Mal connues, les origines des Emirats arabes unis ne remontent vraiment qu’au XVIIe siècle, avec la montée en puissance des clans de la tribu des Bani Yas. Ils fonderont Dubaï puis Abu Dhabi, tout comme plus tard leurs descendants créeront les Emirats arabes unis.

Les premières civilisations (de 3000 av. J.-C. au IIIe siècle)

Il y a quinze mille ans, le golfe Persique était une vaste plaine marécageuse au pied des montagnes de l’Iran. Celle-ci fut à nouveau inondée lorsque remonta le niveau des océans après la dernière glaciation. Le premier signe d’habitat, sur l’île de Dalma, remonte à six mille ans.
On sait peu de choses sur l’histoire antique de la région. La découverte de tombes aux environs de Dubaï, sur les sites archéologiques d’Al-Ghusais et d’Al-Sufooh, témoigne de vies humaines remontant à 3000 av. J.-C. D’après les textes mésopotamiens, le sud-est de la péninsule Arabique relevait de la civilisation Magan, qui émergea aussi mystérieusement qu’elle disparut. Les nombreuses « villes oasis » étaient gardées par de massives forteresses circulaires. Essentiellement agricoles, ces colonies furent les premières à utiliser le cuivre, extrait des monts Hajar, à la frontière omanaise. La découverte à Hili de tombes circulaires au riche contenu, dans l’actuel émirat d’Abu Dhabi, a confirmé l’hypothèse de contacts avec d’autres pays, notamment la Mésopotamie et l’Iran, pendant la période Umm al-Nar (2500-2000 av. J.-C.).

La période Wadi Suq (2000-1300 av. J.-C). fut prospère, en partie grâce au commerce du cuivre qui transitait par Bahreïn, avant d’être exporté vers des pays plus lointains. Durant l’âge de fer (1300-300 av. J.-C.), la domestication du dromadaire créa un nouveau moyen de transport et révolutionna l’économie régionale. En même temps, l’introduction des principes d’irrigation permit de développer l’agriculture et entraîna une explosion démographique dans toute la péninsule d’Oman.

Après les invasions des Perses de Darius, l’Arabie du Sud-Est se libéra de toute domination étrangère au iiie siècle av. J.-C. Ni Alexandre le Grand ni ses successeurs, pourtant vivement attirés par les possibilités marchandes de la région, ne réussirent à imposer une hégémonie grecque. Cette époque est appelée Mileiha (300 av. J.-C.-0), d’après le nom d’une ville prospère située dans l’arrière-pays de Sharjah. L’Arabie était alors traversée par d’immenses caravanes transportant des épices, des pierres précieuses, du bois, que les bateaux rapportaient d’Inde. Depuis le Yémen, la route de l’Ouest montait vers Najran et Gaza pour desservir l’Egypte, la Grèce et Rome. Ensuite, ce fut au tour d’Ad-Door, dans le pays d’Umm al-Quwain, de devenir la localité phare, jusqu’en 250. 

L’influence perse (de 240 à 630)

Elle se répandit avec l’arrivée au pouvoir de la dynastie sassanide en Iran du Sud-Ouest. En témoignent les pièces et les poteries découvertes à Kush, Umm al-Quwain et Fujairah. Pendant toute cette période, le commerce et le transport maritime demeurèrent les activités principales des zones côtières. Dibba, sur le golfe d’Oman, était une ville marchande animée et l’un des deux ports arabes, avec Sohar à Oman, utilisés par les voyageurs venant d’Orient et d’Occident. 

La période islamique (à partir de 630)

L’arrivée de la tribu des Omeyyades anéantit la diversité religieuse, et la région fut contrainte par les armes de se convertir à l’islam. A la mort du prophète Mahomet en 632, une terrible bataille opposa à Dibba les envahisseurs aux tribus locales. Ces dernières perdirent 10 000 hommes, morts au combat. Dès 637, les armées islamiques utilisèrent Julfar, à côté de Ras al-Khaimah, comme avant-poste dans leur mainmise sur l’Iran. En 892, c’est encore à Julfar que débarquèrent les Abbassides, lancés à la conquête d’Oman. La ville resta le plus grand port des futurs émirats jusqu’au XVIIe siècle. Une autre cité, Jumeirah, fut pendant deux siècles une étape importante pour les caravanes qui partaient de la côte vers l’intérieur de l’Arabie. Elles étaient chargées de marchandises d’Orient, de pierres précieuses de Sri Lanka et de perles pêchées localement. Le Golfe connut alors un gros commerce maritime. De grands vaisseaux partaient pour sillonner l’océan Indien et s’aventuraient même jusqu’au Vietnam et jusqu’en Chine. 

La domination européenne (de 1498 au XIXe siècle)

Jusqu’au XVIe siècle, la péninsule d’Oman a ainsi été à l’extrémité de l’une des routes terrestres reliant la Méditerranée à l’océan Indien. Avec la découverte de la route maritime du Cap, la péninsule devint un lieu de relâche pour les navires qui se dirigeaient vers les Indes après avoir suivi les côtes orientales de l’Afrique. De là l’intérêt que montrèrent les Portugais, puis les Anglais. 

La présence portugaise 
Les liens commerciaux noués avec le royaume d’Ormuz, établi sur l’île de Jarun, furent rompus après 1498 lorsque les Portugais, guidés par les navigateurs arabes, doublèrent le cap de Bonne-Espérance et vinrent s’installer dans le Golfe. Les nouveaux envahisseurs imposèrent un impérialisme hostile, fortifiant les villes et les ports les plus importants, brûlant les autres et faisant d’Ormuz et de Mascate leurs bases principales. Durant un siècle et demi, ils exploitèrent à leur profit l’économie de la région. En 1657, la flotte omanaise les chassa.

L’arrivée des Anglais 
Au xviiie siècle, le Golfe attira les convoitises des Hollandais, des Français et des Anglais, puissances rivales dans l’océan Indien. Les Britanniques finirent par s’imposer et obtinrent un partenariat commercial avec Oman. En revanche, ils rencontrèrent la résistance des Al-Qawasim à l’ouest de la péninsule. Cette puissante tribu, installée à Ras al-Khaimah et à Sharjah, possédait une flotte de plus de 60 navires capables de transporter près de 20 000 marins. De 1800 à 1820, de nombreux affrontements opposèrent les deux camps. Les Anglais en sortirent finalement vainqueurs. En 1820, un accord de paix est signé entre la Grande-Bretagne et les sept sheikhs de la côte d’Oman. Les Anglais reconnaissent l’indépendance de ces émirats qu’ils surnomment les Etats de la Trève.

Ibn Majid, le « lion de la mer » 
Né vers 1435 à Julfar, dans le nord de Ras al-Khaimah, Ahmad Ibn Majid descendait d’une longue lignée de marins arabes intrépides. Il fut l’un des navigateurs qui aidèrent le Portugais Vasco de Gama à trouver sa route entre l’Afrique et les Indes. Sa réputation légendaire lui vient aussi de ses écrits, essentiellement des poèmes. Celui intitulé Al-Sofaliya comporte 805 vers et relate un voyage entre les Indes et Sofala, sur la côte du Mozambique. Son grand traité, Fawa’id, récapitule les connaissances maritimes de l’époque, fournit des détails très précis sur l’océan Indien et les principaux ports de la région et fait appel aux travaux des premiers astronomes arabes.

Deux dynasties au pouvoir (du XVIe siècle à 1966)

La dynastie Maktoum à Dubaï 
Les historiens ont plusieurs théories sur la signification de « Dubaï ». Selon certains, ce nom pourrait venir de dab, mot arabe désignant un lézard vivant dans le désert. Durant des siècles, Dubaï ne fut qu’un village où cohabitaient pêcheurs, plongeurs de perles et Bédouins. Au début du xviiie siècle, l’instabilité régionale le rendit inhospitalier. Il fut victime de sa situation à la frontière des deux grandes tribus opposées de la péninsule : les Al-Qawasim, au nord-est, et les Bani Yas, au sud. La région subit aussi l’effet de la rivalité entre les wahhabites d’Arabie saoudite et l’Empire ottoman.
Au début du xixe siècle, une division politique intervint au sein de la communauté des Bani Yas. La tribu des Al-Bu Fusalah met cap au nord jusqu’à l’embouchure de Dubaï où son chef, Sheikh Maktoum bin Buti, prend le pouvoir.

En 1892, les cheikhs de la péninsule signèrent un traité d’exclusivité avec les Britanniques, soucieux de maintenir la libre circulation de la Royal Navy sur la route des Indes. En échange de leur protection, les Anglais interdirent aux futurs émirats d’entretenir des relations indépendantes avec une quelconque autre puissance. A cette époque, la Russie concentrait ses efforts sur l’Iran, tandis que la France tentait de propager son influence depuis Oman jusqu’au Koweït.
La physionomie de Dubaï ne changea qu’à partir de la fin du xixe siècle. En 1894, Sheikh Maktoum bin Hasher al-Maktoum accorda des exemptions de taxes aux grands marchands de la région. Ce geste commercial incita de nombreux commerçants à quitter progressivement Sharjah, le sud de l’Iran, ainsi que l’Inde, pour venir pratiquer l’import-export à Dubaï. Des Perses construisirent alors de belles maisons de corail blanc. Ils érigèrent sur leurs toits des tours à vent, créant le premier système de climatisation dans la ville. En 1903, grâce à leur aide, une compagnie maritime anglaise choisit Dubaï comme port aux dépens d’une base iranienne. Ainsi se constitua le port le plus florissant de la côte. Abondamment approvisionnés, les souks du quartier de Deira comptaient en 1908 environ 350 magasins.

Abu Dhabi à la traîne 
L’exploitation du pétrôle démarre à Abu Dhabi dans les années 1930. Les ressources de l’émirat s’améliorent et le souverain fait construire le premier palais de la capitale, le fort Blanc. Avec la mise au jour de nouveaux gisements dans les années 1950, les coffres se remplissent. Pourtant, Abu Dhabi demeure dans une situation de sous-développement, Sheikh Sakhbout étant réticent à dépenser les sommes qu’il reçoit ; la population, employée par les sociétés pétrolières reçoit de maigres salaires, et il n’y a pas de routes. Néanmoins, le développement se fait petit à petit avec une école, un hôpital, des banques, le premier hôtel, un bureau de poste…

Une modernisation spectaculaire (1966-2000)

Le 6 août 1966, Sheikh Zayed prend le pouvoir à Abu Dhabi. Jeune gouverneur d’Al Ain, il a la réputation d’un homme juste et généreux. Il croit fermement que les revenus du pétrole doivent être utilisés pour le développement d’Abu Dhabi. Il inaugure son règne en distribuant les richesses de son prédécesseur, ce qui enclenche la transformation de la ville, et met en place un gouvernement complet. En 5 ans, l’émirat subit une métamorphose spectaculaire, passant directement du xviiie au xxe siècle. En plus d’une indemnisation financière, chaque famille reçoit chacune trois à quatre terrains. Tous les services municipaux sont gratuits. En quelques années, le petit port de pêche devient un important centre d’affaires et une destination touristique très courue. 

Pourquoi la « côte de la Trêve » ? 
En 1830, un conflit éclata entre les tribus Al-Bu Fusalah et Al-Qawasim, aboutissant à la destruction des bancs d’huîtres perlières. En vue de les reconstituer, les Anglais jouèrent les arbitres et exigèrent des cheikhs une trêve en 1835. D’abord renouvelable tous les ans, cette trêve fut prévue en 1843 pour une période de dix ans, puis remplacée par un véritable traité de paix maritime qui donna à la côte occidentale de la péninsule omanaise le surnom de « côte de la Trêve ». La pêche perlière retrouva son essor et constitua la base de l’économie du sud du Golfe jusque dans les années 1930.

Dubaï s’envole 
Alors que la pêche aux huîtres perlières a connu dans le Golfe son apogée aux xviiie et xixe siècles, elle est frappée de plein fouet dans les années 1930 par le lancement des cultures artificielles au Japon. En pleine crise économique mondiale, les Etats-Unis et l’Europe se tournent naturellement vers le marché asiatique, où les perles fines sont moins onéreuses et produites en grandes quantités. Pour assurer la survie de Dubaï et un retour à la prospérité, Sheikh Saeed, au pouvoir depuis 1912, et surtout son fils Sheikh Rashid comprennent qu’il est temps de développer de nouvelles formes de revenus en diversifiant l’économie.
Sheikh Rashid prend en main l’avenir de l’émirat à la mort de son père. Grand visionnaire, il s’attacha à assurer le bien-être présent et futur de la population. Il entreprend une série de projets ambitieux et coûteux. Il ordonna le dragage de la Creek, qui commençait à s’envaser, et fit agrandir les quais. Sont également à son actif l’ouverture d’écoles et d’hôpitaux, l’installation de l’électricité, la construction du premier hôtel et de nouveaux quartiers résidentiels, celle d’un aéroport international et celle du pont Al-Maktoum entre les rives de Deira et Bur Dubaï.

Le début de l’essor (1930-1966)

Naissance des Emirats arabes unis 
En janvier 1968, alors que les Anglais annoncent leur intention de se retirer du Golfe trois ans plus tard, Sheikh Zayed convainc, avec l’aide de l’émir de Dubaï, les souverains des émirats voisins de se fédérer, à l’esception de Bahrein qui proclame son indépendance en 1971 et du Qatar. Le 2 décembre 1971, Abu Dhabi, Dubaï, Sharjah, Umm al-Quwain, Fujairah et Ajman prirent officiellement le nom d’Emirats arabes unis, bientôt rejoints par Ras al-Khaimah. En 1973, les Emirats adoptent une monnaie commune, le dirham. Président des Emirats arabes unis jusqu’à sa mort en décembre 2004, Sheikh Zayed sera remplacé à ce poste et à la tête de l’émirat d’Abu Dhabi par son fils, Sheikh Khalifa bin Zayed.

En français
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Le portail des francophones du Golfe.
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Le site des femmes francophones d’Abu Dhabi, qui fédère plus de 350 familles.

Des projets fous
La crise financière qui a frappé Dubaï fin 2009 a entraîné l’arrêt d’ambitieux chantiers pilotés par le promoteur Nakheel. Parmi les plus fous, The Palm Jumeirah, bien que déjà habité, est toujours en travaux. En janvier 2010, le plus grand gratte-ciel du monde (800 m de haut), a été inauguré sous le nom de Burj Khalifa, en hommage au chef des Emirats arabes unis qui a payé la dette de Nakheel. Mais les projets des îles de Palm Jebel Ali et Palm Deira, sont stoppés, tout comme The World, autre projet pharaonique de 300 petites îles dessinant la carte du monde. De son côté, Abu Dhabi est une pépinière de projets. Sur l’île de Saadiyat, un complexe culturel rassemblera d’ici 2017 cinq musées : les maquettes du « Louvre d’Abu Dhabi » signé du Français Jean Nouvel, du plus grand musée Guggenheim du monde conçu par Franck Gerry, du musée maritime de Tadao Ando, du musée national Cheikh Zayed de Norman Foster et du centre des Arts vivants de Zaha Hadid sont exposées dans une aile de l’Emirates Palace. L’île de Yas Island accueillera les parcs à thème Warner Bros et Ferrari avec un nouveau circuit de formule 1 inauguré fin 2009, des golfs, un lagon et une vingtaine d’hôtels.

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