3 - Géographie
     Environnement



Une nature menacée



Au même titre que les hommes, l?environnement a pâti des années de guerre. L?absence d?un pouvoir politique centralisé et l?indigence des services publics ont conduit à faire de bien des espaces du littoral ou des rivières des décharges sauvages, tandis que les forêts étaient exploitées de façon incontrôlée. Le taux de pollution des cours d?eau ou de la mer, au large des centres urbains, atteint des niveaux inquiétants et la propreté des plages publiques laisse encore largement à désirer. En été, le niveau de pollution atmosphérique dans la capitale est équivalent à celui des métropoles occidentales sans que les pouvoirs publics mettent encore en place des mesures pour y remédier. Le paysage lui-même a souffert. Chaque faction s?étant constitué sa propre zone autonome dans le pays l?a parfois urbanisée à outrance, sans plan d?aménagement. Ceci est particulièrement frappant sur la plaine littorale ainsi que dans des régions semi-rurales de la Montagne ou de la Bekaa. Sans compter que nombre de villages du Metn, du Chouf et du Sud ont été détruits par les bombardements. Les carcasses des maisons, vidées de leurs habitants, sont demeurées en l?état, moitié écroulées, comme un témoignage fantomatique des violences de la guerre. Il ne faut tout de même pas noircir le tableau. En effet, on constate des efforts dans le bon sens qui, s?ils ne sont pas exempts de considérations plus mercantiles, ont aussi pour effet de restaurer tant le paysage urbain que rural. Les ruines de nombreux villages détruits ont été déblayées ces dernières années tandis que le centre-ville de Beyrouth fait l?objet d?un vaste plan de reconstruction. La municipalité de Beyrouth, pour sa part, s?emploie à replanter les palmiers adultes qui faisaient une bonne partie de la beauté de la corniche du bord de mer et qui ont souffert de la guerre. Encouragé par diverses organisations non-gouvernementales et soutenu par les agences spécialisées des Nations-Unies, le Liban a signé les principales conventions internationales relatives à la protection de l?environnement. Un ministère de l?Environnement a été créé qui supervise des projets encore localisés de recyclage des déchets ménagers et de traitement des eaux usées. Entre 1995 et 1997, la chasse a été interdite afin de permettre aux espèces animales de rattraper, ne serait-ce que partiellement, leur déficit reproductif. A ce jour, trois zones ont été élevées au statut de réserve naturelle. Les deux premières sont forestières. La réserve du Chouf et la forêt de Horsh Ehden, au centre et au nord de la Montagne, représentent tout ce qui reste des forêts denses du Liban antique et abritent les derniers cèdres du pays ainsi que d?autres espèces végétales endémiques. La troisième est insulaire, au large du port de Tripoli. Les îles du Parc des Palmes abritent, en particulier, une grande variété d?oiseaux marins, tandis que la tortue verte et une variété de phoque méditerranéen vivent dans leurs eaux.