Istanbul

Istanbul

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Avec ses 8,5 millions d’habitants, Istanbul est la plus grande ville, le plus gros port et le centre de commerce le plus important de toute la région.
Elle fait ainsi figure de capitale même si Ankara a pris sa place administrative depuis 1923. Enfin, ses merveilleux villages, accrochés aux rives du Bosphore, ses nombreux édifices byzantins et ottomans, ses trésors des Mille et Une Nuits dans les Palais du Sérail font d’Istanbul un centre touristique exceptionnel.
Istanbul offre le visage d’une ville qui se modernise à grands pas. Disparus, les fez qui couvraient le chef des hommes d’autrefois, disparus les voiles qui cachaient le charme des visages féminins, et presque entièrement disparues également les petites maisons de bois avec leurs balcons et leur cadre de verdure. De partout s’élèvent de nombreux immeubles en béton armé qui répondent plus aux besoins de la vie moderne qu’aux exigences de l’esthétique. De larges avenues, rendues nécessaires par un trafic de plus en plus intense, remplacent les petites rues étroites couvertes de vigne. Malgré ces concessions au modernisme, Istanbul restera, avec le Bosphore et la Corne d’Or, une ville privilégiée avec ses minarets se découpant sur le ciel laiteux et flou, les coupoles de ses mosquées et de ses palais, le charme de ses bazars et de ses cafés vétustes. Ils attireront tous ceux qui restent épris d’un certain visage de l’Orient. Le site géographique extraordinaire d’Istanbul émerveille les voyageurs. Accrochés sur les collines qui bordent la Corne d’Or et le Bosphore, les différents quartiers ont chacun leur visage original malgré le petit air de parenté que leur confère la foule grouillante et les dolmus qui encombrent leurs voies étroites.
Istanbul est la ville de l’Asie mineure depuis laquelle tous les voyages sont possibles. Tous les chemins mènent à l’ancienne Byzance, par la mer, avion ou par le mythique Orient-Express. Ici se franchit la porte de l’Asie. Le Marché égyptien, au croisement de la Corne d’Or et du Bosphore, ouvre sur un autre monde où règnent parfums et épices. Une foule toujours en mouvement vient chercher dans les magasins tout ce que l’on ne peut trouver ailleurs. Le meilleur café de la ville se vend ici, et le café, en Turquie, est un art de vivre. Istanbul, c’est aussi et surtout un port, le plus grand et le plus ancien de cette région du monde.

Palais Dolmabahce - Istanbul

Palais Dolmabahce – Istanbul

Le bateau constitue le meilleur moyen de découvrir les palais et maisons somptueuses qui bordent le Bosphore, comme le palais Dolmabahce, construit pour le sultan en 1843. Les plus belles maisons se trouvent sur la rive orientale. Ces lieux de villégiature extrêmement recherchés par les habitants d’Istanbul atteignent aujourd’hui des prix astronomiques. A l’endroit le plus étroit du Bosphore s’élève la forteresse de Rumeli Hisar, construite en quatre mois pour servir de base à la conquête de la ville en 1452. La marina, qui rappelle la Côte d’Azur, est un quartier d’Istanbul. Elle abrite, au milieu des yachts de luxe, le bateau qui fut offert à Atatürk, le père de la Turquie moderne.
Pour traverser la Corne d’Or et rejoindre les quartiers éloignés, les Stambouliotes ont depuis toujours utilisé le bateau. Le détroit du Bosphore long de 32 Km sépare la ville en deux parties pour rejoindre la mer Noire. D’un côté c’est l’Europe, de l’autre l’Asie.
Au milieu de la gare maritime du pont de Galata, dans le quartier d’Eminonu, la distraction favorite reste la pêche. Face à Eminonu, la tour de Galata constitue un bon repère dans la ville. Rebâtie de nombreuses fois, cette tour génoise abrite désormais un restaurant et un observatoire qui dominent la cité.
Topkapi, la merveille d’Istanbul, fut construit pour loger les conquérants de l’Empire ottoman au milieu du XVe siècle. Les sultans successifs y vécurent jusqu’en 1800. Pour découvrir les trésors de ce palais, plusieurs jours sont nécessaires. Les appartements sont couverts des faïences d’Iznik. Les fenêtres étaient interdites dans de nombreuses pièces et seuls quelques hublots laissaient la lumière se diffuser. Le sultan possédait déjà dans sa salle de bains un robinet d’eau chaude et un robinet d’eau froide. Le harem constituait un village à l’intérieur du palais. Plus de 500 personnes y habitaient. Une salle était consacrée aux mariages et aux nombreuses réceptions. Dans la quatrième cour du palais, la salle de circoncision des petits musulmans est recouverte de somptueuses mosaïques d’Iznik. Chaque sultan fit aménager le palais de Topkapi selon ses désirs. En 1863, le sultan Murat IV fit édifier le kiosque de Bagdad pour célébrer sa victoire sur cette ville. Au milieu de la pièce principale du kiosque de Bagdad se trouve un brasero sculpté. Il peut en effet faire très froid à Istanbul au milieu de l’hiver.

Sainte Sophie - Musée - Istanbul

Sainte Sophie – Musée – Istanbul

Le grand bazar d’Istanbul regroupe plus de 4 000 boutiques et il faudrait des jours pour parcourir les kilomètres de ces petites rues. A l’étage, au-dessus des boutiques, se trouvent des dizaines de minuscules ateliers spécialisés dans divers artisanats.
La mosquée de Soliman le Magnifique, construite par l’architecte Sinan, représente un style architectural nouveau à son époque et qui en fit un des chefs-d’oeuvre d’Istanbul. Elle regroupe une école coranique, une imprimerie, un hospice, un caravansérail, un bain turc et une école. 249 fenêtres dont certaines possèdent des vitraux laissent pénétrer la lumière dans l’édifice. Dans la citerne basilique, certaines colonnes sont délibérément posées à l’envers. La citerne, construite sur l’ordre de l’empereur Justinien au VIe siècle, retenait toute l’eau fraîche dont la ville avait besoin. Or, les 336 colonnes provenaient d’anciens temples grecs, nombreux en Turquie. Les poser à l’envers signifiait nier les dieux grecs qui y étaient représentés.
Dominant la ville, la mosquée de sultan Hamet, ou Mosquée bleue, édifiée de 1606 à 1616, figure parmi les chefs-d’oeuvre de l’architecture ottomane. Une chaîne obligeait le sultan et ses chevaliers à se baisser à l’entrée de la mosquée, en signe d’humilité envers Dieu. Tout ici inspire au recueillement et à la prière. Le sultan souhaitait une mosquée « très claire et, à l’intérieur, bleue comme l’azur du ciel ». Les quatre gigantesques piliers, de 16 m de circonférence chacun, s’ornent des plus belles céramiques d’Iznik. En face de la Mosquée bleue dédiée à l’islam, l’église Sainte-Sophie est devenue un musée. Construite à partir de l’an 306, elle fut détruite par les tremblements de terre. En dix-sept siècles d’existence, cette basilique fut reconstruite trois fois. Sa coupole colossale s’élève à plus de 55 m de hauteur. Le plus remarquable à Sainte-Sophie sont les mosaïques. En accédant à l’étage supérieur, les plafonds en plâtre peint se distinguent mieux. Sous ce plâtre grossier, se trouvent des mosaïques à feuilles d’or. Cela signifie que l’ensemble des mosaïques des plafonds a été recouvert lorsque l’église fut transformée en mosquée car l’islam interdit la représentation d’images religieuses. Combien de trésors nous cachent les plâtres de Sainte-Sophie apposés deux siècles après la conquête d’Istanbul par les musulmans ?
Le hammam de Cemberlitas, l’un des plus anciens d’Istanbul construit par le célèbre architecte Sinan, ouvre pratiquement sans interruption tous les jours de la semaine. Selim Mimar en entretient le feu. Des dizaines de fois par jour, il passe par les toits pour charger l’antique chaudière avec de la sciure. Les séances de hammam durent en général une heure et demie. La température et l’humidité sont à peine supportables pour les non-initiés. Enroulés dans le pechtemal, le pagne traditionnel, hommes et femmes, séparément, se font laver, shampouiner et masser vigoureusement.
En remontant le Bosphore, voici Ortakoy, le « village du milieu », au pied de la mosquée Bouyouk Melidyé. Il s’agit du rendez-vous à la mode de la jeunesse dorée d’Istanbul qui vient discuter pendant des heures autour d’un café turc. Ortakoy est aussi un lieu où se pratiquent toutes sortes de jeux.

Histoire

Château Ottoman - Istanbul

Château Ottoman – Istanbul

La fondation d’Istanbul, l’ancienne Byzance, est entourée de légendes. Dès la plus haute antiquité, le Bosphore fut un lieu de passage et ses bergers, tout comme ceux de la Corne d’Or, construisirent très tôt des lieux d’habitation. Quelques auteurs précisent qu’un certain Byzas, chef d’un groupe de marins grecs, fonda à la pointe actuelle du Sérail une cité à laquelle il donna son nom, Byzantion. Cette dernière se développa rapidement et devint un centre commercial important. Elle tomba aux mains du roi perse Darius en -479, puis fut délivrée par Pausanias, roi de Sparte, avant d’entrer dans l’aire romaine. En 324, l’empereur Constantin s’empara de Byzance où son rival Licinius s’était enfermé. Maître de la ville, il en fit la capitale de l’Empire romain d’Orient en 330 et la dota de murs fortifiés dont des vestiges demeurent. La première édification de Sainte-Sophie date également de cette époque. Des oeuvres d’art de tout l’empire affluèrent vers la « nouvelle Rome », connue dès lors sous le nom de Constantinople. Le centre de la cité antique correspondait au Divan Yolu et à la place At Meydani dont le nom (« place aux chevaux ») évoque l’ancien hippodrome, centre névralgique de l’ancienne cité. La civilisation romaine laissa une empreinte très profonde dans les traditions byzantines comme en témoignent les monuments du IVe siècle : aqueduc de Valens, Porte dorée, colonne de Théodose.
En 476, Rome tomba aux mains des Barbares et Constantinople resta la seule capitale de l’empire. Agrandie par Théodose (408-450), elle devint le centre du monde civilisé. Sous Justinien (527-565), elle atteignit l’apogée de sa puissance et demeura au cours des siècles suivants le bastion de la résistance aux assauts des envahisseurs musulmans. Après cinq siècles de combats victorieux contre les armées arabes, l’Empire byzantin s’effondra à la suite de la bataille de Malazgirt (1071) remportée par les Turcs Seldjoukides, convertis à l’islam. Constantinople resta cependant aux mains des Byzantins et servit d’escale aux Croisés qui cherchaient à conquérir la Terre Sainte. Mais l’amitié entre chrétiens d’Occident et d’Orient fut mise à rude épreuve. Au cours de la Quatrième Croisade, en 1204, Constantinople fut pillée par les Croisés qui y créèrent un éphémère royaume latin.
Au XIVe siècle, les Ottomans, tribu turque d’Asie centrale qui avait succédé aux Seldjoukides, décidèrent d’annexer Constantinople. Ils lancèrent leurs armées contre la ville mais échouèrent. Cependant, la capitale impériale était de plus en plus isolée. Les Ottomans avaient franchi les Dardanelles et conquis la Bulgarie. Ils cernaient Constantinople de toutes parts. La victoire du Mongol Tamerlan sur les Ottomans en 1402 accorda un répit à la ville. Mais cinquante ans plus tard, les Ottomans entreprirent à nouveau son siège. Le dernier empereur byzantin, Constantin XI, tenta en vain d’appeler l’Europe à l’aide. Après cinquante-trois jours de siège, Mehmet le Conquérant prit la ville à revers et, grâce à son artillerie puissante, parvint à percer des brèches dans les murailles et à pénétrer l’enceinte. Constantin XI mourut dans le combat. Le 29 mai 1453, tous les quartiers étant occupés, Mehmet fit son entrée dans la ville à cheval, se dirigea vers Sainte-Sophie, pénétra dans l’édifice et ordonna sa transformation immédiate en mosquée.
Une fois de plus, la ville changea de nom pour devenir Istanbul et le centre d’un nouvel empire s’étendant des frontières autrichiennes jusqu’au golfe Persique. Des constructions, dont les plus importantes datent des XVIe et XVIIe siècles, apogée de la puissance ottomane, modifièrent son apparence. Les premiers signes de faiblesse apparurent dès le XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, Russes et Bulgares investirent la ville. A la fin de la Grande Guerre, Istanbul était occupée par les alliés. Enfin, le 13 septembre 1923, Ankara devenait capitale de la nouvelle Turquie.

Que voir à Istanbul ?

Le Bosphore, Istanbul

Le Bosphore, Istanbul

La richesse d’Istanbul n’est plus à démontrer. Il ne faut pas espérer faire le tour de la question en moins d’une semaine au plus juste. Néanmoins, quelques jours peuvent donner une première idée et l’envie d’y revenir. En partant d’Aya Sofya Meydani, il est possible de rayonner à pied dans le coeur historique.
Sainte-Sophie (Aya sofya), la troisième plus grande basilique au monde par le volume après Saint-Pierre de Rome et le Duomo de Milan, est le monument le plus connu et le plus emblématique de la ville. Elle se visite tous les jours, sauf le lundi, de 9 h 30 à 17 h.
Le palais de Topkapi permet la visite du Musée du Sérail (saray müzesi), tous les jours sauf le mardi, de 9 h 30 à 17 h, qui débute à la porte de la deuxième cour et comprend l’ancien harem, le trésor et la résidence des sultans ; et du Musée archéologique (arkeoloji müzesi), ouvert tous les jours sauf le lundi, de 9 h 30 à 17 h, qui débute dans la première cour et comprend le Musée de l’Orient ancien (sark eserleri müzesi), le Musée de la céramique (çilini kösk) et le Musée des antiquités, spécialisé dans la période gréco-romaine.
Citerne de Yerebatan (yerebatan sarayi), ouverte tous les jours sauf le lundi de 9 h 30 à 17 h.
La place de l’Hippodrome (at meydani), autour de l’ancien centre politique de Byzance, regroupe la Mosquée bleue (sultan Ahmet camii), autre somptueux emblème d’Istanbul, et le Musée des arts turcs et islamiques (Turk ve islam eserleri müzesi), ouvert tous les jours sauf le lundi, de 9 h 30 à 17 h.
La mosquée Süleymaniye, chef-d’oeuvre de l’architecture ottomane, et la mosquée Rüstem pasa, qui comprend de très belles décorations de faïence, figurent parmi les grandes mosquées sultaniennes de l’âge classique les plus remarquables.
Le grand bazar (büyük çarsi), pittoresque et animé souk couvert d’Istanbul, est ouvert tous les jours sauf le dimanche, de 9 h à 19 h. Le bazar égyptien, qui comprend le marché aux épices, ouvre ses portes tous les jours sauf le dimanche, de 9 h à 19 h.
L’église Saint-Sauveur in Chora (Kahriye müzesi), le plus bel exemple d’art byzantin, comprenant peintures et mosaïques, est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 9 h 30 à 16 h 30.
Le château des Sept Tours (yedikule) offre une belle vue sur les anciennes murailles. Il ouvre tous les jours sauf le jeudi, de 10 h à 17 h.

Eglise Sainte Sophie - Istanbul

Eglise Sainte Sophie – Istanbul

Le palais de Dolmabahçe (Dolmabahçe saray), dernière résidence des sultans sur les bords du Bosphore, est ouvert tous les jours sauf le lundi et le jeudi, de 9 h à 16 h.
Le Bosphore (bogaz) permet des promenades en bateau pour y admirer les vieilles maisons de bois et retrouver un peu du charme de l’ancien Istanbul. Départ tous les jours vers 10 h depuis Eminönü.
Sainte-Sophie, érigée à partir de 325 par Constantin Ier, fut d’abord une simple basilique couverte d’un toit de bois consacrée à la sainte Sagesse. Son fils la proclama église métropolitaine de Constantinople. Ce vieil édifice brûla deux fois de suite. En 532, Justinien décida sa reconstruction dans un style différent qui en ferait l’édifice le plus magnifique de tout l’empire. Il en confia l’exécution à deux savants, mathématiciens et architectes, Anthémios de Tralles et Isidore de Milet. Pendant cinq ans, 10 000 hommes y travaillèrent. De tous côtés affluèrent marbres de luxe, colonnes et piliers. Le prix de cette construction fut estimé à 18 000 kg d’or. A la place de la modeste basilique s’élevait désormais un édifice de 80 m de longueur et 70 m de largeur. Les murs et les arcs étaient en briques, les piliers en pierres et la coupole faite de briques très légères spécialement fabriquées à Rhodes. Le 27 décembre 537, le jour de la consécration du bâtiment, Justinien se serait écrié : « Oh Salomon, je t’ai surpassé ! » En 558, durant le tremblement de terre, la coupole s’effondra. Reconstruite, elle atteignit alors une hauteur de 8 m supérieure à la précédente. En 1453, trois jours après la chute de Constantinople, Sainte-Sophie fut transformée en mosquée. Les Turcs recouvrirent les mosaïques d’un badigeon, mais ne touchèrent pas à la structure de l’édifice. Par ailleurs, la façade dut être restaurée au cours des âges. Des contreforts, qui malheureusement défigurèrent son visage original, furent ajoutés pour soutenir la coupole. Quatre minarets et des bâtiments annexes – cuisines et fontaines – complétèrent les changements. Au milieu du XIXe siècle, le sultan Abdülmecit décida d’en confier la restauration à l’Italien Gaspare Fossati. Au cours des travaux, ce dernier découvrit des mosaïques et les nettoya. Mais les représentations d’êtres vivants étant interdites dans une mosquée, elles furent blanchies de nouveau. Seule la mosaïque au-dessus du narthex demeura visible car elle ne se trouvait pas dans la salle de prière. En 1935, Atatürk transforma Aya Sofya en musée. L’entrée se fait dans la cour intérieure par la porte sud. A droite se trouve un petit pavillon avec une horloge. Derrière ce dernier, dans le coin est du jardin, quatre mausolées abritent les dépouilles de princes et de sultans En entrant sur le parvis de Sainte-Sophie, se trouvent les vieilles portes de bronze qui datent de 883. Au-dessus de la porte à l’intérieur du narthex, une mosaïque offre, sur un fond d’or, une représentation de la Vierge et de l’Enfant Jésus. A leur gauche, Justinien tient entre ses mains la maquette de Sainte-Sophie. A leur droite, Constantin leur offre la maquette de la ville. Le narthex, hall d’entrée de la vieille basilique chrétienne, a 60 m de longueur et 10 m de largeur. Les panneaux de marbre et les arcs, recouverts de mosaïques d’or, sont encore bien conservés. Sur la gauche, cinq portes conduisent vers l’exonarthex, vestibule extérieur, tandis que, sur la droite, neuf portes s’ouvrent sur la salle principale de l’église. Au-dessus de la porte centrale, entrée réservée à l’empereur, une mosaïque représente le Christ Pantocrator assis sur son trône. L’empereur agenouillé devant lui est probablement Léon VI (886-912).

Sainte Sophie - Musée -Istanbul

Sainte Sophie – Musée -Istanbul

La salle principale est dominée par la haute coupole, éclairée par une rangée de quarante fenêtres. Elle a un diamètre de 31 m et une hauteur de 55 m. En dépit de la masse d’ombre que donne la coupole, l’édifice offre clarté et aération. Deux nefs flanquent la salle principale séparée d’elles par une rangée d’arcades ; l’abside est divisée en trois petites semi-coupoles destinées à réduire la poussée de la coupole centrale. De toutes les oeuvres d’art byzantin qui ont enrichi cette église, subsistent les chérubins dans les angles, entre les supports des arcs, une Vierge assise sur un trône et des fragments d’anges dans l’abside.
Dans la galerie, réservée aux femmes à l’époque byzantine, la vue embrasse l’ensemble. Dans la galerie sud, plusieurs groupes de mosaïques d’une qualité exceptionnelle : une Déisis, La Prière (XIIe siècle), qui représente la Vierge et saint Jean-Baptiste entourant le Christ et intercédant pour les âmes au moment du Jugement dernier. Au fond, deux mosaïques représentant l’empereur Constantin Monomaque et l’impératrice Zoé (Xe siècle), et l’empereur Jean II et l’impératrice Irène (XIe siècle). Dans la galerie ouest, il ne reste que quelques ornementations et des mosaïques dont les représentations de saint Pierre et saint André qui dateraient du IXe siècle. Dans la galerie nord se trouve un portrait en mosaïques bien conservé de l’empereur Alexandre Ier (912-913). L’emplacement réservé au sultan (sur la gauche, près de l’abside), la niche indiquant la direction de La Mecque et un pupitre avec deux bannières constituent des ajouts de l’époque ottomane. Les immenses médaillons qui portent le nom de Mahomet et des premiers califes datent également de cette période. Les deux grands vases, peut-être originaires de Pergame, se trouvaient à gauche et à droite de l’entrée sous le règne de Murad III (1574-1595) et contenaient alors de l’eau pour les ablutions rituelles.
Parmi les curiosités de Sainte-Sophie : « la colonne suante » de saint Grégoire, construite en pierre poreuse, passait pour guérir les maladies de la vue ; et la « fenêtre froide », par laquelle souffle un vent très frais même au plus fort de l’été, qui comprend dans son marbre des veines ressemblant à des têtes de chameaux. Avant de quitter la cour, des vestiges de la vieille basilique de Théodosius sont visibles à l’extérieur du mur de l’exonarthex.
Sérail Topkapi (Topkapi saray) Dans la dernière cour de Sainte-Sophie, une porte cochère richement décorée, munie de trois tours et d’un toit avancé, donne directement sur le mur du sérail. A gauche, en longeant le côté sud-est du mur, une porte extérieure donne accès au sérail. Devant cette porte se trouve la fontaine d’Ahmed III, érigée en 1728. Avec ses reliefs en marbre fin et son toit couronné de coupoles, il s’agit de l’une des plus belles fontaines de la ville. La porte extérieure du sérail fut construite par Mehmet Il en 1478. Les têtes des personnages décapités à la Fontaine du bourreau étaient suspendues, autrefois, à gauche et à droite, dans la partie en retrait de la porte. Derrière ce portail s’étend un large terrain planté d’arbres qui constitue une sorte de place. A l’intérieur de cette place, sur la gauche, se trouve l’église Sainte-Irène, une des plus vieilles constructions de la ville, considérée comme la plus grande église de Constantinople jusqu’à l’édification de Sainte-Sophie. Plusieurs fois détruite et plusieurs fois reconstruite, elle reçut sa forme présente au cours de la restauration de 740 par Léon l’Isaurien. Plus tard, les Turcs utilisèrent l’édifice comme arsenal. Aujourd’hui l’église a été transformée en Musée de l’artillerie. Mais les canons de bronze n’occupent que le terre-plein de l’église, celle-ci demeurant vide.
Au-delà de la cour extérieure du sérail se trouve la porte du Milieu ou du Salut (1524) qui constitue l’entrée du palais proprement dit. Là, des deux petites tours servaient autrefois de cachots aux personnages tombés en disgrâce. A droite, près du portail et le long du mur, la Fontaine du bourreau est proche de la Pierre de l’avertissement qui servait de billot pour les exécutions. Le côté de la cour du Musée du sérail, ou place du Divan, ombragée de superbes cyprès et platanes, est bordé par les cuisines et leurs très curieuses cheminées. Elles abritent aujourd’hui une splendide collection de porcelaines chinoises, japonaises, européennes et turques. Face aux cuisines, se tient la chambre du conseil des vizirs, une construction avec un hall à piliers et une tour de 40 m de hauteur construite par Süleyman Ier (1520-1566). Dans la salle de gauche, les vizirs recevaient les visiteurs étrangers et se réunissaient en conseil (le sultan se tenait caché derrière la fenêtre grillagée). Cette salle contient aujourd’hui des céramiques : lampes, vases, ustensiles provenant des célèbres ateliers d’Iznik et de Kütahya. La construction adjacente au côté nord offre une exposition d’armes. La plupart proviennent de l’âge d’or ottoman et sont richement décorées d’or et de pierres précieuses : épées, sabres, boucliers, cottes de mailles. Certaines pièces datent de l’époque mamelouke.
La troisième porte, dite « de la Félicité », donne accès à la cour intérieure du sérail (enderun). Face à cette porte, encore appelée « porte des Eunuques blancs », le sultan présidait les cérémonies des fêtes du Bayram. A l’entrée de la troisième cour se trouve la salle d’audience du sultan (Arz Odasi), érigée par Mehmet II puis remaniée et restaurée. Cette construction, avec sa salle du Trône et son trône datant de l’époque de Mehmet III (1595-1603) fut en usage jusqu’au XIXe siècle comme salle de réception des sultans. Au milieu de la troisième cour, s’élève une petite construction : la bibliothèque érigée par Ahmed III (1703-1730) dans laquelle sont conservés de précieux manuscrits. En saillie, sur le côté droit de la cour, s’étend un autre bâtiment précédé d’un portique à arcades. Primitivement destiné à faire office de « conservatoire » au temps de Mehmet II, il fut converti en 1859 par Abdülmecit en petites chambres pour le personnel. Aujourd’hui, il renferme une collection de manuscrits à miniatures et d’ouvrages calligraphiés. Des spécimens de vêtements impériaux du XVIe au XVIIIe siècle sont exposés dans la seconde pièce. La salle du trésor comprend quatre pièces constituant autrefois le hammam de Selim II. Parmi les objets de grande valeur exposés : des boîtes à tabac serties de diamants, des miroirs ornés de pierres précieuses, des lampes, des montres, des tasses à café en émeraude, des armes en or incrustées de diamants.
Une des pièces les plus remarquables est le trône d’or du shah Ismaïl orné de 25 000 perles, pris par Selim Ier comme trophée de guerre lors de sa conquête de la Perse (1514). Les trônes de Murad III, Murad IV et d’Ahmed Ier, enrichis de pierres précieuses et d’ivoire et surmontés d’un baldaquin orné d’une pointe de cristal de roche, figurent parmi les autres pièces exposées. Les vêtements utilisés lors du couronnement se trouvent également dans ces salles. Les autres salles offrent des expositions de tapis de prière, du matériel de calligraphie et des atours ayant servi lors du couronnement des shahs de Perse.

Sainte Sophie - Istanbul

Sainte Sophie – Istanbul

Dans la cour suivante se dressent plusieurs pavillons dont le Mecidiye Kôlkü (kiosque de Abdülmecit) bâti en style baroque vers la fin du XIXe siècle avec une belle vue sur le Bosphore. Au nord-ouest de ce dernier, le Jardin des tulipes, fleur symbole des Ottomans, entoure le pavillon de Mustafa Pacha, du nom du vizir qui le fit construire pour le sultan Mehmet IV, à la fin du XVlIe siècle. Mais le plus beau de tous ces pavillons est assurément le kiosque de Bagdad, construit par Murad IV en 1638 pour commémorer la prise de Bagdad. La coupole et les plafonds sont ornés d’or et les murs revêtus de marbre et de céramique, Les montants des portes et fenêtres sont incrustés d’ivoire et de nacre. Un balcon rectangulaire, surmonté d’un baldaquin de bronze, situé au milieu de la terrasse de ce pavillon, permet de découvrir la Corne d’Or et les quartiers européens d’Istanbul. Cette terrasse de marbre, édifiée par le sultan Ibrahim pour les repas somptueux des nuits de ramadan, ouvre sur la Sünnet odasi où se déroulaient les cérémonies de la circoncision. Des escaliers conduisent à nouveau dans la cour intérieure du sérail, vers la salle des reliques où se trouvent exposés le manteau de Mahomet, son épée, sa bannière, quelques-unes de ses dents, etc.
A gauche, la Galerie des portraits proposent des portraits des sultans depuis Osman Ier jusqu’à Mehmet V. Autrefois, les reliques du Prophète étaient conservées dans un bâtiment au nord-ouest de la cour. Ce dernier offre maintenant une collection d’habits impériaux. Dans l’angle de la cour, la mosquée des Agalar abrite une bibliothèque qui renferme un fonds de manuscrits arabes, persans et turcs. En repassant dans la deuxième cour, une salle expose une collection d’armes anciennes. L’entrée du harem se trouve dans le coin sud-ouest de la cour du sérail. Le harem se compose de bâtiments disposés de façon très complexe et juxtaposés les uns aux autres au cours des siècles. Dans ces salles, rigoureusement interdites aux étrangers, vivaient femmes et esclaves, concubines des sultans, surveillées par des eunuques. Des escaliers tortueux, des couloirs, des chambres obscures et des bains laissent entrevoir ce que pouvait être la vie de ces femmes désoeuvrées dont tout le temps se passait en intrigues. Des drames sanglants s’y déroulèrent, que maîtrisèrent à grand peine les eunuques chargés de faire régner la paix.
La salle à manger et la chambre du sultan Ahmet III constituent les pièces les plus belles. Les chambres des eunuques étaient contiguës au harem. Enfin, Topkapi offre un restaurant-cafétéria très agréable avec une vue exceptionnelle sur le Bosphore.
Alay Kôskü est un pavillon depuis les fenêtres duquel le sultan pouvait surveiller, sans être vu, les allées et venues de la Sublime Porte donnant accès au palais du grand vizir. Plus loin, sur la droite, un édicule en haut de Kizilav Caddesi permet d’accéder à la Citerne de Yerebatan.

Mosquée Bleue - Istanbul

Mosquée Bleue – Istanbul

Le centre d’Istanbul
Sur la place Sainte-Sophie se trouve la fontaine de l’empereur d’Allemagne Guillaume II, construite à l’occasion de sa visite à Istanbul en 1898. Plus loin, At Mevdani (place du Cheval), située sur l’ancien hippodrome, abrite trois monuments importants : L’Obélisque égyptien de l’époque de Touthmès III (1502-1488 av. J.-C.), d’environ 25 m de hauteur, apporté à Constantinople sur l’ordre de Théodose en 390 et installé à l’hippodrome.
La colonne serpentine, l’un des plus anciens monuments de la ville, qui se dressait devant le temple d’Apollon à Delphes en souvenir de la victoire de Platée remportée par les Grecs contre les Perses en 479 av. J.-C. Elle fut probablement transportée à Constantinople sous le règne de Constantin. L’Obélisque muré, érigé au Xe siècle par l’empereur Constantin VII, qui a fait l’objet d?un pillage en 1204 par les Croisés qui arrachèrent les plaques de bronze qui le recouvraient.
Située sur le côté est d’At Mevdani, la Mosquée du Sultan Ahmed, ou Mosquée bleue, érigée en 1609-1616 par Mohammed Aga, est la seule mosquée d’Istanbul qui possède six minarets. La légende veut que pour respecter la suprématie de La Mecque dont la mosquée n’avait que six minarets, le sultan Ahmed fît don d’un septième minaret à la ville sainte ! Les murs, couverts de céramique bleue, et la coupole, peinte dans les mêmes tons, donnent un ensemble à la lumière douce et agréable. Quatre piliers principaux supportent la coupole d’un diamètre de 22,20 m et d’une hauteur de 43 m. La chaire (mimber) est en marbre blanc tout comme la niche du mihrab dans laquelle un fragment de la pierre noire de la Kaaba (temple de La Mecque) est présent. Cette mosquée, une des dernières grandes mosquées sultaniennes, témoigne de l’apogée de l’empire Ottoman tant sur le plan politique qu’artistique.
Un mausolée au nord-est de la mosquée contient les restes des sultans Ahmed I, Osman Il et Murad IV. Derrière la mosquée se trouve le Musée des arts turcs et islamiques, l’un des plus charmants musées d’Istanbul avec son petit bassin de marbre au milieu d’un jardin fleuri qui offre de riches collections de Corans anciens, de manuscrits à miniatures, de tapis, de vêtements brodés, de céramiques, d’objets de bronze, de stèles, etc.
Au sud du Musée des mosaïques, dans la Küçük Aya Sofya Caddesi, se trouve la petite Sainte-Sophie (Küçük Aya Sofya), ancienne église dédiée à saint Serge et saint Bacchus. Son nom lui vient de sa similitude avec la basilique Sainte-Sophie. Elle fut construite au VIe siècle par l’empereur Justinien et transformée en mosquée en 1500.
En empruntant des petites rues vers le sud, une route longeant le bord de mer donne accès aux ruines de l’ancien mur maritime. Les ruines d’une façade sont supposées être celles du palais de Justinien dont il ne reste que trois portes de marbre conduisant à un balcon dont les supports demeurent intacts.

Aux portes de Constantinople

Yedikule, le château des Sept Tours - Istanbul

Yedikule, le château des Sept Tours – Istanbul

Yedikule, le château des Sept Tours, se situe à la jonction des remparts maritimes et des remparts terrestres qui ceignaient autrefois la ville byzantine. La forteresse originelle, qui date de 390, s’ouvrait par un passage voûté que Théodose Ier fit transformer en arc monumental en 380. Cet arc, connu sous le nom de Porte dorée, fut ensuite précédé d’un autre, plus petit. Devant ce dernier, une porte donne l’entrée à la muraille de Théodose II. Lorsqu’en 1453 Mehmet le Conquérant s’empara de Constantinople, il fit relever le château qu’il trouva en ruine. La bâtisse servit d’abord à abriter le trésor de l’Etat, puis devint une prison. Yedikule ressemble davantage à une enceinte fortifiée qu’à un château fort. A l’intérieur de l’enceinte se trouvait une mosquée, un baraquement pour le commandant de garnison et des casernes pour les soldats. La muraille de forme pentagonale est flanquée de sept tours. Un escalier construit dans l’épaisseur de la muraille permet de monter sur les remparts. Parmi les tours, celle de l’est, dite « Tour des Inscriptions », constituait le lieu des exécutions capitales. Le sultan Osman II y fut étranglé.
Après 3 km de remparts terrestres flanqués de nombreuses tours, se trouve Topkapi (porte du Canon, à ne pas confondre avec Topkapi saray qui est à l’autre extrémité de la ville) où eut lieu l’assaut de Constantinople en 1453.
Toujours vers le nord, Edirnekapi (porte d’Edirne) est dominée par la mosquée Mihrimah, construite par le célèbre architecte Sinan en 1560 pour la princesse Mihrimah, fille de Süleyman Ier.
En longeant le mur de la ville côté intérieur, se dresse Kariye Camii müzesi (église Saint-Sauveur in Chora). Autre point fort de toute visite d’Istanbul, cette église byzantine jadis transformée en mosquée, est aujourd’hui un musée. De fondation très ancienne, peut être du VIe siècle, elle a fait l’objet d’une reconstruction au XIe siècle. Au XIVe siècle, Théodore Métochite, contrôleur du trésor impérial, fit exécuter les extraordinaires mosaïques qui ornent l’exonarthex (vestibule extérieur) et le narthex (vestibule), ainsi que les peintures du paracclésion (chapelle funéraire qui flanque l’église à droite).
Les mosaïques datées de 1315-1320 représentent un cycle détaillé de la vie de la Vierge et du Christ. Elles marquent une évolution radicale par rapport à l’art des siècles précédents (finesse du détail, représentation du mouvement, personnages plus vivants) et renoncent à la frontalité et au caractère figé des icônes. Les peintures du paracclésion sont elles aussi très novatrices. Dans l’abside figure une représentation de l’Anastasis, la résurrection des Justes, du Jugement dernier sur la voûte, et des scènes de l’Ancien Testament (Songe de Jacob, Arche d’Alliance, etc.) sur les murs. Alors que l’Empire romain déclinait, l’art byzantin était à son apogée et amorçait un renouveau à rapprocher de celui de la Renaissance italienne. L’église Saint-Sauveur en constitue un parfait témoignage.
A 500 m au nord de la Kahriye Cam, le long du grand mur, se trouvent les ruines très bien conservées d’un palais byzantin. Plus loin le palais de l’Empereur (Tekfur saryavi) mérite une visite. Construit en 950 par Constantin VII, dit « le Porphyrogénète », comporte de belles incrustations polychromes dans sa façade. Une plate-forme donnant sur les murs de la ville est accessible à cet endroit.
Le long du mur nord, se dressent Egrikapi (la Porte oblique) puis les deux grosses tours d’Isaac Ange et d’Anémas, construites en 1150.
Au-delà de ces deux tours, le saillant des murs construits par Léon V l’Arménien en 813 est visible. Enfin, du palais des Blachernes, un ensemble détruit en 1453 lors de la conquête de Constantinople, ne subsistent que quelques arcades de la terrasse accessibles par des escaliers pratiqués dans l’amas des décombres.

Pont à Süleymaniye - Istanbul

Pont à Süleymaniye – Istanbul

Mosquées, musées et bazars
Entre le grand mur nord de la ville (ou Corne d’Or) et la large voie principale qui s’étend vers le sud de Topkapi à la place d’Aya Sofya s’étalent un grand nombre de constructions, mosquées importantes et musées.
Partant de la Kahriye Cam vers l’est, se trouve l’église Sainte-Marie Pammakaristos (église de la Vierge bienheureuse) appelée aujourd’hui mosquée de la Conquête. Cette basilique byzantine, fondée au XIe-XIIe siècle et transformée en mosquée en 1591, commémore la conquête turque de la Géorgie et de l’Azerbaïdjan. Ses murs, l’intrados des arcs, le choeur et la coupole sont ornés de très belles mosaïques du XIVe siècle.
Plus à l’est, en haut d’une colline, se dresse la mosquée de Selim construite pour le sultan Süleyman Ier pendant les guerres de 1520-1522 et dédiée à la mémoire de son père Selim. L’architecte en fut le célèbre Sinan.
En descendant vers la Corne d’Or, la mosquée de la Rose édifiée au VIIIe siècle a débaptisé l’église byzantine dédiée à sainte Théodosie.
800 m plus loin dans la direction sud-ouest, sur la Fevzi Pasa Caddesi, se trouve la mosquée du Conquérant (Fatih Camii). En 1463 Mehmet le Conquérant donna l’ordre de construire à cet endroit une mosquée. Complètement détruite pendant un tremblement de terre en 1766, Mustafa III la fit reconstruire en 1767-1771 et la dota d’un ensemble de bâtiments de même style : école coranique, cuisines, bains, hôpital, caravansérail et bibliothèque. Deux mosquées plus petites, anciennes églises byzantines, sont situées à l’est de la Fatih Camii.
L’ancienne église Saint-Sauveur-Pantepopte, fondée vers la fin du XIe siècle et qui ne serait qu’une partie d’un vaste monastère aujourd’hui disparu, fut transformée en mosquée sous le règne de Mehmet II. Elle porte désormais le nom d’Eski Ismaret Camii.
Un peu plus au sud se trouve la Mollazeyrek Camii autrefois église du Christ Pantocrator qui date du XIIe siècle et renferme les tombes des empereurs byzantins des dynasties des Comène et des Paléologue.
Au sud de cette église, en descendant vers le boulevard Atatürk, se dresse le grand aqueduc de Valens dont ne subsistent actuellement que 800 m. Sa longueur initiale était d’un kilomètre. Il comprend deux étages d’arcs en plein cintre. Commencé sous le règne de Constantin, sa construction ne s’acheva qu’en 378 sous le règne de Valens. Près de l’aqueduc se trouvent deux anciennes petites églises byzantines : la Kalender Camii, qui s’intégrait à un monastère, et la Kilise Camii dont les ailes originelles remontent aux VIIIe et IXe siècles.
A l’intersection de l’aqueduc de Valens et du boulevard Atatürk se trouve le musée municipal (Beledive Müzesi), ancienne école coranique datant du XVIIIe siècle. Ses quinze salles passent en revue le développement historique de la ville et exposent art turc, costumes, instruments de musique, armes et marionnettes (les célèbres Karagöz). Devant le musée, au sud de l’aqueduc, la Sehzadebasi Caddesi conduit à la mosquée des Princes (Sehzade Camii), construite en 1544-1548 par Süleyman Ier pour ses deux fils.
Plus loin, vers le sud-est, se trouvent la place de la Liberté (Hürriet Meydani) et la mosquée de Beyazit (Bevazit Camii) érigée en 1501-1506 sur l’ordre de Beyazit II. Le nom populaire de cette mosquée, « la mosquée aux pigeons » – est dû aux nombreux volatiles que les âmes pieuses nourrissent de maïs acheté aux mendiants. Tout près de la mosquée, le bazar aux livres propose éditions épuisées du monde entier, vieux Corans, manuscrits, etc. Au nord, se trouve l’université d’Istanbul érigée en 1830 pour abriter le ministère de la Guerre. La tour de Beyazit, construite en 1823 et utilisée autrefois comme tour de guet pour détecter les incendies, offre une vue panoramique de la ville.

Mosquée de Soliman
Le large groupe de constructions au nord de l’université appartient à la mosquée de Soliman (Süleymaniye camii), une des plus belle mosquée d’Istanbul. Construite par Sinan pour le sultan Soliman le Magnifique entre 1550 et 1557, elle devint un symbole du règne et le tombeau du souverain, visible dans le cimetière derrière la mosquée à côté de celui de son épouse Roxelane (Hürem Sultane). L’architecte inséra volontairement dans la mosquée des références directes à Sainte-Sophie, bâtiment symbole du règne de Justinien, autre grand souverain auquel Soliman aimait se comparer : récupération de colonnes antiques en porphyre ; même solution pour supporter la coupole centrale : deux demi-coupoles et deux arcs latéraux. La mosquée est entourée d’un enclos ajouré et d’un ensemble de bâtiments qui participent à son harmonie : hospice pour les pauvres, bains, école coranique, bibliothèque. Dans le bâtiment nord-ouest résidait le cheikh Ul-Islam, dignitaire suprême de la hiérarchie islamique de l’empire. La mosquée est précédée d’une vaste cour d’où s’élèvent aux quatre coins des minarets élancés à 2 ou 3 balcons. Galeries et fenêtres aux linteaux de pierre animent les façades.

Grand Bazar - Istanbul

Grand Bazar – Istanbul

La mosquée de Rüstem, construite en 550 par Sinan, se caractérise par ses délicates céramiques et faïences bleues. Quelques centaines de mètres plus loin, à la sortie du pont de Galata, se trouve la mosquée de la Yeni Valide, commencée en 1597 et achevée seulement en 1663.
En face, le Bazar égyptien, ou bazar aux épices, date de 1660. A son origine, il s’y vendait des denrées importées de tout l’Orient via l’Egypte. Aujourd’hui, les produits de droguerie dominent. Jusqu’au début du XXe siècle le bazar a été une immense pharmacie : des experts en herbes dont le savoir se transmettait de père en fils préparaient sur place lotions, cataplasmes, onguents et philtres. Quelques échoppes proposent encore ces vieilles préparations dans des sachets en plastique.
Grand Bazar A 300 m au sud, au-dessus du Mahmut Pasa Yokusu, se trouve le Grand Bazar (Kapali çarst), un des endroits les plus attrayants d’Istanbul. Dès l’époque byzantine, les marchés se tenaient à cet endroit. Mehmet II fit construire là le premier bazar couvert. Il brûla plusieurs fois mais fut toujours reconstruit. Il se présente comme une petite cité divisée en quartiers spécialisés par négoce. Les rues multiples, qui forment un véritable labyrinthe, portent le nom des commerces qui les occupent : rue des bijoutiers, des marchands de peaux, des marchands de tapis, etc. Le centre fait office de marché aux puces où se vendent toutes sortes de fausses antiquités grecques ou romaines, des céramiques, des bijoux en argent. Le Bedesten regroupe les antiquaires. Des ventes aux enchères ont lieu au Sandal Bedesten les lundis et jeudis après-midi. Le bazar comprend également des salons de thé, des restaurants (comme l’excellent Bahar), des banques, etc.
A la sortie du marché, en direction de la place Sainte-Sophie, se trouve la colonne de Constantin (Çemberli Tas), ou Colonne brûlée, érigée par Constantin sur l’ancien forum. Au sommet de cette colonne, composée de six tambours de porphyre, se dressait la statue de l’empereur sur son cheval. En 1105, elle fut renversée par un ouragan. En 1799, des anneaux de fer furent apposés sur la colonne pour réparer les dégâts causés par l’incendie de 1779 et un revêtement de maçonnerie y fut ajouté pour la renforcer. Derrière la colonne de Constantin se trouve la mosquée d’Atik Ali Pasa, du XVe siècle, et la Nuruoasmaniye Camii, première mosquée de style baroque d’Istanbul, de 1755.

Eyüp et la Corne d’Or
A partir du pont de Galata, un bateau remonte la Corne d’Or (7,5 km de long) jusqu’à la mosquée d’Aba Eyüp Ensart. Le personnage qu’elle commémore fut le porte-étendard du Prophète dont la légende raconte qu’il mourut à cet endroit au cours du siège que les Arabes firent de la ville en 672. La mosquée se situe dans un faubourg qui porte son nom, Eyüp, sur la rive occidentale de la Corne d’Or, à 1,5 km au nord du grand rempart terrestre. La mosquée d’Eyüp fut longtemps regardée comme l’endroit le plus sacré d’Istanbul. Fondée en 1458 par Mehmet le Conquérant, puis reconstruite en 1800 par Selim III, elle possède des murs tapissés de très belles céramiques dans ses cours et dans la chambre funéraire d’Eyüp. Une grille en cuivre doré permet aux pèlerins d’apercevoir la châsse du saint avec ses incrustations d’or. Les cimetières qui entourent la mosquée permettent de découvrir, du haut de leur colline, toute la Corne d’Or dans les eaux de laquelle se reflètent les minarets des mosquées qui bordent ses rives. Un charmant café, le Plyerloti, du nom de Pierre Loti qui y vint souvent, domine Istanbul.

Tramway rue Istiklal - Quartier de Beyoglu - Istanbul

Tramway rue Istiklal – Quartier de Beyoglu – Istanbul

Beyoglu et Galata
Moins intéressant est le quartier de Beyoglu, situé sur la rive nord de la Corne d’Or et relié au vieux Istanbul par les ponts de Galata (ou d’Eminönü) et d’Atatürk.
Galata est le quartier sud de l’actuel Beyoglu. Habité dès l’époque préchrétienne, il devint au XIIIe siècle le centre de la colonie génoise. Au pied de Galata se trouve la bruyante place de Karaköy. De là, part la rue Tersane Caddesi où aboutit la ligne de métro d’Istanbul connue sous le nom de Tünel, métropolitain le plus ancien et le plus court d’Europe (570 m). De cette place de Karaköy part également, vers le nord, la Voyvoda Caddesi, également connue sous le nom de Bankalar Caddesi car presque toutes les banques d’Istanbul y ont leur siège. Les rues qui partent vers la droite de la place conduisent aux diverses installations du port. En continuant tout droit la Yüksek Kaldirim rejoint l’Istiklal Caddesi, rue principale de Beyoglu qui mène place de Taksim. Sur la gauche, à mi-chemin de la Yüksek Kaldirim (la rue des pavés hauts), se trouve la tour de Galata (Galata Kulesi), érigée en 500 et plusieurs fois endommagée par les tremblements de terre et les incendies. Elle offre un restaurant panoramique à son sommet. A la jonction de la Yüksek Kaldirim et de l’Istiklal Caddesi, sur la gauche, se trouve la station de départ du métropolitain, tout près du célèbre Pera Palas hotel.
Au centre de la place de Taksim bordée de grands hôtels se dresse le monument qui commémore le souvenir de ceux qui sont tombés au cours de la guerre d’Indépendance. Ce monument fut construit en 1928 par le sculpteur Canonica. Partant de la place de Taksim, la Cumhuriyet Caddesi amène dans la direction du nord vers la Maison de la radio et l’Hôtel Hilton.
En descendant vers le Bosphore, à droite, se trouve la mosquée de Dolmabahçe, construite au XIXe siècle, la Tour de l’horloge et le palais de Dolmabahçe, édifié en 1853 dans le style Renaissance turque. Au milieu du XIXe siècle, Abdülmecit décida de quitter le Palais du sérail et choisit cet emplacement sur le Bosphore pour édifier sa nouvelle résidence. Il n’y resta que jusqu’en 1877 mais une partie du bâtiment est toujours occupé par les services officiels et Mustapha Kemal y mourut en 1938.
Dans l’une de ses ailes, le palais abrite le Musée de beaux-arts où sont exposées des collections de dessins et de peintures d’artistes contemporains. Les visites s’effectuent par groupe de 50 personnes qui partent toutes les demi-heures.
Sur la rive asiatique Au sud, le ferry-boat de Kabatas mène en Asie vers le quartier d’Üsküdar. Au milieu du Bosphore se distingue la tour de Léandre (1545) qui servait de péage pour l’entrée du chenal.
Sur l’autre rive, se dresse la mosquée de Mihriman, ou Büyük Camii (grande mosquée), construite en 1548 sur l’ordre de la princesse Mihrimah, fille de Süleyman Ier. La fontaine Ahmed III trône au milieu du débarcadère.
Au sud de ce quartier s’élève le Semsi Pasa Camii, fondé par un renégat byzantin en 1471, juste au-dessus du Bosphore.
Üsküdar a mieux conservé l’atmosphère de l’ancienne Istanbul que la partie européenne de la ville. De nombreuses rues tortueuses bordées de vieilles maisons en bois avec leur balcon caractéristique rappellent le passé. Outre les ferries et bateaux, les rives asiatique et européenne d’Istanbul sont reliées par un impressionnant pont suspendu, le Pont de l’Europe, inauguré en 1979. En 1988, un autre pont a été ouvert à Pumeli Hisar, au passage le plus étroit du Bosphore, à 6 km au nord d’Istanbul. Les monuments intéressants d’Usküdar sont : la mosquée de la Yeni Valide qu’Ahmed III fit ériger en 1770 en l’honneur de sa mère et, à 1 km dans la direction du sud-est, la mosquée de la Céramique (çinili camii), érigée par l’épouse d’Ahmed Ier en 1640. Au sud de cette dernière se trouve la mosquée de l’Eski VaIide (1583) qui doit son existence à la mère de Selim II.
A 500 m au sud de ces deux mosquées, le Grand Cimetière (Karacaahmet Mezarligi), le plus grand de tous les cimetières de l’islam, offre à la vue ses stèles blanches ornées de turbans et palmettes, contrastant avec le vert sombre des cyprès. Au sud du cimetière s’étend le quartier de Selimive avec sa caserne. Un peu au-delà se trouve la grande gare de Haydarpasa. De là, la route du sud-est conduit vers Ankara, par Izmit, Adapazari et Bolu.
Au nord d’Üsküdar, près du Pont de l’Europe qui relie les deux continents, le palais de Beylerbeyi, construit en 1865 pour le sultan Abdül Azziz, propose sa fastueuse décoration baroque.

Pont sur le Bosphore

Pont sur le Bosphore

Aux environs d’Istanbul

La meilleure visite des 32 km du détroit du Bosphore (Bagazici) se fait en bateau depuis le pont de Galata. Un puissant courant traverse le détroit, car la mer Noire est légèrement plus élevée que la Méditerranée.
Dès l’Antiquité, le Bosphore fut une région de peuplement privilégiée. De nombreux châteaux et résidences d’été (Yali) s’élevèrent le long de ses rives. Des petits ports de pêcheurs, de belles résidences, des mosquées, des jardins, des marchés aux poissons habillent ses rives. La partie la plus étroite du Bosphore, où se dresse la forteresse de Rumeli Hisar bâtie par Mehmet II le Conquérant en 1452, offre la vue la plus impressionnante de tout le détroit.
Face à Rumeli Hisar, la forteresse d’Anadalu Hisari est légèrement plus petite. Généralement, les bateaux vont en direction de Rumeli Kavagi, traversent le Bosphore, ce qui permet de découvrir la mer Noire, puis retournent à Istanbul le long de la rive asiatique en faisant escale sur la rive européenne. Le trafic maritime le long du Bosphore est intense et rend compte de sa situation stratégique.
Kilyos est une station balnéaire bien connue de la mer Noire qui s’atteint en voiture ou autobus par la rive ouest du Bosphore jusqu’à Sariyer, puis à gauche après le pont traversant une petite rivière qui se jette dans le Bosphore. Un petit détour donne l’occasion de pénétrer dans la belle forêt de Belgrade aux vieux arbres et aux agréables promenades prisées des Stambouliotes.
Sile, toujours sur la mer Noire, est accessible par ferry-boat vers Üsküdar, puis en autobus ou voiture vers Çamlica-Sile. La vue sur Istanbul est alors impressionnante, surtout le soir. Il est également possible de longer la rive est du Bosphore jusqu’à Beykozet, puis de là jusqu’à Sile (73 km). La station propose une belle plage de sable, quelques hôtels, un motel et des pensions.
Florya, sur la Marmara, est accessible par autobus, voiture ou train depuis la gare de Sirkeci (35 km). Florya possède une belle plage, des hôtels, un motel et un terrain de camping. Les îles des Princes (Büyük Ada, Heibeli Ada, Kinah Ada, Burgazada), à l’embouchure de la baie d’Izmir, se rejoignent par bateau depuis le pont de Galata à Istanbul. Elles abritent de nombreux monastères de l’époque byzantine qui ont accueilli des souverains en exil, et offrent un bon équipement hôtelier.

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