Minas Gerais et ses villes historiques 

Minas Gerais avec ses 587 000 km², est un peu plus grande que la France; et comprend 16,5 millions d’habitants, les « mineiros ». Minas se trouve dans une région de végétation tropicale dominée par des montagnes, la moitié de l’Etat est à plus de 600 m d’altitude. La Serra da Mantiqueira, qui comprend certains des plus hauts sommets du pays, s’élève au long de sa frontière avec les Etats de Rio et São Paulo. Dans ces montagnes, on trouve plusieurs sources minérales et des grottes préhistoriques près de la capitale, Belo Horizonte. La Serra do Espinhaço, la plus ancienne formation géologique du pays, s’étend entre les deux principaux fleuves de l’Etat : le Sao Francisco à l’ouest et le Rio Doce à l’est. 

Un peu d’histoire
L’histoire de Minas Gerais commence à la fin du XVIIe siècle avec les expéditions des Bandeirantes, qui partaient de Sao Paulo vers les montagnes à la recherche d’or et de pierres précieuses et dans l’idée d’apprivoiser les tribus indiennes. A plusieurs reprises, ils les traversèrent jusqu’au Rio Sao Francisco, pour trouver finalement, en 1700, les premiers caillots d’or. Dès lors, les chercheurs arrivèrent de toutes parts, du Brésil, d’Europe et plus particulièrement du Portugal vers cette nouvelle région, baptisée les Minas Gerais (les mines générales). Pour faire face aux pillages et aux vols, le gouvernement portugais y instaura un système de contrôle, obligeant les mineiras à apporter leur or aux fonderies officielles où il était transformé en lingots. Un cinquième de cet or seulement revenait à l’état. Malgré tout, les principaux campements devinrent des villes très riches : Mariana, Vila Rica (future Ouro Preto), Sabará, Sao Joao dei Rei et Tiradentes. Héritières de cet âge d’or, les églises baroques, les statues et les palais sont aujourd’hui les principales sources du tourisme local; elles incarnent un style d’architecture authentiquement brésilien dont le maître s’appelle Aleijadinho. Après l’épuisement du cycle de l’or, les explorateurs le remplacèrent par celui du diamant et d’autres pierres précieuses trouvées dans la région de l’actuelle ville de Diamantina. Ensuite vint le temps du fer, du manganèse et de la bauxite qui aujourd’hui assurent la richesse de Minas Gerais et de ses villes. 
L’état possède l’un des plus grands gisements de fer au monde. Il possède aussi un important pôle sidérurgique dont l’usine automobile Fiat, à Belo Horizonte. Minas Gerais est aussi important sur le plan agricole et détient le plus grand élevage de bovins du pays, des plantations de coton, de café, de la canne à sucre, du maïs, des haricots et des oranges. Sur le plan culturel, on a l’habitude de dire que la politique est l’œuvre majeure des mineiras. Cette passion pour le pouvoir trouve ses racines à la fois dans la tradition conservatrice, fortement ancrée dans les milieux ruraux, et dans ce peuple passionné par la liberté et par le progrès. L’histoire ne fait d’ailleurs que confirmer ce trait de leur culture. C’est à Minas Gerais qu’eut lieu l’un des plus importants mouvements indépendantistes et abolitionnistes de l’empire, celui de l’inconfidência Mineira de Tiradentes, survenu en 1789. Ce furent les mineiras qui, les premiers, introduisirent entre 1926 et 1930, le vote à bulletin secret, une décision jusqu’alors méconnue dans le pays. 
Depuis le début du siècle, ils ont toujours fait partie du pouvoir, soit pendant la période la « République du café au lait » (1889-1930), soit en se faisant nommer, élire ou en occupant des postes importants dans presque tous les gouvernements du XXe siècle. Une chose est sûre, en politique, il faut toujours compter sur les mineiras. Autre point fort de la culture mineira : la gastronomie. Une des particularités de cette région est le fromage de Minas, véritable institution nationale, surtout quand il est accompagné de son non moins noble doce de leite, le gâteau au lait sucré. Mais les principaux plats de la cuisine mineira sont les porco assado, le porc cuit dans le four de bois, la galinha ao molho pardo, poule cuite dans son sang qui sert de sauce, le feijão tropeiro, haricots préparés avec la farine de manioc ou encore, le tutu de feijão com linguiça torresmo e couve, un plat à base de haricots, saucisses fumées et choux portugais. De vrais régals. 

Belo Horizonte 
Capitale de l’état, Belo Horizonte fut fondée en 1893, et est la première ville moderne du Brésil, spécialement projetée pour cette fonction. C’est à Belo Horizonte qu’est concentré toute la distribution et le traitement de la région minière et agricole, ainsi que le noyau du complexe industriel. Ses principales industries sont l’acier, l’automobile et le textile. Encerclée de collines, la ville possède un climat frais et agréable, et a été organisée de manière géométrique : les vastes rues et avenues se croisent à l’angle droit et les banlieues résidentielles, soigneusement conçues, sont actuellement victimes du phénomène de l’hyperurbanisation. 
La capitale compte plus de 2 millions d’habitants. Belo Horizonte joue également un rôle important en tant que centre culturel, avec trois universités, un musée historique, de nombreuses bibliothèques, des stades de football et plusieurs centres sportifs. Belo Horizonte n’est pas une ville touristique mais elle sert de lien avec les villes historiques mineiras. Avant de prendre la direction de ces belles cités, voici quelques promenades intéressantes. En partant de l’énorme avenue Afonso Pena, depuis la gare routière a rodoviária jusqu’à la Praça da Bandeira, se trouve l’agréable parc municipal avec un lac, des jardins et un centre d’éducation sur l’environnement. Ensuite, le palais des arts, (avenida Afonso Pena, 1537, tél 237-7333, ouvert du mercredi au lundi de 9 h à 21 h) comprend une galerie d’art, un centre d’artisanat mineiro, un théâtre, un cinéma et le bureau d’informations touristiques. Au croisement de l’avenue Afonso Pena avec l’avenida do Brasil, on descend vers la Praça de la Liberdade, où se trouve le palais du gouverneur en style néo-classique. 
Dans le quartier de Cidade Jardim, on peut visiter le musée historique Abílio Barreto, rua Bernardo Masca¬renhas (Cidade Jardim, tél 296-3896, ouvert du mercredi au lundi de 10 h à 17 h). Ancien siège d’une ferme coloniale, la Fazenda do Leitão, sur l’emplacement de laquelle fut édifiée la ville, ce musée présente d’importantes archives photographiques et des documents historiques Dans la Serra do Curral, à 6 km du centre ville, se trouve le parc Mangabeiras, avenida Anel da Serra (accès par le sud) et avenida Bandeirantes (accès par le nord). Le parc possède une forêt originale, des lacs et des endroits pittoresques. Le quartier résidentiel et touristique de la Pampulha, situé à 10 km de la ville, mérite le détour. Autour d’un grand lac artificiel, s’ordonne l’ensemble architectural projeté par Oscar Niemeyer, entouré des jardins dessinés par le paysagiste brésilien Burie Marx. L’église São Francisco de Assis (avenida Otacílio Negrão de Lima, tél 491-2319) fut construite en 1942/1943 par Oscar Niemeyer et peinte par Cândido Portinari, le célèbre peintre brésilien moderne. Avec son toit en ciment et en forme de serpe, sa façade en verre et ses mosaïques de Portinari, cette chapelle a fait, à l’époque, un scandale, car elle était considérée comme « trop osée ». Actuellement, on la qualifie de « novatrice » dans l’architecture religieuse moderne. Promenade en bateau sur le lac à côté de l’église, avenida Otacílio Negrão, tél 441-2628. Le musée d’art (avenida Negrão Lima, 16585, tél 443-4533) est situé en face du lac. Il date de 1940 et est tout en marbre et en verre. Le stade Magalhães Pinto, le Mineirão, avec une capacité de 130 000 personnes, est le deuxième stade de football du Brésil après le Maracanã, à Rio. 

Excursions depuis Belo Horizonte 

Sabara
A 26 km de Belo Horizonte (93 000 habitants), Sabará, fondée en 1674, est l’une des cités minières les plus anciennes de Minas Gerais. Les très riches gisements d’or et d’argent découverts dans les environs ont fait de Sabará, en peu de temps, une grande ville et l’une des plus prospères du Brésil du XVIIIe siècle. Les nombreux bâtiments de style colonial dispersés sur cette vaste commune rappellent le « bon vieux temp ». Dans les rues étroites et anguleuses, on ren¬ontre plusieurs vieilles maisons simples aux portes richement sculptées. 

Le Musée de l’Ouro 
(Rua da Intendênci a, tél 671-1848, ouvert du mardi au dimanche de 12h à 17h30) datant de 1730, abrite des collections qui permettent de se familiariser avec l’extraction de l’or. 

L’Eglise Nossa Senhora da Conceição 
(Praça Getúlio Vargas, tél 671-1724) a été construite entre 1701 et 1710 avec l’autel en or. 
L’Eglise Nossa Senhora do 0
Largo do 0, 2 km. Chapelle polygonale fondée en 1720 dont la décoration intérieure révèle des influences chinoises 

L’Eglise Nossa Senhora do Carmo
Rua do Carmo. Un peu distante du centre. La décoration figurative est en partie l’œuvre d’Aleijadinho et vaut le détour. 

Le Théâtre municipal
Rua Dom Pedro II. Ancien théâtre de l’Opéra datant de 1770, avec des lustres de cristal et des sièges en bois sculpté, témoignent du riche passé de la ville. 

Ouro Preto 
Située à 96 km de Belo Horizonte, dans les monts reculés de la Serra do Espinhaço, la ville natale de Aleijadinho, est l’un des plus beaux ensembles d’art colonial de toute l’Amérique du Sud. Son histoire commence vers la fin du XVIIe siècle avec l’arrivée des bandeirantes au pied du mont Itacolomi, à 1100 m d’altitude, où ils trouvent un étrange métal noir, qui se révèle être de l’or. Une colonie de chercheurs d’or s’y établit. En 1711, ces chercheurs d’or fondent la ville qu’ils nomment d’abord Vila Rica de Albuquerque. Plus tard, à cause de son or noir, elle deviendra Ouro Preto. En quelques décennies, la ville prospère à grande vitesse, les aventuriers arrivent de tous les coins du Brésil, du Portugal et d’ailleurs. De même que les artistes, qui vont bâtir les maisons, les monuments et les églises avec une pierre différente, la stéatite, trouvée dans les montagnes. 
Ouro Preto devient alors le centre économique et culturel le plus courtisé. En 1787, la ville servit de théâtre à l’un de mouvements les plus importants de la lutte pour l’indépendance du Brésil, l’inconfidência Mineira, dont le leader, Tiradentes, fut pendu et écartelé. Les mines d’or épuisées, la ville fut abandonnée. Ce n’est qu’en 1933, avec les travaux de restauration, que les autorités tournèrent de nouveau leur regard vers la belle Ouro Preto. A partir 1981, la ville est considérée patrimoine culturel de l’Humanité et placée sous la protection de l’Unesco. Ouro Preto se contemple du haut de ses collines, d’où l’on peut admirer, entre autres, ses treize églises, dix chapelles, cinq musées et son université, qui rajeunit d’ailleurs la ville, en dehors des périodes de vacances. Ouro Preto est aussi belle et vivante si l’on décide de se promener dans ses rues tortueuses, aux pavés jadis couverts d’or pour apprécier les jolies fontaines, les ponts et les maisons de toutes les couleurs avec des balcons en fer ou en bois. 

L’Eglise São Francisco de Assis 
(Largo da Coimbra) a été conçue par Aleijadinho et est considérée comme son œuvre majeure. Elle fut construite entre 1765 et 1810, entièrement en pierre de taille. Sur sa façade, on peut admirer deux médaillons en stéatite, représentant les stigmates et les cinq armoiries du Portugal. Sur la partie supérieure de la façade, se trouve la statue de Saint François d’Assise, et à l’intérieur, les œuvres d’Aleijadinho, dont les plus significatives sont les six autels, les caissons ovales en hauts-reliefs du plafond, les sculptures du chœur et le lavabo de la sacristie. 

L’Eglise Santa Efigênia dos Pretos 
aussi connue comme Nossa Senhora do Rosario dos Pretos do Alto da Cruz, se situe dans le quartier Alto da Cruz, le plus ancien d’Ouro Preto. Elle fut construite entre 1733 et 1745 par Chico Rei, un ancien roi d’une tribu africaine, qui fut capturé, avec les siens, et emmené comme esclave au Brésil. Rei réussit à acheter sa liberté et celle de toute sa tribu. Il s’y enrichit avec l’exploration d’une mine d’or. Cette église est la plus riche en œuvres d’art, l’autel est signé par Aleijadinho et les panneaux intérieurs par Manuel Rabelo de Souza. 

L’Eglise Nossa Senhora da Conceição
(Rua Bernardo Vasconcelos Praça Antonio Dias, tél 551-3282) a été érigée en 1727 par Manuel Francisco Lisboa. Dans cette église sont enterrés les restes d’Aleijadinho. Elle accueille également un musée destiné aux œuvres du grand maître de l’art baroque brésilien. 

L’Eglise Nossa Senhora do Carmo 
(Rua Brigadeiro Mosqueira) a été terminée en 1776 et construite par Manuel Francisco Lisboa. Sa façade et certaines sculptures intérieures ont été l’œuvre d’Aleijadinho. Elle possède le Musée d’art sacré avec des sculptures, des autels d’or ou d’argent et un reliquaire très intéressant. 

La Maison des contes 
(Rua Séo José, 12, tél 551-1444, ouverte du mardi au samedi de 12h30 à 17h, et le dimanche de 8h30 à 13h30), construite en 1782, ancienne maison de la monnaie, fut un endroit de passage car c’est là qu’était fondu l’or. Aujourd’hui elle regroupe une bibliothèque publique et une galerie d’art riche en meubles du XVIIe siècle. 

Musée de l’inconfidence 
(Praça Tiradentes, 139, tél 551-1121, ouvert du mardi au dimanche de 12h à 17h30), construit entre 1784 et 1854, comprend la tombe de Tiradentes, des documents de l’Inconfidência Mineira, des instruments de torture qui ont servi à l’exécution de Tiradentes, ainsi que des œuvres d’Ataíde et d’Aleijadinho. Entre 1907 et 1937, ce beau bâtiment fut mairie et prison municipale. 

Mariana
A 12 km à l’est de Ouro Preto, fondée par les Paulistas en 1696 lors de la première ruée vers l’or, Mariana est probablement la plus ancienne des colonies portugaises au Minas Gerais. La ville, déclarée monument national, en 1945, possède de nombreux édifices religieux et profanes de l’époque coloniale, remarquables et bien conservés. La Cathédrale Basílica da Sé (Praça Claudio Manuel, tél 557-1237) fut construite entre 1710 et 1760. Elle possède un très bel orgue allemand datant du XVIIe siècle. Ses portes ont été sculptées par Aleijadinho. Le Musée Arquidiocesano (Rua Frei Duréo, 49, ouvert du mardi au dimanche de 9h à 12h et de 13h à 17h) est considéré comme l’un des plus beaux musées d’art sacré du Minas Gerais. Il rassemble une belle collection de bois sculpté peints et dorées provenant des décorations d’églises de la région, des objets de culte en argent, ainsi que de nombreux meubles anciens. L’Eglise São Francisco de Assis (Praça Minas Gerais, tél 557 -1635), construite entre 1762 et 1793, possède une remarquable façade dont le fronton sculptée en stéatite par Aleijadinho. 

São João Del Re
A 201 km de Belo Horizonte, la ville fondée en 1713 a gardé son quartier colonial, mais elle n’a cessé de se moderniser. Elle est située au bord de la rivière des morts, le Rio das Mortes, et au pied de la montagne Serra do Lanheiro, dans une vallée splendide. La Cathédrale Nossa Senhora do Pilar (Rua Getúlio Vargas, tél 371-2568), construite en 1721, est une des plus anciennes églises de la ville avec des murs et plafonds richement décorés. Ne pas manquer le magnifique autel, tout en or. L’Eglise São Francisco de Assis (Praça Frei Orlando, tél 371-3966) est une ravissante église baroque datant de 1774, et l’une des plus belles de São João dei Rei. Elle fait triompher l’art d’Aleijadinho. Une double rangée de palmiers nous conduit jusqu’au parvis entouré de balustrades, et à une imposante volée de marches d’où l’on admire la belle façade en pierre à savon. Les dimanches, pendant les messes, on y écoute des chants baroques. Derrière l’église, se trouve le cimetière devenu célèbre en 1985, à l’occasion des funérailles du plus illustre personnage de la ville, Tancredo Neves, l’ancien président mort tragiquement à la veille de sa prise de fonctions. 

Congonhas Do Campo 
A 136 km d’Ouro Preto et 83 km de Belo Horizonte, cette autre ville coloniale présente un intérêt pour les amateurs des œuvres d’Aleijadinho. 

La Basilique Senhor Born Jesus de Matosinhos 
(Praça da Basílica, tél 731-1590), a été construite en 1757 et la décoration extérieure date de 1795 à 1805. Devant la basilique, on peut contempler un des chefs-d’œuvre les plus connus d’Aleijadinho. Il s’agit d’un parvis en forme de terrasse, orné de statues des 12 prophètes annonçant la venue du Christ. A la fin de sa vie, Aleijadinho a mis toutes ses forces et sa passion dans ces statues. La basilique abrite également un ensemble de six chapelles, qui symbolisent les étapes de la Passion du Christ : la cène, le mont des Oliviers, l’arrestation du Christ, la flagellation et le couronnement d’épines, le Christ portant sa croix, et la Crucifixion. Toutes ces chapelles sont ornées de 66 statues en bois polychromes dont l’expression des visages, les regards et les mouvements témoignent d’un grand réalisme et d’une force rarement vue dans l’histoire de l’art religieux. Devenue lieu de pèlerinage, Congonhas réunit chaque année, du 7 au 14 septembre, plus de 600 000 fervents pèlerins venus de tout le pays, pour le Jubilé du Senhor Bom Jesus de Matosinhos. Il s’agit d’une de plus grandes fêtes religieuses du Minas Gerais. 

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