Sur la côte est de l’île du Sealand et face à øresund qui sépare le Danemark de la Suède, Copenhague dévoile ses multiples facettes. Ville portuaire, capitale nordique du design et de la mode, elle rayonne par son activité culturelle et commerciale. Une architecture hétéroclite fait le charme de la vieille ville. Aux monuments ultramodernes, comme la nouvelle bibliothèque royale ou l’imposant opéra inauguré en janvier 2005, se mêlent indifféremment le baroque, le rococo et le néoclassique qui dominent autour de Kongens Nytorv. Les arrière-cours à colombages et les docks réhabilités en hôtels de luxe animent le paysage urbain de couleurs châtoyantes.

Slotsholmen et Gammel Strand

Au cœur de la vieille ville, l’île du Château rassemblait autrefois toutes les instances du pouvoir : le Parlement, la Bourse, les Archives royales et l’artillerie. Aujourd’hui, Folketinget (le Parlement) est toujours situé dans le château de Christiansborg et la Bibliothèque royale est ouverte au public, mais l’ancienne Bourse est transformée en chambre de commerce et les bâtiments militaires en musée. 

Château de Christiansborg 
Austère bâtiment de granit, construit et rebâti quatre fois sur les ruines du fort d’Absalon entre le XIVe et le XXe siècles, il ne présente pas d’intérêt esthétique particulier hormis son manège bordé d’arcades de marbre qui accueille encore les parades de la garde montée de la reine. Il s’ouvre à l’ouest sur le joli pont de marbre qui traverse le canal de Frederiksholm. Le Parlement siège dans le château qui abrite aussi la Cour suprême, les salons de représentation de la Couronne, le ministère d’Etat, ainsi que les salons ministériels de représentation.

Ancienne Bourse 
Remarquable par sa toiture vert-degrisée surmontée d’une flèche que forment quatre queues de dragons entrelacées, elle date du XVIIe siècle. Construit à l’initiative de Christian IV comme lieu de commerce, le bâtiment est repris par l’association des grossistes en 1857 et devient alors une bourse au sens moderne du terme.

Jolies façades © Lilly Darma

Jolies façades © Lilly Darma

Bibliothèque royale 
Elevée dans la cour sud du château en 1670, elle est agrandie d’un nouveau bâtiment en 1906. Elle comprend les Archives royales et une collection de plus de 3,3 millions d’ouvrages dont des manuscrits, des livres anciens, des cartes et des photographies. Aujourd’hui prolongée jusqu’au bord de mer par une aile moderne appelée Den Sorte Diamant, le « Diamant noir », elle est aussi un lieu culturel important de Copenhague. Au rez-de-chaussée, une librairie de bonne qualité offre un grand choix d’ouvrages sur le Danemark et la culture danoise en plusieurs langues.

Jardin de la Bibliothèque royale 
Entre l’ancien corps de bâtiment et le château de Christiansborg, le jardin forme une enclave paisible au cœur de Slotsholmen. Il est construit sur une partie du port qui abritait autrefois la flotte de guerre de Christian IV. Le philosophe Søren Kierkegaard, immortalisé par le bronze de L. Hasselriis, semble veiller au calme du lieu et contraste singulièrement avec la fontaine monumentale de M. Møller érigée au centre du bassin. Les grands murs, sur lesquels les anneaux d’amarrage sont encore visibles, préservent le jardin des bruits de la circulation : ce sont les bâtiments de Tøjhusmuseet (musée de l’Infanterie), Rigsarkivet (les Archives royales), Proviantgården (les greniers à grains) et la façade nord de la Bibliothèque royale.

Thorvaldsens museum (Musée Thorvaldsen) 
Bertel Thorvaldsens Plads 2, station Kongens Nytorv. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 17 h. Entrée gratuite pour les moins de 16 ans, libre le mercredi.
Le musée du sculpteur néoclassique Bertel Thorvaldsen (1770-1844), construit parallèlement à l’aile nord du château, a été achevé en 1848 pour abriter la collection privée de l’artiste qui, six ans avant sa mort, en avait fait don à la ville en plus de sa fortune. Dessiné par Gottlieb Bindesbøll, le musée est conçu dans le strict respect des règles néoclassiques et décoré d’une frise extérieure de Jørgen Sonne qui représente le retour de Rome de Thorvaldsen en 1838. En voyant l’édifice achevé au moment de l’inauguration, l’artiste enthousiaste s’écrie : « Il sourit, regardez-le, c’est comme une fleur ! » En plus des œuvres du sculpteur exposées dans les salles d’inspiration pompéiennes, on y trouve une collection de peintures et de dessinsdu XIXe siècle, ainsi que des antiquités grecques et romaines. L’explication de la technique de travail de Thorvaldsen fait également partie de la visite, ainsi que ses effets personnels, et sa tombe qui se trouve dans la cour du musée.

Gammel Strand (Vieille Plage) 
Quai en face de Slotsholmen qui débouche sur Højbro Plads, station Kongens Nytorv.
Elle longe le canal et fait face au musée Thorvaldsen. C’est l’endroit où arrivait la mer au Moyen Age, et l’ancien emplacement du marché aux poissons. En témoigne encore la silhouette massive de la poissonnière dont la statue en granit, posée en 1940 à l’angle du pont de Højbro (le pont, Haut), pèse plus de huit tonnes. Les samedi en été, une foire à la brocante réunit devant les bâtiments du ministère de la Culture les curiosités des vide-greniers et des bouquinistes. Et l’alignement des vieilles maisons colorées s’offre au promeneur dans une jolie perspective. Le rez-de-chaussée des bâtiments est occupé par des restaurants gastronomiques et des galeries d’art. A l’est, le quai débouche sur Højbro Plads (place du Pont-Haut) au centre de laquelle se dresse la statue de l’évêque Absalon, fondateur de la ville.

Købmagergade (rue des Bouchers)

Entre Amagertorv et Kultorvet, station Nørreport.
Cette rue qui serpente d’Amagertorv à Kultorvet est une des plus anciennes de Copenhague. Son origine remonte à l’époque des Vikings qui l’empruntaient pour se rendre en Suède lorsqu’ils venaient de Roskilde, haut lieu des rois et de l’Eglise à l’ouest de Copenhague. Aujourd’hui réservée aux piétons, elle est un des axes principaux du vieux centre. 

Amagertorv (place d’Amager) 
A l’intersection avec Strøget, Købmagergade débouche sur Amagertorv, place pavée d’une mosaïque de granit multicolore au centre de laquelle se trouve Storkespringvandet, une fontaine ornée de trois hérons, abusivement appelée « la fontaine aux Cigognes ». Celle-ci est célèbre entre autres pour les pommes d’or qui dansent sur ses jets d’eau tous les 16 avril, jour de l’anniversaire de la reine. Autrefois soumise aux exigences de la circulation automobile, la place est depuis 1993 réservée aux piétons et aux vélo-taxis qui y stationnent en attendant les touristes. Les deux cafés branchés de la place, Norden et Europa, proposent de délicieux sandwichs ou pâtisseries et offrent une vue agréable sur le va-et-vient des piétons.

Georg Jensen Sølvmuseum (musée Georg-Jensen) 
Amagertorv 6, au fond de la cour. Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 17 h. Entrée libre.
Installé dans l’immeuble du magasin de l’orfèvre, ce petit musée présente une collection d’objets fabriqués par le maître de l’argenterie danoise entre 1904 et 1940 ainsi que des objets d’orfèvres ayant collaboré avec Georg Jensen. Des lettres, des photos et des articles de presse sont également exposés, retraçant le parcours de cet artisan hors du commun.

Museum Erotica (musée de l’Erotisme) 
Købmagergade 24, station Kongens Nytorv. Ouvert tlj de 10 h à 23 h de mai à septembre, du dimanche au jeudi de 11 h à 20 h, vendredi et samedi de 10 h à 22 h d’octobre à avril. Entrée payante.
Inauguré en 1992, ce musée de l’Erotisme a pignon sur rue au pays de la libéralisation de la pornographie. La phrase de C.G. Jung : « Sans la pudeur naturelle de la femme, le monde serait un grand bordel » est ici bien plus qu’un bon mot. Elle est illustrée par de nombreux documents artistiques et scientifiques, photos et films à l’appui, qui exposent l’érotisme et le phénomène de la pornographie de la préhistoire à nos jours.

Au fil de l’eau 
Sous le trottoir est du pont de Højbro (le pont Haut), on se laisse emporter par la poésie tragique du conte populaire Agnete og Havmanden (Agnete et l’Homme des mers). Les sculptures sous-marines de Suste Bonnéns sont en bronze et représentent l’Homme des mers et ses enfants, délaissés par Agnete. Après avoir donné naissance à leur septième fils, celle-ci est retournée auprès de sa mère dans le monde des humains. Malgré les prières de son amant, elle ne reviendra jamais chez ses enfants. Cette tragédie d’une jeune femme déchirée entre l’amour et le devoir familial a inspiré de nombreux auteurs, dont Hans Christian Andersen et Adam Oehlenschläger.

Rundetårn (tour Ronde) 
Købmagergade 52A, station Nørreport. Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 17 h, dimanche de 12 h à 17 h et jusqu’à 20 h entre juin et août. Entrée payante.
A l’angle de Krystalgade se dresse l’observatoire astronomique de Christian IV. Elevée en 1637 par l’architecte Hans Steenwinckel le Jeune, la tour fut le premier bâtiment d’un ensemble de trois : l’observatoire, Trinitatis Kirke (église de la Trinité) et l’université. On accède à la terrasse de l’observatoire par un colimaçon de 209 mètres de long et de six mètres de large, prévu pour permettre l’accès des instruments astronomiques. Pour les derniers mètres seulement, il faut gravir un escalier aux marches très étroites. L’église est attenante à la tour. On y entre au 2 de Landemærket, la place qui se trouve derrière la tour. L’université quant à elle se trouve au 10 de Nørregade, à 300 mètres de là. La bibliothèque, qui était initialement intégrée à la tour, a brûlé en 1728 avec l’intérieur de l’église. 35 000 volumes sont alors partis en fumée, dont les originaux de manuscrits islandais. Après sa reconstruction, elle est utilisée jusqu’en 1861, puis remplacée par celle de Fiolstræde.

Suivez le guide ! 
L’anecdote raconte qu’en 1716, le tsar Pierre le Grand de Russie fit l’ascension puis la descente de la tour Ronde à cheval, pendant que son épouse Catherine le suivait en calèche tirée par six chevaux.

Kultorvet (place au Charbon) 
Entre Frederiksborggade et Købmagergade, station Nørreport.
Juste avant l’extrémité nord de Købmagergade, cette place – construite sur les décombres d’un incendie provoqué par les bombardements de l’armée anglaise en 1807 – est celle où se tenait le marché au charbon. On y trouve encore des signes de l’importante activité commerciale sur les façades des immeubles bourgeois du XIXe siècle : la devanture de la boucherie et la couronne de pain, emblème traditionnel des boulangers, au-dessus du n°nbsp;28, ou encore la porte originale de la taverne Det hvide lam (« L’agneau blanc »), elle-même conservée telle qu’elle était à l’ouverture de l’établissement en 1807.