Divisé en deux par un bras de mer, surnommé la Creek ou Khor Dubai, le centre déploie ses souks, ses sites culturels, ses hôtels et ses aires résidentielles sur chacune des rives. A l’ouest, Bur Dubai recèle des lieux historiques, tandis qu’à l’est, Deira s’est spécialisé dans les affaires et le négoce.

Bur Dubai

C’est dans ce quartier stratégique, aujourd’hui largement occupé par la communauté indienne, que Dubaï révèle ses racines. A la fin du XVIIIe siècle, le territoire se résumait à la présence du fort Al-Fahidi et d’un vaste campement de Bédouins. Leur sédentarisation à l’embouchure sablonneuse de la Creek transforma l’endroit en petite ville côtière, qui se développa lorsque vinrent s’installer les marchands persans au début du XXe siècle. Délaissé à partir des années 1970 au profit de la découverte du pétrole, puis de la construction des quartiers périphériques modernes, le vieux Bur Dubai a retrouvé son âme grâce à une restauration active des lieux historiques. Parsemés le long du bras de mer, ces derniers confèrent aux berges un charme immuable. Par extension, on entend également par Bur Dubai la partie la ville située à l’ouest de la Creek. 

Entre Al-Fahidi Street et Khor Dubai 
Cette zone attrayante offre un kaléidoscope de monuments nationaux, de souks et de sites touristiques. Elle débute au rond-point Al-Fahidi et se prolonge sur environ 750 m en direction du Golfe. La rue Al-Fahidi,vibrante et populaire, est bordée d’une multitude de magasins accolés les uns aux autres.

Bastakiya 

Au nord du rond-point Al-Fahidi.
L’intimité de ce quartier tranche avec le brouhaha de la rue Al-Fahidi. Ses rues étroites et sinueuses, ses petits restaurants de cuisine libanaise, ses bazars et ses anciennes maisons de corail blanc, coiffées de leurs tours à vent, invitent à une promenade pittoresque dans ce que pouvait être la ville au début du siècle dernier.
A l’entrée de Bastakiya, une maison traditionnelle abrite la galerie Majlis, qui expose des tableaux d’artistes locaux et des objets d’artisanat : coffres en bois, bijoux bédouins en argent, poignards recourbés khanjar,cafetières, etc. (Ouvert du samedi au jeudi de 9 h 30 à 13 h 30 et de 16 h à 19 h 30. Entrée libre). La plupart des nombreuses autres demeures anciennes sont en cours de restauration dans le cadre du programme de conservation mis en place par le gouvernement de l’émirat.

Climatisation à tous les étages 

Au début du XXe siècle, de riches marchands persans, majoritairement originaires du district de Bastak au sud de l’Iran, s’installèrent à Dubaï et y construisirent leurs propres demeures. En érigeant sur leurs maisons des tours à vent – barjeel en arabe -, ils importèrent dans l’émirat le premier système d’air conditionné traditionnel utilisé dans le Golfe avant l’arrivée de l’électricité. De forme rectangulaire, la tour s’élève à 5 ou 6 m au-dessus du toit. Les ouvertures verticales présentes sur chacun de ses côtés captent les brises légères de l’atmosphère. L’air frais, ainsi canalisé, est acheminé à l’intérieur et assure la climatisation des pièces.

Dubai Museum (Fort Al-Fahidi) 

En face du Diwan, siège du gouvernement. Ouvert du samedi au jeudi de 8 h 30 à 20 h 30, vendredi de 14 h 30 à 20 h 30. Entrée payante.
Pour témoigner de l’histoire économique, sociale et culturelle de l’émirat, ce musée ne pouvait rêver meilleur emplacement que le fort Al-Fahidi. Erigé en 1787 pour défendre le territoire contre toute invasion, cet imposant édifice carré a servi de garnison, de prison et de résidence aux souverains de l’émirat, avant d’être reconverti en musée en 1971.
A l’intérieur, une projection en anglais retrace le développement de l’émirat au cours du XXe siècle. La visite se poursuit dans les galeries souterraines, où des personnages en cire grandeur nature et des diaporamas présentent la vie des Bédouins dans le désert, l’univers des pêcheurs d’huîtres et des marchands de perles, ainsi que le quotidien des Dubaïotes dans les années 1950. Parmi les autres collections du musée, on peut citer celle des objets en cuivre, en albâtre et en terre cuite découverts à Al-Qusais dans des tombes vieilles de trois à quatre mille ans. Dans la cour ont été installés une maison dite « barasti », construite avec des feuilles de palmier, et quelques petits bateaux traditionnels, dont le shasha,embarcation de pêche encore utilisée sur la côte est du pays.

Grande Mosquée 

A environ 200 m nord du musée, Ali bin Abi Talib Road. Horaires variables. Entrée interdite aux non-musulmans. Surmontée de 54 dômes aux parois de verre teinté, elle peut accueillir jusqu’à 1 200 personnes. Depuis sa rénovation en 1998, ce majestueux lieu de prière possède un minaret de 70 m, le plus haut de la ville. Sa couleur sable et ses volets en bois se fondent parfaitement dans le vieux Bur Dubai. A proximité se dresse la mosquée Ali bin Abi Talib, aux façades couvertes de mosaïques. Le va-et-vient des fidèles et les appels aux cinq prières quotidiennes annoncées à travers les haut-parleurs ajoutent un dépaysement supplémentaire à cette petite rue bordée d’échoppes directement ouverte sur le vieux souk de Bur Dubai.

Dubai Souk 

Entre Ali bin Abi Talib Road et la Creek. Ouvert tlj de 10 h à 22 h environ.
Appelé également « vieux souk de Bur Dubai », il est composé de petits bazars dont les étalages sont remplis de vêtements, d’objets divers de la vie quotidienne, de souvenirs kitsch comme le réveil qui sonne l’appel à la prière… A marchander, bien évidemment ! Réaménagé pour séduire les visiteurs étrangers, le souk reste encore très fréquenté par la population indienne locale.
Proches de la Creek, les petites boutiques du secteur du textile débordent d’étoffes, de toutes les couleurs et à tous les prix, de la soie imprimée ou unie aux tissus de coton et de lin. L’un des nombreux tailleurs du souk peut réaliser un vêtement sur mesure en trois à cinq jours.

Des achats qui n’ont pas de prix 

Le marchandage fait partie intégrante des traditions dans les souks, et les vendeurs finissent souvent par baisser considérablement leurs prétentions. Pour bien négocier, l’acheteur doit rester zen, prendre son temps, sans oublier de toujours rester poli et aimable, même lorsqu’il est agacé. Il commence par s’informer sur le prix de l’objet, puis feint d’être surpris ou au moins indifférent. Il est d’usage d’offrir la moitié du prix annoncé. Si l’acheteur n’obtient pas la somme qu’il est disposé à dépenser, qu’il fasse mine de s’en aller. Le vendeur reviendra certainement vers son client pour discuter à nouveau avec lui. Une fois que tout le monde s’est accordé, les deux parties sont liées par un contrat verbal et le paiement se fait généralement en liquide.

Musée Bait al-Wakeel 

Au sud d’Al-Ghubaiba Road, en face de la bibliothèque municipale située sur la rive opposée, à Deira.
Ce fut le premier immeuble commercial de Dubaï érigé sur les bords de la Creek, à proximité de l’embarcadère des abras. Construit en 1934 par Sheikh Rashid, il a été entièrement restauré en 1995 et abrite désormais un musée consacré aux traditions maritimes de l’émirat.

Trade Centre Road 
Cette avenue s’étire depuis Khalid bin al-Waleed Road, à l’est, jusqu’au World Trade Centre et au début de Sheikh Zayed Road, à l’ouest.

BurJuman Centre 

Au début de Trade Centre Road, à proximité du croisement avec Khalid bin al-Waleed Road. Ouvert tlj de 10 h à 22 h, vendredi à partir de 14 h.
C’est l’un des plus grands et des plus chic shopping malls de Dubaï, conçu sur trois niveaux et doté d’une multitude de magasins et cafés. On y trouve des marques européennes et américaines de haute couture(Kenzo, Calvin Klein, Christian Lacroix, Max Mara, Escada, Louis Vuitton, Inès de la Fressange, Agnès b…)et de prêt-à-porter (Zara, Esprit, DKNY, Giordano, MEXX, Polo Ralph Lauren…), un Virgin Megastore, ainsi que les espaces de jeux Fun City, Fun World et Toby’s Adventure Land pour le bonheur des enfants.
Propre et spacieux, baigné de lumière du jour et agrémenté de verdure, BurJuman distille une atmosphère apaisante… propice aux achats ! Au premier étage, il ne faut pas manquer l’étonnant spectacle de jets des fontaines décoratives.
L’expansion récente du site a vu la construction d’une tour d’affaires de 22 étages, BurJuman Business Tower, ainsi que d’un complexe résidentiel. Elle a quadruplé la superficie de BurJuman et a porté le nombre de boutiques de 190 à 300. Sont venues s’installer, entre autres, les marques Hugo Boss, Chanel, Prada, Burberry, Hermès, Christian Dior, ainsi que la boulangerie-pâtisserie Paul…

Suivez le guide ! 
Allez aux toilettes de BurJuman… dignes d’un hôtel cinq étoiles ! Pas la peine d’ouvrir la porte d’entrée : celle-ci coulisse toute seule à votre arrivée.

Karama 
A l’ouest de Za’abeel Road.
Une zone commerciale « pignon sur rue » s’étire au sud de ce quartier résidentiel. Des dizaines de magasins populaires ont pris place au rez-de-chaussée des immeubles. Ils regorgent de biens de consommation de toutes sortes, à des prix très abordables, provenant d’Asie pour la plupart : jeans et tee-shirts à profusion, électroménager, souvenirs traditionnels, montres… Il ne faut pas hésiter à entrer dans certaines boutiques qui « ne paient pas de mine » de prime abord. Car elles peuvent se révéler de véritables petites cavernes d’Ali Baba, remplies d’objets d’artisanat, de tapis muraux, de coffres en bois noir venus du Népal, de bijoux en argent bédouins et iraniens… Les bonnes affaires sont quand même à marchander.

Al-Shindagha 
A l’embouchure de la Creek, entre Al-Khaleej Road et Al-Shindagha Road. Ce secteur longe le bras de mer, à partir de la tour Al-Shindagha jusqu’au tunnel du même nom, environ 5 km au nord. Ces dernières années, un ambitieux programme de transformation et de rénovation en a fait un pôle culturel et surtout touristique, hymne à la vie quotidienne du Dubaï d’antan.

Une quête « perlière » bien difficile 
La saison de la pêche à la perle durait d’avril à septembre, lorsque les eaux du Golfe étaient chaudes et sans danger. L’équipement du plongeur était rustique. Il se bouchait les narines avec une sorte de pince et se protégeait doigts et orteils par des gaines en cuir. Il descendait en apnée en longeant une corde, puis collectait les huîtres dans son filet. A son signal, son équipier l’aidait à remonter. Ce métier était ingrat. Les plongeurs restaient en effet sous l’eau durant près de 2 min, atteignant souvent 25 m de profondeur, et ce une trentaine de fois par jour ! A Dubaï, cette pêche connut ses heures de gloire aux XVIIIe et XIXe siècles grâce aux commandes de perles fines passées par l’Inde. Puis la crise économique des années 1930 lui fut fatale.

Palais Sheikh Saeed al-Maktoum 
Road Al-Shindagha. Ouvert du dimanche au jeudi de 8 h 30 à 21 h, vendredi de 15 h à 22 h. Entrée payante.
Bâti en 1896, il fut la résidence de Sheikh Saeed al-Maktoum, grand-père de l’actuel gouverneur, Sheikh Maktoum bin Rashid al-Maktoum, jusqu’à sa mort en 1958. Restauré dans les années 1980, il offre aujourd’hui un exemple de maison traditionnelle d’une trentaine de pièces.
En 1986, le palais devint un musée national consacré au patrimoine de l’émirat. Il abrite une collection de photographies anciennes. Les clichés pris entre 1948 et 1953 donnent un aperçu de la physionomie de la ville avant l’ère pétrolière, renforcé par la présence d’une maquette du Bur Dubai des années 1950. Les autres salles du palais accueillent des expositions sur la monnaie, les timbres-poste et les documents officiels à caractère historique de l’émirat. Parmi les trésors, on remarque de rares pièces de monnaie antérieures à 1791, ainsi que les premiers timbres et billets de banque, imprimés durant le règne de Sheikh Rashid.

Heritage Village 
Road Al-Shindagha, au nord du palais Sheikh Saeed al-Maktoum. Ouvert tlj de 8 h 30 à 22 h 30. Entrée libre.
A vocation touristique, il reconstitue le passé culturel et social de Dubaï, lorsque l’émirat n’était encore qu’un campement. Chaque après-midi, pour environ 10 Dhs, des Bédouins proposent des balades à dos de chameau au milieu de grandes tentes et de maisons barasti. Potiers et tisserands vendent leurs produits d’artisanat, cernés par une enfilade de petites boutiques remplies de bijoux et d’objets d’Inde, d’Afrique et d’Asie, pas toujours de belle facture.

Suivez le guide ! 
Comme en-cas, achetez, pour 1 Dh, un dosa à une femme émiratie à l’Heritage Village. Elle cuisine devant vous ce pain à base de farine et d’eau.

Diving Village 
Road Al-Shindagha, à proximité du tunnel. Ouvert tlj de 8 h 30 à 22 h 30. Entrée libre.
A travers des maquettes de bateaux en bois et une exposition interactive sur la pêche à la perle, ce site rend hommage à l’histoire maritime des émirats. Dans la cour, d’anciens plongeurs, aujourd’hui âgés de plus de soixante-dix ans, racontent volontiers leurs expériences.
Pendant le Dubai Shopping Festival, de petits sachets d’huîtres peuvent être vendus à l’entrée du village. Il n’est pas rare d’y découvrir une ou deux de ces « précieuses » perles.
L’endroit compte quelques magasins d’équipements de plongée, ainsi qu’un « shisha bar », café oriental où les locaux viennent fumer le narguilé, qui bénéficie d’une vue générale sur la Creek et la ville en arrière-plan.