9 - Villes
     Les principales villes



Ankara



Capitale de la Turquie depuis 1923, Ankara (2 984 000 hab.) est une très vieille cité. Sa citadelle remonte probablement à l'époque hit¬tite où elle faisait office de sanctuaire fortifié pour les populations alentour. Des envahisseurs plus tardifs, Phry¬giens et Perses, y établirent le siège de leurs gouvernements. La cité devint le centre de la province romaine de Galatie sous le nom d'Ancyra. Dans les siècles qui suivirent la naissance du Christ, la ville et la citadelle changèrent souvent de maître : Byzantins, Ara¬bes, Croisés, Seldjoukides, Ottomans et Mongols s?y succédèrent. En 1893, la petite province centrale nommée Angora par les Européens reçut un chemin de fer pour la relier à Istanbul. Après l'élévation d'Ankara au rang de capitale, la ville fut complètement rénovée et transformée en cité moderne. Cette partie nouvelle s'étend en dehors de la vieille ville située sur la colline de la citadelle.
Le Musée des civilisations anatolien¬nes
ouvert tous les jours sauf lundi, de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30, est excep¬tionnel par la qualité de ses collections et leur mise en valeur. Installé dans un bedesten (marché couvert) construit entre 1464 et 1471, il présente ses pièces chronologiquement de manière à donner un aperçu complet des civilisa¬tions qui se sont succédé en Anatolie. Paléolithique : quelques vitrines d'objets en silex taillé, provenant de Karaïn (près d'Antalya). Néolithique : sans doute les pièces les plus importantes du musée, prove¬nant de Catal Höyük (près de Konya), de 6800 à 5700 av. J.-C., et d'Hacilar (près de Burdur), 5700-5600 av. J.-C. Le néolithique correspond à la période où les hommes commencent à prati¬quer l'agriculture, où la société hu¬maine se transforme de manière radi¬cale. Le village de Catal Höyük n'est pas le plus ancien mais sans doute le plus vaste de cette époque avec 13 ha. Une des maisons, lesquelles servaient à la fois d?habitation et de lieu de culte (culte du taureau), a été reconstituée. Parmi les objets exposés figurent les fresques les plus anciennes connues et des statues de la déesse mère, dées¬ses de fertilité, d'où leurs formes plan¬tureuses. Leur culte est à mettre en relation avec l'invention de l'agricul¬ture, des poteries, des bijoux et sceaux (première évidence de la notion de propriété), et des objets en obsidienne dont le commerce apporta la richesse à Catal Höyük. Chalcolithique : quelques poteries décorées et les premiers et rares ob¬jets en métal (cuivre) d'Hacilar et Can¬hasan (près de Karaman), datant de 5400-4750 av. J.-C. Un bas-relief hittite du dieu de la guerre présenté ornait la porte royale de Bogazköy (XIVe-Xllle siècle av. J.-C.). Age du bronze ancien : parmi les objets de cette période, ceux prove¬nant des tombes royales d'Alaca Höyük sont les plus remarquables. Chacune des vitrines renferme le pro¬duit de la fouille d'une tombe. Parmi le mobilier funéraire, se trouvent des sta¬tuettes en bronze et électrum (mé¬lange d'or et d'argent) de cerfs et de taureaux, dont le culte s'est longtemps perpétré en Anatolie, des symboles représentant des disques solaires, des bijoux et de la vaisselle d'or. Ces objets d'Alaca Höyük et Horoztepe, d'une facture exceptionnelle, attestent du haut niveau de civilisation atteint en Anatolie aux IIIe et IIe millénaires. Les colonies marchandes assyriennes du début du IIe millénaire cherchaient à contrôler le commerce anatolien de l'étain, du cuivre et des étoffes. Elles s'installèrent dans des quartiers com¬merciaux appelés karum dont le plus important était Kanis (près de Kayzeri). Le musée présente des tablettes de terre cuite en caractères cunéiformes. Ces contrats et lettres commerciales sont les premières attestations de l'uti¬lisation de l'écriture en Anatolie. Les Hittites (ancien et nouvel empire, 1750-1200 av. J.-C.), envahisseurs indo-européens, s'instal¬lèrent en Anatolie centrale au tournant du IIe millénaire. D'abord rassemblés en petites principautés, ils se re¬groupèrent autour d'un état centralisé par Hattusili vers 1650 et dont la capitale était Hattusa (Bogaz¬köy). Le royaume hittite constitua une puissance de premier plan en Orient jusqu?aux environs de 1500 av. J.-C., époque où le royaume se désagrégea. Tudhaliya II (vers 1460 av. J.-C.) reconstruisit le royaume qui s'effondra à nouveau vers 1200 av. J.-C. De la culture matérielle des Hittites, le musée présente de grands vases-bains, des vases en forme d'animaux, des vases cultuels, des statuettes de divini¬tés, des sceaux. La statuaire hittite de diverses périodes est regroupée dans la salle centrale. Les Phrygiens apparurent au XIIIe siècle av. J.-C. dans des textes assyriens Ils suivirent les invasions des « peuples de la mer » qui mirent fin à l'empire hittite. Vers 725 av. J.-C., un certain Mita (Midas) fédéra autour de la capitale Gordion les principautés phrygiennes installées dans tout l'ouest anatolien. Des objets retrouvés dans des tumuli (tombes royales) sont ex¬posés : mobilier en bois, poteries à décors géométriques qui annoncent la Grèce, tuiles peintes représentant des guerriers. Une très belle statue de la déesse Kubala (Cybel), d'origine hittite et dont le culte émigra encore vers la Grèce, est exposée. Les Ourartéens fondèrent autour du lac de Van un Etat qui connut son apogée vers les IXe et VIIIe siècle av. J.-C. Il s?agissait alors d?un des grands Etats de l'Orient. Les Ourar¬téens subirent l'influence de la Méso¬potamie en matière artistique. Ils gravaient l?ivoire et travaillaient le métal, construisant notamment d?énormes chaudrons. Dans la section consacrée à la période allant du VIIIe siècle av. J.-C. à nos jours, des statues gréco-romaines, des bijoux et des monnaies de différentes époques sont exposés. La salle hittite présente des statues de pierre hittites de différentes époques, d?un caractère massif et figé. Les personnages des bas-¬reliefs sont toujours représentés de profil. Karkémish : VIIIe siècle av. J.-C., royaume néo-hittite situé près de la frontière actuelle de la Syrie : stèles en caractères hiéroglyphiques et cunéi¬formes, orthostates (bas-reliefs pla¬cés à la base des murs du palais royal) représentant des scènes de guerre, de chasse, des processions. Alaca Höyük : XIIIe siècle av. J.-C. : or¬thostates de la porte des Sphinx, scè¬nes de sacrifices. Ankara : VIIIe siècle av. J.-C. : stèles trouvées sur la citadelle d'Ankara, re¬présentant des animaux. Aslantepe, près de Malatya, XIe-¬IXe siècle av. J.-C. : statue du roi Tar¬hunza, bas-reliefs du roi Sulumeli en prière.
Le Musée ethnographique,
, ouvert tous les jours, excepté le lundi, de 10 h à 12 h et de14 h à 17 h, expose tapis, costumes, céramiques, instruments de musi¬que, armes et ustensiles ména¬gers dans un bâtiment construit en 1925 en style ottoman. Le cénotaphe d'Atatürk y fut présent de 1938 à 1953. Il se trouve maintenant au Mau¬solée (Atatürk Mausoleum) spéciale¬ment construit pour lui.
La citadelle
forme une double enceinte entourant la vieille ville. La première enceinte, élevée par Héraclius en 620, couronne le sommet de la colline côté est. Flanquée de 14 tours carrées, dont deux ont disparu, elle avait une lon¬gueur de 1 500 m. La seconde enceinte, construite avec des blocs prove¬nant de monuments antiques, mesure 1 150 m. Derrière la double porte de l'en¬ceinte se trouve la mosquée Alaeddin qui date du XIIe siècle. Sur le plateau à l'ouest, la vue embrasse toute la cité. A 500 m au nord-ouest de la citadelle se dresse la mosquée d'Haci Bayram datant du XVe siècle. Près de cette dernière se trouvent les vestiges du temple d'Au¬guste et de Rome dont il ne reste aujourd'hui que les murs du hall d'en¬trée. Le doute subsiste quant à la datation de l'édifice. Une inscription latine gravée sur un bloc (« Res gestae divi Augusti ») loue les oeuvres d'Au¬guste. Cette même inscription, tra¬duite en grec, figure sur un autre bloc et donne la certitude que le temple fut restauré et peut-être même reconstruit sous Auguste. 300 m plus au sud se trouve une place avec un petit jardin au milieu duquel s'élève la colonne de Julien l'Apos¬tat. D?une hauteur de 14,50 m, elle fut érigée en 362 lors de la visite de l'empereur Julien à Ancyra. En descendant la Cankiri Caddesi, sur la gauche, se tiennent les Thermes romains, découverts lors de fouilles. Cet établissement du IIIe siècle se composait de différentes salles : salle de sudation, aménagée sur des piles de briques, salles tièdes et chambres froides. Les autres lieux intéressants d'Ankara sont : L' Arslamane Camii (mosquée du Lion), construite au début du XIIIe siècle et qui tient son nom de la statue d?un lion qui s'élevait dans la cour de la mosquée (arslam : lion). L' Ahi Elvan Camii, est une mosquée datant des années 1413-1414. La Yeni Camii, une mosquée bâtie au XVIe siècle, est probablement due à un élève de Sinan. Le Mausolée d'Atatürk, monument funéraire à la gloire du père de la Turquie moderne, se visite tous les jours. Dans les environs d?Ankara : La ferme-modèle d'Atatürk (Gazi Orman Çifligi) se trouve à l'ouest de la ville. La résidence d'Atatürk, transformée en musée, contient les objets ayant appartenu au premier président de la Turquie (ouvert les samedis et diman¬ches, de 14 h à 19 h).


Bursa



La ville de Bursa (1 000 000 hab.) s'étend au pied de l'Uludag, ancien Olympe de Mysie, dont la hau¬teur atteint 2 543 m. Charmante cité entourée de vergers, elle fut la pre¬mière capitale des sultans Ottomans au XIVe siècle. Riche en monuments historiques, la ville offre au visiteur l'image d'une cité typiquement turque avec ses bazars, ses mausolées (türbe), ses établissements de bains, ses ponts, ses petites rues étroites et tortueuses, ses vieilles maisons aux teintes acidulées. Elle possède une industrie de soie fine et de traitement des produits agricoles récoltés dans sa plaine fertile.
La Grande Mosquée
(Ulu Cami), construite dans les années 1379-1421, appartient au type le plus ancien des mosquées turques dérivé des mos¬quées arabes à piliers. La salle de prière est recouverte de 20 coupoles dont les bases reposent sur 12 piliers. Au début d?Atatürk Cad, près de l'hôtel de ville, s'élève la mosquée d'Orhan, la plus ancienne de la ville, édifiée en 1339 et restaurée en 1417. Entre la Grande Mosquée et la Cum¬muriyet Cad se trouvent les souks de la ville où se vendent toutes sortes de tissus, la spécialité de Bursa. La ville possède également de pittoresques caravansérails, comme le Geyve hani et le Pirinç hani. Le bedestan, marché couvert, s'ouvre sur une place bordée d'agréables terrasses de cafés. Il a été restauré et se consacre à la vente de produits artisanaux. A un kilomètre environ, plus à l'ouest se dresse la Mosquée verte (Yesil Cami) construite dans les an¬nées 1413 à 1421 durant le règne du sultan Mehmet I. Les splendides cé¬ramiques turquoise qui décorent son intérieur lui ont valu son nom. Elle se compose de deux salles surmontées d'une coupole et flanquées de petites chambres des¬tinées aux étudiants qui apprennent le Coran. La mosquée s?ouvre sur une esplanade plantée d?arbres au milieu de laquelle une gracieuse fontaine de marbre distribue l'eau nécessaire aux ablutions des fidèles. Comme dans toutes les mosquées ottomanes an¬ciennes, les dômes sont supportés par les quatre murs extérieurs. La fa¬çade et les murs latéraux des fenêtres s?ornent d'arabesques et d'inscriptions sculptées. Derrière la mosquée et de l'autre côté de la route, le Mausolée vert (Yesil Türbe) date de la même époque que la Mosquée verte. Il sert de cha¬pelle funéraire au sultan Mehmet I dont le sarcophage se trouve sous la coupole de l'édifice octogonal. Les carreaux de céramique verte qui revê¬tent les murs du mausolée ont été restaurés au XIXe siècle. Près de la Mosquée verte se trouve également le Musée turco-is¬lamique qui occupe l'ancienne me¬drese de la mosquée. Quelques spécimens des di¬verses productions de l'artisanat popu¬laire y sont exposés. (Ouvert chaque jour sauf le lundi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h.) Au nord-est, l'ensemble des construc¬tions qui surplombent la colline appar¬tiennent à la mosquée et au mausolée de Beyazit (Ylldlrim Ca¬mi). La mosquée fut édifiée en 1400. Au centre de la ville s?élève la Colline de la citadelle (Hisar) qui propose une vue magnifique sur la cité et la vallée. Cette colline constitua le centre de la ville romaine puis byzantine. Les mausolées du sultan Osman (premier sultan ottoman) et de son fils Orhan se situent près de la Tour de l'horloge. Dans le quartier Muradiye, à l?ouest, la mosquée de Murad II, bâtie en 1447, vaut une visite. Elle possède onze mausolées entourés d'arbres et de fleurs et dans lesquels reposent les membres de la famille du sultan. Dans le même quartier, près du stade, le musée archéologique renferme des objets grecs, romains et byzantins. Bursa demeure un centre de cure grâce à ses sources thermales connues depuis la plus haute antiquité. En bordure de la ville, vers l'ouest, le nouvel établissement de bains (Yeni Kaplica), construit en 1520-1566 par Rüstem Pasa, grand vizir de Soliman le Magnifique, possède un vestibule pavé de marbre rose, des salles tapissées de cérami¬ques et une salle centrale octogonale où quatre colonnes by¬zantines soutiennent la coupole et encadrent une fontaine de marbre. Dans le quartier de Cekirge se trouvent les anciens établissements de bains (Ski Kaplica), l'un des monu¬ments les plus intéressants de Bursa avec son toit couvert de tuiles rondes. Dans cette construction de Murad Ier (XIVe siècle) subsistent les restes du bain impérial de Justinien. Les deux salles de bains publiques sont recouvertes de deux coupoles supportées par de puissants massifs de maçonnerie et dallées de marbre. Plus à l'ouest en bordure de la route, la mosquée de Murad Ier offre une façade munie de baies géminées. S?ou¬vrant sur une galerie, le bâtiment évoque un palais de la Renaissance. Cette mosquée fut d?ailleurs édifiée par un architecte italien qui aurait été fait prisonnier par le sultan. Le mausolée situé de l'autre côté de la route contient les cénota¬phes du sultan Murad Ier, qui mourut en 1389 dans la bataille de Kossovo contre les Serbes, et ceux de ses en¬fants.


Izmir



L?ancienne Smyrne, qui compte aujourd?hui 2 000 000 d?habitants, est la seule survivante des villes fondées sur la côte turque de la mer Egée et re¬montant à la Grèce antique. La ville elle-même se situe sur la rive est de la baie d'Izmir. Au sud de la cité, le Kadifekale (ancien mont Pa¬gos, 160 m) soutient la vieille citadelle. Izmir possède des édifices des périodes hellénique, ro¬maine et seldjoukide. Troi¬sième ville de Turquie par sa popula¬tion et deuxième pour l'économie, Izmir possède un port toujours très actif. La ville constitue cependant un agréable lieu de vacances tant pour les plages à proximité que pour ses vestiges antiques. La rue Atatürk (Atatürk Ca¬desi) est, avec ses magasins, cafés, hôtels et restau¬rants, la plus animée d'Izmir. L'ancienne Smyrne fut fon¬dée environ en 3000 av. J.-C., un peu plus au nord que la ville actuelle, sur la colline de Tepekule, près de Bayrakli. A cette époque, Smyrne et Troie constituaient les villes les plus importantes de l'Ana¬tolie occidentale. En 800 av. J.-C., à l?époque où Homère est supposé avoir vécu, les Ioniens conquirent Smyrne. L'âge d'or de la ville prit fin avec la conquête d'Alyattes III (609-560), roi de Lydie. Plus tard, Alexandre le Grand, pour récompenser la ville de l'aide qu'elle lui avait apportée durant la guerre contre les Perses, ordonna à ses lieutenants Lysimaque et Antigo¬nus de rebâtir Smyrne sur un nouveau site près des pentes du mont Pagos, le Kadifekale d'aujourd'hui. Pendant les IVe et IIIe siècles av. J.-C., la ville connut donc une nouvelle période de splendeur. Après les Grecs, les Romains y édifièrent de somptueux monuments dont les tremblements de terre n?ont laissé que de rares vestiges. Tibère lui accorda de grands privilèges que confirmèrent Adrien et Caracalla. Un violent séisme détruisit Smyrne que Marc-Aurèle fit reconstruire une nouvelle fois. Les incursions arabes mirent fin à la pros¬périté de la ville. Les Seldjoukides la prirent d'assaut en 1076 et y établirent un arsenal maritime.
Visite d'Izmir
En bordure sud-est de la ville, le mont Pagos (Kadifekale, « colline de velours ») porte les restes d'une magnifique citadelle dont les murs remontent au temps de Lysimaque. Les tours rondes furent édifiées par les Byzantins. Plus tard, les Turcs restaurè¬rent la citadelle. Du haut de cette colline, la vue embrasse la ville entière ainsi que la baie. Au nord-ouest du Kadifekale, dans le quartier de Namazgâh, se trouve l'Agora, construite à l'époque hel¬lénistique et rebâtie par Marc-Aurèle au IIe siècle après le tremble¬ment de terre qui l'avait détruite. A l'origine, la place était entourée d'arca¬des qui abritaient des magasins et des dépôts. Au nord de cette place s'élève une basilique longue de 160 m, composée de deux étages avec des voûtes bien conservées. Dans l'Agora elle-même se dressent deux statues de marbre - celle de Poséidon (Nep¬tune) et celle de Déméter (Cérès) - qui devaient probablement faire partie d'un autel. A l'ouest, contiguë à l'Agora, s?élève la partie ancienne de la ville compre¬nant un grand nombre de petites bou¬tiques. Izmir compte également d'anciens cara¬vansérails tels que Kizlaragasi Hani et Çakaoglu Hani, qui datent du XVIIIe siècle, et plusieurs mosquées : Hisar Camii (1597), Kemeralti Camii (1671) et Sadirvan Camii (1636). Près des quais, à l'ouest, se trouve la place Konak Meydani avec la Tour de l'horloge et la mosquée Konak Camii. La rue Atatürk, grande artère commerçante de la ville, part de la place. A proximité, le Musée archéologique (ouvert tous les jours de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h), offre une belle collection d?antiquités grecques et romaines dé¬couvertes sur les deux sites de la ville antique ainsi qu?à Pergame, Ephèse, Sardes, Aydin (Tralles), Mugla, Laodi¬cée et Milet. Au nord s'étendent les installations portuaires autour desquelles un impor¬tant trafic maritime anime le quartier. A partir de là, le Fevzi Pasa Bulvarl tra¬verse la ville vers l'ouest et conduit à la gare de Basmahani. Au nord de la gare se trouve le garage Basmahani duquel partent tous les autobus voyageant dans la région d'Izmir. Dans la gare, une annexe du Mu¬sée archéologique présente les résultats des fouilles effectuées dans les environs. Au nord de la gare, se dressent le Parc de la Culture et les bâtiments du Parc des expositions.
Aux environs d'Izmir
Cesme, sur la mer Egée, est une belle plage. En revanche, il convient de se méfier des plages trop proches du port à cause de la pollution. Bayrakli, au nord d'Izmir, est le site de l'an¬cienne Smyrne. Pour s?y rendre : prendre la route de Pergame le long de la baie de Bayrakli, puis tourner à droite pour se rendre à Tepekule. La station balnéaire d'Inciralti et les sour¬ces d'Agamemnon constituent des sites intéressants. En quittant Izmir à l'ouest vers la banlieue de Göztepe et Güzelyall, la route aboutit quelques kilomètres plus loin à un carrefour. A gauche, la route prend la direction de la station thermale, dite « Sources d'Agamemnon » ; à droite, la route mène à Inciralti, ses belles plages et ses bons restaurants. En prenant tout droit, la route rejoint Urla, où se trouvent également des sources thermales A partir d'Izmir, des iti¬néraires touristiques permettent de visiter Per¬game, Troie et Bursa, ou encore de gagner Istanbul, au nord.


Fès



Première capitale d_un royaume musulman au Maroc, fondée au VIIIe siècle, Fès a gardé un rayonnement inaltérable. Elle est restée une métropole religieuse, intellectuelle et artistique. Sa situation géographique, au carrefour des routes du sud, du passage avec le Rif, de la trouée de Taza vers l_est et jusqu_à l_Atlantique par la vallée du Sebou, est aussi privilégiée. Il faut traverser toute une agglomération moderne et anarchique avant d_atteindre la vieille ville, mais le charme opère toujours et l_on reste séduit par les ruelles animées de la médina, les mosquées innombrables, les ryads et les palais... Bien que touchée par la modernité, Fès a conservé sa magie.
Fès dans l_histoire
petite pioche avec laquelle tracer les limites de la ville. En réalité, dès la fin du VIIIe, siècle, une petite ville berbère s_élevait sur la rive droite de l_oued qui s_appelait Madinat Fas. Elle servit de base militaire pour le fondateur de la dynastie idrisside en campagne contre Taza et Tlemcen. En 809, Idriss II fondait de l_autre côté de la rivière, un quartier royal avec son palais, sa mosquée et ses murailles. Très vite, le rayonnement de Fès sur le monde musulman attira vers elle de nombreux immigrants apportant des connaissances et des techniques qui ont favorisé son développement. Dès 817, des familles musulmanes d_Espagne vinrent s_installer et fondèrent Adoua el Andalou, le quartier des Andalous. Ils furent suivis d_Arabes venus de Tunisie installés dans Adoua el Karaouyine, le quartier des Kairouanais. Une importante communauté juive s_installa également. A la fin du XIe siècle, le sultan almoravide Youssef ben Tachfine réunit les différents quartiers dans une même enceinte ce qui marqua la naissance de Fès el Bali, c_est-à-dire Fès l_ancienne. Aux XIIe et XIIIe siècles, sous les Almohades, la ville connaît un développement industriel avec la création de tanneries, de moulins, de teintureries, d_ateliers de cuivres le long de l_oued et un essor intellectuel avec l_enseignement dispensé à la mosquée Karaouyine. Elle atteint son apogée au XIVe siècle : elle compte alors 200 000 habitants et accueille de nombreux étudiants dans ses medersas réputées ainsi que des commerçants dans ses nombreux fondouks ou hôtels. Hors des murs, une véritable citadelle est érigée, Fès el Jdid (Fès la neuve) qui abrite un nouveau palais royal, des bâtiments administratifs et une garnison. Au XVIe siècle avec l_arrivée au pouvoir des Saadiens, Fès entame son déclin politique. La nouvelle dynastie lui préfère Marrakech et Fès ne retrouve son rang de capitale qu_avec la dynastie alaouite qui construit de nouveaux édifices et relève les anciens monuments. Jusqu_au XIXe siècle, elle conserve un prestige immense, l_université Karaouyine est un foyer de pensée islamique et les commerçants fassi voyagent de l_Afrique à l_Europe. Autour de la ville, se constituent de grandes propriétés agricoles. Mais à la fin du siècle, le Maroc est accablé de difficultés économiques et politiques, les sultans ne savent résister aux turbulences et en 1911 alors que Fès est investie par des tribus berbères, le Sultan fait appel aux troupes françaises croyant ainsi sauver son trône. L_année suivante, le traité de Fès est signé et après l_arrivée de Lyautey, le nouveau sultan Moulay Youssef est installé à Rabat. Fès perd son rôle de capitale du Maroc.
Le tour de Fès
Pour faire connaissance avec la ville, un très bel itinéraire de 16 Km permet de faire le tour de l_enceinte qui protège Fès el Bali et Fès el Jedid, d_admirer le jeu des lumières sur les remparts et les belles portes qui permettent d_entrer dans la ville. Depuis la ville nouvelle, suivez la majestueuse avenue Hassan II puis prenez à droite la route P 1 qui serpente parmi les oliviers. Après de très beaux points de vue sur la muraille, prenez à droite une route qui monte vers le bordj Sud. Ce fortin abandonné domine la vallée de Fès, fermée par le Jebel Zalagh. Redescendez vers la P 1 qui traverse le cimetière et passe devant la porte de Bab Ftouh. Laissez la P 1 à droite, continuez vers Taza et suivez les remparts. La route épouse les sinuosités des murailles et touche les remparts au niveau du palais Jamaï édifié par un puissant vizir au siècle dernier et aujourd_hui aménagé en hôtel. Au nord de la ville, sur une butte accessible par un sentier, s_élèvent les ruines des mausolées des derniers mérinides. De là, la vue d_ensemble est saisissante sur Fès. Un peu plus loin, une petite route permet d_accéder au bordj nord, une forteresse saadienne aménagée en musée d_armes. Au carrefour suivant, prenez à gauche le boulevard des Saadiens qui rejoint l_avenue Hassan II.
Fès el Bali
Pour ceux qui hésiteraient à s_aventurer seuls dans la médina, des guides officiels sont présents au syndicat d_initiative. Vous pourrez laisser votre voiture au parking devant Bab Bou Jelou qui permet d_entrer dans la ville. Cette porte flamboyante avec ses faïences bleues et vertes a été reconstruite en 1913. Prenez tout de suite à gauche puis à droite dans la rue Talaa Kebira, la rue principale de Fès el Bali. Bordée de boutiques, elle dessert de nombreux souks. Sur la droite s_ouvre l_entrée de la medersa Bou Inania. Construite au milieu du XIVe siècle sous la dynastie des Mérinides, elle est la plus belle et la plus vaste de Fès. Sa cour entièrement dallée de marbre et d_onyx est particulièrement somptueuse avec son décor de stuc, de zelliges et de bois sculpté. Les cellules des étudiants ainsi que deux salles de cours sont disposées autour de la cour au rez-de-chaussée et au 1er étage. La salle de prière fait face à l_entrée, elle est soutenue par des piliers d_onyx. En sortant de la medersa, le carillon de Bou Inania, un alignement de 13 timbres de bronze, orne la façade de l_autre côté de la rue. Reprenez à droite la rue Talaa Kebira, elle devient plus étroite et la foule y est souvent dense. Attention, priorité aux ânes qui tirent de petites charrettes souvent lourdement chargées ! Dans une recoin extérieur du mur de la mosquée Gazléane, une banquette est protégée par un auvent et fermée par une grille : Idriss II s_y serait reposé. Plus loin sur la gauche s_ouvre le fondouk des peaussiers où, sur deux étages, sont mises à sécher les peaux arrivées des abattoirs avant d_être envoyées au tannage. Ensuite se succèdent les souks des bijoutiers, nattiers, cordonniers, fabricants de soufflets... Le souk Attarine prolonge la rue Talaa Kebira, c_est le souk aux épices odorantes et multicolores. A son extrémité s_élève la medersa Attarine plus ancienne que celle de Bou Inania. Elle est particulièrement remarquable pour la richesse de sa décoration intérieure à l_apogée de l_art mérinide. En sortant, prendre immédiatement à gauche pour accéder à la mosquée Karaouyine. De la mosquée d_origine fondée au IXe siècle par une femme pieuse dans le quartier des Kairouanais, il ne reste rien. Seul le minaret surélevé en 956 se trouve à son emplacement d_origine. Ce sont les Almoravides qui agrandirent l_édifice à ses dimensions actuelles en faisant le plus grand lieu de prière d_Afrique du Nord pour l_époque pouvant accueillir 20 000 fidèles et abritant une prestigieuse université coranique. Interdite aux non musulmans, il est seulement possible de jeter un _il par une de ses nombreuses portes. Suivre la rue Bou Touil depuis la rue Sbalouïat qui passe sous des maisons à encorbellement venant presque toucher le mur de la mosquée. Sur la gauche, s_ouvre le fondouk Tsétaouine appelé ainsi parce qu_il accueillait les marchands venus de Tétouan. Les fondouks étaient des hôtelleries pour commerçants créées par les sultans. Le rez-de-chaussée abritait les entrepôts de marchandises et les écuries, aux étages se trouvaient les chambres desservies par des galeries. Aujourd_hui les fondouks font office d_entrepôts. Continuez la rue Sbalouïat qui débouche sur la place Seffarine, avec le souk des dinandiers qui martèlent plateaux et chaudrons, cisèlent des théières et aiguières ou soudent de fragiles lanternes. Le souk des teinturiers se trouve le long de l_oued Fès, de l'autre côté de la place. Prenez ensuite à droite, la rue Cherratine qui conduit à la medersa Cherratine. Ce bâtiment construit en 1670 est dû au sultan alaouite Moulay Rachid. Sa décoration, plus sobre que les précédentes medersas, alterne le stuc blanc et le cèdre brun sculpté. Un peu plus loin à droite sur la place Chemaïne se tient le marché aux fruits secs et des échoppes de broderies et passementeries. Revenez à la rue Cherratine et tournez à droite dans la Kissaria, c_est un marché couvert, exclusivement consacré à la passementerie et à la broderie : tissus soyeux et chatoyants, voiles légers, fils d_or et d_argent ou multicolores, babouches brodées emplissent les minuscules boutiques. Regagnez la rue Cherratine pour atteindre la Zaouïa de Moulay Idriss qui abrite le tombeau d_Idriss II. A droite sous un auvent se trouve une jolie fontaine décorée de plâtre ciselé et peint. Dans le mur, le tronc aux offrandes est un beau moucharabieh de cèdre avec en son centre, une plaque de cuivre percée d_une fente dans laquelle le fidèle glisse de l_argent avant de baiser le mur. De nombreux mendiants hantent ce passage espérant bénéficier de la générosité des pèlerins. L_entrée de la zaouïa est en bois sculpté et peint ; par la porte ouverte, on aperçoit la salle de prière, sa curieuse collection d_horloges et au fond le tombeau de Moulay Idriss. Face à l_entrée, une ruelle bordée de boutiques d_objets de piété conduit à la place Nejjarine. C_est une très jolie place aux proportions harmonieuses avec le superbe fondouk Nejjarine et la fontaine du même nom au beau décor de zelliges. Sur la droite s_ouvre le souk Nejjarine aux menuisiers qui embaume le bois de cèdre. Les maisons aveugles qui bordent les rues recèlent des jardins intérieurs invisibles aux passants. La porte Bab Ftouh permet d_accéder à la mosquée des Andalous fondée peu après la Karaouyine et elle aussi embellie par les Almohades au XIIIe siècle. Elle s_ouvre par une grande porte monumentale décorée de zelliges et surmontée d_un auvent en cèdre sculpté. Non loin se trouve le quartier des potiers où sont façonnés et peints les objets et plats en céramique qui ont fait la renommée de Fès. Derrière la mosquée, la rue Seffeh conduit au quartier des tanneurs en bordure de l_oued Fès. Leur odeur est tenace mais leurs grandes cuves de couleur dans lesquels travaillent les hommes offrent un spectacle impressionnant.
Fès el Jdid
Fès la Neuve abrite le palais royal dont l_entrée principale, place des Alaouites, se compose de trois portes monumentales en bronze doré et protégées par un auvent de tuiles vertes. Elles ne s_ouvrent que lors de cérémonies exceptionnelles. La rue Bou-Ksissat sépare le Mellah, ou quartier juif, de l_enceinte du palais. Melh est le sel en arabe et la première communauté juive de Fès était installée près du marché au sel, depuis le Mellah caractérise le quartier juif de toutes les villes marocaines. Comme ailleurs au Maroc, la communauté juive a considérablement diminué et des musulmans ont investi le quartier aux maisons à loggias de bois. Cependant, la Grande Rue des Mérinides reste vouée aux bijoutiers et orfèvres qui cisèlent l_or et l_argent. Elle reste l_artère la plus animée de ce quartier, bordée de boutiques. Le Dar Batha, place de l_Istiqlal, est un palais construit par les Alaouites à la fin du XIXe siècle et transformé en musée des Arts et Traditions Populaires. Bien que récent, il offre un bel exemple d_architecture hispano-mauresque avec son jardin andalou aménagé entre les deux ailes. Poteries, tapis, bijoux, bois sculptés, passementeries... les différentes techniques artisanales de la région de Fès sont représentées par des objets admirables.