C’est un pays complètement différent que l’on découvre de Barra del Colorado à Manzanillo, imprégné par l’influence afro-antillaise. Les rythmes de reggae, la langue métissée et la décontraction régnante plongent immédiatement le visiteur dans un univers accueillant, doté d’une nature généreuse.

La côte de Talamanca

Les Indiens bribris et cabecars peuplent cette région. Pourtant, si une minorité a choisi de s’adapter, devenant guides pour les voyageurs désireux de profiter de leur séjour pour connaître autre chose que le doux murmure des vagues, la majorité vit toujours de façon traditionnelle à l’intérieur des terres et il est malaisé de partir à leur rencontre. Dans leurs maisons aux toits de palme, ils cuisinent au feu de bois les fruits de l’agriculture et de la chasse, dormant dans des hamacs. 

Puerto Viejo de Talamanca 
A 60 km au sud de Puerto Limón.
Dernière station balnéaire au sud de la côte caraïbe, ce village a longtemps souffert de la concurrence de Cahuita. Aujourd’hui, il n’a plus rien à envier à son proche voisin. En contrepartie, il a perdu une partie de sa tranquillité. Il conserve néanmoins un charme indéniable, plus sensible durant la saison verte, quand les touristes sont moins nombreux. Ici, les rastas sont marins-pêcheurs et leurs bateaux sont peints aux couleurs de la Jamaïque, le reggae s’échappe des maisons de bois aux portes ouvertes, laissant deviner le fumet d’une cuisine épicée.
Devant le village, deux plages, l’une de sable blanc, l’autre de sable noir, permettent de s’abandonner aux plaisirs de la baignade.

Finca de iguanas 
A la sortie de Puerto Viejo, en direction de Cahuita. Ouvert tlj de 8 h à 16 h. Entrée payante.
La ferme d’élevage d’iguanes Kekoldi permet d’étudier cet animal que l’on n’aperçoit habituellement que furtivement au détour d’un sentier ou aux abords d’une plage. Créée par des Indiens bribris, elle offre en outre une excellente occasion de découvrir le mode de vie des autochtones, leurs habitations sommaires, maisons de terre et de paille coiffées de palme et leur artisanat, élaboré à partir de bois et de noix de coco. Il ne faut pas hésiter à acheter les bibelots fabriqués sur place, directement du producteur au consommateur.

Jardín botánico Finca la Isla 
A la sortie ouest de Puerto Viejo. Ouvert du vendredi au lundi de 10 h à 16 h. Entrée payante.
Cette ferme produit des épices, des fruits tropicaux et des fleurs ornementales. A côté des plantations, on peut visiter, accompagné d’un guide, un jardin botanique. Parmi les fleurs et les arbres fruitiers, avec un peu d’attention, on surprendra les grenouilles venimeuses, tandis que les paresseux se balancent mollement aux branches.

Au sud de Puerto Viejo 
Tout au long de la route qui relie Puerto Viejo à Manzanillo, les hôtels ont poussé comme des champignons dans la forêt. La plupart, bâtis principalement en bois, s’intègrent parfaitement au cadre, mais certains aménagements sont moins heureux, empiétant trop largement sur la végétation.

Plages 
Les treize kilomètres de côtes déroulent un chapelet de plages idylliques. Pour les atteindre, il faut quitter la piste forestière et s’engager dans les petits chemins étroits qui serpentent entre palmiers et cocotiers, sous les cris lancinants des singes hurleurs. Les premières, à 2 km en direction du sud, Playas Salsa Brava et Cocles, sont de véritables sanctuaires du surf, particulièrement durant les premiers mois de l’année. Un récif, situé à l’extrémité de la seconde d’entre elles, aimante dangereusement les acrobates de la planche, qui cherchent à s’en approcher au plus près tout en évitant de s’y écraser.
Toujours plus au sud, Playa Chiquita et Punta Uva semblent elles aussi sorties d’une carte postale. Plus propices à la baignade, elles offrent également aux amateurs de plongée sous-marine un splendide récif corallien aisément abordable.

Refugio nacional Gandoca Manzanillo 
A 13 km au sud de Puerto Viejo.
Aujourd’hui, le hameau de Manzanillo est à son tour touché par le développement touristique. Outre la longue plage qui s’étend devant les maisons, le refuge national explique ce nouvel engouement. Seul le chemin qui longe la côte jusqu’à Punta Mona, 5 km plus au sud, est accessible individuellement. Pour pénétrer dans la forêt tropicale humide, la compagnie d’un guide s’avère indispensable. L’enchevêtrement des sentiers, non balisés, nécessite une connaissance parfaite des lieux, au risque de s’égarer dans ce maquis d’arbres, de buissons et de zones marécageuses. L’épais feuillage camoufle toute une population d’oiseaux qui mêlent leurs chants aux cris des singes hurleurs. La forêt abrite aussi de nombreux reptiles, des tapirs et des lamantins. Des caïmans se prélassent dans les quelques mares et sur les rives du Río Sixaola.
A 200 m de la côte, un récif corallien offre un univers en technicolor aux plongeurs. Plus au large, une sortie en mer (Payante) promet une rencontre avec un étrange mammifère marin. En effet, en 1997, cinq scientifiques américains découvrirent dans les eaux de Manzanillo un dauphin tuxuci, une espèce peu courante et jusqu’alors inconnue au Costa Rica. Depuis, l’observation de ce sympathique animal, par le biais de l’Asociación pro-delfines de Talamanca, attire chercheurs, étudiants et touristes.

Bribrí 
A 15 km à l’ouest de Puerto Viejo.
Situé dans l’arrière-pays, ce village est un centre commercial et administratif pour les populations indigènes qui vivent sur les contreforts de la cordillère de Talamanque. Il est également au carrefour de la route qui conduit vers la frontière panaméenne.
Suivez le guide ! 
A Sixaola, le passage entre le Costa Rica et le Panamá s’effectue à pied, en empruntant un vieux pont métallique et brinquebalant.

De la difficulté à communiquer 
L’espagnol est la langue officielle du Costa Rica, parlée partout en dehors de quelques réserves indigènes qui ont conservé leur propre langage. Sur la côte caraïbe pourtant, les influences ont été si multiples qu’il en résulte un parler difficilement définissable… Les immigrés jamaïcains ont amené avec eux l’anglais qui, au fil du temps, s’est intrinsèquement mélangé à l’espagnol. Le résultat est une sorte de créole anglo-espagnol, prononcé avec un accent inimitable qui ne facilite pas la compréhension. Heureusement, entre gens de bonne volonté, on parvient toujours à s’entendre à défaut de se comprendre, et si la langue ne suffit pas, il reste encore les mains et les bras pour s’exprimer…

Cahuita et ses environs 
A 17 km au nord de Puerto Viejo.
En quelques années, cette localité côtière est passée de la vie paisible d’un petit port de pêche à l’animation grouillante d’une station balnéaire, recherchée pour ses plages et son ambiance jamaïcaine. Son rythme se calque sur l’alternance insouciante des nuits survoltées et des journées consacrées au farniente. On se remet doucement des excès nocturnes, les pieds dans l’eau, à l’ombre des cocotiers, sur Playa Negra au nord ou sur Playa Blanca au sud.

Parque nacional Cahuita 
A l’entrée sud de Cahuita. Entrée payante, sauf pour le secteur de Playa Blanca.
La vocation première de ce parc, créé en 1970, est de protéger le récif de corail peuplé de poissons multicolores, au large de Punta Cahuita. Une forêt tropicale humide est également intégrée à son périmètre, où cohabitent paresseux, singes hurleurs et ratons laveurs. Un chemin bien entretenu permet de rejoindre le village de Puerto Vargas, à 7 km, de l’autre côté de la pointe.

Aviarios del Caribe 
A 10 km au nord de Cahuita. Ouvert tlj. Entrée payante.
Nichée dans le delta du Río Estrella, cette réserve privée héberge plus de 300 espèces d’oiseaux, dont de nombreux échassiers, comme les hérons et les jacanas. Le meilleur moyen de la visiter est de louer un kayak et de naviguer au fil de l’eau en compagnie d’un guide. Les propriétaires proposent de petites cabinaspour passer la nuit dans leur propriété qui a largement souffert du tremblement de terre de 1991. Les bâtiments ont depuis été reconstruits, mais le domaine est désormais rattaché à la terre ferme alors qu’il formait une île avant le séisme…

Depuis quelques années, le Buttercup Center, logé dans la réserve, recueille et soigne les paresseux blessés ou orphelins, avant de les relâcher dans la nature. Pour aider le fonctionnement du centre, il est possible d’adopter un de ces amusants animaux, aux gestes lents et malhabiles, qui ne consacrent pas moins 20 h par jour au sommeil, puis de recevoir des nouvelles régulières de son protégé.

Reserva biológica Hitoy Cerere 
A 25 km à l’ouest de Cahuita. Renseignements à la Direction nationale des parcs (tél : 257 09 22).
En raison d’une fréquentation très faible, cette réserve de 9 000 ha est particulièrement stimulante pour les explorateurs dans l’âme. La forêt vierge, étonnamment dense, semble impénétrable. Elle est irriguée par plusieurs cours d’eau, dont les Ríos Hitoy et Cerere qui lui ont donné son nom. Trois sentiers sont accessibles à partir du centre d’accueil, nécessitant une à trois heures de marche.