Derviches tourneurs

Derviches tourneurs

Langue et littérature

La langue turque, ni d’origine indoeuropéenne ni sémitique, appartient aux langues ouralo-altaïques. Après avoir été écrit jusqu’au début du XXe siècle en caractères arabes, le turc s’écrit maintenant en caractères latins (ce qui a permis l’alphabétisation de la quasi-totalité de la population).
La langue turque est parlée par plus de 80 millions de personnes hors de Turquie, en Azerbaïdjan et en Iran notamment, dans certaines régions de l’Afghanistan et jusqu’au Sinkiang chinois.
La littérature turque, jusqu’à la fin du XIXe siècle, s’exprime oralement dans la poésie ou le théâtre d’ombres. Les grands poètes, comme Yunus Emre (XIIIe siècle), Pir Sultan Abdal (XVIe siècle) ou Geveri (XVIIe siècle), demeurent des références et influencent la poésie contemporaine. Ces poètes populaires utilisaient un vocabulaire riche avec un sens musical aigu.
Le théâtre d’ombres (haval), d’origine préislamique, est toujours très fréquenté. Il utilise des marionnettes de cuir actionnées contre un écran lumineux. Les spectacles mettent en scène le simplet Karagoz contre le rusé Hadjivad. Autre « littérature orale », les moqueries et dictons du très célèbre et très drôle caricaturiste Naseddin Hoca (XIVe siècle) font aujourd’hui l’objet d’un « culte » rendu chaque année en juillet sur son tombeau, à Asksehir.
Les grandes idées révolutionnaires et philosophiques européennes du XIXe siècle vont influencer la littérature turque moderne. Trois grandes figures fondatrices du mouvement Jeunes Turcs se détachent : Ibrahim Chinassi (dramaturge), Ziya Pacha (traducteur de Rousseau et journaliste) et Namik Kemal (romancier). Aujourd’hui, de nombreux écrivains turcs sont mondialement connus : Nazim Hikmet, Mahmut Makal, Sabahettin Ali, Yachar Kemal (romans traduits chez Gallimard). Tous ont choisi pour thème d’inspiration la rupture avec les traditions, l’adaptation à la vie moderne, la dure vie des paysans. Ils évoquent aussi les classes moyennes des petites villes apparues avec le développement économique. En poésie, Nazim Hikmet (1902-1963) révolutionna la forme de la langue, bousculant bien des traditions littéraires.

La musique

Il existe une musique classique turque, qui accompagne les danses des derviches. La musique folklorique reste très jouée dans les campagnes à l’occasion de chaque fête. La musique militaire, née avec les armées ottomanes au XIVe siècle, est toujours interprétée par de « nouveaux » Janissaires et s’écoute au Musée militaire d’Istanbul. Aujourd’hui, la musique populaire moderne suit deux voies : l’ « arabesque », influencée par l’Orient, et une autre, inspirée de l’Occident, qui garde tout de même des caractères typiquement orientaux.

Les caravansérails

Les caravansérails (ou khans) sont des bâtiments construits spécifiquement pour abriter les hommes, les marchandises et les animaux le long des anciennes routes des caravanes, en particulier le long des anciennes routes de la soie. Les trois points les plus importants pour le commerce à la période seldjoukide étaient les routes, les caravanes et les auberges. Après une longue journée de route, les caravanes venaient passer la nuit et se reposer dans ces gigantesques gîtes d’étape. Les caravansérails étaient implantés tous les 25-40 km en fonction de la distance que pouvait parcourir un chameau en un jour. Les marchands et voyageurs y trouvaient toutes sortes de commodités : endroits pour dormir et se restaurer, hammams, mosquées, médecins et vétérinaires, bibliothèques, etc.

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