Le centre : lac de Skadar, Podgorica

Le lac de Skadar et ses environs

Le lac de Skadar (de Scutari pour les Italiens, de Shkoder pour les Albanais) est le plus grand lac des Balkans. Quelle est exactement sa taille ? Voilà une question ardue. Deux visites à six mois d’intervalle peuvent faire découvrir un visage totalement différent. A la fin de l’hiver ou au début du printemps, il peut se déployer sur une surface quasiment double de celle de l’automne, oscillant de 350 à près de 600 km2.
Alimenté pour les deux tiers par la rivière Morača, qui passe d’abord à Podgorica, le lac reçoit d’autres apports en eau, bien plus mystérieux ceux-là : il s’agit de sources profondes, appelée oki ou yeux, atteignant jusqu’à 60 m de profondeur. Particulièrement poissonneuses, elles sont très appréciées des pêcheurs : c’est notamment là que l’on a le plus de chances de faire provision d’ablettes.
La régulation du volume d’eau se fait par évaporation, ainsi que par le biais d’un petit fleuve, la Bojana, qui se jette dans la mer à Ulcinj. Outre les poissons et la végétation lacustre, le lac de Skadar, l’un des cinq parcs nationaux du pays, possède une très riche faune ailée. Les hérons gris, les cormorans pygmées, les pélicans de Dalmatie sont quelques-unes des espèces qui y trouvent un refuge idéal.
Le développement du tourisme sur ses rives, jusqu’alors limité, pourrait avoir une incidence négative sur cette diversité biologique qui l’a fait inscrire parmi les zones humides d’importance internationale, selon la convention Ramsar. Le lac de Skadar possède également un intéressant patrimoine bâti : outre les villages de pierre établis sur son pourtour, il a été le siège d’une vie monastique intense.

Découvrir le lac de Skadar

Le lac de Skadar est un but d’excursion classique pour les touristes en villégiature sur la côte. Le complexe Plavnica possède un bateau-mouche qui effectue des sorties sur le lac, parfois couplées à un déjeuner. A Virpazar, plusieurs agences privées offrent des prestations pour individuels ou pour groupes, comprenant généralement une navigation jusqu’à la forteresse abandonnée de Grmožur.
Les zones les plus riches en faune sont cependant plus lointaines : il s’agit de la rive nord, très marécageuse, où nichent les principales colonies d’oiseaux et que l’on ne peut atteindre que lors d’une sortie de plusieurs heures. Lorsque le vent d’Albanie souffle trop fort, la navigation peut être interrompue pendant plusieurs jours.

Virpazar

A 30 km au sud-ouest de Podgorica.
Il faut venir un jour de marché pour retrouver, parmi les stands d’olives, d’huile, de miel, de poivrons, d’oignons et de fromage, un peu de l’animation disparue. Car le village a beau être une sorte de capitale du lac, il a perdu de sa superbe. C’était autrefois un nœud de communication important entre la vallée de la Zeta et la côte, ce qui explique que les Turcs y aient bâti la forteresse de Besac, qui domine toujours les environs.
Virpazar fut l’une des premières localités du Monténégro reliée à Bar par le chemin de fer et l’un des plus actifs centres de commerce de la région – le suffixe pazar signifie marché. Le monument aux Partisans, que l’on ne peut manquer à l’extrémité de l’un de ses ponts, rappelle les faits glorieux de juillet 1941 lorsque les habitants attaquèrent la garnison italienne, donnant le signal de l’insurrection contre les armées d’occupation. Virpazar tente de se redéfinir un avenir en devenant le principal point de départ des excursions sur le lac.

Maison du parc national (Nacionalni Park Skadarsko Jezero)

A Vranjina, à 6 km au nord de Virpazar. Ouvert tlj de 9 h à 18 h. Entrée payante.
Dans une mise en scène contemporaine comprenant des projections de films, on s’initie ici à la faune du lac (avec des animaux empaillés), aux métiers traditionnels et aux grands moments de son histoire. On apprend ainsi que le scientifique Jovan Cvijić mesura la profondeur du lac en 1901 depuis le pont du bateau postal Lastavica, qui assurait la liaison entre Virpazar et Shkoder.
Les soubresauts plus récents comme la contrebande de combustibles et de voitures lors de la guerre des années 1990 sont abordés de manière beaucoup plus succincte…

Forteresse de Grmožur

Sa position est imprenable, au milieu des eaux occidentales du lac. Construite par les Turcs, la forteresse fut utilisée par les Autrichiens pour y reléguer les militants de l’indépendance. Après 1878, elle devint une prison de droit commun. Il n’était guère aisé de s’évader de cet Alcatraz monténégrin, d’autant que les prisonniers étaient sélectionnés pour leur inaptitude à nager… Ses ruines, que l’on peut contourner en bateau, sont aujourd’hui habitées par des colonies d’oiseaux.

La rive sud

Le côté sud du lac, appelé Krajina, est parcouru par une petite route aux lacets innombrables, sur lesquels la vitesse moyenne en voiture ne dépasse guère 30 km/h. On traverse des forêts de châtaigniers et les versants, que colorent les fleurs de genêt, sentent bon le thym et la sauge. Le hameau de Godine conserve une construction originale : cinq maisons accolées, chacune avec sa voûte en berceau, qui servaient de caves à vin.
Murići est un petit village sur la rive sud, avec une plage agréable. Sur les trois îles qui lui font face se trouvent autant de monastères. Les moines ne favorisent pas les visites, mais ne les interdisent pas non plus. Pour se rendre à Beska (couvent de sœurs avec une belle église à coupole du XVe siècle), à Starčeva Gorica (monastère fondé à la fin du XIVe siècle, aujourd’hui habité par un ermite) ou à Moračnik (monastère), il faudra négocier directement avec les locaux, par exemple à l’unique restaurant de Murići. Tout près de la frontière albanaise, à Ostros, se trouvent les ruines du monastère Prečista Krajinska, du Xe siècle.

Un amour de Vladimir

La France a Abélard et Héloïse, l’Italie Roméo et Juliette, et le Monténégro Vladimir et Košara. Vladimir était un prince pieux du XIe siècle, qui préféra se constituer prisonnier du tsar de Bulgarie plutôt que de s’engager dans une bataille sans espoir. Košara, la fille du tsar, tomba amoureuse du beau jeune homme. Le tsar lui-même, reconnaissant ses vertus, le libéra, lui donna sa fille et lui rendit sa principauté.
C’était évidemment sans compter la présence du cruel Vladislav. Arrivé au pouvoir après la mort du tsar, son grand-père, il fit assassiner Vladimir. Les miracles autour du corps du défunt l’impressionnèrent, le convertirent et le convainquirent de le restituer à la belle Košara, qui passa le reste de sa vie à veiller la dépouille de son mari, dans le monastère de Prečista Krajinska à Ostros.

Lake Skadar

Lake Skadar Montenegro By: Kristof Van LandschootCC BY-NC-SA 2.0

Žabljak Crnojevića

A 21 km au sud-ouest de Podgorica.
Les ruines de ce château, entourées par les eaux du lac de Skadar, sont très suggestives. Malgré son apparence de nid d’aigle, ce bastion, qui était alors la capitale de la dynastie Crnojević, dut être abandonné aux Turcs en 1478. Ce fut un mal pour un bien : la capitale suivante du Monténégro, Cetinje, fondée en 1482, était appelée à un grand avenir.

Rijeka Crnojevića

A 30 km à l’ouest de Podgorica.
Village charmant sur le cours de la rivière homonyme, il n’a pas pansé toutes les blessures du tremblement de terre de 1979. Certains immeubles ont été laissés en ruine. Ses deux ponts de pierre sont l’attraction principale, avec le château d’Obod sur la colline qui fait face. Des maisons de bois sur pilotis viennent d’être installées par l’administration du parc national pour présenter des expositions sur l’écosystème local.

Suivez le guide !

A 3 km à l’est de Rijeka Crnojevića se trouve un panorama superbe, maintes fois reproduit en carte postale : on surplombe un méandre de la rivière, couvert de nénuphars.

Podgorica et ses environs

Podgorica

Située dans la plaine, fertile mais étouffante en été, de la Zeta, Podgorica est baignée par cinq rivières dont la plus importante est la Morača, qui se jette ensuite dans le lac de Skadar. La ville tire son nom de la petite montagne (Gorica) qui la domine au nord.

Rappel historique

Bien que voisine de l’ancienne capitale romaine Doclea, Podgorica est une cité relativement jeune. C’est à l’époque troublée du Moyen Age que la « ville sous la petite montagne » (littéralement) devient une place forte. Conquise par les Turcs en 1475, elle restera entre leurs mains pendant trois siècles, jusqu’en 1879.
Sa croissance est vigoureuse au début du XXe siècle, mais les bombardements alliés de la Seconde Guerre mondiale, qui la détruisent presque entièrement, semblent hypothéquer son avenir.
C’est tout le contraire qui se produit : les autorités communistes, désireuses de fonder une société et de se distancier des élites historiques de Cetinje, profitent de l’occasion pour bâtir une nouvelle ville. Capitale du Monténégro depuis 1948, Podgorica illustrera le culte de la personnalité alors en vigueur : jusqu’en 1992, elle sera appelée Titograd, en honneur au maréchal Tito.

Stara Varoš (Vieille Ville)

Epousant un méandre de la rivière Morača, sur la rive sud, c’est ce qui reste de la vieille ville. Il ne faut pas espérer y trouver un patrimoine équivalent à celui de Kotor ou Budva. L’évocation du passé turc se limite plutôt à une atmosphère : quelques rues étroites, des mosquées, des maisons aux toits de tuiles, parfois délabrées, et unetour de l’Horloge (Sahat kula) construite à la fin du XVIIIe siècle.
L’habitat ottoman est symbolisé par la maison Cubranović, datant des années 1630, aujourd’hui transformée en restaurant. C’est dans ce quartier au caractère affirmé que l’Institut culturel français s’est installé en 2008.

Podgorica - bridge in downtown

Podgorica – bridge in downtown By: sunniakoCC BY-NC-SA 2.0

Nova Varoš (Nouvelle Ville)

Contrairement à ce que l’étymologie peut suggérer, cette « nouvelle ville » n’est pas la plus récente, d’autres quartiers ayant été reconstruits à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Elle doit sa naissance au fils du prince Nikola Ier Petrović-Njegoš, qui entendait créer dans les années 1880, au lendemain de la reconquête de Podgorica sur les Turcs, un centre aux rues plus spacieuses et rectilignes que le labyrinthe de la cité ottomane.
Le cœur actuel de la ville est constitué par le croisement de la rue Njegoševa et de la rue Hercegovačka. Nova Varoš est séparée de Stara Varoš par la rivière Ribnica, qui se jette dans la Morača. Le confluent des deux quartiers et des deux rivières est appelé Sastavci : on peut y voir les vestiges de la forteresse médiévale et un pont turc. Pour traverser la rivière, c’est un tout autre ouvrage d’art qui a été inauguré en 2005 : baptisé pont du millénaire, il a un design futuriste, tous les haubans étant accrochés à un unique pylône.

Muzej Grada Podgorice (musée de la Ville)

Pour illustrer l’histoire de Podgorica, ce musée, fondé en 1950, présente des collections variées. L’époque préhistorique est évoquée par des silex taillés ou des figurines anthropomorphes. Des amphores, des coupes en céramique, des bijoux et des fibules d’argent, ainsi que des fioles en verre du IIesiècle montrent que le site de Doclea était un centre de commerce important. Pour les temps plus récents, des manuscrits enluminés, des firmans ottomans et des habits traditionnels,avec leurs énormes ceintures, permettent de se familiariser avec les diverses influences qui ont marqué la culture monténégrine. Parmi les tableaux modernes, les huiles de Kolesnikov croquent avec bonheur des moments de la vie rurale.

Quartier de Preko Morače (« de l’autre côté de la Morača »)

La reconstruction de l’après-guerre privilégie la rive nord de la Morača. La ville, mêlant immeubles de bureaux et magasins aux lignes géométriques sans grâce, ne présente guère d’intérêt pour le visiteur, à l’exception d’un monument curieux, Hram Vaskrsenja Hristovog (la cathédrale du Saint-Sauveur). Commencée au milieu de la décennie 1990 et encore en travaux au milieu d’un terrain vague, elle ne suit aucune veine moderne, mais se présente plutôt comme un « patchwork » éclectique greffant quelques caractères baroques sur une ossature néo-romane.

Dvor Petrovića (palais Petrović)

Ljubljanska. Ouvert de 9 h à 14 h et de 16 h à 21 h, le samedi de 15 h à 21 h. Fermé le dimanche.
Dans le quartier de Kruševac, l’ancienne villa du prince Mirko Petrović, le fils de Nikola Ier, a été transformée en centre d’art contemporain. Le jardin propose un parcours de sculptures, tandis que les salles accueillent des centaines d’œuvres de tous les continents. Des expositions temporaires sont également organisées.

Suivez le guide !

Dans une ville essentiellement moderne, l’église Saint-Georges, adossée à la colline, est une véritable relique : elle remonte en partie au XIe siècle.

Les environs de Podgorica

Manastir Dajbabe (monastère de Dajbabe)

A 5 km au sud-ouest de Podgorica, sur la route de Bar, près de l’usine d’aluminium KAP. Entrée libre.
On pourrait presque le qualifier de monument d’art brut. Ce monastère, fondé en 1897 par le moine Simeon Popović, se compose d’une partie plus ancienne – une grotte avec des fresques naïves de la fin du XIXe siècle peintes par Popović lui-même – et d’une église plus récente.

Duklja

A 7 km au nord de Podgorica. Accès libre.
Ce site archéologique couvre un millénaire d’occupation humaine. Après les Illyriens qui s’y installent au début de notre ère, c’est Rome qui donne son impulsion véritable à la ville, en la renommant Doclea. Elle deviendra brièvement, à la fin du IIIe siècle, capitale de la province de Prévalitane. Arthur Evans, qui allait devenir célèbre en identifiant le site de Troie, y a mené des fouilles.
On reconnaît aujourd’hui l’emplacement des thermes ou du forum, tandis que les vestiges identifiables se limitent à des fragments de murailles et à des colonnes brisées. Il faut dire que de nombreuses maisons de Podgorica ont été bâties avec des pierres prélevées sur le site… La situation est en passe de changer : on a annoncé la création d’un parc archéologique.

Medun

A 13 km au nord-est de Podgorica.
Ce site archéologique, qui conserve une acropole et des vestiges de fortifications de plus de 2 000 ans, a une signification historique particulière. C’est ici que les Romains s’emparèrent en 168 av. J.-C. du dernier roi illyrien, Gentius, mettant ainsi fin à sa dynastie.

Miljanov l’autodidacte

Medun est aussi connue pour avoir donné naissance à l’un des personnages hauts en couleur de l’histoire monténégrine : Marko Miljanov (1833-1901). Chef de tribu, compagnon de lutte de Nikola Ier Petrović-Njegoš, il se retire sur ses terres et, suivant l’exemple de Caton l’Ancien, apprend à lire et à écrire alors qu’il a atteint l’âge où ses semblables couchent leur testament…
Il a l’ambition de retranscrire la saga du pays et ses propres aventures (il s’est notamment illustré dans la guerre de 1878 contre les Turcs), en leur donnant une dimension universelle et en explicitant les principes moraux qui doivent guider l’action d’un homme intègre. Exemples d’héroïsme et de vertu, posthume, aura un grand retentissement et continue d’être lu de nos jours.

Danilovgrad

A 18 km au nord-ouest de Podgorica.
Elle tient son nom de Danilo II, le souverain assassiné en 1860, qui avait le projet de créer une nouvelle capitale plus centrale, dans la vallée de la Zeta. Le projet avorta assez vite, malgré les efforts de son successeur Nikola Ier. Aujourd’hui, Danilovgrad, qui compte 5 000 habitants, est une étape paisible sur la route de Nikšić. La ville s’anime chaque mois de septembre, lors du festival de Sculpture : des artistes arrivent de tout le continent pour se mesurer dans la taille de la pierre locale.

Muzej Grada (Musée municipal)

Vaka Durovića. Entrée libre.
Pointes de lances, épées et médailles se laissent admirer avec intérêt, mais le véritable clou de ce musée à la scénographie agréable est sa collection lapidaire, avec stèles de sarcophages paléochrétiens, chapiteaux romans et bas-reliefs sculptés dans le superbe calcaire de la région.

Nikšić

A 55 km au nord-ouest de Podgorica.
La seconde ville du pays par le nombre d’habitants (environ 60 000) est rarement inscrite sur les circuits de visite. Elle mérite pourtant le détour, et pas seulement pour sa bière, laNikšićcko pivo, qui est depuis 1896 la production locale la plus célèbre. Occupée par les Romains, par les Byzantins, puis brièvement par les Ostrogoths qui eurent le temps de la fortifier avant de partir pour l’Italie, Nikšić a connu, comme ailleurs, la pression des Ottomans.
Ils y sont restés de 1496 à 1876 malgré la résistance acharnée des tribus d’Herzégovine, région à laquelle appartenait la ville avant sa réunion au Monténégro, entérinée par le congrès de Berlin en 1878. A cette date, tous les musulmans ont quitté Nikšić, qui a mis du temps à se relever de cette saignée humaine. La renaissance est allée de pair avec une reconstruction urbaine en forme d’étoile, avec l’industrialisation (extraction de bauxite, sidérurgie), puis avec le renforcement de l’université.

Crkva Sv. Apostola Petra i Pavla (église Saints-Pierre-et-Paul)

L’édifice du XIVe siècle est intéressant pour les fresques qu’il contient, mais plus encore pour les pierres tombales originales que l’on peut voir autour de l’église et dans le cimetière. Appelés stecci, ces gros blocs sculptés de motifs géométriques (étoiles, rosettes) ou figuratifs (personnages) sont une « spécialité » bosniaque. Certains exemplaires ont près de 1 000 ans.

Hram Sv. Vasilija Ostroskog (cathédrale Saint-Basile-d’Ostrog)

Cet immense lieu de culte a été financé par des dons russes, comme beaucoup de monuments de Nikšić, à l’instar de la colonne qui fait face à l’église ou du pont dit « du tsar », qui franchit la Zeta en direction de Podgorica. Il a été dessiné par Mikhail Preobrajensky, également architecte de la cathédrale de Nice qui fut, à son époque, la plus grande église orthodoxe hors de Russie.

Muzej Grada Nikšić (Musée municipal)

Trg Saka Petrovića 1. Ouvert tlj de 9 h à 13 h et de 17 h à 20 h, le dimanche de 9 h à 12 h. Fermé le lundi. Entrée payante.
Comme beaucoup de musées monténégrins, celui de Nikšić a une collection éclectique, particulièrement bien fournie. Elle contentera les amateurs d’archéologie avec les objets mis au jour sur le site paléolithique de Crvena Stijena, dont des ossements d’animaux aujourd’hui disparus. Des flèches en os et des récipients de céramique complètent le tour d’horizon consacré aux plus anciens habitants du Monténégro. Les monnaies d’or et d’argent des Romains, les bijoux des tribus slaves, les cimeterres turcs confirment combien le Monténégro a été un carrefour des cultures.

Lacs Krupansko et Slansko

A une dizaine de kilomètres à l’ouest de Nikšić, ces deux lacs artificiels attirent la population locale pour y pratiquer des sports nautiques, y pêcher ou, simplement, pour le plaisir de profiter d’une oasis de fraîcheur.

Manastir Ostrog (monastère Saint-Basile-d’Ostrog)

A 12 km au sud-est de Nikšić.
C’est le principal lieu de pèlerinage du Monténégro. Il doit cette vocation aux nombreux miracles de l’évêque Basile, sanctifié par la suite, qui vécut une existence de pénitence et d’isolement dans ce monastère qu’il fonda en 1656. C’est aussi un lieu incontournable pour les touristes, pour une raison toute différente : le monastère supérieur, qui conserve les reliques du saint dans une chapelle rupestre, est incroyablement encastré dans la falaise.
Sa blancheur contraste avec les teintes rouges de la roche. De loin, la vision est saisissante. Le monastère inférieur, séparé du premier par une demi-heure de marche (ou un trajet beaucoup plus rapide en voiture), abrite une église avec des fresques modernes sur des épisodes de la vie de Basile. Malgré sa position a priori inaccessible, le complexe d’Ostrog fut plusieurs fois détruit par les Turcs. C’est qu’il se trouvait au-dessus de la vallée de la Zeta, une voie de communication importante pour les parties en conflit durant des siècles.
L’évêque orthodoxe Basile n’en tint pas compte : les miracles recensés à son crédit concernent aussi bien des gens de sa confession que des catholiques ou des musulmans. Cet œcuménisme explique l’aura persistante du lieu, qui attire des pèlerins du Monténégro ainsi que des pays voisins.

Suivez le guide !

Face au monastère supérieur d’Ostrog, il existe une hôtellerie sobre et sommaire, mais dont les tarifs sont imbattables : 1 € la nuit !

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