Autrefois, les Bédouins étaient escortés par des faucons durant leurs expéditions de chasse. Une fois capturés et dressés, les rapaces rapportaient à leurs maîtres lièvres et outardes houbaras, oiseaux migrateurs aujourd’hui protégés, qui constituaient les repas familiaux. Tradition ancestrale, la fauconnerie est désormais devenue un passe-temps. Le pèlerin et le sacré sont les deux espèces rencontrées aux Emirats Arabes Unis.

Le dressage du rapace

Durant les premières semaines, l’homme baptise le faucon et l’habitue à sa présence et à sa voix. L’oiseau, lui, est cagoulé, et ses chevilles sont fixées par des attaches. L’entraînement de base consiste à lui retirer la cagoule et à lui permettre d’aller du perchoir à la main gantée du dresseur. Puis le faucon commence à effectuer de petits vols, au cours desquels il est leurré avec un appât. L’étape suivante passe par l’utilisation d’une vraie proie, tel un pigeon ficelé. Le faucon a la permission de foncer dessus mais interdiction de le tuer, car selon les croyances musulmanes l’animal capturé doit être encore en vie avant d’être égorgé.
En février 2003, l’un des plus remarquables événements jamais enregistrés dans l’histoire de cette discipline a eu lieu quand un faucon de Sheikh Mohammed, le prince héritier de Dubaï, ramena un cerf au terme d’une chasse longue et ardue. 

La remise en liberté

De nos jours, la fauconnerie est contrôlée par des lois locales et fédérales. Sous la direction de l’ERDWA (Environment, Research and Development Wildlife Agency), le projet Sheikh Zayed prône la remise en liberté des faucons dans la nature après la saison de la chasse, pour éviter qu’ils ne deviennent trop domestiqués. Les oiseaux sont isolés à l’Abu Dhabi Falcon Hospital, où ils subissent un bilan médical complet. Seuls ceux en bonne santé retournent à la vie sauvage, mais on les identifie à l’aide de bagues et de microprocesseurs sous-cutanés. La migration des faucons est surveillée par satellite.
Grâce au respect des Emiratis et au soutien du président Sheikh Zayed et de Sheikh Mohammed, la fauconnerie n’a pas simplement survécu à la modernisation du pays. Elle a prospéré.