4 - Histoire
     Principales périodes



Paléolithique




80 000 av J-C
L'homme vécut sous un climat chaud et plus humide pour subir ensuite les rigueurs de la dernière période glaciaire, à partir de 75.000 av J-C. L'Iran ancien est une vaste région qui déborde un peu au-delà des actuels états d'Iran et d'Afghanistan. Ce bloc de montagnes et de plateaux, qui encadre des dépressions fermées, reste peu ouvert aux influences climatiques venues des mers. C?est sans doute pour cette raison, que les scientifiques n'ont trouvé de trace des premiers habitants de l'Iran que sur sa périphérie, dans les profondes vallées du Zagros, à l'ouest, sur la plaine littorale de la Caspienne et au nord, dans le piémont qui touche la cuvette du Turkestan soviétique.
- 30 000 ans av J-C
Un lent dessèchement provoqua une aridité qui s'accentua lorsque la température commença à remonter. Les difficultés qu'elle imposa aux humains expliquent peut-être l'essor en Asie occidentale du Mésolithique, période de transition entre l'époque de la prédation et celle de l'agriculture et de l?élevage, attesté en Iran à partir 9 000 ans av J-C. Sans doute, des groupes de collecteurs trouvèrent des orges et des blés à l'état sauvage et entamèrent la domestication des animaux.


Néolithique




8 000 ans av J-C
Comme semblent le démontrer les fouilles archéologiques de Tappeh Sialk, près de l?actuelle Kashan et de Tappeh Hissar près de Damghan, les hommes du Néolithique étaient Sédentaires et vivaient surtout de cultures et d?élevage. À cette époque, le pays bénéficiait d?un optimum climatique, L?irrigation faisait des progrès et les agriculteurs abordaient de nouvelles régions comme la haute plaine de Shiraz et les dépressions intérieures parsemées de lacs. Ils s?implantèrent ensuite, dans la partie orientale du bloc Iranien, dans les zones humides dans la région de Kermân, au sud-est de l?Iran actuel et dans le Sistân. La civilisation progressa moins vite qu?en Mésopotamie, du fait de son éparpillement en oasis ou en minuscules districts de culture sèche. Le bloc Iranien possède dans son sous-sol des richesses dont la première à avoir été exploitée, le cuivre, permet de fabriquer des parures et de l?outillage. Les habitants de la Mésopotamie et de l?Iran commencaient déjà à mouler ce métal, grâce à un procédé qui a dû être inventé dans un des nombreux gisements de l?Iran.


Première civilisation urbaine




6000 av J-C
La première civilisation urbaine apparaît dans la plaine de Susiane, à côté de la Mésopotamie, proche de la civilisation sumérienne d?Uruk à Mish.
3900 av J-C
Naissance de la première communauté religieuse durant le 4 millénaire, la région reste sous l?influence de Sumer. Par sa situation géographique, la Susiane est un satellite de la plaine Mésopotamienne.
2300 av J-C
La Susianne est annexée par Sargon l?Ancien, le fondateur de l?empire Akkadien, dynastie de la basse Mésopotamie
2200 av J-C
Les Gutis envahissent Babylone, provoquant la chute de la dynastie Akkad. L?Elam devenu un état indépendant s?adjoint Suse, capitale du royaume à plusieurs reprises. Jusqu?au XVe siècle av J-C, l?Elam reste imprégné de la culture mésopotamienne. Son apogée date du XIIIe siècle av J-C lorsqu?elle parvient à battre l?Assyrie et Babylone récupérant ainsi un fabuleux butin dont le fameux code de Hammourabi exposé au musée du Louvre.


Triomphe des langues aryennes




1400 à 700 ans av J-C
Il y a plus d'éleveurs itinérants que de cultivateurs, bien que leur nombre augmente avec le progrès de l'irrigation et surtout l?invention du qanât, sorte de drain souterrain de grande longueur qui permet un approvisionnement en eau à la saison sèche. Le nord-ouest de l'Iran offre, depuis la fin du IIe millénaire, un tableau plus complexe en raison des innovations. Première région de l'Asie occidentale à connaître un large emploi du cheval de selle, la société est dominée par une aristocratie guerrière de cavaliers. Des forteresses, des palais et des bourgades également fortifiés contrôlent les campagnes. La poterie peinte a généralement cédé la place à la poterie grise, supérieure par l'élégance des formes. D'innombrables bronzes et des vases d'or et d'argent attestent une richesse qui doit reposer, comme aux millénaires précédents, sur l'exploitation des mines locales et sur le commerce des matières premières rares. Innovations et progrès n?occultent pas la persistance des traditions régionales. L'invasion du nord-ouest de l'Iran s'accompagne, pendant des siècles, d'une assimilation des différents groupes d'envahisseurs par les indigènes. Mais finalement, comme le montre la progression des noms aryens mentionnés par les Assyriens du IXe au VIIe siècle, l'élément aryen l'emporte sur le plan linguistique. Vers la fin du VIIe siècle av J-C, les derniers envahisseurs de la période, les cavaliers Cimmériens et Scythes, sont expulsés ou se fondent dans la masse aryenne.


L'Iran convoité par les impérialistes




900 au 700 ans av J-C
La richesse renouvelée de cette région attire d'abord les troupes de l'Assyrie, dès que cet état a retrouvé son équilibre et arrêté l'invasion Araméenne. Les Assyriens ne se contentent plus de piller les agglomérations ou de terroriser les éleveurs de la montagne, ils occupent des districts du Zagros et y bâtissent des forteresses.


L’empire Mède




612-550 av J.C.
Les scribes assyriens se gardant bien de révéler les échecs de leurs rois, les historiens ignorent tout de l?évolution qui aboutit à l?élimination des Scythes et des Cimmériens et à la réunion des Mèdes en un seul État. Leur roi, Cyaxare, intervient aux côtés des Babyloniens contre l?Assyrie, à laquelle il porte les coups décisifs en prenant Assour et Ninive. Son empire s?étend sur les ruines des états Assyrien et Ourarthéen.


L’empire perse Achéménide



550-331 av J-C Le mot Achéménide vient du nom d'un souverain perse, Achéménes, qui dirigeait au VIIe siècle avant J.C, l'ensemble des tribus du Fars. Préparé par la lente infiltration des populations aryennes en Iran, l?avènement de la dynastie achéménide résulte d'un conflit entre les tribus Perses et Mèdes. Infiltrés par le Caucase, les indo-européens se fixèrent dans le Nord-ouest de l'Iran. Les Mèdes constituèrent alors un puissant royaume à Ecbatane, l'actuelle Hamadhan. Les Perses se fixèrent dans le Fars et dans les vallées du Zagros. Avec le règne de Cyrus, fils de Teispes, commence l'extraordinaire épopée Perse. Vers 55o avant JC, le souverain se rebelle contre le chef Mède Astryage, renverse l'empire Mède, investit Ecbatane dont il fait sa capitale et intègre dans son nouveau gouvernement les nobles et les fonctionnaires vaincus. En 546, il s'attaque au fameux Crésus, souverain du royaume de Lydie avant de soumettre les riches cités grecques pour devenir ainsi le maître incontesté de l'Asie Mineure. En 539, il s'attaque à Babylone qu'il conquiert sans coup férir. La Syrie et la Phénicie se soumettent à la loi du souverain Achéménide. Cyrus fait preuve de la plus grande mansuétude vis-à-vis des vaincus et, en particulier, il permet à la communauté juive de Mésopotamie de rentrer dans son pays et d'y reconstruire le temple. Cyrus le grand est alors le souverain incontesté de tous les royaumes du proche et du Moyen-Orient. Il ne lui manque que l'Égypte pour compter parmi ses vassaux l'ensemble du monde antique. En 530, à la mort de Cyrus, l?Achéménide est constitué. Le grand roi a fondé à Pasargades sa nouvelle capitale. Darius, en fin stratège, entreprend la réorganisation complète de l'empire par la création de 23 satrapies, l'édification de villes administratives et religieuses à Suse et Persépolis. Il meurt en 486 et son fils Xerxès lui succède. Ce dernier doit vite faire face à des révoltes en Égypte et en Babylonie. Il tente même de mener à bien les dernières conquêtes de son père en Grèce. Il réussit à s'emparer de l'Attique et d'Athènes qu'il met à feu et à sang. Il essuie néanmoins un vif revers à Salamine où la flotte impériale Perse est totalement détruite. Il regagne alors la Perse où l'empire commence lentement à se désagréger. Après sa mort, son fils Artaxerxés tente de réunifier l'Empire, mais une nouvelle puissance émerge irrémédiablement, la Macédonie. Alexandre le grand conquiert la Perse grâce à une impressionnante série de victoires où l'armée impériale Perse est totalement décimée.


La domination Séleucide



311-129 av J-C L'immense domaine des Achéménides passe à leur vainqueur, Alexandre Le Grand, qui, après la mort de Darius III, occupe l'Iran, ne rencontrant de résistance que dans la Bactriane, où règne un très fort particularisme. À la mort du grand Macédonien, son empire se morcelle, et le bloc iranien va revenir à la dynastie fondée par Séleucos Ier. Il constitue alors l'extrémité orientale d'un état démesurément allongé d'Ouest en Est dont les rois se tournent de préférence vers le littoral méditerranéen, où se situent les foyers de la civilisation hellénistique, à laquelle ils se rattachent.


L'empire Parthe



148 av J-C à 224 Ap J-C Mais le domaine Séleucide est encore trop étendu, et des dissidences se manifestent en Iran, favorisées par la difficulté des communications et suscitées par le particularisme ethnique ou religieux ou le besoin d?une défense locale contre les nomades d?Asie centrale. Ainsi se détachent de la souveraineté Séleucide, sans éclat et par étapes, au début du IIIe siècle : - La Atropatène, dominée par une dynastie perse, au milieu du IIIe siècle. - La Parthière, tombée aux mains d?un peuple scythe. - Les Dahes, qui y fondent le royaume Parthe sous la dynastie Arsacide. - La Bactriane, qui passe dans la mouvance grecque. - La Perside, gouvernée par des indigènes qui semblent les chefs du clergé mazdéen local. Cependant, si les Parthes ont dû abandonner l?extrémité orientale de l?Iran aux Tokhariens, maîtres de la Bactriane et de la vallée de l?Indus, ils ont étendu leur domination à la Mésopotamie, à partir de laquelle ils tenteront plus d?une fois de rééditer l?expansion achéménide vers l?ouest. Malgré l?importance du commerce qui traverse l?Iran, les villes et les monuments restent cantonnés dans l?ouest de l?Iran. Les Séleucides se contentent de changer les noms des cités, et les Parthes placent leur capitale de préférence en Mésopotamie.


Les Sassanides



224 à 642 Ap J-C Dès son arrivée au pouvoir, le roi Ardeshir 1er doit faire face à une coalition des Arméniens, des Scythes et des Kouchans. Il parvient à les vaincre et possède désormais un empire qui s?étend de l?Euphrate à la ville d?Hérat. Son fils, le grand Shapour 1er, occupe la vallée de l?Indus et s?empare de Tachkent et Samarcande. Il se retourne ensuite vers Rome et défait les légions impériales. Successivement, Bahram II et Shapour II essuient quelques revers et il faudra attendre le règne de Bahram V et Khosroes Ier pour voir l?apogée des Sassanides. Antioche est reprise et le Yemen conquis. Les souverains sassanides entreprennent de profondes réformes dans l?armée et le corps administratif. Khosroes adopte le modèle romain et divise le pouvoir en quatre commandements, fixe les frontières à l?aide de paysans-soldats et construit des fortifications pour empécher les invasions nomades. L?apogée Sassanide se traduit par le fantastique essor de l?architecture. Ardeshir fait construire à Firuzabad dans le Fars un monumental palais, puis le palais de Sarvistan et surtout celui de Ctesiphon. Cette construction grandiose qui fascinera tous les architectes des siècles ultérieurs ne cessera d?être considérée comme la référence majeure de l?architecture persane. Sur le plan religieux, les souverains sassanides feront preuve d?une grande largesse d?esprit : nestoriens, juifs, bouddhistes ont droit de culte dans les cités, seul le manichéisme suscite des remous. Pour bien comprendre le pouvoir impérial de l?époque, il suffit de se remémorer le rôle important de Persepolis. Le palais est le siège de l?autorité centrale et le symbole religieux de l?unité personnifiée par le roi qui est investi de tous les pouvoirs par le dieu Ahura Mazda. Les souverains sassanides ont toujours puisé leur légitimité en renouant après huit siècles avec le passé des glorieux Achéménides. Sur le plan social, les grandes propriétés foncières se constituent, donnant naissance à un véritable système féodal. L?artisanat devient brillant en particulier la métallurgie et la céramique et les ateliers de tissage qui n?ont rien à envier à ceux de la chine. Pendant près de quatre siècles, la Perse a retrouvé avec les Sassanides le prestige qui a fait d?elle l?égale de Rome ou de la Chine


La Perse musulmane



635 Ap J-C Dans la péninsule Arabique, une religion monothéiste va prendre son essor : l'Islam. Vers 570, Mahomet voit le jour, dès 610, il entend pour la première fois l'appel de Dieu par l'entremise de l'ange Gabriel. Sa prédication dure une douzaine d'années et donnera naissance au Coran. Devant la méfiance et les railleries des marchands, Mahomet décide de s'exiler et part vers l'oasis de Yathrib qui deviendra par la suite Médine. Mahomet fonde donc le premier lieu de prière à Médine. Elles sont dirigées vers l'antique rocher noir de la Kaaba et désormais toutes les mosquées du monde seront dirigées vers elle. Mahomet rentre à Médine et y meurt en 632. Pour les arabes, la dernière religion révélée va constituer un puissant détonateur. Les tribus arabes, avec leur cavalerie légère, dynamisées par la Djihad, la guerre sainte, vont déferler sur le monde ancien en une poussée irrésistible. Le premier successeur du prophète, Abou Bakr, devient chef de la communauté musulmane, c?est-à-dire Calife de 632 à 634 mais c'est Omar qui va faire débuter la foudroyante explosion de l'Islam. Il s'empare de Byzance puis de Jérusalem et Damas. En 635, les troupes arabes se lancent à l'assaut de l'empire Sassanide et passent l'Euphrate. Ctésiphon, Ninive tombent entre leurs mains. Le Fars succombe en 644 et c'est maintenant toute la Perse qui tremble. Le dernier grand roi perse Yazdegerd est assassiné et les musulmans sont désormais en territoire conquis. La conquète du pays se poursuivit sous les califes Omayades, mais l'opposition au califat conduisit à des troubles très graves dont l'une, appuyée par les Shiites, aboutit vers 750 à un schisme et à l'instauration d'un des descendants du prophète, Abul Abbas, comme Calife. La dynastie Abbasside choisit Bagdad comme capitale qui, en l'espace d'un siècle génère un développement culturel, artistique, et économique sans précédent. Les Perses ont une grande implication dans cet essor car le pouvoir savait leur expérience utile.