9 - Villes
     Les principales villes



Yazd



Yazd La Noble, ainsi la décrivait Marco Polo. Cette ville est la seconde plus ancienne architecture du monde après Ur en Irak. La ville est construite au beau milieu des deux grands déserts Iraniens, le Dasht e Kavir et Le Dasht e Lut et entourée de lacs salés. Édifiée vraisemblablement à l'époque sassanide, Yazd, tout comme Kerman, représente le miracle perpétuel de la lutte de l'homme contre le désert et la sècheresse. Le monde entier admire les constructions et les édifices élevés par les Iraniens du désert. Ces Badgirs somptueux qui avalent les vents brûlants et rafraîchissent l'intérieur des maisons par un savant système de ventilation. Ces Quanats qui drainent les eaux souterraines sur des centaines de kilomètres. La ville est construite en pisé ou en brique et les habitations sont surmontées de toits voûtés. Il faut la visiter par ses toits pour avoir une idée exacte de l?ingéniosité de son architecture. À perte de vue, on aperçoit les Badgirs ou capteurs de vent qui hérissent le dôme des maisons, et qui rafraîchissent également l'eau des profonds réservoirs qui équipent le sous-sol. Les qanats ou canaux souterrains datent de l'époque des Mèdes.


Mahan



À quelques kilomètres de Kerman, en plein désert, la petite ville de Mahan est le centre spirituel de la confrérie musulmane des derviches d'Iran. On y visite le mausolée de Nemattolah Vali, Le fondateur de cet ordre mystique. Au pied des neiges éternelles, on aperçoit une tâche de verdure incongrue, c?est le plus beau jardin d'Iran qui porte le nom de jardin de la princesse. Ici, l'eau coule en abondance, avec une telle force qu'elle fait parfois éclater les conduits des Qanats.


Qom



Qom est la deuxième grande ville sainte d'Iran. Cité peuplée d?un million d?habitants, elle est située à quelque 150 kilomètres de Téhéran et abrite le mausolée de la soeur de l'imam Reza, Fatima, situé en plein centre de la ville et dont la visite n'est autorisée qu'aux musulmans. Qom est surtout connue pour son université théologique dans laquelle étudient des milliers de Talebehs. La patisserie locale, le Sohun, est délicieuse : faite à base de pistaches, c'est la friandise préférée des Iraniens, avec le Gaz, une sorte de nougat très sucré.


Mashad



Non loin de la frontière afghane, Maschad, troisième ville de l'Iran, est avant tout la cité sainte du Shiisme. Lors des principales fêtes religieuses, la population de la ville peut tripler. La nuit les fidèles dorment sur les trottoirs, et le jour cette foule bigarrée fascine par la diversité des hommes et des costumes, originaires de toutes les provinces d?Iran, d?Irak, d'Afghanistan et du Pakistan. Nombre de ces pèlerins, très pauvres, ont dû économiser longtemps avant de venir ici. Mais tout bon Shiite a le devoir de se rendre au moins une fois auprès du tombeau du saint imam Reza pour y faire ses dévotions. Au centre de Mashad, une enceinte sacrée, l'Hara, interdite aux infidèles, rassemble plusieurs mosquées, des madrassas et un musée autour du dôme doré sous lequel repose le saint imam Reza.


Bam



Au Sud-Ouest de Kerman, en plein désert, entourée d'une oasis qui produit les meilleures dattes du pays, Bam rêve aux jours glorieux d'autrefois. Abandonnée depuis cent cinquante ans après sa défaite finale en 1794 face au roi Qadjar Agha Mohammed, la ville et sa population furent massacrées. Aujourd'hui, les remparts fortifiés abritent une cité morte aux maisons à moitié écroulées. Seule la mosquée est restée intacte. Au-dessus de la ville, perchée sur un piton rocheux, la citadelle monte la garde. Dédale de cours, d'escaliers, de chemins de ronde, de passages souterrains, elle oppose son enceinte crénelée, son chapelet de tours, ses fortins avancés à l'étendue grise, sinistre. Le Grand Désert salé, sapant lentement le pied de la muraille, est bien certain d'avoir, un jour, le dernier mot. Les services Iraniens de la conservation du patrimoine font d?énormes efforts pour restaurer ce site qui compte parmi les plus originaux du monde.


Kerman



Alimentée elle-aussi par un réseau de canaux et perchée à plus de 1800 mètres d'altitude, la ville de Kerman est encadrée de forêts de sapins et de cyprès. C'est ici qu'est né le célèbre poète Raju Kermani. La place centrale de Kerman est encadrée de bâtiments modernes. Ici aussi, la religion de Zoroastre a laissé ses tours du silence.


Tabriz



Capitale de l?Azerbaijan, Tabriz est une ville baignée de légende. Certains la disent issue de la période sassanide, d?autres la prétendent encore plus ancienne. Longtemps occupée par les hordes mongoles, Tabriz fut également la proie des troupes de Teymour le boiteux, avant d?être choisie par l?envahisseur turc. Tabriz fut un temps la capitale de l?empire Safavide. Sous la dynastie Qadjar, la ville retrouva son prestige avant de subir le joug russe dans les années 1910. Située sur une faille sismique importante, la ville a subi de très nombreux seismes.


Shiraz



Au Sud-Ouest de l'Iran, non loin du Golfe persique, se trouve la province de Fars, qui a donné son nom à une langue toujours parlée en Iran : le "farsi". Posée au coeur d'un immense désert, bordée par la chaîne des Monts Zagros, elle se déroule comme un tapis de sable aux reliefs sinueux, et se dresse fière et envoûtante. Célèbre pour ses roses, ses rossignols et autrefois pour son vin, elle mérite bien son surnom de "cité des poètes". cette ville-phare, capitale sous la dynastie Zend au XVIIIe siècle, s'est développée au cours des époques, comme une oasis verdoyante préservée des chaleurs accablantes.


Ispahan



Lorsqu'on s'approche d'Ispahan à la sortie des grands déserts qui forment le plateau Iranien, on voit s'ouvrir une large cuvette au fond de laquelle sommeille la cité royale. On est frappé par le contraste entre l'univers de roc et de sable que l'on quitte, et générosité de l'oasis, immense, avec ses grands arbres aux frondaisons verdoyantes, où l'on pénètre. Seuls émergent au-dessus des massifs de végétation les bulbes des coupoles gonflées sous le soleil et rayonnant d'un vert turquoise. Ces dômes de faïence signalent au visiteur les grandes mosquées édifiées sous les Safavides, en particulier sous le règne de Shaha Abbas le Grand. Ce roi a réussi à concilier un destin grandiose de caractère socio-politique à des utopies religieuses dictées par la pensée des philosophes shiites. Mais malgrés ses visées ambitieuses, le souverain a maintenu intacte la structure de la maison traditionnelle de la Perse, qui régit un urbanisme particulier, où chaque bâtiment, à toit plat, se développe autour d'une cour intérieure. Celle-ci contient un petit jardin d'agrément planté d'arbres et de treilles ombragant et rafraîchissant l'espace, au centre duquel un bassin et une fontaine arrose la végétation.
Dans cet urbanisme, les édifices sont le plus souvent accolés les uns aux autres et ne présentent guère de façades extérieures. Les principales façades d'une maison, comme d'une mosquée, d'une madressa ou d'un caravansérail, donnent sur la cour intérieure.


Hamadan



La ville d?Hamadan est la capitale d?une magnifique province située à l?Ouest du pays. Elle résiste aux hivers rigoureux porteur d?enneigement et la saison estivale est souvent chaude. Heureusement, les vents la protègent de la canicule des autres provinces. Hamadan a longtemps été une étape importante sur la route de Bagdad et reste aujourd?hui un important centre commercial. Située dans une plaine dominée par le mont Alvand, cette province a de nombreuses ressources touristiques et la douceur de son climat pendant l?été en fait une des régions de tourisme les plus recherchées du pays. Hamdan a la chance d?abriter de nombreux vestiges archéologiques qui datent des époques mède, achéménide, parthe, sassanide. Certains historiens attribuent sa création au roi mède Jamshid.


Massuleh



Situé à 60 kilomètres de Rasht, à plus de 1.000 mètres d'altitude, le petit village de Massuleh est situé au pied d'une montagne qui fut au début du siècle le fief imprenable du chef nationaliste Mirza Kutchik Khan qui forma un mouvement de résistance à l'envahisseur russe dans les épaisses forêts qui entourent le village. Ce mouvement et ses combattants, les JANGALI, combattants des forêts, sont célèbres dans tout le pays pour leur farouche résistance à l'ennemi et leur implication dans la sauvegarde du territoire national. Pour arriver au village, on emprunte une très bonne route pour traverser des paysages d'une beauté à couper le souffle. Massuleh est construite à flanc de montagne et ses petites maisons ont toutes la particularité d'être embriquées les unes dans les autres, le toit de l'une formant la cour de la suivante et ainsi de suite. Le village est un des plus anciens d'Iran et ses habitants se battent farouchement pour conserver son originalité et son artisanat. Ils sont connus pour la confection d'une chaussure d'intérieur qui porte le nom de Chamush.