4 - Histoire
     Tableau Chronologique




Dix siècles d?histoire
7200 av. J.-C. : appari¬tion de l'agriculture et de l'élevage en Anatolie sur les sites de Caferhöyük et Cayönü 6500 à 5300 av. J.-C. : à Catalhöyük, près de Konya, a été découvert le plus grand site néolithique connu : statuettes et parures de grande qualité, fresques (les plus anciennes connues) et poteries. Les habitants tiraient leur prospérité de l'agriculture mais aussi du commerce de l'obsidienne. Vers -1950 : des Assyriens installent des colonies marchandes à côté des villes anatoliennes. Ils importent de l'étain, de la laine, des tissus et achètent de l'or, de l'argent. Leurs archives commerciales (les premiers textes connus en Anatolie) donnent de précieux renseignements sur la région à cette époque. Vers -1800 : des populations indo-eu¬ropéennes, les Hittites, venues d'au¬-delà du Caucase, s'infiltrent en Anatolie et s'intègrent au sein des populations locales. 1650 : les origines du grand royaume hittite sont obscures. Néanmoins le premier souverain connu, Hattusili Ier installe sa capitale à Hattusa. Vers -1600 : son successeur Mursili annexe les petits royaumes voisins et conquiert la Syrie du Nord et Babylone. Peu après commence une période troublée et le déclin de l'empire hittite. -1450 : Thudhaya, fondateur d'une nou¬velle dynastie, entreprend de recons¬truire la grandeur hittite et se heurte au royaume du Mitani (au sud-est). Ce dernier sera conquis au milieu du XVe siècle av. J.-C. L'empire hittite entre alors au contact des possessions égyptien¬nes au Moyen Orient. Début du XIIIe siècle av. J.-C. : confrontation avec le pharaon Ramsès II à la bataille de Oadesh en Syrie du Nord. L'issue est incertaine et aboutit au statu quo. Vers -1200 : des vagues d'envahisseurs se répandent à travers l'Anatolie, la Syrie et jusqu'en Egypte. Les textes égyptiens les appellent « les peuples de la mer » sans qu'il soit possible de les identifier. L'empire hittite se désa¬grège en petits royaumes indépen¬dants. Parmi ces peuples apparaissent les Phrygiens qui constituent un royaume, lequel atteint son apogée au VIIIe siècle et étend sa domination sur tout l'ouest à partir de sa capitale Gor¬dion. Vers -1000 : le royaume d'Ourartou s'implante à l'est autour de Van. Jus¬que vers le VIIe siècle av. J.-C., l'Ourartou, qui connaît une civilisation matérielle bril¬lante (travail du métal), est l'une des plus puissantes entités politiques du Moyen Orient. -546 : le roi perse Cyrus II envahit l'Ana¬tolie, renverse Crésus, roi de Lydie, et rétablit l'unité de la péninsule. Durant le VIe siècle av. J.-C., les cités ioniennes de la côte (Ephèse, Smyrne, Milet, Priène) connaissent leur âge d'or. Elles consti¬tuent une confédération qui rayonne culturellement et commercialement dans tout le monde grec. -494 : certaines cités ioniennes se révol¬tent contre les Perses ; ceux-ci rem¬portent une brillante victoire navale qui met fin à la rébellion. -334 : Alexandre le Grand écrase les Perses près de l'actuelle Iskenderum. L'Anatolie est conquise en un an. De là, Alexandre continue ses conquêtes en Egypte et jusqu'en Inde. -323 : à la mort d'Alexandre, ses géné¬raux se disputent l'héritage de son empire. Aucun ne l'emporte, ce qui provoque un état de guerre per¬manent et des partages successifs éphémères. -281 : la situation se stabilise. La plus grande partie de l'Anatolie échoit à la dynastie fondée par Séleucos (égale¬ment maître de la Syrie et de la Méso¬potamie) à l'exception du nord où de petits Etats se sont reconstitués : Royaume du Pont, de Paphlagonie et de Cappadoce. -262 : une nouvelle dynastie s'établit à Pergame avec Eumène qui peu à peu devient la première puissance en Ana¬tolie occidentale. -133 : Attale III, roi de Pergame, sans héritier, lègue son royaume aux Ro¬mains ; ceux-ci créent en -129 la pro¬vince d'Asie qui comprend toute l'Ana¬tolie avec Ephèse comme capitale. La région va connaître cinq siècles de prospérité. 37 à 56 : les Apôtres et la Vierge Marie trouvent refuge à Ephèse. Prédication de saint Paul ; déve¬loppement rapide du christianisme. 324 : l'empereur Romain Constantin transfère sa capitale à Byzance, « la nouvelle Rome », qui porte désormais son nom : Constanti¬nople. Depuis 313, le christianisme est autorisé dans l'Empire romain et l'empereur joue un rôle considérable dans l'orga¬nisation de l'Eglise dont il est le chef. 395 : à la mort de Théodose Ier, ses deux fils se partagent l'empire : Arca¬dius est empereur d'Orient, et Hono¬rius celui d'Occident. 476 : Rome tombe aux mains des Bar¬bares ; Constantinople reste la seule capitale d'un empire réduit à sa partie orientale. 527-565 : règne de Justinien. C'est le premier âge d'or byzantin. L'Empire romain est presque restauré (Ra¬venne, les Balkans, l'Anatolie, la Syrie, l'Egypte, l'Afrique du nord, une partie de l'Espagne) et Byzance affirme sa vocation universelle. Justinien entre¬prend de nombreuses constructions de prestige dont Sainte-Sophie est le symbole. 610-641 : Héraclius II réorga¬nise l'empire, hellénise l'administra¬tion et mène une longue guerre contre la Perse qui laisse l'empire exsangue. 636 : défaite byzantine face aux Arabes à la bataille du Yarmouk (Palestine). 646 : la Syrie et l'Egypte sont définitivement perdues. Pendant un siècle et demi, l'affrontement avec l'empire arabo-musulman omeyyade (Damas) puis abbasside domine la politique byzantine en Asie mineure. 674-678 : une flotte arabe met le siège devant Constantinople, sans succès ; de même en 717. C'est une période de crise interne qui se mani¬feste par des querelles religieuses sur le rôle des images saintes. De 726 à 843 : les empereurs soutiennent la doctrine dite « iconoclaste » qui pros¬crit les images. 867-1056 : les Byzantins reprennent l'offensive en Orient. C'est un second âge d'or tant politique qu'artistique. 1071 : à la bataille de Manzikert, les Byzantins sont écrasés par les Seld¬joukides ; ceux-ci sont désormais maî¬tres de l'Anatolie. 1097 : les contingents de la Première Croisade traversent l'Asie mineure et livrent combat aux Turcs à plusieurs reprises. En 1098, ils enlèvent Antioche aux Seldjoukides. 1176 : victoire des Seldjoukides qui installent leur capitale à Konya et inau¬gurent une période de paix, de prospé¬rité économique et d'intense activité de construction de mosquées, ma¬drassas, caravansérails, etc. 1204 : au cours de la IVe Croisade, les croisés s'emparent de Constantinople. Le royaume latin de Constantinople se perpétue jusqu'en 1261. Les Byzantins se replient dans de petits Etats du Péloponnèse ou au bord de la mer Noire, sous la direction de familles nobles, comme les Paléolo¬gues à Trébizonde. 1242-1258 : l'invasion mongole met fin au sultanat seldjoukide dont les chefs deviennent les vassaux du mongol Hu¬lagu. 1261 : les Byzantins reprennent pied à Constantinople en profitant des dis¬sensions entre les prin¬ces latins. De petits royaumes turcs se fondent çà et là, dont celui d'Ertog¬hul venu des steppes caucasiennes, à l'origine de la dynastie otto¬mane. A Byzance, la dynastie des Paléologues essaie de restaurer la splendeur et la puissance de la ville ; au point que l'on a pu parler de « Re¬naissance Paléologue ». 1268 : Baïbar, sultan mamelouk d'Egypte, arrache la principauté latine d'Antioche aux mains des Francs. 1300 : Osman Ier, fondateur de la dynas¬tie des Osmanli (Ottomans), enlève plusieurs villes aux Byzantins. 1326 : Orhan, fils aîné d'Osman, s'em¬pare de Bursa (Brousse) dont il fait la capitale du petit empire ottoman nais¬sant. 1330-1331 : Orhan s'empare d'Izmit (Nicomédie) et d'Iznik (Nicée). 1359 : Orhan se proclame sultan. 1359-1386 : Murad Ier, fils d'Orhan, continue la politique d'expansion de son père. Parmi ses plus belles victoi¬res, la prise d'Edirne (Andrinople), dont il fait la capitale de son empire en 1366, iso¬le Constantinople. Les Ottomans progressent vers l'Europe et s'empa¬rent de Sofia. 1396 : début des tentatives ottomanes de s'emparer de Constantinople. 1400-1402 : deuxième invasion mon¬gole. Tamerlan bat l'armée du sultan ottoman Beyazit Ier à Ankara en 1402. Tamerlan reçoit aussi un tribut de l'em¬pereur de Constantinople. Il fait Beyazit prisonnier et restaure les petits émirats turcs dépossédés de leur terri¬toire par les Ottomans. Byzance connaît un bref répit. 1413-1421 : Mehmet Ier, fils de Beyrazit, est proclamé sultan après plus de dix ans de querelles au sujet de la succession du sultan prisonnier et décédé un an après son exil. Mehmet Ier entretient des rapports amicaux avec les Byzantins. 1421-1451 : Murad II lui succède. La guerre reprend avec les Byzantins. Le sultan tente sans succès de prendre Constantinople. 1451 : Mehmet II, dit le Conquérant, succède à Murad II. 1453 : prise de Constantinople par Mehmet II. La ville devient Istanbul, capitale de l'Empire ottoman. 1461 : annexion de Trabzon (Trébi¬zonde) où se maintenait la dynastie chrétienne des Comnènes. Les Otto¬mans poursuivent leurs conquêtes et s'emparent de la Serbie. 1512-1520 : le Sultan Selim Ier bat les Perses Safavides à Çadiram (1514) et annexe les régions d'Arménie et de Diyarbakir que ceux-ci occupaient. 1516 : les victoires contre les Mame¬louks ouvrent les portes de la Syrie et de la Palestine. Peu après, une autre victoire du sultan, près du Caire, en¬traîne l'annexion de l'Egypte. 1520-1566 : le règne de Süleyman, So¬liman le Magnifique, marque l'apogée de l'Empire ottoman. Le sultan orga¬nise ses conquêtes et poursuit son avance en Europe. En 1521, il s'empare de Belgrade. En 1529, il assiége Vienne après avoir annexé la Hongrie. Il échoue devant la résistance de la capitale autrichienne. En 1533, les campagnes orientales contre la Perse assurent la possession de l'Azerbaïdjan et de la Mésopotamie. A l?ouest, les corsaires turcs prennent Alger et Tunis. 1566 : Süleyman es¬saie une fois de plus de mettre le siège devant Vienne. Il meurt d'une crise cardiaque à Sziget (Sziget¬var). Commence le lent déclin de l?Empire ottoman. 1566-1574 : le règne de Selim Il débute par la prise de Chypre en 1570 dont la perte provoque chez les chrétiens le début d'une coalition contre les Turcs. 1571 : les coalisés rencontrent les Turcs en Méditerranée. Espagnols et Vénitiens détruisent la flotte turque à Lépante. 1574-1595 : révolte des Ja¬nissaires sous Murad III. nouvelle tentative turque pour prendre Vienne. Nouvel échec. Pierre le Grand de Russie entreprend la conquête de la Crimée turque. Sur le plan intérieur, les sultans perdent leur autorité au profit du grand vizir et des eunuques. Les Russes aspirent à la possession des dé¬troits. Pour faire face à ces difficultés croissantes, la Turquie s'allie à la France et à l'Angleterre. les Russes obligent les Turcs à leur céder la Crimée au traité de Küçük Kaynarca. Ils obtiennent également la libre navigation des Dardanelles. traité de paix entre la Turquie et la France. Mahmud Il, nouveau sultan, entreprend de grandes réformes. Il décrète la dissolution des Janissaires, troupes d'élite, mais fau¬teurs de troubles, puis ordonne leur massacre. après de longs et sanglants combats, la Grèce conquiert son indé¬pendance. avec le règne du sultan Abdül Medjid puis avec ses succes¬seurs, véritables princes réformateurs, s'inaugure la période dite des « tanzi¬mat » (réformes) qui touche tous les aspects de la vie politique et sociale : centralisation de l'administra¬tion, modernisation de l'Etat, occiden¬talisation de la société. Ces réformes ne parviennent pas à mettre un terme à la désagrégation de l'em¬pire et favorisent la pénétra¬tion de l'économie par les Occiden¬taux. nouvelle guerre turco-russe au sujet de la Crimée. Anglais et Français interviennent aux côtés des Turcs. Les Russes sont battus en 1856. nouveau conflit turco-russe. Les Russes, vainqueurs, imposent le traité de San Stefano. La Turquie perd presque toutes ses possessions euro¬péennes. A l'intérieur de l'empire, le sultan cherche à imposer de nouvelles réformes. La « question d'Orient » partage l'Empire otto¬man moribond entre les puissances européennes. L'Empire ot¬toman, en décrépitude, est surnommé « l'Homme malade de l'Europe ». naissance de Mustafa Kemal à Salonique. le mouvement nationa¬liste radical des Jeunes Turcs éclate. La guerre des Balkans (1912-1913) puis la Grande Guerre (1914-1918) apportent de nouveaux pro¬blèmes à la Turquie qui, sous la pres¬sion des Jeunes Turcs, se range du côté de l'Allemagne. la défaite de l'Allemagne et de la Turquie donne le signal du dépe¬çage de l'Empire ottoman. La flotte britannique mouille à Istanbul. Suite à la révolte arabe (1916-1918), les pro¬vinces de Syrie-Palestine sont déta¬chées de l'empire et occupées respec¬tivement par les Français et les An¬glais. Les Français pénètrent en Cilicie (Adana). les Italiens débarquent à Antalya, les Grecs à Smyrne avec la volonté d?an¬nexer l'ouest de l'Anatolie. Le général Mustafa Kemal organise la résistance. constitution à Ankara, sous la présidence de Kemal, de la Grande Assemblée nationale, vérita¬ble Etat parallèle à celui du sultan encore en place à Istanbul. En août est signé à Sèvres le traité de paix entre les alliés et le gouvernement du sul¬tan. Les conditions en sont très dures pour la Turquie. Kemal, qui ne recon¬naît pas le traité, fait face victorieuse¬ment à l'armée grecque. les Français se retirent de Cilicie et passent avec le gouvernement na¬tionaliste de Kemal un nouvel accord plus favorable à la Turquie. le sultan Mehmet VI s'enfuit, le sultanat est aboli. Abdülmajid lui suc¬cède avec le titre de calife et un seul pouvoir religieux. Le califat est aboli à son tour en 1924. L'offensive grecque s'achève par un dé¬sastre, les troupes réembarquent à Smyrne. en juillet, signature du traité de Lausanne, entre les alliés et le gou¬vernement d'Ankara dont la souverai¬neté est reconnue dans les frontières qu'on lui connaît aujourd'hui. Le 29 oc¬tobre, la nouvelle République turque est proclamée et Mustafa Kemal en devient le premier président. Kemal, qui peu après prend le nom d?Atatürk (Père des Turcs), entreprend de moderniser le pays, de le laïciser en rompant radicalement avec le passé ; l'islam n'est plus reli¬gion d'Etat, les imams deviennent des fonctionnaires, la charia (loi islamique) est abolie au profit d'un code civil, la polygamie et les confréries religieu¬ses sont interdites ; adoption du ca¬lendrier grégorien et du dimanche comme jour férié ; droit de vote des femmes. L'alphabet latin est adopté à la place de l'alphabet arabe, la langue est simplifiée et « turquifiée » (abandon des noms d'origine arabe). début de l'étati¬sation de l'économie, nationalisation des transports et création de com¬plexes industriels d'Etat. mort d'Atatürk. Ismet Inönü devient président de la République. la Turquie reste neutre durant la deuxième guerre mondiale. la Turquie entre dans l'Otan. coup d'Etat militaire du général Cemal Gürsel qui devient chef de l'Etat. victoire aux élections du Parti de la justice de Süleyman Demirel, libé¬ral et nationaliste. à la suite d'un coup d'Etat à Chypre, l'armée turque intervient et occupe le nord de l'île. sur fond de crise économi¬que et politique, troubles et atten¬tats se succèdent. Les militaires, avec le général Kenan Evren, réagissent et rétablissent l'ordre. retour à la démocratie. Aux élections législatives, Türgüt Ozal, chef du Parti de la mère-patrie (ANAP) l'emporte et devient premier ministre. Kenan Evren reste président. demande officielle d'adhésion à la C.E.E. Aux élections législatives de novembre, nouvelle victoire du parti de Türgüt Ozal. Türgüt Ozal est élu président de la République au suffrage universel. première guerre du Golfe. La Turquie fait partie de l'alliance internationale contre l'Irak. Demirel, dont le parti a remporté les élections législatives, redevient Premier ministre. violences en pays kurde. La Turquie noue des liens économiques étroits avec les républiques musulma¬nes turcophones de l'ancienne URSS. Demirel devient président de la République. Une femme, Mme Ciller, chef du Parti de la juste voix, remporte les élections et devient Premier ministre nouvelles élections législatives remportées cette fois par le très islamique Parti de la prospérité. M. Erbakan, nou¬veau Premier ministre, forme un gouvernement de coalition avec Mme Ciller.