3 - Géographie
     Flore



Au regard des autres pays de la région, le Liban apparaît comme favorisé par une abondance de ressources en eau douce qui a donné au pays tant sa richesse humaine que sa variété naturelle. Le Liban fut d?abord connu pour ses forêts dont les bois constituaient une marchandise exportée partout au Moyen-Orient. La surexploitation a conduit à une réduction progressive des zones forestières qui ne couvrent plus que 7 % du territoire (80 000 ha). Le cèdre qui avait à lui seul fait la réputation du pays ne survit plus que sur un total de 800 hectares à Bécharré et dans le Chouf. On trouve cependant encore, aujourd?hui, de nombreuses variétés de pins dans les montagnes ainsi que les plus vastes zones boisées de tout le Proche-Orient. Le surpâturage également a nuit au tapis de végétation, bien que les sous-bois et les vallées de montagne, au printemps, soient un bonheur pour les amateurs de fleurs sauvages.

Les cèdres dans l’histoire



Souvent mentionné dans la Bible et dans d?autres textes anciens, le cèdre a joué un rôle important dans l?Orient antique. Son exploitation intensive débute au IIIe millénaire av. J.-C. lorsque les cités de la côte entreprennent d?en faire commerce. Le bois de cèdre fait partie du tribut imposé aux cités phéniciennes par les Assyriens, les Babyloniens ou les Perses. Salomon en commande une grande quantité au roi Hiram de Tyr pour la construction de son temple à Jérusalem. Sennachérib, monarque d?Assyrie, prétend être monté jusqu?aux endroits les plus reculés du Liban pour y couper des grands arbres. Nabuchodonosor se vante d?avoir ramené à Babylone des cèdres géants qu?il a abattus de ses mains. Particulièrement apprécié pour son parfum, sa résistance et la taille de ses fûts, le cèdre a été utilisé dans la construction des bateaux, des tombeaux, des palais et des temples. Les Egyptiens en tirèrent une huile pour la momification et ont fait de la résine un produit de calfatage. Mais la forêt se réduit et, au IIe siècle apr. J.-C., l?empereur Hadrien entreprend de la protéger. Des inscriptions sont alors gravées sur les rochers pour définir les limites de réserves forestières qui comprennent quatre espèces : le cèdre, le sapin, le genévrier et le chêne. Au cours des siècles suivants, la forêt est pourtant décimée pour les besoins du chauffage et l?alimentation des fours à chaux. Au Moyen Age, les massifs sont troués de clairières pour y pratiquer l?agriculture. Au XIX e siècle, les Ottomans soumettent la sylve à une exploitation intensive, en particulier pour construire les chemins de fer. De l?immense forêt de cèdres qui recouvrait jadis le Liban, il ne subsiste plus aujourd?hui que quelques massifs en haute altitude et difficiles d?accès.