10 -Régions et Itinéraires
La plaine de la Bekaa
La plaine de la Bekaa Haute vallée d?altitude, la plaine de la Bekaa est irriguée par deux des principales rivières pérennes du Proche-Orient, le Litani et l?Oronte. Son climat tempéré et son réseau hydrographique en ont fait le grenier du Liban depuis les temps les plus anciens. Ainsi, le blé, l?olivier et la vigne n?ont cessé d?y être cultivés. Mais la Bekaa est aussi située sur deux routes commerciales empruntées depuis plusieurs millénaires : d?est en ouest, elle relie Damas au littoral libanais, et du nord au sud elle constitue une voie de communication naturelle entre la Syrie et la Palestine. Hier comme aujourd?hui, c?est donc tant de la terre que des échanges que ses populations tirent leurs revenus, comme en témoignent les sites antiques ou modernes à vocation agricole et commerciale. L?un d?eux, la cité gréco-romaine de Baalbek constitue sans conteste un des points forts de tout séjour au Liban par la beauté et la taille de ses monuments. A l?exploration de sites historiques d?époques variées, dont Baalbek et la cité omeyyade d?Aanjar, l?itinéraire proposé allie aussi la découverte de sites naturels (sources de l?Oronte, bords du Litani) et des agglomérations modernes. La route principale de cet itinéraire part de Beyrouth pour traverser le Mont-Liban puis descendre vers la plaine de la Bekaa. Depuis Beyrouth, Zahlé est à 54 km et Baalbek à 86 km. Comptez 58 km de plus vers le nord pour Hermel. Si vous vous rendez aussi à Aanjar, il vous faudra effectuer un détour de 30 km aller-retour depuis Zahlé. Il est possible de faire les principales excursions proposées en un jour depuis Beyrouth : Zahlé et Aanjar le matin puis Baalbek l?après-midi, soit environ 200 km. Mais si vous voulez prendre le temps de pousser au sud jusqu?à Rachaïya et au nord jusqu?à Hermel, il vous faudra alors consacrer deux jours à la visite de la région.
Chtaura et Zahlé
En quittant Beyrouth par l?est vous prendrez rapidement de la hauteur et traverserez plusieurs stations d?estivage où les habitants de la capitale viennent prendre le frais lors des grosses chaleurs. A Aley succèdent Bhamdoun puis Sofar qui ont toutes souffert des destructions de la guerre mais sont en passe de redevenir des lieux de villégiature comme en témoignent hôtels et villas. Le col du Dahr el-Baïdar (1556 m, à 36 km de Beyrouth) permet le passage du Mont-Liban depuis le littoral vers la plaine de la Bekaa qui s?offre alors au regard telle une mosaïque de champs cultivés. Une étape gastronomique Avant de vous plonger dans l?histoire, profitez donc de l?abondance des produits du terroir libanais dont la région a fait sa spécialité, tout particulièrement l?arak, le vin, les olives et les produits laitiers. En descendant le versant est du Mont-Liban, arrêtez-vous à Chtaura, agglomération sans charme mais où un grand nombre de boutiques d?alimentation se succèdent sur le bord de la route. Elles proposent d?excellents produits de fabrication locale et artisanale que l?on peut emporter ou goûter sur place : délicieux sandwiches de laban (fromage blanc) à la menthe fraîche, tomates séchées conservées dans l?huile d?olive, olives marinées, mini-aubergines farcies en saumure, etc. Zahlé, sur les contreforts du Jebel Sannine, a conservé ses maisons d?architecture traditionnelle aux toits de tuiles rouge. Promenez-vous dans la vieille ville pour admirer les nombreuses résidences privées du XVIIe et XVIIIe siècle, témoignages de l?opulence des familles de marchands grecs-catholiques, rite de la majorité des habitants de l?agglomération. Depuis sa fondation il y a 300 ans, Zahlé fait figure de « port intérieur » de la Bekaa et de la Syrie, centre principal de transaction pour l?agriculture et les marchandises entre Beyrouth et Damas. Vous pouvez visiter le Haouch el-Zaraané qui constituait la zone marchande de Zahlé à l?époque ottomane : un conglomérat de khans (ou caravansérails), d?échoppes d?artisans et de boutiques. Certains bâtiments ont conservé plafonds sculptés, voûtes intérieures et façades décorées. Plusieurs églises et monastères datant du XVIIIe siècle valent également le coup d?oeil. La ville est réputée pour ses restaurants au bord de la rivière du Nahr el-Berdaouni où les Beyrouthins viennent volontiers en famille pour un tardif déjeuner dominical à base de mezzé et d?arak local. Zahlé est d?ailleurs surnommée « la Cité du Vin et de la Poésie » en référence aux nombreux poètes et écrivains libanais qui y sont nés et à la variétés de vins et d?araks produits dans la région. Du 10 au 20 septembre, un Festival du Vin s?y tient dans une atmosphère de carnaval.
Aanjar
Pour se rendre à ce site islamique, ouvert tous les jours de 8h au coucher du soleil, prendre la direction de Damas depuis Chtaura ou Zahlé. A environ 15 km de ces deux agglomérations, Aanjar n?a été découverte par les archéologues qu?à la fin des années 1940. Même si les ruines paraissent modestes, elles sont en fait un des rares témoignages d?une cité omeyyade qui n?a guère d?équivalent à l?échelle régionale. En contrepoint à Zahlé, vivante cité commerçante, Aanjar permet d?imaginer ce que pouvait être une ville de même vocation au VIIIe siècle, bien située à proximité d?une des sources du Litani et au croisement de deux routes caravanières, l?une menant de Damas au littoral, l?autre de Homs à Tibériade. Une cité omeyyade unique Malgré sa situation particulièrement privilégiée, Aanjar diffère notablement des autres sites archéologiques du Liban qui témoignent d?une extraordinaire superposition de cultures et d?époques. Cette ville omeyyade paraît en effet n?avoir été qu?un établissement éphémère qui n?a vécu que quelques décennies. Excepté la mosquée de Baalbek qui date sensiblement de la même période, Aanjar est l?unique site omeyyade du Liban. En outre, Aanjar permet de se rendre compte de la continuité des styles architecturaux et du plan d?urbanisme hérité de l?Antiquité romaine via les Byzantins. La cité fut fondée au tout début du VIIIe siècle par le calife al-Oualid (705-715) et détruite quarante ans plus tard au moment de la succession abbasside sans qu?on soit bien sûr des causes (tremblement de terre ou destruction volontaire). Pour réaliser son projet, le calife eut recours à des architectes, des artisans et des décorateurs locaux qui perpétuèrent les traditions byzantines. Les pierres nécessaires à la construction furent extraites des carrières voisines et de nombreux éléments architectoniques, colonnes ou chapiteaux, furent empruntés à des édifices romains ou byzantins des environs. Visiter Aanjar De plan rectangulaire, la ville est entourée d?une enceinte de 385 m de long sur 350 m de large cantonnée de 36 tours semi-circulaires disposées contre la paroi extérieure et de quatre tours circulaires aux angles. L?enceinte, haute d?un peu plus de 7 m et épaisse de 2 m, est construite avec des pierres calcaires formant les parements intérieur et extérieur, comblés d?un remplissage de pierres brutes, de cailloux et de mortier. La paroi extérieure des murs est constellée de près de 60 graffitis datant de l?époque omeyyade. Orientés vers les quatre points cardinaux, les murs de l?enceinte sont percés de quatre portes flanquées de deux demi-tours. Deux voies orientées nord-sud et est-ouest partent des portes et divisent l?espace intérieur en quatre quartiers à la manière d?un camp romain. Les voies se coupent à angle droit au milieu du site sous un gigantesque tétrapyle dont les éléments ont été empruntés à un édifice antique. Ces deux voies étaient bordées de 600 boutiques s?ouvrant sous des portiques et qui confirment le rôle économique dévolu à la ville. On note les regards dans le pavages des voies qui constituaient autant de collecteurs reliés aux égouts souterrains drainant les eaux usagées hors des murs de la ville. Parmi les installations notables de Aanjar, vous pourrez distinguer un grand palais et sa mosquée attenante dans le quartier sud-est, des habitations dans le quartier sud-ouest, un petit palais situé dans le quartier nord-est, en face de la mosquée, et un hammam (bain public) près de la porte nord de la ville par laquelle débute la visite. La disposition du hammam rappelle le plan des thermes romains ou byzantins dont il est l?héritier. Le bâtiment se compose d?un vestiaire dont le toit était constitué d?une coupole reposant sur quatre piliers, puis d?une salle froide, d?une salle tiède et enfin d?une salle chaude chauffée par un réseau de canalisations souterraines alimentées par une chaudière. Les deux palais adoptent sensiblement le même plan : quatre bâtiments disposés à l?intérieur d?une même enceinte autour d?une cour intérieure. Celle-ci dessert la salle de réception à trois nefs et à abside centrale et donne accès aux appartements du calife. La mosquée attenant au grand palais est de dimensions moyennes, 10 m de profondeur sur 20 m de largeur. Son côté sud comprend une abside et un mihrab, niche indiquant la direction de La Mecque vers laquelle s?oriente la prière. Cet édifice religieux se compose d?une cour à ciel ouvert contenant un puits destiné à alimenter un bassin d?ablutions et d?une salle de prière à deux travées. Enfin, les habitations du quartier sud-ouest sont regroupées en plusieurs blocs séparés par des ruelles qui se coupent à angle droit. Chaque bloc est constitué de deux, quatre ou six maisons qui adoptent sensiblement le même plan : une cour à ciel ouvert autour de laquelle sont disposées les pièces. Baalbek Il faut revenir jusqu?à Zahlé pour se rendre dans la cité antique de Baalbek, 32 km plus au nord. Située au croisement d?anciennes routes qui reliaient la côte méditerranéenne à l?intérieur syrien et le nord de la Syrie au nord de la Palestine, Baalbek est aujourd?hui le centre administratif et économique du nord de la Bekaa et d?une région peuplée majoritairement de chiites, aussi ne soyez pas surpris d?y voir les portraits des dirigeants et religieux iraniens sur le bord des routes. Un festival de musique a lieu dans les temples en juillet-août chaque année. Le site de Baalbek est ouvert tous les jours de 8h30 au coucher du soleil. Des guides francophones et des brochures sont disponibles à l?entrée. Un sanctuaire monumental Les temples de Baalbek peuvent à juste titre figurer parmi les merveilles du monde antique. Ils cumulent les records : le temple de Zeus est le plus grand temple romain, celui de Bacchus le mieux conservé et bien qu?appelé aussi petit temple il est de taille supérieure au Parthénon d?Athènes ! Ces monuments dénotent une forte influence sémitique dans leur plan comme dans leur panthéon : la triade de Jupiter, Vénus et Mercure qui y était adorée à l?époque romaine avait été superposée à une ancienne triade locale formée de Baal-Shamash, le grand dieu solaire, d?Astarté, la déesse-mère syrienne, et d?un jeune dieu de la végétation et des troupeaux dont le nom est incertain. Les temples de Baalbek furent construits sur un tell (monticule artificiel ; signifie « colline » en arabe) dont les origines remontent au moins à la fin du IIIe millénaire av. J.-C. C?était à l?origine au dieu phénicien Baal (d?où le nom de la ville) qu?un culte solaire était rendu sous le nom de Shamash. Il est donc naturel que la ville soit connue à l?époque hellénistique (333-64 avant J.-C.) sous l?appellation d?Héliopolis, ou « Ville du Soleil », et que Zeus se substitue à Baal-Shamash dans les hauts lieux sémitiques. Ces derniers furent recouverts par les constructions romaines postérieures, en particulier le grand temple de Jupiter commandé par l?empereur Auguste à la fin du Ier siècle av. J.-C. La grande cour qui y donne accès ne devait être construite qu?au IIe siècle, à l?endroit même ou s?étaient succédées les esplanades des hauts lieux. C?est aussi à cette époque que débuta la construction du temple dit de Bacchus. Sous la dynastie des Sévère (193-235) furent construits les propylées, la cour hexagonale et le temple dit de Vénus. A l?époque romaine, Baalbek était devenue la cité principale de la province de Syrie, lieu de pèlerinage fréquenté par tout l?Orient où se vénéraient les dieux sémitiques romanisés. Les sacrifices humains de la période phénicienne avaient laissé la place aux immolations d?animaux tandis que la prostitution sacrée continuait de s?y exercer. Seuls les temples de Bel à Palmyre et de Yahweh à Jérusalem le disputaient à Baalbek en grandeur. Certains des travaux en cours n?étaient pas achevés en 313 lorsque l?Edit de Milan fit du christianisme la religion officielle de l?Empire romain. A la fin du IVe siècle, l?empereur Théodose mit fin aux cultes païens d?Héliopolis en détruisant les autels de la grande cour, remplacés par une basilique chrétienne. La cité perdit de son importance. Suite de la conquête arabe de 636, ce qui restait des temples fut transformé en citadelle ou kalaa, nom qui est resté attaché aux monuments de l?Acropole. La ville retrouva son ancienne appellation de Baalbek. Au cours des siècles ultérieurs, la ville passa successivement des Omeyyades aux mains des Abbassides, des Toulounides, des Fatimides et des Ayyoubides. Mise à sac par les Mongols vers 1260, elle connaîtra une période de calme et de prospérité sous les Mamelouks. Elle n?a cessé d?être habitée depuis, même si l?agglomération moderne se situe à l?extérieur des ruines. Visiter Baalbek La visite débute par le complexe du temple de Jupiter Héliopolitain où était en fait vénérée la triade de la cité : Zeus, Vénus et Mercure. A l?est, des escaliers monumentaux, datant du XIXe siècle, donnent accès aux propylées, douze colonnes de granit flanquées de deux tours. Trois portes s?ouvrent sur une cour hexagonale à ciel ouvert, début de l?espace sacré du temple, le haram ou téménos. Un portique à colonne l?entourait à l?origine et elle fut convertie en église vers la fin du IVe siècle et recouverte d?une coupole. Une porte dans l?axe de l?escalier monumental donne sur la grande cour intérieure du temple. A la droite de la porte, un bas-relief de Jupiter Héliopolitain a été placé là bien qu?il provienne d?un site à 5 km. Remarquez ses attributs, dont la foudre et les taureaux, associés au dieu Hadad de Palmyre. La grande cour, ou cour des sacrifices, mesure 135 m sur 113 m et recouvre un haut lieu phénicien au sommet du tell. Les pèlerins y faisaient leurs ablutions dans des bassins de part et d?autre, décorés de Tritons et de Naïades. Puis ils montaient au sommet de la tour, partiellement détruite à l?époque chrétienne, pour apercevoir la statue du dieu dans sa niche au fond de la salle centrale du temple, cella, et suivre les cérémonies. La cour était entourée d?un portique sous lequel s?ouvraient huit exèdres rectangulaires et quatre semi-circulaires dont les niches étaient garnies de statues. Elle fut aussi transformée en basilique par Théodose. Les fidèles se trouvaient ensuite au pied du grand temple. Cette approche du sanctuaire à travers une succession d?espaces parfaitement définis résulte d?une ordonnance typiquement sémitique allant d?un espace profane au saint des saints. Le temple mesure 88 m sur 48 m et se dresse sur un podium qui s?élève à 7 m au-dessus du niveau de la cour. On y accède par un escalier monumental mais le temple lui-même n?a pas été conservé. Six colonnes seulement subsistent de son péristyle qui en comptait à l?origine 54. Elles s?élèvent à 20 m et supportent un entablement orné de têtes de lions et de taureaux jointes par des guirlandes. Le soubassement du temple, auquel on accède par un petit escalier en bois, est construit de blocs mégalithiques. Trois d?entre eux, le Trilithon, sont particulièrement célèbres : ils sont visibles sur la face ouest et pèsent chacun près de 800 tonnes. A proximité du complexe de Jupiter se trouve le temple dit de Bacchus construit au cours du IIe siècle après J.-C. Il est en excellent état de conservation et son plan permet de reconstituer celui de Jupiter. Contrairement au grand temple qui était dédié au culte public de la triade héliopolitainne, le petit temple semble avoir été consacré à un culte auquel seuls étaient admis des initiés. Ce culte était sans doute centré autour d?un jeune dieu considéré comme une divinité solaire mais aussi agraire, dont la naissance et la croissance symbolisaient le cycle de la végétation et de la vie en général. On suppose que du vin et des drogues telles que l?opium étaient utilisés par les fidèles dans le but de parvenir à l?extase comme en témoignent les représentations de vignes et de pavots sculptées sur les montants de la porte du temple de même que certaines scènes bachiques à l?intérieur qui ont amené à attribuer ce temple à Bacchus sans plus de certitude. Le temple se dresse sur un podium de 5 m de haut et l?on y accède par un escalier monumental de 33 marches. Le péristyle de la cella, l?intérieur du sanctuaire, a conservé son plafond à caisson. La porte monumentale, décorée d?un enchevêtrement de vignes, d?épis de blé, de pavots et de figures mythologiques constitue l?un des plus beaux éléments du site. Au fond de la cella, un escalier permettait d?accéder au saint des saints où était exposée la statue du dieu. Seuls les prêtres avaient ce privilège. A l?angle sud-est du petit temple se dresse une tour mamelouke du XVe siècle qui faisait office de résidence du gouverneur de la citadelle. Un long souterrain voûté qui passe sous la cour du temple de Jupiter mène hors de l?acropole. Au sud-est de l?acropole se dresse le temple dit de Vénus, véritable bijou de l?architecture romaine du IIIe siècle. Son plan, ses dimensions tout autant que son orientation par rapport au grand temple l?on fait identifier comme étant le temple de la Fortune, divinité tutélaire de la ville. Ce n?est peut-être pas par hasard qu?il fut transformé à l?époque byzantine en une église dédiée à sainte Barbe qui est restée jusqu?à nos jours la patronne de Baalbek. La cella du temple est d?un plan circulaire original et les bas-reliefs de coquilles et colombes ont fait penser qu?il était destiné à Vénus. Les autres monuments A côté des prestigieux vestiges de ses temples, Baalbek et ses environs immédiats recèlent de nombreux autres monuments romains ou islamiques dont nous mentionnons les plus importants. La grande mosquée, située en face de l?acropole, fut construite au début de l?époque omeyyade (VIIe- VIIIe siècles) sur l?emplacement probable du forum romain et d?une église byzantine dédié à saint Jean. Avec ses matériaux empruntés aux constructions antiques, elle possède un minaret carré au nord-ouest de sa cour. Au Liban, elle est le seul témoignage de cette période avec la cité d?Aanjar. Au sud de l?acropole, au lieu dit Boustan el-Khan, ont été mis au jour et partiellement restaurés des vestiges d?édifices publics romains dont des thermes, un marché et vraisemblablement un bouleutérion ou salle du conseil. La source antique de Ras el-Aaïn, située aujourd?hui à la limite du périmètre urbain, fournissait une partie de l?eau nécessaire à la ville antique. On y trouve encore les vestiges d?un nymphée et d?un petit sanctuaire romains ainsi que les restes importants d?une mosquée mamelouke construite en 1277. Enfin, près de l?entrée sud de la ville se trouve l?une des carrières d?où proviennent les pierres qui ont servi à la construction des temples. Au milieu gît encore un énorme bloc considéré comme étant la plus grande pierre taillée du monde : elle mesure 21,5 m sur 4,8 m et pèse près de 1000 tonnes. Hermel En continuant depuis Baalbek vers le nord, le paysage change, devenant moins peuplé et progressivement aride. Sur le trajet, quelques sites archéologiques mineurs sont dignes d?intérêt. Ras Baalbek compte des ruines d?époque romaine et un couvent chrétien encore en activité qui remonte au XVIe siècle. A quelques kilomètres de Hermel, visible sur la droite de la route, Qamouat el-Hermel est une mystérieuse construction pyramidale qui serait la tombe d?un prince syrien (Ier siècle av. J.-C. ?) par analogie avec les tombeaux tours que l?on trouve à Palmyre. Des scènes de chasse ornent ses parois. A 1,5 Km avant Qamouat el-Hermel, une petite route prend vers l?ouest. Elle passe à proximité du couvent Saint-Maroun où le fondateur de la communauté maronite aurait fait retraite au Ve siècle. En suivant le chemin jusqu?au bout on accède aux sources de l?Oronte, lieu de pique-nique très prisé des Libanais. Il vous faudra ensuite reprendre la route principale pour vous diriger vers Hermel (à 58 km de Baalbek). Avant l?entrée de l?agglomération, un pont enjambe l?Oronte (Nahr el-Aassi en arabe). On peut se promener le long de la rivière, bordée de restaurants de poisson, jusqu?aux chutes d?eau situées à 6 km vers le nord. Dans l?autre sens, une promenade équivalente vous conduira jusqu?aux sources. Vous pourrez pousser depuis Hermel jusqu?à Charbiné, à 6 km, pour voir les stèles de Nabuchodonosor qui bordent la route. Ces impressionnantes inscriptions en babylonien datent du VIe siècle av. J.-C. et commémorent une campagne militaire. En restant sur cette route, fermée en hiver, on peut rejoindre l?autre versant du Mont-Liban et la région du Akkar en traversant un très beau paysage de montagne.




