9 - Villes
Les principales villes
Les principales villes HO CHI MINH-VILLE (SAIGON) : LA CAPITALE DU SUD
« Perle de l'Extrême-Orient », Saïgon a longtemps représenté la porte de l'imaginaire ouverte à un exotisme colonial, chargé de langoureuses voluptés, la promesse d'un ailleurs mystérieux, l'espoir d'une nouvelle vie. La « Belle Colonie » a été rebaptisée plus prosaïquement Ho Chi Minh-Ville depuis 1976, pour bien marquer la vassalité du Sud à l'égard du Nord, mais on continue à l'appeler Saïgon.
A travers l'histoire
La ville apparaît au XVIIe siècle sous le nom cambodgien de Prey Nokor, « la forêt de la capitale ». Ce petit port-relais est ouvert sur l'intérieur du pays, grâce à un réseau d'artères fluviales qui sillonnent le delta du Mékong. S'y installent des commerçants de diverses nationalités : chinois, indiens, arabes, malais qui transforment cette cité en un vaste entrepôt commercial. Prey Nokor se peuple progressivement de Vietnamiens du Nord et de Chinois chassés par les Mandchous. Au XVIIIe siècle, Prey Nokor est rattachée à la seigneurie de Hué et prend le nom de Saïgon (qui signifie en chinois « bois de ouatiers »). Puis, elle devient en 1789, la capitale des Nguyên, « les Seigneurs du Sud », au milieu d'un « vaste marais traversé par des cours d'eau nauséabonds ». Un siècle plus tard, grâce à la France, le petit port de pêcheurs se transforme en une belle ville coloniale avec l'annexe chinoise de Cho-Lon qui lui est rattachée. Capitale de la Cochinchine, seul des cinq territoires de l'Indochine à recevoir le statut de colonie (alors que le Tonkin et l'Annam sont des protectorats), Saïgon devient, dès les années vingt, « le Paris de l'Extrême Orient ». Ce « Saïgon d'exil et de langueur » (Pierre Loti), régulièrement secoué par des mouvements anticoloniaux, jouera un rôle très important comme capitale du Sud durant la période américaine. La ville deviendra un grand marché de prostitution et de drogue jusqu'en 1975, où dans un invraisemblable ballet d'hélicoptères, dans une ambiance d'apocalypse, le sauve-qui-peut sera général' Le 30 avril 1975 les forces révolutionnaires pénétreront dans la rue Catinat, ce sera le début d'un long syndrome. Aujourd'hui, Ho Chi Minh-Ville, avec cinq millions d'habitants, demeure la capitale économique et commerciale du pays. Cosmopolite comme Bangkok et Singapour, elle pourrait, elle aussi, devenir dans un avenir proche, une des plaques tournantes de l'Asie du Sud-Est.
Visiter Ho Chi Minh-Ville
Plus qu'à Hanoï, la présence française est ici évidente. On retrouve avec beaucoup d'émotion la rue Catinat (Dong Khoi), longue artère qui part du port, remonte jusqu'à la place Lam Son. Là, se trouve le Théâtre Municipal (Nha Hat Thanh Pho), construit en 1899, qui fit fonction d'Assemblée Nationale sous le régime du Sud-Vietnam. Sur cette place, bien restaurée, se dresse également l'Hôtel Continental, véritable « monument historique » qui vit passer Dorgelès, Malraux, de Croisset, Graham Greene, Somerset Maugham, Larteguy, Bodard et tant d'autres « baroudeurs ». A gauche, avant de remonter la rue Catinat (nom d'un bâtiment de la flotte française qui avait participé aux interventions militaires à Tourane ' Danang ' en 1856 et à Saïgon en 1859), prenez la rue Lê Loi (ancien boulevard Bonnard) pour aller jusqu'à l'Hôtel de ville, daté de 1908. Décoré par Ruffier, dans un style très kitsch, il a été repeint de couleur ocre. En continuant la rue Lê Loi, on parvient au Marché central (Ben Thanh), aussi animé qu'à l'époque coloniale, aux odeurs de poisson et d'épices. Ce marché couvert, qui s'étend sur 11 000 m², fut ouvert en 1914. De retour sur la place Lam Son, en remontant la célèbre rue Catinat aujourd'hui animée de boutiques de souvenirs qui ont remplacé les bars à filles de l'époque américaine, on se rendra à la Cathédrale Notre-Dame, place de la Commune de Paris. Edifiée entre 1877 et 1883, elle fut construite en briques rouges sur un soubassement de granit. Ses deux grandes tours carrées surmontées de deux flèches en métal dominent la rue Catinat. A l'intérieur, la cathédrale abrite de nombreux ex-voto en français et en vietnamien. On peut assister à trois offices par jour et six le dimanche. Sur la place, devant la cathédrale se dresse une petite statue de la Vierge Marie. A droite, la Poste centrale (1891) se remarque toujours par sa belle verrière charpentée de fer par Gustave Eiffel. La promenade la plus agréable, au centre de Ho Chi Minh-Ville, est de flâner en fin d'après-midi, sur les quais. Le quai Ton Duc Thag avec la statue de Tran Hung Dao (célèbre héros vainqueur de l'envahisseur chinois) peut être le départ de cette flânerie. Le port de Saïgon a, depuis ses origines, toujours déployé une intense activité. Situé à 80 km de la côte, au confluent de la rivière de Saïgon et du canal Kinh Te, il permet à des navires de fort tonnages de venir mouiller jusqu'au centre de la ville. On se promenait autrefois, le dimanche après-midi, « Pointe des Blagueurs », face à l'hôtel des Messageries Maritimes. On pouvait alors assister au départ du grand paquebot blanc, pour la Métropole, alors qu'il amorçait son grand virage pour descendre la rivière. Le bateau glissait le long des palétuviers jusqu'au Cap Saint-Jacques. Il partait ensuite pour Singapour puis l'océan Indien jusqu'à Colombo (île de Ceylan). Il s'arrêtait à Djibouti pour le ravitaillement en eau, puis c'était le passage du canal de Suez peuplé d'ibis roses, enfin la Méditerranée aux îles parfumées et le quai de la Joliette à Marseille. Le voyage durait plus d'un mois. Les Messageries Maritimes sont devenues aujourd'hui le Musée Ho Chi Minh pour témoigner du départ du « père de la Nation » pour l'étranger en 1911. Ce bâtiment de style colonial, construit en 1863, renferme de nombreux documents et photos. Une autre promenade bien agréable, dans la journée, est celle du Jardin Zoologique et Botanique (Thao Cam Vien) situé à l'est de la ville au bout du boulevard Le Duan (boulevard Norodom). Si la section zoologique est assez délabrée (oiseaux, crocodiles, éléphants), le jardin réunit près de deux mille espèces végétales, depuis 1864, grâce au botaniste Pierre et au vétérinaire Germain.
Le Musée National d'Histoire
(Vien Bao Tang Lich Su) a été édifié en 1929. Sa visite est recommandée pour son importante collection de sculptures chams et khmères. Une salle est consacrée au site de Oc Eo (ancien royaume de Fou-nan, dans le delta du Mékong), jadis port de commerce maritime où l'on a retrouvé des objets venus de Rome, d'Iran, d'Inde et de Chine. Ce site a été fouillé par Louis Malleret, autrefois conservateur de ce musée, qui portait le nom de « Musée Blanchard de la Brosse ». Il comporte également une belle collection de porcelaines chinoises et une salle consacrée aux ethnies du pays. Derrière le bâtiment, au troisième étage, une bibliothèque de recherches abrite de nombreux ouvrages d'archéologie, rédigés en français. On peut y assister à un spectacle de marionnettes sur l'eau. En face du musée, le Den Hung (temple du souvenir) est dédié au roi Hung Vuong, fondateur du royaume de Van Lang, remis à l'honneur par l'ex-président Thieu.
Le Palais de la Réunification
(ex-palais de l'Indépendance) a été construit sur l'emplacement de la résidence du gouverneur général (palais Norodom). De style moderne, il fut le siège du gouvernement et le palais présidentiel de la République du Sud-Vietnam. C'est ici, le 30 avril 1975, que les premiers chars entrés dans Saïgon, enfoncèrent les grilles et que le gouvernement du Sud du pays se rendit sans conditions à l'armée nord-vietnamienne. On visite une centaine de pièces décorées et meublées au milieu d'une foule toujours abondante. Le bâtiment est entouré par un très beau parc, ancien parc Blanchard-de-la-Brosse où eut lieu la grande foire de Saïgon en 1942.
L'ex-Ambassade des Etats-Unis
(avenue Lê Duan, autrefois avenue du 30-Avril) représente le symbole de l'échec de la politique américaine au Vietnam et d'une longue guerre des plus meurtrières (58 000 morts) perdue malgré l'envoi d'un corps expéditionnaire de plus de 500 000 hommes. L'immeuble moderne protégé par un haut mur alvéolé est situé derrière le consulat général de France. Sur une plaque rédigée par l'ambassadeur Ellsworth Bunker, est écrit : « Construite en temps de guerre, dédiée à la cause de la paix ». On se souvient des images télévisées où des milliers de Saïgonais tentaient de quitter la ville par les hélicoptères qui décollaient du toit de l'ambassade pour aller se poser sur les porte-avions de la 7e flotte. Devaient naître ensuite les premiers « boat people ».
La Pagode Vinh Nghiem
(339, Nam Khoi Nghia) offre une architecture moderne des années 70, et de nombreuses tablettes funéraires de défunts récents (moins de cent jours). Chacun des sept étages de la tour qui surplombe le temple contient une statue de Bouddha.
Pagode de l'Empereur de Jade
(Chua Ngoc Hoang) est située 73 rue Mai Thi Luu. Construite en 1892 par la communauté cantonaise, elle est dédiée à l'Empereur de Jade, divinité taoïste. A l'étage, une salle est consacrée à Quam Am. Dans le jardin, on trouve un bassin avec poissons et tortues (d'où le nom de « Pagode des tortues »).
La Pagode de Giac Lam
Lam (dans le district de Tan Binh, à 5 km à l'ouest du centre, 118 rue Lac Long Quan). Datée de la fin du XVIIe siècle mais restaurée autour de 1900, ses piliers de bois de la salle du culte portent des inscriptions en caractère nôm. Nombreuses statues de Bouddha en bois de jacquier ainsi que Quan Am à dix-huit bras. Un arbre des âmes errantes est constitué de quarante-neuf lampes et statues de Bouddha.
La Pagode de Giac Vien
(à 6 km à l'ouest du centre, près du lac Dam Sen, 247 rue Lac Long Quan). Le temple contient pus d'une centaine de statues bouddhiques ainsi qu'un palanquin richement décoré offert par la cour des Nguyen au fondateur du temple, Hai Tinh Giac.
Le Temple du Général Le Van Duyet
(126 Dinh Tiên Hoang). Le Van Duyêt fut un ami de l'Empereur Gia Long. Son tombeau fut détruit en 1931 pour condamner les bonnes relations qu'il avait eues avec les Français puis reconstruit en 1937 après réhabilitation. Deux tombes (celle du général et de son épouse) sont placées à l'intérieur d'une enceinte. Saïgon compte une dizaine de mosquées. La principale est située 66 rue Dong Du (près de la rue Catinat) et date de 1935. Elle est essentiellement fréquentée par des musulmans d'origine malaise.
Cho-Lon, le grand marché de Saïgon
Cho-Lon (on prononce « Tieu leune ») était autrefois une ville séparée de Saïgon. Aujourd'hui, elle en constitue le 5e arrondissement. Cho-Lon signifie « grand marché » et représente le grand centre commerçant de la capitale du Sud avec une population d'un demi-million de Vietnamiens d'origine chinoise, les Hoa. Les nombreux petits marchés, bons restaurants, boutiques en tous genres, pagodes et temples chinois peinturlurés, donnent à la ville un caractère exotique des plus dépaysants. Deux temples sont à visiter (de préférence le matin lors de la dépose des offrandes par les fidèles). Ils sont situés dans la rue Nguyen Trai. Au n° 710, le Temple Thien Hau, très décoré, datant de la fin du XVIIIe siècle et dédié à Thien Hau (la Dame Céleste), patronne des marins. A l'entrée, dans la cour, nombreuses statuettes de céramique sur les toitures. A l'intérieur du temple, les fidèles déposent les offrandes (encens, fleurs, nourriture) et brûlent des papiers votifs dans un grand four placé à droite. A remarquer, l'encens présenté sous forme de grands serpentins coniques, suspendus comme des nasses. A la droite de Tien Hau : la statue de Long Mau, protectrice des mères et de leur nouveau-né et à gauche : Ba Me Sahn, déesse de la fécondité que les femmes stériles ou qui n'ont que des filles, viennent visiter. On peut voir également la maquette du bateau qui aurait transporté les premiers immigrants venus de Canton. Au 802 de la rue Nguyen Trai, la Pagode Ha Chuong est également dédiée à Tien Hau. On trouve dans ce temple, à gauche, le dieu du bonheur, Ong Bon et à droite : Ba Me Sahn, la protectrice des femmes stériles ainsi que Quan Công, le juge à visage rouge accompagné de son fils en habit de mandarin. On peut visiter au 678 de cette même rue, le Temple de Nghia Hoi Quan aux reliefs de bois sculptés (même iconographie religieuse que pour le temple précédent). Les amateurs de couleur locale seront séduits par le Marché de Binh Tay, le second après celui d'Ho Chi Minh-ville. Le Quai de l'Arroyo chinois (Bên Nghé) où demeurent encore quelques jonques et des habitations en bois sur pilotis, dans une forte odeur de vase, nous ramène à Saïgon. Sur le quai Chuong Duong, au numéro 122, le Temple Nhat Tan, est très photogénique.
Saïgon ou les charmes de la « Belle Colonie »
Ville appartenant à la fois à l'Orient et l'Occident, Saïgon, à l'époque française, « n'a ni plus de vertu ni plus de vice que les autres cités ; elle vit avec exubérance ! » (Albert Vivies). En 1859, la ville se réduit à un marché situé à proximité d'une pagode au milieu de canaux fangeux ; on y construit sur un radeau de bambou, une maison pour les bains. En 1863, la ville a déjà changé d'aspect avec « de larges voies macadamisées se coupant à angle droit » (du Hailly), elles sont bordées de tamariniers et de manguiers. Dans les années trente, la rue Catinat devient l'axe principal de la cité avec son « café de Paris », ses boutiques où se mélangent les produits d'Asie et d'Europe. Au « Continental » et à « la Pagode », les salons bruissent de futilités, de regrets et de projets. Soldats et matelots flânent devant les vitrines de souvenirs, harcelés par les nhos, petits vendeurs de cacahuètes grillées et de graines de pastèques. On s'égare parfois vers le boulevard Bonard ou vers les Grands Magasins Charner pour revenir vers l'Hôtel de ville. A l'heure sacrée de la sieste, la rue Catinat se vide de ses jeunes femmes, vêtues de robes légères ou de longs pantalons blancs de soie souple. Alors que la lumière des heures fait naître un sourire différent à la ville, la « Perle de l'Extrême Orient » retrouve son estampille de cité asiatique. Ses rues redeviennent grouillantes, le port s'éclaire des premiers néons, les pédaleurs de « cyclos » guettent le client le plus généreux tandis que sur les pelouses, des promeneurs s'assoient à même le gazon à la recherche de la fraîcheur de la nuit où stagnent les senteurs capiteuses. Demain les larges avenues bordées de flamboyants retrouveront leur animation, les fleurs s'ouvriront dans les jardins comme de grands parasols. Il sera difficile d'oublier « la Belle Colonie ».
Où retrouver l'architecture coloniale ?
En dehors du théâtre, de l'hôtel de ville, de la poste, des Messageries Maritimes et de l'hôtel Continental déjà cités, l'amateur de souvenirs pourra retrouver l'ex-lycée Chasseloup Laubat (1882) évoqué par Marguerite Duras dans L'Amant, aujourd'hui lycée Lê Quy Don. L'ex-palais de justice (1885), les grands magasins Charner (à l'angle de Nguyên Huê et de Lê Loi) et surtout le palais du gouverneur de la Cochinchine, aujourd'hui musée de la Révolution, compléteront cette promenade dans le temps.
Saïgon à l'heure américaine
En avril 1956, la France quitte le Vietnam. Saïgon et le Sud du pays sont placés sous « protectorat américain ». En 1966, Saïgon, déjà décrépie, reçoit des milliers de militaires qui considèrent que cette ville a été conçue « pour le plaisir du guerrier ». Les bars et les cabarets (tels « L'Arc-en-Ciel » et le « Maximos ») sont contrôlés par l'Union Corse (la Mafia) et par la société secrète chinoise Tong. Opium et LSD sont vendus dans de nombreux bars. Si les Français y avaient légalisé les « maisons closes », les Américains feront de Saïgon un immense lieu de plaisir où l'on trouve à volonté alcool, drogue et filles bon marché. Les rues sont encombrées de scooters et de voitures, les magasins regorgent de produits occidentaux. De cette période, naît tout un vocabulaire : dans le hall de l'hôtel Rex (résidence des officiers célibataires), on parle de « la rose de Saïgon » qui est une maladie vénérienne, du « laotien rouge » qui est la marijuana. On écoute tous les matins l'AFVN (Radio des Forces Armées aux Vietnam) avec l'indicatif « Good morning Viet-nâm ! ». La ville s'organise avec ses quartiers chauds comme Pee Alley, près de l'aéroport ou Soul City où les bars à filles sont réservés aux G. I's noirs. La capitale de la République du Sud-Vietnam, qui était devenue la ville de permission, chute en 1975. Celle qui fut la vitrine de la débauche entre en pénitence : les prostituées et les trafiquants sont expulsés ou exécutés, la ville est nettoyée, et perd son nom. Il lui faudra quinze ans pour purger ses peines.
HUE, VILLE DE PARFUMS, D'EAU ET DE PIERRE
Huê, capitale de l'Annam, cisèle le marbre de ses tombeaux pour le plaisir des ombres de ses Empereurs. Ville des peintres et des poètes, le passé semble ici revêtu de sa robe de parade. Tournée vers la Cité Interdite dominant la « Rivière des Parfums », couleur émeraude, parée de tombeaux impériaux de la dynastie des Nguyên, Huê est un paradis romantique qui mérite qu'on y séjourne plusieurs jours. Chef-lieu de la province de Binh Tri Thien, Huê est située de part et d'autre de la rivière des Parfums (Son Huong), à quinze kilomètres de la mer. La ville a beaucoup souffert durant la guerre contre les Américains, lors de l'offensive du Têt en 1968. La cité impériale fut en grande partie détruite. Aujourd'hui, Huê compte plus de 300 000 habitants dont 60 000 dans le périmètre de l'ancienne ville royale. Elle est dotée d'une université (environ 2 000 étudiants) et vit essentiellement d'artisanat, de petites industries et du tourisme.
Au cours de l'histoire
Huê (on prononce « Houè ») apparaît sous le nom de Tau-Quen, capitale du Nhat Dam, dès la domination chinoise (IIIe siècle avant J.-C.). Elle est intégrée au royaume du Dac Viet, en 1036, après avoir été conquise par le Champa en 248 de notre ère et rebaptisée Kiu Su. Elle doit très vite subir les assauts répétés des Ly et des Tran. Sous les Lê, en 1471, la ville est rebaptisée Thuan Hoa. Au XVIe siècle, la puissante famille des Nguyên installe successivement les sièges de ses gouvernements dans des sites voisins de la ville actuelle. Reprise par les Trinh (famille tonkinoise rivale), puis par les frères Tay Son (en 1777) ; les Nguyên demandent alors l'aide de la France pour récupérer leur ville ce qu'ils réussissent en 1801 après 27 ans de lutte. En 1802, le premier empereur Gia Long fait reconstruire le palais de ses ancêtres et élever les remparts de la ville royale par un architecte français : de Puymanel. La capitale prend alors le nom de Huê, déformation du mot Hoa (« paix »). En 1883, l'empereur accepte la présence française en Annam. En 1954, Huê est intégrée à la République du Sud-Vietnam. Elle tombe entre les mains des forces Nord-Vietnamiennes le 25 mars 1975, alors que Saïgon se rend un mois plus tard.
Visiter Huê
Considérant la richesse de cette ville, il faut compter au moins deux jours pour la visiter.
La Citadelle et la Cité Impériale
sont situées sur la rive gauche de la rivière des Parfums et font face à l'ancien quartier européen. La Citadelle, bien que fortifiée « à la Vauban », est construite sur le modèle de la capitale impériale chinoise. Edifiée en 1867, sur l'emplacement d'un village (Phu Xian), son plan actuel date de la période de Gia Long (1802). Trois quartiers concentriques se distinguent : ' Kinh Thanh (Ville Capitale), avec la plus grande enceinte, réservée autrefois aux administrations officielles (mandarins, fonctionnaires) ; ' Hoang Thanh (Ville Royale) avec les palais royaux et la salle du trône où se tenaient les audiences et les cérémonies officielles ; ' Tu Cam Thanh (Ville Interdite) avec les appartements privés de la famille royale. La visite de la Cité Impériale commence par un pavillon en brique, sorte de piédestal à trois étages surmonté d'un mât de 37 mètres. Il servait de poste d'observation. On l'appelle Le Cavalier du Roi (Ky Dai). En 1968, lors de la fête du Têt, le Viêt Cong y fit flotter son drapeau. Neuf canons, au pied de la tour, symbolisent les rois Nguyên, protecteurs de la ville. Ils représentent les quatre saisons et les cinq éléments de la création (eau, terre, feu, métal et bois). La Porte Sud (Ngo Môn), départ de la visite, est percée de cinq passages (le centre était réservé à l'empereur) et est surmontée du belvédère des Cinq Phénix (en y montant on jouit d'une très belle vue). Ici, le 30 août 1945, l'empereur Bao Dai remit au gouvernement provisoire les insignes du pouvoir (le sceau et l'épée). Autrefois, du belvédère, l'empereur promulguait chaque année le nouveau calendrier lunaire. On passe alors devant l'Etang des Eaux d'Or, on franchit un pont et on arrive dans une grande cour dallée : l'Esplanade des Grandes Salutations où se regroupaient les mandarins lors des cérémonies officielles (mandarins civils à droite, mandarins militaires à gauche). En face, au bout de l'esplanade s'élève le Palais de la Suprême Harmonie ou de la Concorde Absolue. La salle est peinte en vermillon et or ; les charpentes soutiennent quatre-vingt colonnes sculptées ou décorées de sentences confucianistes. Cette salle était réservée aux audiences solennelles placées sous la protection de l'Empereur. On arrive ensuite dans une cour avec, de part et d'autre, les pavillons de l'Est et de l'Ouest (restaurés par l'UNESCO) et de grands bassins de bronze. En dehors de quelques petits pavillons en cours de restauration, le reste n'est qu'un immense terrain vague avec des ruines de murs d'enceinte et de bâtiments détruits par la guerre. En sortant du Palais de la Suprême Harmonie, à gauche, et en suivant une belle allée romantique, on parvient au Temple des Rois Nguyen (Thê Mieu) contenant les tablettes funéraires des neuf rois Nguyen ainsi que celles de leurs épouses. A droite, au bout de la cour, se dressent les Urnes Dynastiques, en bronze, de plus de 2 mètres de haut, pesant entre 1,8 et 2 tonnes et symbolisant les neuf seigneurs Nguyen. Elles sont ornées de paysages et d'animaux. L'urne centrale est celle de Gia Long, fondateur de la dynastie, elle porte l'idéogramme cao ou « grandeur » et est décorée d'astres, animaux, paysages pour symboliser l'harmonie entre l'empire et l'univers. Toutes ces urnes ont été fondues entre 1835 et 1839.
Le Musée
est situé dans l'enceinte de la Cité Impériale (3, Lê Truc ' ancien musée Khai Dinh). Il renferme quelques peintures « fixé-sous-verre », quelques porcelaines « bleu et blanc » de Huê, des robes d'apparat, du mobilier en laque incrusté de nacre, des armes, des instruments de musique traditionnels'
Les tombeaux royaux, palais de l'Au-Delà
Protégés par des collines et des bois secrets, en bordure de la rivière des Parfums, les tombeaux des souverains d'Annam, les Nguyên, constituent une véritable « vallée des Empereurs défunts ». En Asie, la construction d'un tombeau « chambre de l'âme », est de la plus haute importance. Elle est liée au culte des Ancêtres et à la croyance d'une âme qui se déplace dans des zones supra-sensibles. Le mausolée impérial doit symboliser la forme physique du souverain, la pureté de son âme ainsi que son rôle dans la vie publique. La sépulture pour le corps, la tablette de l'esprit, la stèle qui retrace ses qualités, sont les trois éléments principaux de la sépulture. Elle sera construite dans un endroit isolé, à l'abri des mauvais génies à l'image d'un grand palais entouré de pièces d'eau et de petits pavillons, symboles des plaisirs terrestres. A Huê, on ressent l'influence du tombeau Ming ou Qing où l'équilibre entre l'homme et la nature est essentiel. L'architecture obéit à un cadre naturel commandé par le vent et l'eau (« feng shui »), afin de capter les bonnes influences. Le tombeau sera protégé par un mur d'enceinte que nul, en dehors des cérémonies, ne pourra pénétrer. On retrouve, comme en Chine, une large cour dallée, lieu des grandes cérémonies, puis le pavillon de la stèle (Dinh Vuong) qui relate les mérites du défunt, diverses constructions réservées à la famille et enfin le tertre sous lequel est placé le tombeau.
Le Mausolée de Tu Duc
(à 7 km du centre) On y accède par une ombrageuse allée menant à un pavillon sur pilotis en bordure d'un lac sur lequel le souverain venait pêcher et se promener en barque. Le pavillon date de 1865. Il est raconté que l'Empereur se plaisait à composer des vers tout en buvant du thé parfumé au lotus. Chaque matin un domestique recueillait la rosée sur les feuilles de lotus afin de préparer le thé de l'Empereur. Tu Duc est le quatrième empereur des Nguyen. La construction du mausolée a duré quatre ans (1864-1867) et a nécessité l'intervention de près de trois mille hommes. Un grand escalier conduit au mausolée Luong Khiem, construit du vivant de l'Empereur et servant de second palais impérial (vases, peintures sur verre, mobilier). On accède ensuite à la terrasse où plusieurs rangées de statues de pierre se font face (mandarins, chevaux, éléphants)., puis à un pavillon abritant la stèle de granit gris. Enfin, apparaît le tertre enserré par le « mur précieux ».
Le Mausolée de Minh Mang
(à 12 km du centre) Minh Mang a régné de 1820 à 1841. La construction du tombeau a débuté à la mort de l'Empereur mais ce dernier eut le temps d'en établir les plans de son vivant. Pour s'y rendre, il est agréable en fin de journée, de prendre un sampan au village de Ben Than et de traverser la rivière des Parfums. Une enceinte entoure le mausolée. On entre par le côté droit de la cour intérieure. Sur deux terrasses superposées se dresse le pavillon de la stèle dominant la grande cour aux mandarins, chevaux et éléphants de pierre. Vient ensuite le pavillon de la Grâce Immense qui contient les tablettes funéraires de l'Empereur avec de part et d'autre, le lac de la Clarté Pure (Trung Minh). Un triple escalier mène au tertre où se dresse le pavillon de repos à deux étages (Minh Lau). Au-delà du pont aux deux portiques, un escalier conduit au tertre funéraire recouvert de pins.
Le Mausolée de Khai Dinh
(à 10 km du centre) Khai Dinh (1916-1925) fut le père adoptif de Bao Dai. Le mausolée est de style européen construit en pierre et ciment armé. On gravit un escalier monumental qui conduit à la terrasse de cérémonie (mandarins civils et militaires, soldats, animaux). Au milieu de la terrasse, un pavillon octogonal abrite la stèle rédigée par Bao Dai à la mémoire de son père. Le tombeau se dresse au-dessus de trois terrasses. Les salles ont les murs recouverts de fragments de porcelaines et de verreries constituant des paysages ou des dragons. Devant l'autel, apparaît la statue en bronze doré de Khai Dinh, représenté grandeur nature, revêtu de ses ornements royaux. La statue a été réalisée en France, en 1922. La visite des tombeaux royaux peut être complétée par celle de Gia Long à 16 km de Huê, sur la rive gauche de la rivière des Parfums. Si les bâtiments sont en mauvais état, le site est des plus agréables (il est conseillé de s'y rendre en bateau). Il aurait été choisi par l'Empereur au cours de ses randonnées à dos d'éléphant. On visite d'abord le temple Minh Thanh élevé sur un tertre, puis le tombeau Thien Tho élevé sur six terrasses. Construit sur les flancs du Mont Chanh Trung, le tombeau de Gia Long est particulièrement austère. Côte à côte reposent l'Empereur et sa première épouse. Les sépulcres sont placés dans la même enceinte pour symboliser l'union de l'Empereur, Fils du Ciel et de son épouse terrestre. Dans l'axe des tombeaux se trouve le mont Thien Tho, l'Elu du Ciel, doté d'un esprit protecteur. Pour les sépulcres, la géomancie impose le Tigre, animal blanc à l'Ouest et le Dragon, animal bleu à l'Est. Ainsi, à l'Ouest, sur la Montagne Blanche est érigé le temple abritant les tablettes funéraires de l'Empereur et de son épouse alors que, à l'Est, sur le Mont Bleu, se dresse la stèle de la « Vertu suréminente et des Mérites transcendants » de l'Empereur. Deux cours d'eau s'écoulent dans le parc, ils contournent les sépultures de l'Empereur et de son épouse, passent devant les tombeaux de sa seconde épouse, de sa mère et de sa s'ur, réunissant tous les membres de la famille et entraînant dans leur flot toutes les influences pouvant nuire à la paix des défunts. Le tombeau de Gia Long a certainement servi de modèle à ceux de ses successeurs à travers la conception suivante : la terre communique avec le ciel par l'intermédiaire du monde royal, axe de l'univers. L'Empereur est dépositaire d'un mandat céleste, maillon d'une chaîne dynastique sacrée indestructible. L'Empereur vivant se réfère à l'Empereur défunt devenu puissance spirituelle considéré comme une source active du pouvoir et de la réussite du nouvel Empereur. Le tombeau royal est donc très important ; il doit être en relation étroite avec la nature et être édifié au milieu d'un parc planté d'arbres aux essences les plus rares.
La Pagode de la Vieille Dame Cé-leste (Thien Mu)
Située sur la rive gauche de la rivière des Parfums, à six kilomètres en amont de la citadelle, la Pagode Thien Mu est un sanctuaire bouddhique élevé en 1601. Nguyen Hoang, ancêtre de la famille Nguyen avait été impressionné par une colline en forme de tête de dragon où convergeaient les forces célestes. Une vieille dame vêtue de rouge et de vert affirma que si l'on édifiait une pagode, le lieu serait gage de prospérité. En 1665, on fit réparer la pagode puis fondre des cloches et ériger des stèles. Un escalier conduit au Phuc Duyen Thap (« stupa de la source du bonheur »). De forme octogonale, le stupa comporte sept étages ; à chacun d'eux est vénéré un Bouddha, la hauteur totale étant de 21,24 m. De chaque côté de l'allée, deux pavillons abritent une cloche dont l'une fondue en 1710 pèse 3 285 kg. Les pavillons des stèles sont datés de 1715. Une stèle posée sur la carapace d'une tortue en marbre, subtilement sculptée, porte l'épigraphe suivante: Le sud du pays Viêt, oh, beau par ses monts et ses fleuves. La pagode majestueuse, oh, le soleil lui éclaire la porte. Où règne la quiétude, oh, seul trouble le chant du ruisseau. Le pays puissant et tranquille, oh, grâce aux quatre coins pacifiés Dans les années 30, la pagode devint un lieu de réunion pour ceux qui luttaient contre le régime colonialiste. En 1963, le bonze Thich Quang se rendit à Saïgon pour protester contre la répression imposée aux bouddhistes par les autorités du Sud. Il s'immola par le feu, et cet événement précipita la fin du régime de Diêm. La voiture de ce bonze y est entreposée. Le temple principal abrite un Bouddha hilare (« poussah ») en bronze doré et trois statues : A Di Da (Amithaba ou Bouddha du passé), Thich Ca (Cakyamuni ou Bouddha historique) et Di Lac (Maitreya ou Bouddha des temps à venir). Derrière le temple, deux sanctuaires sont consacrés, l'un à Quan Vo, le dieu de la Guerre ; l'autre à la déesse Quan Am, incarnation de la Miséricorde. Entre la Pagode Thien Mu et le tombeau de Minh Mang se dresse le Rocher de la Coupe de Jade (Hon Chen) avec plusieurs sanctuaires. Le plus important est le Dien Hon Chen ou Ngoc Tran Dien, consacré à Poh Nagar, une divinité Cham.
Au temps des Empereurs
Lorsqu'on se promène dans le dédale des cours désertes de la Cité Interdite, décorées de petits pavillons vermoulus et d'arbres mélancoliques penchés sur des bassins couleur jade, on peut imaginer les grandes cérémonies d'autrefois au temps des empereurs. Tôt le matin, retentissaient dans la ville les premières musiques tandis que princes et mandarins vêtus de lourdes soies s'alignaient lentement dans la cour du palais Thai Hoa (« Concorde Absolue ») face à la salle du trône, en attendant l'arrivée de l'Empereur. Dans le palais de la « Suprême Harmonie » était disposé le trône. A une heure bien précise, arrivait l'Empereur vêtu de satin jaune (la couleur royale) et portant la plaque de jade, symbole du pouvoir. Il était amené à la porte Ngo-Mon en chaise à porteur où il recevait hommages, discours et v'ux de ses sujets. La cérémonie pouvait alors commencer, dirigée par le Maître des Cérémonies qui ordonnait « que les musiciens entonnent les hymnes relatifs à la Vertu Royale » ' « Courbez le dos et présentez vos hommages ! » - « Prosternez-vous ' Levez-vous ' Prosternez-vous' ». Tout le monde se prosternait cinq fois à genoux, les mains jointes, le front incliné jusqu'à terre. On présentait alors les tablettes de souhaits au trône puis les Mandarins reprenaient leur place à droite et à gauche de la cour au bord du « lac du grand liquide ». L'organisateur des rites venait se placer au milieu de l'esplanade et annonçait à l'empereur, la fin de la cérémonie. Mais, qui se souvient aujourd'hui de tout cela ?
Pour la sauvegarde de Huê
L'UNESCO s'apprête à sauver les monuments historiques de cette capitale culturelle et véritable symbole pour le pays. Son charme demeure toujours, ce qui fit écrire à Mlle de Rotalier : « Ville de tradition et d'histoire, ville aristocratique' Ville de lettrés, ville de penseurs' Ville de rêve dans le silence de ses mausolées magnifiques au milieu des bois et des eaux dormantes de bassins fleuris de lotus. » C'est la Cité pourpre Interdite, réservée à la famille impériale, qui a le plus souffert du temps et de l'histoire. Endommagée en 1947 par un incendie, dévastée lors de l'offensive du Têt en 1968, elle a également dû subir les attaques des termites, des typhons et de la végétation proliférante. Sur ses trois cents édifices répartis sur dix hectares, près de quatre-vingt sont en triste état. Ils viennent d'être classés en « première priorité ». Ainsi pour la France, c'est à l'EDF que l'on devra la sauvegarde du kiosque à musique et du Théâtre royal, devenu une école de musique.
Le règne des grands empereurs à Huê entre 1802 et 1945
Gia Long 1802-1819
Tombeau le plus éloigné de Huê (16 km). A vaincu les usurpateurs Tay Son et a réalisé l'union de l'Annam. Considéré comme le fondateur de la dynastie.
Minh Mang 1820-1840
Politique anti-européenne et antichrétienne. A réglementé les études et fait exécuter de nombreux travaux d'utilité publique. Il eut 142 enfants !
Thieu Tri 1841-1847
Hostile aux Européens. Tous les objets d'origine occidentale, dans son palais, furent détruits. Le Cambodge lui céda la Cochinchine en 1846. Il eut 64 enfants.
Tu Duc 1848-1883
Politique anti-religieuse. Sa stérilité l'empêcha d'avoir un héritier.
Duc Duc 1883
Neveu de Tu Duc. Il régna trois jours. Fut condamné par la cour de Huê à mourir de faim pour ne pas avoir suivi les prescriptions « du deuil et du jeûne ».
Hiep Hoa 1883
Fils de Thieu Tri. A été empoisonné par une de ses concubines (?), après quatre mois de règne.
Kien Phuc 1883-1884
Fils adoptif de Tu Duc. C'est sous son règne que la France prit le Tonkin. Son tombeau n'existe plus.
Ham Nghi 1884-1885
Frère de Kien Phuc. Déchu du trône, il s'exile en Algérie, en 1888, sous le nom de Prince d'Annam. Meurt en 1947.
Dong Khanh 1885-1889
Neveu et fils adoptif de Tu Duc. A été supplanté par l'autorité coloniale.
Thanh Thai 1889-1907
Fils de Duc Duc. Fut déposé par ordre du gouvernement français puis exilé à La Réunion. Retourna au Vietnam en 1947.
Duy Tan 1907-1916
Fils de Thanh Thai. Fomente un soulèvement contre la France en 1916 qui échoue. Déporté à La Réunion, il se met au service de la France en 1945 mais meurt dans un accident d'avion la même année. Retour de ses cendres à Huê, en 1987, avec grande cérémonie.
Khai Dinh 1916-1907
Fils de Dong Khanh. A supprimé le concours de lettrés.
Bao Dai 1925-1945
Fils unique de Khai Dinh. Abdique en 1945. S'installe à Hong-Kong. La France fait appel à lui en 1948. Est chassé du pays en 1955. Vit en France. Est toujours détenteur du sceau impérial.



