d’un bandeau. La grotte mène jusqu’à une petite rivière souterraine.

Mersin - Kandilivane

Mersin – Kandilivane

La route principale, au bout de 7 km, rejoint Korykos (Kizkale), une petite station balnéaire populaire qui propose de sympathiques pensions sur la plage. Au nord-est de celle-ci, s’élève une imposante forteresse construite au XIIe siècle par des seigneurs arméniens. En 1360, elle passa aux mains des Lusignan, souverains francs de Chypre qui s’y maintinrent jusqu’en 1448. L’essentiel de ce vaste bastion carré défendu par deux enceintes concentriques date du XIIe siècle. Un fouillis de végétation l’a envahi. A 200 m face à la plage, sur un îlot, se dresse un deuxième château, plus petit, également du XIIe siècle, construit par Léon II roi de la Petite Arménie. Originellement, les deux châteaux étaient reliés par une digue. Il faut aujourd’hui utiliser une barque pour le visiter (location sur la plage).

Au km 511, Mersin (260 000 hab.), le grand port de la Cilicie, est une ville moderne et un centre commercial important. Le service de ferry pour Iskenderun et Chypre est quotidien. Après 30 km d’autoroute, l’itinéraire rejoint Tarsus (Tarse, 190 000 habitants). De cette très ancienne cité, ville natale de saint Paul, il reste bien peu de choses à voir : la Kilise camii, ancienne église arménienne transformée en mosquée, et un musée archéologique. De Tarsus, il est possible de repartir au nord, vers Nigde ou Aksaray. L’itinéraire se termine 40 km plus loin à Adana.

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