Aqaba, qui a donné son nom au golfe du même nom, est le seul débouché de la Jordanie sur la mer, entre Israël, au nord, et l’Arabie Saoudite, au sud. Ses récifs coralliens sont les plus authentiques de la mer Rouge.

Une plongée dans l’histoire

Le port serait bâti sur la ville biblique d’Asiongaber, où aurait débarqué la reine de Saba, venant du Yémen, lors de son voyage à Jérusalem. Le port a toujours profité de son exceptionnelle situation au fond du Golfe éponyme, sur la route entre l’Egypte et la Syrie, à la jonction des routes terrestres et maritimes reliant l’Asie, l’Afrique et l’Europe. On y a trouvé des céramiques chinoises et des monnaies éthiopiennes. Et le site des plus importantes fonderies de cuivre du monde antique a été découvert à Tell al-Khalifa, à 4 km au nord du centre d’Aqaba. 
La ville fut occupée par les Ptolémées, puis les Romains et ensuite les Byzantins. Lorsque le christianisme fut proclamé religion d’état de l’Empire romain d’Orient, la ville se transforma en un lieu d’escale important lors des pèlerinages vers le Mont Sinaï. Aqaba Ayla devint ensuite, et reste à ce jour, une étape importante sur la route du pèlerinage pour La Mecque. La vieille ville fut détruite par un tremblement de terre en 1068. Elle vit ensuite passer les Croisés, les Mamelouks et les Ottomans, qui en furent chassés en 1917 par Lawrence d’Arabie et ses alliés arabes. Désormais, Aqaba est devenue une station balnéaire très prisée des Jordaniens, au point de ressembler à Eilat, sa voisine israélienne.

Centre-ville
A 328 km au sud d’Amman. 
L’axe principal, appelé King Hussein Street ou Corniche, longe la mer jusqu’à la frontière israélienne au Nord et saoudienne au Sud. Il s’agitdu lieu de promenade favori des vacanciers. Mais il n’est pas possible de parcourir l’ensemble du front de mer à pied à cause des plages privées de grands hôtels.
Ce qui reste de l’ancienne Aqaba, Ayla, se résume à quelques ruines coincées entre l’hôtel Mövenpick et la marina. Les recherches ont mis au jour une mosquée et un mur d’enceinte. On peut voir un bout de ces remparts près de la gare routière. Des fouilles récentes, parmi les plus passionnantes de ces derniers temps, ont mis à jour les restes en brique de terre d’une église byzantine du iiie siècle. Ces ruines pourraient être les fragments de la plus ancienne église jamais bâtie.

Le fort.
Au sud du centre-ville. Ouvert tlj de 8 h à 16 h (de 7 h à 19 h en été). Entrée payante (le billet est couplé avec le musée archéologique). 
Elevé sur les restes d’un château croisé, le fort, qui est le principal monument historique d’Aqaba, a été partiellement reconstruit. Bâti par les Mamelouks au xvie siècle et agrandi par les Ottomans, il servit de caravansérail. De forme carré et flanqué de tours semi-circulaires, il porte diverses inscriptions de la dernière période de la dynastie islamique. Il fut gravement endommagé par les bombardements de la Royal Navy pendant la Première Guerre mondiale. Un blason aux armes du roi Faysal rappelle la prise de la ville par les troupes arabes de Lawrence d’Arabie, en 1917. A la fin de la Première Guerre mondiale, les britanniques cédèrent Aqaba à la Jordanie.

Aqaba Port © Tangka

Aqaba Port © Tangka

Musée archéologique
Ouvert tlj de 8 h à 16 h (de 7 h à 19 h en été). Entrée payante (le billet est couplé avec le fort). 
Le musée a été installé dans l’ancienne résidence du Sherif Hussein ben Ali, un ancêtre de l’actuel roi Abdallah II. Y sont exposés quelques éléments archéologiques byzantins et islamiques, des objets antiques de la région, des monnaies et des céramiques. Des collections, comprenant des vestiges du site d’Ayla, retracent l’histoire d’Aqaba.

Bedouin Home
En face de l’hôtel Intercontinental. Entrée payante. 
Une reconstitution un peu kitsch d’un petit village bédouin.

Une fenêtre sur la mer Rouge

Le golfe d’Aqaba abrite l’écosystème de récifs coralliens le plus septentrional au monde (ces récifs abritent plus de 1 000 espèces de poissons, coraux, crustacés et mammifères). Située entre mer et montagnes, Aqaba est la petite Riviera jordanienne. Mais beaucoup de progrès restent à faire pour rendre cette station balnéaire réellement attrayante par rapport au Sinaï égyptien. D’importants aménagements sont en cours. Aqaba est d’ailleurs une « zone économique à statut particulier » (elle bénéficie d’une législation extraordinaire lui permettant de développer le commerce, le tourisme et l’environnement. Il est préférable de tenter la baignade en semaine, lorsque les plages sont moins bondées. D’autant que la Jordanie est un pays profondément conservateur et machiste, ce qui ne facilite pas les choses pour les étrangères. Pour se baigner tranquilles et en maillot, elles peuvent aussi se rendre sur des plages privées…

Visites

Aquarium
A 1 km après le terminal des ferries. Ouvert tlj de 8 h à 17 h. Entrée payante. 
Il permet d’admirer l’incroyable faune et la flore sous-marines : poissons-clowns multicolores, coraux irisés, tortues, murènes rascasses, etc. Dommage que le bâtiment et la présentation soient aussi désuets. L’aquarium se trouve dans la Station maritime et scientifique d’Aqaba, qui est très impliquée dans la protection du parc naturel, créé en 1997 pour protéger les coraux et l’écosystème maritime.

Aqaba Marine Park
A 15 km au sud d’Aqaba. Ouvert tlj de 8 h à 14 h. Entrée gratuite. 
C’est un nouveau centre destiné à faire connaître le monde marin, surtout aux enfants, et à sensibiliser les visiteurs à la préservation de l’environnement. Il comprend un petit musée des coquillages, ainsi qu’un restaurant, une librairie et un bar dans un vieux gréement.

Suivez le guide !
Pour ceux qui ne font ni plongée, ni snorkeling, le bateau à fond transparent est une bonne alternative. Plus on s’éloigne d’Aqaba, plus il y a de chances de voir de belles choses. Prévoyez donc de 2 à 3 heures de sortie en mer.

Excursions
L’île Pharaon, à 15 km au sud d’Aqaba, se trouve dans les eaux territoriales égyptiennes. Occupée dès l’âge de bronze, elle accueille un superbe château croisé, au plan labyrinthique et surnommé le fort de Saladin (il fut édifié par Saladin au xiie siècle pour se défendre contre les croisés). Le lagon qui l’entoure se prête tout particulièrement au snorkeling. Quelques grands hôtels organisent des excursions d’une journée en bateau. Le forfait comprend un pique-nique et le visa égyptien.

 

Le paradis des plongeurs

Une trentaine de sites de plongée, un récif frangeant qui s’étend sur 25 km… A cette seule évocation, l’adepte du masque et de la bouteille rêve déjà ! Et pour les non plongeurs ? Ils peuvent tout à fait, au choix, s’adonner au farniente sur de belles plages de sable fin ou pratiquer le snorkeling.

La réserve naturelle

La réserve naturelle du golfe d’Aqaba a été créée en 1997. Elle s’étend sur 8,5 km de long et englobe les eaux jusqu’à 350 m de la côte, ainsi que 50 m à l’intérieur des terres. Le parc marin compte 110 variétés de coraux durs et 120 de coraux moux. Il abrite aussi un millier d’espèces de poissons, dont le rouget, le turbot-léopard, le poisson-clown, le baliste, ainsi que des poissons-papillons, poissons-perroquets, poissons-anges. Des tortues vertes et des requins-baleines y passent aux mois de juin et juillet. En février, vous y croiserez les magistrales raies mantas. D’autres, moins sympathiques, y séjournent comme les oursins, les poissons-pierres venimeux, rascasses, pélamydes, méduses et murènes. Enfin, le secteur connaît un prédateur particulièrement dommageable aux coraux, l’acanthaster pourpre, une étoile de mer épineuse dont les plongeurs doivent signaler la présence aux gardes du parc marin.

La protection des coraux

Les récifs sont de plus en plus menacés par les activités industrielles et certains touristes irresponsables. Une réglementation générale a été édictée par l’ASEZA (l’Autorité de la zone économique spéciale d’Aqaba). Dans le parc, la pêche est interdite et la navigation limitée. Des jetées ont été construites, pour permettre aux plongeurs d’entrer dans l’eau sans piétiner les coraux. Evidemment, ils sont très strictement protégés et il est hors de question d’en ramasser. On rappelle que les coraux sont des êtres vivants… et fragiles. Inutile de les arracher : ils perdent leurs couleurs une fois morts, et mettent des centaines d’années à se reconstituer.

Les plus beaux spots

Ces sites sous-marins superbes attirent non seulement des plongeurs du monde entier, débutants ou chevronnés, mais aussi des photographes et cinéastes de la faune et de la flore marines.
First Bay : jardin de coraux entre 8 et 15 m de profondeur.
Black Rock : riche variété de coraux mous, le site est fréquenté par des tortues.
Cedar Pride : ce cargo libanais a été volontairement coulé à 200 m du rivage. Il est recouvert de coraux mais aussi… de détritus.
Japanese Garden : au sud du précédent, des coraux aux formes étonnantes.
Gorgonian I : probablement le plus beau spot pour le snorkeling.
New Canyon : un char russe (si, si !) coulé par 5 m de fond.
Moon Valley : récif à pic peuplé de poissons et coraux variés.
Aquarium : rien à voir avec le musée du même nom, beaucoup de poissons colorés et de coraux.
Saudi Border Wall : des coraux parfaitement conservés, tout près de la frontière saoudienne.

Le snorkeling ne nécessite que deux palmes, un masque et un tuba. Cette pratique est d’autant plus facile que les eaux du Golfe sont très chargées en sel. Pour ceux qui veulent faire de la plongée sous-marine, de nombreux clubs de plongée existent à Aqaba, dont les eaux sont particulièrement limpides à cause des vents du Nord et des faibles marées. Une température moyenne de l’eau à 23 °C finit de consacrer cet environnement favorable à l’exploration sous-marine. La ville est équipée de chambres de décompression dernier cri. Cela n’empêche pas de respecter les règles de sécurité de base : détenir un brevet de plongée, s’informer sur la topographie du site et les courants, bien respecter les règles environnementales du parc, ne pas dépasser son niveau de compétence et si possible plonger avec un moniteur.

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