Beyrouth est une ville en chantier qui se relève de ses décombres. La capitale du Liban n’a rien d’exotique et d’immédiatement séduisant si ce n’est le site naturel sur lequel elle est construite, une vaste péninsule entre mer et montagne.

Même avant-guerre, les plus anciens bâtiments du centre-ville ne remontaient qu’à la fin de la période ottomane et Beyrouth n’a donc jamais été l’archétype de la ville islamique telle que l’Occident la rêve, à l’instar de Damas ou du Caire. Bien au contraire, elle fut même pour les Arabes la porte de l’Europe, le symbole d’une modernité occidentale, le « Paris du Moyen-Orient », rôles qu’elle ambitionne de rejouer dans un avenir très proche.

A bien s’y plonger, ce qui qualifie le mieux Beyrouth c’est une énergie débordante mise autrefois au service de sa propre destruction et aujourd’hui à celui de sa survie.

En arrivant à Beyrouth par l’aéroport au sud ou par la route de Damas à l’est, on est d’abord saisi par la circulation fébrile et par l’état de délabrement des quartiers populaires que l’on traverse, situation moins due aux destructions de la guerre qu’au développement urbain anarchique qui a accompagné l’afflux de populations rurales dans la capitale durant tout le conflit.

Le centre-ville dévasté, ou ce qu’il en reste alors que les bulldozers le déblaient à un rythme soutenu, réserve un autre choc qui n’est pas atténué par le nombre d’images qu’on en a vu dans les médias. Là encore, ce qui frappe, plus que le spectacle de la désolation, c’est la détermination des réfugiés qui squattent les carcasses d’immeubles à se créer des conditions de vie acceptables au milieu d’une telle précarité.

A ceux qui savent prendre leur temps, la capitale libanaise a plus à offrir que les stigmates de la guerre, qui sont pourtant une leçon à eux seuls. On peut goûter l’indolence méditerranéenne de Beyrouth le temps d’une promenade sur la corniche, se plonger dans l’ambiance des années 1920 parmi les villas luxueuses du quartier Sursock, vérifier que la réputation commerciale des Libanais n’est pas usurpée en parcourant le quartier de Hamra, se promener jusqu’au bout de la nuit en écumant les bars et les discothèques qui ne désemplissent pas.

Tout simplement, c’est en flânant dans les différents quartiers de la ville, en bavardant avec des passants, des commerçants ou des voisins de table que l’âme de la ville se livrera peut-être et qu’aux oreilles du visiteur Beyrouth ne sera plus seulement synonyme de chaos.

Un passé qui se dévoile à peine

La Beyrouth moderne a toujours été trop densément peuplée pour que l’on puisse s’y livrer à des fouilles archéologiques importantes. Aussi, l’histoire antique de la cité n’était connue que de façon très imparfaite grâce à des campagnes limitées menées dans les années 1940 et 1960. Depuis 1993, date de l’ouverture de chantiers de fouilles dans le centre-ville en prélude à sa reconstruction, on sait avec certitude que la Beyrouth antique se dressait dans un quadrilatère bordé par la place des Martyrs, les Beaux-Arts, la rue Weygand et la rue de l’émir Béchir et que le premier peuplement du site remonte à plus de 5000 ans.

Beyrouth est en effet particulièrement propice à l’installation humaine, puisqu’elle se trouve à l’embouchure d’une rivière qui fournissait de l’eau douce aux populations préhistoriques qui y ont laissé des silex taillés. Les premières traces urbaines proprement dites sont cependant plus tardives : les fouilles du centre-ville ont permis de mettre à jour un site cananéen remontant à 1900 av. J.-C. Beruta, le nom de la ville, n’apparaît pour la première foi que 5 siècles plus tard dans des inscriptions cunéiformes trouvées en Egypte. On suppose que le mot vient d’une racine sémitique signifiant « puits » ou « citerne ».

A la fin du I er siècle av. J.-C., la cité phénicienne devient une colonie romaine qui abrite une Ecole de Droit n’ayant d’égale que celles de Rome et de Byzance. La gloire et le prestige de la cité, à présent christianisée, sombrent en 551 de notre ère lorsqu’elle subit une triple catastrophe : un tremblement de terre suivit d’un raz de marée et d’un incendie gigantesque.

Au siècle suivant, la ville est occupée par les armées arabo- musulmanes. Comme les autres cités du littoral, elle bénéficie de la proximité de Damas, capitale de l’Empire omeyyade, à qui elle sert de débouché maritime. En 1110, Beyrouth passe aux mains des croisés qui la marquent de leur empreinte. Elle fait partie du comté de Tripoli, possède une liaison maritime régulière avec l’Italie, est érigée en siège d’évêché et se couvre d’églises. Elle est reconquise par les Mamelouks en 1291 puis demeure sous domination ottomane entre 1516 et 1918. Sa population, essentiellement sunnite et grecque- orthodoxe comme ailleurs sur le littoral, est plutôt favorable au pouvoir d’Istanbul.

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