Santa Maria

A 55 km de São Miguel.
Des vignes et des champs de blé, des plages et des collines volcaniques tachetées de maisons blanches (voir lors d’un circuit groupé Pérou) : cette petite île-satellite de São Miguel vit encore dans un autre siècle, à l’écart des turbulences du monde.

Un passé très coloré

Première terre de l’archipel découverte par les Portugais, vers 1427, peuplée plus tard par des colons originaires de la province de l’Algarve, elle a longtemps dû sa richesse à deux produits qu’elle exportait vers les teintureries flamandes et espagnoles : le pastel, de couleur indigo, et l’orseille, sorte de lichen de belle tonalité brune. Après la découverte des colorants chimiques, beaucoup de paysans réduits à la misère durent s’expatrier.
Sur ses 97 km2, Santa Maria ne compte plus aujourd’hui aujourd’hui que 6 000 habitants.

Vila do Porto

Cette capitale très modeste s’étire au long d’un ravin qui débouche sur une petite crique.
Quelques bâtiments, comme l’ancien monastère São Antonio, devenu bibliothèque municipale, et le couvent des Franciscains, qui abrite l’hôtel de ville, témoignent encore de la grandeur passée. R
econstruite au XIXe siècle, l’église Nossa Senhora da Assunção a gardé de beaux éléments gothiques et manuélins.

Tour de l’île

On le fait facilement en moins d’une journée. Parti de Vila do Porto, on se dirige d’abord vers le village d’Almagreira(à 5 km de Vila), d’où une petite route mène à Praia Formosa(à 7 km de Vila), l’une des plus jolies plages des Açores.
Puis on grimpe, pendant 2 km, jusqu’au sommet du Pico Alto, qui domine toute l’île, à 587 m d’altitude.
On file ensuite vers le village de Santo Espirito(à 10 km à l’est de Vila) et son église blanche rehaussée de lave noire, Nossa Senhora da Purificação ; au-delà, vers les agaves et les cactus de la Ponta do Castelo(à 500 m au sud de Maia) ; et, au bout de la route en cul-de-sac, vers l’ancien port baleinier de Maia(à 10 km de Vila).
Revenu à Santo Espirito, on oblique vers la superbe baie de São Lourenço(à 11 km de Vila), immense cratère éventré envahi par la mer, que domine le vertigineux Miradouro do Espigão.
On continue par le charmant village de Santa Barbara(à 7 km à l’est de Vila), perdu dans les collines, et on termine en faisant un détour jusqu’au petit port de pêche d’Anjos(à 15 km de Vila), très apprécié l’été pour sa piscine naturelle dans les rochers.
Christophe Colomb y aurait abordé au retour de son premier voyage et prié dans sa petite chapelle.

Le porte-avions de l’Atlantique

Pendant trente ans, tous les vols entre l’Europe et l’Amérique ont fait escale sur le sol de Santa Maria.
Les avions d’alors manquant de l’autonomie nécessaire pour franchir d’un seul trait l’Atlantique, les Américains avaient construit sur l’île, pendant la Seconde Guerre mondiale, une énorme base aérienne qui s’ouvrit au trafic civil une fois la paix revenue.
Après l’escale de Shannon, en Irlande, on se posait l’été à Gander, sur l’île canadienne de Terre-Neuve, et l’hiver à Santa Maria, aux Açores, avant d’atterrir à New York. La mise en service des premiers jets, à la fin des années 1960, devait détrôner Santa Maria de son titre de « porteavions de l’Atlantique ».
Il ne reste de cette époque de prospérité que des baraquements de métal construits en 1944. Et, pour la plupart, abandonnés.

Terceira

Située à 160 km à l’ouest de São Miguel, Terceira fut la troisième île des Açores (d’où son nom), découverte par les Portugais.
Grand carrefour des voies maritimes à l’époque des Grandes Découvertes, elle garde intacts les souvenirs de son âge d’or.
Et entretient avec ferveur des traditions étonnamment vivantes.

L’or des Amériques

Cette île aujourd’hui si paisible fut pendant trois cents ans l’un des centres commerciaux les plus actifs du monde.
Poussés par les alizés, tous les grands navigateurs des XVe et XVIe siècles, Christophe Colomb, Magellan, Vasco de Gama, Cabral et bien d’autres, passaient par les Açores.
Chargés de l’or, des épices, des soies du Pérou, du Mexique, du Brésil, de l’Inde, de la Chine, les galions espagnols et portugais relâchaient au port d’Angra do Heroismo, sur la côte sud de Terceira.
Ils y retrouvaient d’autres bâtiments venus du nord de l’Europe, qui transportaient toutes ces richesses dans les Flandres,alors contrôlées par l’Espagne, et en Angleterre.
La guerre contre l’Espagne, au milieu du XVIIe siècle, devait tarir une partie de ce trafic.
Il s’arrêta complètement après 1800, quand les colonies américaines devinrent indépendantes et quand les bateaux purent gagner directement Lisbonne.

Angra do Heroismo

Malgré le tremblement de terre de 1980, la capitale de Terceira garde un charme et un décor qui lui ont valu d’être inscrite par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’Humanité en 1983. De superbes témoignages du passé jaillissent de son moutonnement de maisons basses aux balcons ouvragés descendant vers la mer.
Longtemps endormie, Angra se réveille aujourd’hui grâce aux aides de toutes natures de l’Union européenne.
Le niveau de vie a sensiblement augmenté depuis dix ans.
Une petite bourgeoisie est née. Un signe qui ne trompe pas : de nombreux émigrés reviennent définitivement, surtout de France, d’Allemagne et de Hollande.

Cathédrale

On dit aussi la Sé. Construite au XVIe siècle, elle possède un somptueux autel en argent et surtout, dans la chapelle de l’Eucharistie, à gauche du chœur, un superbe polyptyque en bois argenté représentant la vie de Jésus.
Depuis son parvis, la rue principale, Rua da Sé, descend entre de charmantes vieilles maisons jusqu’à la Praça Velha, cœur de la ville.

Museu de Angra

Ladeira de São Francisco. Ouvert tlj de 9 h 30 à 17 h. Entrée payante.
Cet ancien monastère franciscain du XVIIe siècle, parfaitement restauré après le tremblement de terre de 1980, ressuscite admirablement l’histoire et l’esprit du temps des Grandes Découvertes, quand seulement un quart de la Terre était connu.
On y suit l’évolution de la vie quotidienne de la fin du XIVe siècle à nos jours, y compris les multiples drames provoqués par l’émigration des Açoriens chassés par la misère.
Changement de style au rez-de-chaussée, avec une exposition sur le matériel de la guerre de 1914.
En 1905, le roi du Portugal dom Carlos Ier avait acheté, pour en équiper son armée, d’énormes attelages de canons et des chars à munitions fabriqués dans les usines Schneider du Creusot. Ils sont présentés ici, flambant neufs, dans un grandiose environnement.

Suivez le guide !

Pourquoi le nom de la capitale de Terceira porte-t-il une référence à l’héroïsme ? C’est la reine Maria II qui en a décidé ainsi, pour remercier ses habitants de l’avoir soutenue contre les absolutistes, dans les années 1820.

Jardim Duque de Terceira

Entrée libre.
Au pied du Museu de Angra, un parc exotique très fleuri, planté d’arbres de tous les continents, dont un gigantesque araucaria d’Australie.

Palácio dos Capitães-Generais

Rua do Palácio. Heures d’ouverture imprécises : elles dépendent de la présence ou non du président du gouvernement régional des Açores, qui réside dans ce bâtiment lorsqu’il vient à Terceira.
Restauré lui aussi après le tremblement de terre de 1980, cet ancien couvent des Jésuites, devenu, après leur expulsion, le palais des Capitaines-Généraux, possède de très beaux meubles de toutes les époques, une jolie collection de porcelaines et de superbes plafonds hispanomauresques en acajou ciselé.

Convento de São Gonçalo

Rua Gonçalo Velho Cabral. Horaires variables. Entrée libre mais accompagnée sauf pendant les services religieux.
Derrière une façade modeste, un monde de ferveur et de richesses.
Elevé par les Franciscains au début du XVIe siècle, ce couvent doublé de deux cloîtres abritait 150 Clarisses.
Elles assistaient aux offices derrière un immense cadre rond resplendissant de dorures, ouvert sur le chœur d’une église baroque au plafond en bois de cèdre, décorée de splendides azulejos.

Igreja da Misericórdia

A deux pas du port, cette triomphale église baroque domine toute la baie. Dans la crypte, où subsistent les fondations de la première église, on distingue encore des ossements humains dispersés dans des cendres volcaniques.

Palácio Bettencourt

Rua Carreira dos Cavalos.
On doit hélas se contenter d’admirer sur la façade le somptueux portail baroque et le blason sculpté dans la lave.
Construit au XVIIe siècle, au cœur de l’actuelle zone historique, le palais des Bettencourt abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale et le service des archives. Originaires de Normandie, les ancêtres de la famille arrivèrent d’Avila, en Espagne, vers 1450.
Leurs descendants ont essaimé en plusieurs branches, aussi bien au Portugal qu’en France.

Outeiro da Memória

Vue superbe sur Angra depuis le sommet de ce tertre où se dresse l’obélisque érigé en l’honneur du roi Pedro IV, instaurateur du régime constitutionnel en 1834.

Monte Brasil

Cet ensemble verdoyant de cônes volcaniques domine Angra et les baies environnantes des 205 m d’altitude de son Pico das Cruzinhas.
Une destination rêvée pour une balade dans le vent du large, face à un paysage grandiose.
On y accède en longeant la forteresse São João Baptista, construite par les Espagnols au temps où PhilippeII avait absorbé le Portugal (ouverte du lever au coucher du soleil, bien que toujours utilisée par l’armée. Entrée libre).

Suivez le guide !

Une curiosité de l’île : à l’entrée du village de São Sebastião (à 12 km à l’est d’Angra), une chapelle peinturlurée de couleurs vives. C’est un império. On ne l’utilise que lors des populaires fêtes du Saint-Esprit.

Tour de l’île

Une bonne route côtière, sur laquelle se greffent des déviations menant dans l’intérieur, permet de visiter en une journée les principales curiosités de Terceira. D’une forme elliptique très régulière, l’île mesure 29 km de long sur 18 de large.
Avec ses pentes douces taillées en terrasses, ses vignes poussant dans la lave, ses côtes rocheuses où se brisent les rouleaux, ses cratères, dont le plus élevé dépasse les 1 000 m d’altitude, et ses vaches paissant le long des haies d’hortensias, elle résume à elle seule tous les paysages de l’archipel.

Praia da Vitória

A 35 km à l’est d’Angra.

Souvent détruit par des tremblements de terre, la dernière fois en 1841, ce petit port très coquet a cependant conservé sa monumentale église du xvie siècle, repeinte pour la visite de Jean-Paul II en jaune et blanc, couleurs du Vatican.
Après avoir été fermée pendant plusieurs années suite à des vols de statuettes et images pour des séances de magie noire, elle est désormais rouverte (du lundi au jeudi de 14 h à 19 h, le mercredi de 9 h à 10 h 30 en plus, le samedi de 17 h à 19 h 30 et le dimanche de 11 h à 13 h et de 19 h à 21 h).
A voir également, la rue piétonnière, pavée de dalles représentant le plan des maisons locales.
Et la plage de sable gris, la seule véritable de l’île.

Serra do Cume

Depuis Praia, une petite route grimpe en quelques kilomètres jusqu’au bord d’un cratère immense nommé Cinco Picos. Vue grandiose sur les camaïeux de verts et de bruns des vastes pâturages cloisonnés de murets en pierre de lave.

Algar do Carvão

A 15 km au nord d’Angra. Grotte ouverte tlj du 1er juin au 30 septembre de 15 h à 17 h 30. Entrée payante.
C’est le site le plus grandiose de l’île. Un volcan dans lequel une explosion de lave a laissé béant un énorme trou.
Un tunnel bétonné mène à mi-hauteur de ce gouffre, profond d’une centaine de mètres.
Sur les parois, l’ocre des silices et le noir de l’obsidienne se mêlent au vert moussu des lichens.
Tout en bas, un petit lac, inquiétant à force d’immobilité, reflète la lumière jouant sur les différents niveaux des voûtes. Mais la descente est interdite, par crainte d’inondation subite.

Lagoa das Patas

A 20 km au nord-ouest d’Angra.
Poursuivant la route de l’intérieur vers la Serra de Santa Barbara, où se dresse le plus haut sommet de l’île, on découvre soudain un petit lac caché dans une forêt de cèdres du Japon. Des canards cancanent, des grenouilles (c’est le sens du mot pata) croassent. Encore un lieu de repos idéal, au pied d’anciens volcanscouverts de végétation.

Biscoitos

A 19 km au nord d’Angra.
Cette petite ville de la côte nord est réputée pour ses quelques arpents de vigne de verdelho. Elle pousse dans la pierre de lave et donne un vin qui peut être sec ou doux et qui atteint 17 degrés.
On le déguste avec des petits gâteaux aux épices dans un pittoresque Museu do Vinho(musée du Vin. Ouvert tlj du 1er avril au 30 septembre de 10 h à 18 h. Entrée libre).
Les amateurs de baignade apprécieront également les piscines naturelles aménagées dans les rochers de basalte et alimentées en permanence d’eau de mer. Celle-ci oscille, l’été, entre 18 et 20 °C.

Une charge inattendue

Les habitants de Terceira en font encore des gorges chaudes. Le 25 juillet 1581, une flotte espagnole, avec Cervantès à son bord, débarque dans la baie de Salga, à la pointe sud-est de Terceira, afin de mater la rébellion d’Angra, la capitale.
Malgré l’acharnement des femmes de l’île, aucune résistance n’est possible. C’est alors que frère Pedro, moine augustin, a l’idée de rameuter les centaines de vaches et de taureaux qui paissent sur les hauteurs et de les lancer sur les assaillants. Submergés par cette charge folle, paralysés par leurs lourdes armures, les soldats de Philippe II sont massacrés ou se noient en tentant de regagner leurs navires.
Terceira est sauvée. Heureusement, Cervantès, qui n’avait pas encore écrit Don Quichotte, était resté à bord.

Lajes

Créée par les Anglo-Américains pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est aujourd’hui la plus importante base aérienne de l’Otan dans l’Atlantique Nord.
Un petit aéroport civil profite de certaines de ses installations. Une voie rapide le relie à Angra do Heroismo en une vingtaine de minutes.