Située à moins de 2 h de Dubaï par une route traversant le désert puis de rudes montagnes jusqu’au golfe d’Oman, c’est la plus belle partie des Emirats arabes unis. Les monts Hajar offrent des points de vue magnifiques sur l’océan Indien, et les villages dispersés donnent une idée de ce qu’était la vie traditionnelle des Bédouins d’autrefois. La présence de nombreux oueds est propice au pique-nique, au camping et aux randonnées pédestres.

Dibba

A plus d’une cinquantaine de kilomètres au nord de Fujairah.
Situé au point le plus septentrional de la côte est, à la frontière avec le territoire de Musandam, ce village de pêcheurs a comme toile de fond les monts Hajar et ses pics culminant à plus de 1 800 m du côté d’Oman. Le paysage est saisissant lorsque les pentes brunes, nues de toute végétation, tombent à pic dans la mer.
Dibba a la particularité d’être divisé en trois parties : Dibba al-Hisn est administré par l’émirat de Sharjah, Dibba Muhallab par celui de Fujairah et Dibba Bayah par Oman. Sur place, le visiteur ne s’en rend pas compte et passe sans visa de l’une à l’autre. 

Petit rappel historique 
La bourgade est habitée depuis le IIe millénaire av. J.-C. Aujourd’hui paisible, elle a pourtant connu un cruel passé, comme en témoignent les nombreux sites funéraires à travers la région. Elle a été le théâtre en 633 de l’une des plus terribles batailles que la péninsule Arabique ait jamais connues. A l’époque, les troupes armées du calife Abu Baker vainquirent les montagnards de la région au prix de 10 000 morts et imposèrent l’islam.

Le littoral 
Sur le petit port, il est possible de louer des bateaux pour des sorties de pêche sous-marine ou pour, tout simplement, aller à la rencontre des dauphins et des tortues de mer. Les poissons exotiques abondent,même à faible profondeur, et l’un des endroits réputés pour les admirer est l’îlot baptisé Snoopy Rock, face aux bungalows et au motel de Sandy Beach. Les plages sont en général très propres, bien qu’il arrive parfois qu’elles soient entachées d’amas de cambouis.
Prisés par les Emiratis, les 62 km de côtes qui séparent Dibba de Fujairah, au sud, voient émerger de plus en plus de résidences secondaires.

Une navigation… à la Robinson ! 
Sur le port de Dibba, au niveau du marché aux poissons, les groupes de visiteurs peuvent louer auprès des pêcheurs du coin un boutre d’une capacité de 20 à 25 personnes pour la somme de 2 500 Dhs la journée. Il ne faut pas hésiter à marchander ! Au programme : une excursion le long de la côte de Musandam et des fjords. Un visa n’est pas nécessaire, car on ne pénètre pas dans le territoire d’Oman. Néanmoins, durant la croisière, des arrêts peuvent être envisagés sur la côte et une nuit de camping à la belle étoile est possible. Les conditions de voyage sont rudimentaires : les passagers apportent leur propre eau et nourriture. Seules des glacières sont fournies.

Bidiyah

A environ 25 km au sud de Dibba et à une quarantaine de kilomètres au nord de Fujairah.
A mi-chemin entre Dibba au nord et Khor Fakkan au sud, ce minuscule village est composé de maisonnettes cachées dans une palmeraie, juste en bordure de mer. 

Petit rappel historique 
Bidiyah, peuplé depuis 3000 av. J.-C., est l’un des plus anciens sites de la côte est. Des chantiers archéologiques ont mis au jour, près du marché, les fondations d’une tour ronde en pierre qui aurait quatre mille ans, ainsi qu’un tombeau collectif de 30 m de long qui daterait de 1000 av. J.-C.
Le lieu est également parsemé de vestiges de la grande bataille de 633 menée par les armées du calife Abu Baker pour anéantir toute rébellion contre l’islam dans la région.

Mosquée Al-Masjid al-Othmani 
A 8 km au nord de Khor Fakkan, à la sortie de Bidiyah. Interdit aux non-musulmans.
Plus ancien lieu de culte aux Emirats arabes unis, l’édifice aurait été construit il y a quatre cents ans. De style ottoman, blanchi à la chaux, fait de plâtre, de pierre et de briques de boue, il est entouré d’un mur haut de 1,5 m. La mosquée n’a pas de minaret. Elle possède cependant quatre petits dômes soutenus par un pilier unique.

Masafi

Wadi Maidaq Road, à proximité de la route Sharjah-Fujairah, à une trentaine de kilomètres au nord de Fujairah.
Cette localité lovée au milieu des monts Hajar appartient à l’émirat de Ras al-Khaimah. Elle est rendue célèbre par l’eau minérale qui y est embouteillée. On s’y arrête aussi pour son marché du vendredi, très coloré. Il ne faut pas se fier à son nom : en effet, il est ouvert tous les jours. On y trouve des tapis, des plantes, divers bibelots, ainsi qu’un grand choix de produits locaux : poteries en argile de Fujairah, nattes tissées en feuilles de palmier… 

Khor Fakkan

A plus d’une vingtaine de kilomètres au nord de Fujairah.
Cette enclave de l’émirat de Sharjah est l’un des plus beaux sites des Emirats arabes unis, coincé au pied des monts Hajar, à mi-chemin entre Fujairah et Dibba.
Une équipe du Musée archéologique de Sharjah y a identifié 34 tombes datant de la première moitié du IIe millénaire av. J.-C. 

Anse Fakkan 
Devenue une charmante station balnéaire, l’anse est située dans une baie flanquée de deux promontoires rocheux, d’où son surnom d’« anse des Deux-Mâchoires ». Les Emiratis aiment venir y passer des week-ends sportifs ou oisifs, profiter de la jolie plage, partir pour une journée de pêche ou à la visite des îles Sharque et Hidden Beach.
Bordée de restaurants, la corniche se termine au sud par le marché aux poissons.

Port 
Grand et disposant d’infrastructures modernes, il accueille des cargos qui doivent déverser leurs marchandises aux Emirats arabes unis, évitant ainsi deux jours de voyage via le détroit d’Ormuz jusqu’à la côte ouest. Le va-et-vient des conteneurs contraste avec l’activité du vieux port de la ville.

Barrage de Rifaisa 
A partir de la route principale, juste à côté de la mosquée, prendre la route qui se dirige vers l’intérieur des terres. Arrivé au pont, tourner immédiatement à gauche, puis suivre une route de terre pendant 4,7 km.
Le paysage affiche des faux airs de Suisse, en plus sec. D’après une légende locale, il y aurait une cité perdue enfouie au fond du barrage, que l’on pourrait apercevoir lorsque les eaux sont claires.

Qidfah

A environ 18 km au nord de Fujairah.
Une extraordinaire découverte archéologique fut faite dans la palmeraie de ce village en 1985 : le site funéraire de l’âge de fer le plus important de toute la péninsule Arabique. Il s’agit d’une tombe datant de trois mille ans. Bien préservée, elle contenait de la vaisselle, des armes, des bijoux, des poteries et des outils en bronze. 

Bitnah

A une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Fujairah, dans l’oued Ham, sur la route principale 89.
Dans l’ancien temps, le fort de ce village, aux murailles épaisses et crénelées et aux tours percées de meurtrières, était le principal point de contrôle sur le passage d’est en ouest de l’oued Ham à travers les montagnes. Il a gardé son impressionnante physionomie.
Bitnah est aussi réputé pour son principal site archéologique. Mise au jour en 1988, cette tombe en forme de T, datant de la période Wadi Suq au IIe millénaire av. J.-C., fut probablement un lieu de sépulture communal entre 1350 et 300 av. J.-C. Afin de le protéger, le site est aujourd’hui clôturé et ne peut être visité. Le musée de Fujairah le présente en détail et permet donc de s’en faire une meilleure idée. La palmeraie est dominée par les monts Hajar et arrosée par l’oued Ham, qui coule au pied des murailles du fort et invite à la baignade ou à la balade sur ses berges. 

Des taureaux en tenue de combat 
Fujairah ne connaît pas les courses de dromadaires. Elle offre cependant une autre attraction inattendue et tout aussi populaire. Chaque vendredi, vers 16 h 30, excepté les mois d’été, des taureaux s’affrontent en duel durant quelques minutes dans une arène improvisée, près du pont de Kalba. Entre ces puissantes bêtes à la robe d’un beau beige clair, pas d’effusion de sang : elles combattent jusqu’à ce que la plus faible décide d’abandonner et de fuir. Venus d’Inde, ces taureaux auraient été amenés par les Portugais pendant leur domination sur le détroit d’Ormuz, de 1500 à 1650, pour travailler dans les palmeraies. Les fameuses joutes auraient été introduites au XVIe siècle.

Fujairah

Contrairement à la plupart des villes importantes du pays, la capitale de l’émirat du même nom n’a ni bras de mer, ni lagune, ni taxis d’eau. Cette grosse bourgade, mélange d’ancien et de nouveau, s’étire le long d’une côte rectiligne. Les quartiers de Regalath Road, Gurfah Road et Al-Fasseel Road situés en bord de mer sont séparés du reste de Fujairah par une vaste palmeraie. La ville est truffée de ronds-points flanqués de sculptures monumentales, parfois surprenantes. La corniche, ponctuée au nord par les jardins de l’hôtel Hilton, s’orne d’une multitude de restaurants et de cafés très animés les jours de week-end. 

Emirat de Fujairah 
A environ 130 km à l’est de Dubaï. A la sortie de Dubaï, prendre la route 88, direction Al-Dhaid et Masafi, puis suivre la route 89 jusqu’à Fujairah.
Entièrement localisé sur la côte est, il n’a pris son indépendance qu’en 1952 aux dépens de Sharjah. L’Emirat est percé par trois enclaves : Khor Fakkan et Kalba, qui appartiennent à Sharjah, et une troisième située entre Masafi et Murba, propriété du sultanat d’Oman. D’une superficie de 1 166 km2, le territoire de Fujairah est bordé à l’ouest par la partie septentrionale des monts Hajar et baigné à l’est par le golfe d’Oman. Le paysage épouse aussi les contours d’innombrables oueds, oasis et gorges profondes. Les rudes collines environnantes sont parsemées de vieux forts et de tours anciennes. De là, au printemps et à l’automne, on peut observer les oiseaux opérant leur migration vers la Sibérie et l’Asie centrale. L’industrie touristique gagne la côte, et les villages sont devenus de petites stations balnéaires prisées des Emiratis. Une barrière de corail artificielle offre des spots favorables à la pratique de la pêche, de la plongée sous-marine et des sports nautiques.
Contrairement aux autres émirats, Fujairah n’a jamais pu pratiquer la pêche des perles, ses eaux étant plus froides que celles du golfe Arabo-Persique. Après avoir vécu de l’agriculture et de la pêche, la ville a vu se développer les activités de son port, les bateaux préférant y mouiller plutôt que de devoir franchir le détroit d’Ormuz. L’émirat parie beaucoup sur le tourisme, et des aménagements importants sont en cours. L’émir régnant est, depuis 1974, Sheikh Hamad ibn Muhammad ash-Sharqi.

Suivez le guide ! 
Depuis l’hôtel Hilton, la corniche se prolonge par une plage où les pêcheurs ramènent leurs prises dans de longs filets qu’ils font sécher au soleil.

Le musée 
A l’intersection de Sheikh Zayed bin Sultan Road et Al-Nakheel Road, à environ 600 m au sud du fort. Ouvert tlj sauf samedi de 8 h à 12 h et de 16 h à 18 h, vendredi de 16 h à 18 h. Entrée payante.
Il donne un aperçu de l’histoire et du patrimoine des émirats à travers une exposition sur la vie traditionnelle et une collection de découvertes archéologiques qui proviennent des environs, à Bitnah, Bidiyah et Qidfah. Les fouilles entreprises par des archéologues émiratis et étrangers ont permis de rapporter des objets remontant à plus de quatre mille cinq cents ans, parmi lesquels des armes utilisées durant l’âge de bronze et l’âge de fer, de la poterie fine et des pièces en argent de la période préislamique, et un œuf d’autruche daté d’il y a 2 200 ans. Ces collections pourraient être déménagées dans le fort (tout proche) lorsque sa rénovation sera totalement terminée. (Se renseigner auprès du Fujairah Tourist Office, Fujairah Trade Centre, Sheikh Hamad bin Abdullah Road, tél. : 09 22 31 554).

Jardins Ain al-Madhab 
A environ 4 km à l’ouest du fort de Fujairah, à la sortie de la ville, dans les contreforts des monts Hajar. Ouvert tlj sauf samedi de 10 h à 23 h.
Ces jardins sont irrigués par des sources d’eau minérale chaude, chargée de soufre, utilisée dans deux piscines sur le site. Ain al-Madhab possède des chalets à usage privé au milieu de grands jardins boisés. Durant les vacances, un théâtre extérieur accueille des festivals, occasion d’entendre de la musique traditionnelle et d’admirer des danses folkloriques.

Fujairah Heritage Village 
Mitoyen des jardins Ain al-Madhab. Ouvert tlj sauf samedi de 10 h à 23 h. Entrée libre.
Déployé autour des ruines d’un vieux fort, sur une superficie de 6 000 m2, ce village culturel, ouvert en 1996, dépeint la vie telle qu’elle était avant l’ère du pétrole. Sont exposés des maisons et bateaux de pêcheurs en feuilles de palme, des outils agricoles et de chasse, ainsi que des ustensiles et des pots en argile et en bronze. On y explique aussi le système d’irrigation des champs, al-yazrah.

Hayl

A environ 13 km au sud-ouest de Fujairah.
Ce vieux village est niché dans une vallée luxuriante, riche d’une faune et d’une flore variées. Quelques piscines naturelles, ainsi qu’une cascade, agrémentent le bas de la vallée. Là, on peut voir les fameux taureaux, pesant une tonne, travailler dans les fermes où ils sont choyés comme des animaux domestiques. 

Suivez le guide ! 
Il est conseillé de se rendre à Hayl en voiture tout-terrain, car la route qui descend dans le lit caillouteux de l’oued est rude.

Château Al-Hayl 
En allant de Fujairah vers Dubai, suivre le panneau « Château Al-Hayl », du côté gauche, environ 2 km après le rond-point principal à la périphérie de la ville. Bien qu’en ruine, l’ancienne résidence d’été de la famille régnante de Fujairah, les Al-Sharqi, peut pourtant s’enorgueillir d’être l’un des forts de montagneles mieux conservés du pays. Son passé est plutôt flou, et les historiens pensent qu’il n’aurait pas plus de cent ou deux cents ans. Les vestiges du palais, amas de colonnes et de tours de guet, se détachent sur un fond de pentes escarpées et d’arêtes acérées. L’écoulement des eaux de la montagne fournit tout au long de l’année une irrigation naturelle à la plaine. Au coucher du soleil, les flancs se parent de lumière pourpre et or. Le spectacle est superbe.
Les possibilités de randonnées pédestres sont nombreuses le long des cours et dans le lit des oueds.

Kalba

Sur la côte, à environ 16 km au sud de Fujairah.
Serti de longues plages de sable fin, ce charmant village de pêcheurs est une enclave de l’émirat de Sharjah, joyau bordé par l’océan Indien. De l’aurore au crépuscule, on se délecte de la vue paisible des shasha, bateaux de pêche confectionnés en feuilles de palmier, et des cageots de langoustes alignés sur la grève. 

Al-Hisn Fort 
Ouvert tlj sauf lundi de 9 h à 13 h et de 17 h à 21 h, vendredi de 17 h à 20 h 30. Accessible uniquement aux femmes et aux enfants le mercredi après-midi. Entrée libre.
Il se dresse face à la maison récemment restaurée de Sheikh Zayed al-Qasimi, qui domine la mer de l’autre côté de la rue. Ce fort abrite le musée de la ville et présente une exposition d’armes.

Un trésor biologique bien gardé 
La réserve naturelle de Khor Kalba s’étend dans un estuaire au sud du village. Il est possible de la parcourir à pied ou en canoë, accompagné d’un ranger. Elle concentre la forêt de mangrove la plus septentrionale au monde et la plus ancienne d’Arabie. Elle renferme une grande variété de plantes marines et d’oiseaux que l’on ne voit nulle part ailleurs dans le pays. Par exemple, c’est l’unique lieu où se reproduit le martin-pêcheur à col blanc, dont il ne resterait que 55 couples sur Terre. Khor Kalba est devenue la première réserve naturelle des Emirats arabes unis à bénéficier d’une protection fédérale. L’avenir de la mangrove, menacée à cause d’une irrigation excessive provenant des eaux des montagnes et de la mer, semble assuré.

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