10 -Régions et Itinéraires
     Le Sénégal oriental

Très excentrée, la région du Sénégal oriental mérite le détour pour l’un des plus beaux parcs de l’Afrique de l’ouest, le Niokolo-Koba, qui abrite le peuple paléo-négritique des Bassaris, dont les rites très anciens font pénétrer dans des traditions de l’Afrique immémoriale. 604 km séparent Dakar du parc national du Niokolo-Koba. La route est bitumée. Prendre la direction de Rufisque jusqu’à Kaolack. A Kaolack, laisser à droite la route de Banjul et celle de Nioro du Rip et prendre à gauche vers Kaffrine (66 km de Kaolack). L’itinéraire passe par Birkelane (2.300 habitants, poste, télégraphe, téléphone, dispensaire, marché, essence). Jusqu’à Tambacounda (225 km de Kaffrine), la route passe à proximité de nombreux sites mégalithiques : cromlechs des environs de Kaffrine, autres monuments à Koumpentoum et à 30 km au sud-ouest de Koussanar. Tambacounda (20.000 habitants) est la capitale du Sénégal oriental. Elle ne présente pas d’intérêt touristique particulier mais constitue le meilleur moyen d’accès au Niokolo-Koba à travers une région de savane boisée sans relief mais agréable. De Tambacounda, prendre la bonne route goudronnée de Kédougou après avoir fait le plein d’essence. 83 km plus loin, au village de Dar Salam, débute le parc. Il faut arriver de jour pour entrer sans problème. Une piste part sur la droite (vitesse limitée à 20 km/h ; en cas de panne, attendre les secours dans la voiture, il y a des lions...) vers le campement de Simenti au cœur du Niokolo-Koba (un véhicule normal suffit en saison sèche pour y accéder). Réserve totale de faune et de flore, le Niokolo-Koba couvre 812.800 ha et abrite lions, buffles, singes, de nombreuses antilopes, élans de Derby, bubales, waterbucks, hippotragues (kobas), cobs de Buffon – en abondance – guibs harnachés, hippopotames, crocodiles et phacochères. De nombreuses espèces d’oiseaux, de poissons et de tortues le peuplent également. Le parc, équipé de 600 km de pistes (droit d’entrée à acquitter), est ouvert de mi-décembre à juin. Il possède un terrain d’aviation à Simenti et à Niokolo-Koba, et trois campements allant du confortable au rustique. Pour le visiter, mieux vaut prendre un guide qui sait en général parfaitement où se trouvent les animaux en fonction des heures et de la saison. L’itinéraire dit « de la Boucle de Badi » permet d’observer, à proximité de la Gambie, de très nombreuses antilopes, cobs de Buffon et bubales. Les buffles se trouvent généralement à l’ouest, vers Damantan, et au nord-est vers Gamon, où des lions sont également présents. Des cynocéphales s’observent sur la route qui part du campement de Niokolo-Koba vers Kédougou. Enfin, la piste qui, de la patte d’oie (34 km de Badi), longe la Gambie jusqu’à Bangaré (60 km) permet d’observer fréquemment les animaux se désaltérant dans les mares (Sita Ndi, Sibiloulou). De Bangaré pour se rendre en pays bassari, se diriger à l’est vers Wouroli (nombreux hippopotames sur la Gambie) puis de là au sud sur Tiankoye, obliquer à droite vers Etiolo, chef-lieu de canton des Bassaris. Cette expédition demande du temps, un véhicule 4X4. Mieux vaut être accompagné par un guide et un autre véhicule car il n’existe aucune station-service, garage ou panneau indicateur, et les pistes changent d’année en année suivant les pluies. C’est ici que se trouve l’ethnie la plus traditionnelle du Sénégal. Situé dans la Haute-Gambie, à la frontière nord de la Guinée, le pays bassari est celui des hommes nus. A l’occasion des fêtes, les femmes portent un tablier de cuir ou de feuilles tombant sur les reins, les hommes n’ont qu’un étui pénien de fibres tressées. Les origines des Bassaris sont mal connues. Ils vivent en parfaite autonomie, limitant au maximum les contacts avec les Peuls, Mandings et Toucouleurs du voisinage (ces contacts, dans le passé, se révélaient souvent brutaux). Leur folklore et leurs coutumes sont remarquables et uniques. Ils vivent dans de petites cases rondes individuelles de 2 m de diamètre, coiffées de toitures coniques en paille. Une fois tous les quinze jours, les cases sont démontées et installées quelques dizaines de mètres plus loin, en un lieu choisi à l’avance. Les déplacements du village ne dépassent guère 1.000 m, mais ils ne cessent pas. Leurs coutumes religieuses sont également fort intéressantes. Fétichistes, les Bassaris organisent de grandes fêtes lors des cérémonies rituelles. Par leur initiation (début septembre), les garçons de 16-18 ans deviennent des « falugs » (initiés). Après avoir été avalés par les esprits, ils exécutent la danse du coq puis sont conduits en un endroit secret de la brousse où ils boivent de la bière de mil avant... d’être roués de coups. Revenus au village, ils se comportent comme des nouveaux-nés dépourvus de toute expérience et de toute connaissance. L’initiation ne s’achève qu’après bien d’autres épreuves. Les filles sont initiées au cours de l’excision, après laquelle elles dansent durant des heures. Les initiés des deux sexes ont la plus grande liberté sexuelle, et les filles ne se marient qu’après avoir donné naissance à un enfant. Les funérailles, enfin, sortent également de l’ordinaire puisque les Bassaris ont pour coutume de demander au mort les raisons de son décès ! Cette région se révèle ainsi exceptionnellement intéressante pendant les périodes de fêtes en février, mars, avril et mai.