De Matonge à l’avenue Louise

Quartier de Matonge
Occupant les rues près de la galerie d’Ixelles et de la chaussée de Wavre, c’est le quartier africain de Bruxelles, fréquenté surtout par des Congolais vu le passé colonial du pays ainsi que les liens historiques et politiques qui le rattachent encore au Congo. Ils y tiennent les commerces les plus exotiques de la capitale : épiceries, salons de coiffure, boutiques de mode…

A Ixelles, sur les traces de la Malibran
Ixelles s’étire entre commerces et espaces verts jusqu’aux étangs du même nom. L’artère principale est la chaussée d’Ixelles, longue succession de commerces les plus variés, qui aboutit à la place Fernand Cocq. Celle-ci est dominée par l’hôtel de ville (la maison communale, comme on dit ici), ancienne résidence d’été de la Malibran (de son vrai nom Maria de la Felicidad Garcia), célèbre cantatrice, muse de Musset, qui a aussi une rue à son nom dans la commune. Ixelles possède encore un esprit de quartier : les artères commerçantes, les avenues résidentielles enjolivées par des parcs et étangs, les quartiers étudiants (l’Université Libre de Bruxelles n’est pas loin), y ont chacun une ambiance et une personnalité propres.

Avenue de la Toison d’Or et boulevard de Waterloo
Les amoureux du « beau » se trouvent ici dans leur élément : l’avenue de la Toison d’Or et le boulevard de Waterloo sont une succession de boutiques de standing et de prestige. Les plus grandes marques belges et internationales se sont donné rendez-vous le long de ces deux artères parallèles qui respirent le luxe et la qualité.

Avenue Louise
Les provinciaux venant travailler en voiture à Bruxelles (en Belgique, on les appelle les « navetteurs ») empruntent les tunnels qui passent sous l’avenue Louise (du nom de l’une des filles de Léopold II). Véritable artère de prestige, c’est le point de rencontre de commerces de standing, restaurants renommés et hôtels de classe internationale. L’élégance est partout de mise, y compris dans l’architecture. C’est ainsi que l’on découvre l’hôtel Solvay (n° 224), de 1894, qui est toujours une résidence privée mais dont on peut admirer la remarquable façade Art nouveau réalisée par Horta. Au n° 346, l’hôtel Max Hallet, de 1903, également signé Horta, affiche une superbe façade Art nouveau.
Partant du centre-ville, cette avenue mène à Ixelles, l’une des 19 communes du Grand Bruxelles, à ses parcs et à ses étangs.

Balade au bois de la Cambre
Créé vers 1860, le bois de la Cambre fait partie de l’ancienne forêt de Soignes. D’une superficie de 124 ha (ce qui en fait le plus grand espace vert de Bruxelles), il fut annexé par la ville dès 1842 et aménagé par le paysagiste Keilig. Sa renommée date de l’époque à laquelle la famille royale se promenait sur son allée principale. Aujourd’hui, il intègre un lac – rendez-vous des amateurs de canotage – au centre duquel est plantée l’île Robinson. Les romantiques petits ponts, les longues pelouses, l’ombrage des arbres, font le bonheur des Bruxellois en quête de calme et de chlorophylle. Promeneurs, cyclotouristes, adeptes du roller et autres cavaliers s’y mélangent harmonieusement, surtout le dimanche, lorsque plusieurs voies de circulation sont interdites aux voitures.

Belgium © Tinou Bao

Belgium © Tinou Bao

Musée Horta
Rue Américaine 25. Ouvert tlj sauf lundi de 14 h à 17 h 30. Pour les groupes (15 personnes maxi), ouvert en matinée, sur réservation, pour des visites guidées de 1 h. Tél : 02 543 04 90. Entrée payante.
Il se trouve dans la maison personnelle de l’architecte belge Victor Horta (1861-1947), qui a conservé une bonne part de sa décoration intérieure. Mosaïques, vitraux, peintures murales, créent un ensemble lumineux, raffiné et harmonieux. Complété par les archives personnelles de l’architecte et par une collection de plans, le musée sert aussi de centre de recherches sur Horta et l’Art nouveau.

Abbaye de la Cambre
Avenue du Général-de-Gaulle. Ouvert tlj sauf samedi matin et pendant les offices, de 9 h à 12 h et de 15 h à 18 h. Entrée libre.
Elle a été fondée en 1201, mais sa période d’apogée coïncide avec le moment où saint Boniface décida de s’y retirer (vers 1242). Fermée en tant qu’abbaye dès 1796, elle abrite une école d’architecture renommée, un domaine verdoyant et une belle église gothique. A quelques pas de l’abbaye, le bois de la Cambre est l’un des poumons verts préférés des Bruxellois, qui viennent s’y promener, y pique-niquer ou y faire de l’équitation.

Panorama et prières
Intégré à l’extrémité nord-est du parc du Cinquantenaire, à côté du pavillon Horta et face à l’Ecole royale militaire (ERM), le Panorama du Caire a été construit vers 1897 en style mauresque, à l’occasion d’une exposition qui se déroulait dans le parc. A la fin des années 1970, face à l’importance croissante de la communauté musulmane, ce bâtiment a été restauré et transformé en mosquée. Celle-ci deviendra rapidement la grande mosquée de Bruxelles. En plus d’une salle de prières, elle abrite un centre de documentation et une école coranique où il est possible, pour les musulmans comme pour les non-musulmans, d’apprendre l’arabe.

Cinquantenaire

Le Cinquantenaire est l’ensemble le plus ambitieux réalisé pendant le règne de Léopold II. Le parc et le palais du Cinquantenaire ont été créés en 1880 à l’occasion du jubilé d’or de l’indépendance de la Belgique.

Parc du Cinquantenaire
Au nord-est de la ville, au bout de la rue de la Loi. Ouvert tlj du lever au coucher du soleil. Entrée libre.
La célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance du pays a été prétexte à de nombreux projets d’aménagement urbain dont la réalisation, jusqu’à la fin du XIXe siècle, a remodelé le nord-est de la ville. Créé pour accueillir l’exposition organisée à l’occasion de cet anniversaire, le parc couvre une superficie de 37 ha. Huit statues de femmes représentant les provinces (la province du Brabant wallon n’existait pas encore) l’entourent, les deux Flandres étant incarnées par une seule statue. C’est un bel ensemble verdoyant, bordé par de larges avenues aujourd’hui dévolues à la voiture.

Musées royaux d’Art et d’Histoire
Parc du Cinquantenaire 10, tél.: 02 741 72 11. Ouvert tlj sauf lundi de 9 h 30 à 17 h. Samedi et dimanche à partir de 10 h. Fermé 1er janvier, 1er mai, 1er et 11 novembre, 25 décembre. Entrée payante sauf le 1er mercredi du mois dès 13 h.
Encore appelés musées du Cinquantenaire, ils réunissent depuis 1900 des témoins de diverses civilisations et sont divisés en quatre sections : archéologie nationale, Antiquité, civilisations non européennes et arts décoratifs européens.
Le département consacré à l’archéologie nationale met l’accent sur le développement continu des productions artisanales régionales et offre une initiation aux méthodes utilisées par la recherche actuelle.
En faisant voyager le visiteur entre Proche-Orient, Egypte, Grèce et Rome, les salles consacrées à l’Antiquité le plongent dans le berceau de la civilisation occidentale. A elle seule, la maquette de la Rome antique mérite une mention particulière.
En pénétrant dans la section des civilisations non européennes, on entre en contact avec presque toutes les régions du monde, sauf l’Afrique : Asie, Océanie, monde musulman et Amérique (civilisations précolombiennes et sociétés traditionnelles actuelles).

Enfin, les arts décoratifs européens présentent de belles collections de meubles, sculptures, tapisseries, intégrant la salle du trésor, qui regroupe des exemples prestigieux d’art mosan.

L’industrie automobile belge
Autoworld Brussels remet en mémoire le fait que l’automobile a été l’un des fleurons de l’industrie nationale. Avant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs marques belges de renom se disputaient le marché : Minerva, Imperia, Germain, Vivinus, FN (pour Fabrique nationale, reconvertie aujourd’hui dans l’armement), Nagant, comptaient parmi les plus grandes griffes de l’époque. Aujourd’hui, cette industrie automobile a disparu : la concurrence internationale, les regroupements économiques, le manque de dynamisme commercial, le peu de moyens accordés à la recherche et au développement, ont mis à mal ce pan de l’industrie. Une seule marque belge survit, la Gillet Vertigo, propulsée par un moteur Alfa Roméo et imaginée, il y a une dizaine d’années, par l’ancien pilote Tony Gillet. C’est la voiture la plus rapide du monde ! Sportive et ébouriffante, sa distribution reste confidentielle.

Suivez le guide !
L’arcade du Cinquantenaire est inspirée de l’arc de Triomphe parisien, et c’est d’ailleurs le nom que lui donnent les Bruxellois. La statue de bronze le surmontant semble s’élancer vers le ciel. C’est Le Brabant brandissant le drapeau national. Tout un symbole !

Musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire
Parc du Cinquantenaire 3. Ouvert tlj sauf lundi de 9 h à 12 h et de 13 h à 16 h 45. Fermé 1er janvier, 1er mai, 1er novembre, 25 décembre et jours d’élections. Possibilité de visite guidée sur demande préalable. Tél. : 02 737 78 11. www.klm-mra.be. Entrée payante.
Inauguré en 1911, il regroupe environ 100 000 pièces qui en font l’un des plus grands musées du genre dans le monde. Il est divisé en plusieurs sections : armes anciennes et armures; période autrichienne, révolution brabançonne, Empire français et période hollandaise; armée belge de 1831 à 1914; évolution technique de l’armement jusqu’à la moitié du XXe siècle; les deux guerres mondiales; Résistance et déportation; blindés; enfin, une impressionnante section air qui comprend un éventail complet d’avions (80 avions sur une collection de 130 sont exposés), de moteurs et d’équipements.

Autoworld Brussels
Parc du Cinquantenaire 11, tél.: 02 736 41 65. Ouvert du 1er octobre au 31 mars de 10 h à 17 h et le week-end jusqu’à 18 h; du 1er avril au 30 septembre de 10 h à 18 h. Fermé 1er janvier, 25 décembre. Entrée payante. Visite guidée sur demande.
Dans l’aile sud du palais du Cinquantenaire, qui abrita le Salon de l’Auto entre 1902 et 1934, Autoworld Brussels, inauguré en 1986, rassemble plus de 400 véhicules en état de marche et est à ce titre considéré comme l’un des plus prestigieux d’Europe. Le visiteur y revit toute l’histoire de l’automobile, de 1886 aux années 1970, en passant de la Ford T à la Coccinelle via la Tatra, la 2 CV et plusieurs modèles ayant appartenu à des personnalités comme Franklin D. Roosevelt, la famille royale belge ou le chah d’Iran.

Suivez le guide !
A Autoworld Brussels, coup d’œil à une américaine hors du commun : la voiture qui transportait John F.Kennedy lors de son assassinat à Dallas en 1963. L’un des clous du musée.

Maison Cauchie
Rue des Francs 5. Ouvert le week-end du mois de 11 h à 13 h et de 14 h à 18 h. Pour les groupes de 15 personnes minimum, ouvert tlj sur rendez-vous. Tél. : 02 673 15 06. Fermé 1er janvier, 25 décembre. Entrée payante.
L’architecte Paul Cauchie construisit cette superbe maison pour son usage personnel en 1905. Restaurée en 1989, elle montre un superbe décor Art nouveau créé en incisant du plâtre frais pour révéler la couleur sous-jacente plus foncée. La façade est magnifique.

Maison Stoclet
Avenue de Tervueren 281. Ne se visite pas.
Presque face aux bâtiments de l’Université Libre de Bruxelles, cette luxueuse propriété a été construite en 1911 par l’architecte autrichien Joseph Haufmann sur l’une des plus prestigieuses avenues de Bruxelles, le long de laquelle se succèdent de nombreuses représentations diplomatiques et consulaires. L’extérieur du bâtiment est recouvert de marbre blanc encadré d’une moulure dorée. L’ensemble est unique en son genre à Bruxelles.

Lire la suite du guide