9 - Villes
La capitale
La capitale Nassau, refuge de pirates devenu capitale
D'abord baptisée Charlestown, la petite ville prit le nom de Nassau en hommage au prince d'Orange-Nassau, futur William III d'Angleterre. Longtemps, la cité ne fut qu'un bourg regroupant une centaine de maisons de bois. Refuge des pirates et corsaires qui s'en servaient comme base pour attaquer les navires français ou espagnol, la ville fut plusieurs fois mise à sac. Avec le premier gouverneur anglais, Woodes Rogers, qui s'y installa au début du XVIIIe siècle, elle émergea véritablement et suivit un plan urbain cohérent. Plus tard, le renforcement de ses défenses militaires et l'assainissement des marécages lui donnèrent plus d'ampleur. Les loyalistes firent ensuite construire de belles demeures dans la tradition sudiste et donnèrent son cachet à la ville. A chaque vague de prospérité, Nassau s'étendit un peu plus. Avec la montée en flèche du tourisme, la ville prit de la hauteur. Les hôtels les pieds dans l'eau ont désormais la tête dans les nuages'
Bay Street, une artère vivante
Entre les quais et la colline de Government House, Bay Street, surnommée The Strand (« la rive », car à l'origine la mer léchait cette artère.), constitue l'axe principal d'un centre-ville ramassé. Le quartier compte de nombreuses maisons anciennes à un ou deux étages agrémentées de balcons et vérandas. La masse jaune du British Colonial Beach Resort, un grand Hilton de carte postale, signale l'entrée dans la vieille ville. Bay Street aligne ses enseignes prestigieuses, italiennes ou françaises, d'un côté et de l'autre de la chaussée tandis que des limousines à rallonge roulent en file indienne. Ici, les fashion victims hésitent entre le sac Fendi et la ceinture Gucci, entre les polos Ralph Lauren et les bijoux. Aux étages, derrière des balustrades ajourées, des restaurants ont dressé des tables sous des avalanches de guirlandes.
Marchés d'esclaves' et de vannerie
Un saut au Pompey Museum, situé dans l'ancien marché aux esclaves (Vendue House) s'impose. Au programme : histoire de l'archipel et exposition permanente consacrée à l'artiste bahamien Amos Ferguson. Sur le même trottoir, voici le marché artisanal, le Straw Market. Sous la halle moderne, les étals serrés proposent toutes sortes d'articles tressés, de statuettes en bois et autres bricoles locales. Des femmes, souvent âgées, y fabriquent avec une agileté extraordinaire paniers, chapeaux et autres plateaux. Dehors, dans une contre-allée, des sculpteurs taillent dans des troncs d'arbre iguanes, aigles et autres tortues. Plus loin, toujours sur Bay Street, se trouve Rawson Square, une charmante petite place où trône le buste du premier gouverneur bahamien, sir Milo Butler. Sur un côté, des calèches aux couleurs pastel attendent les amateurs de promenade devant l'office de tourisme. Le quai Prince George, en arrière-plan, accueille des paquebots façon Titanic avec leurs rangées d'hublots superposées, leurs ponts blancs et leurs bastingages brillants.
Vestiges de l'époque coloniale
Dans le port, les quelques chalutiers et barques de pêcheurs semblent microscopiques à côté des paquebots. C'est ici que s'arrêtent les navettes pour Paradise Island. En face de Rawson Square, Parliament Square possède aussi sa statue. Assise sur son trône, la reine Victoria regarde, impassible, ses sujets. La jolie maison rose à colonnades qui se trouve derrière son dos n'est autre que le sénat. La haute assemblée se réunit dans l'aile orientale. De part et d'autre se trouvent les anciens sièges des administrations datant du début du XIXe siècle. Le tout forme un ensemble homogène dans le plus pur style géorgien. En remontant Parliament Street le long de Garden of Remembrance, un obélisque rend hommage aux Bahamiens morts pendant les deux guerres mondiales. Plus haut, un étrange édifice octogonal, qui fut à l'origine une prison et tient à la fois du kiosque turc et du phare, abrite la bibliothèque municipale.
Le quartier des ministères : modernité et charme d'antan
Dans le quartier des ministères et des administrations, la modernité de certains bureaux côtoie le charme désuet des belles demeures d'antan. Sur East Hill Street, les villas Jacaranda, East Hill et Glenwood ont belle allure. Sur Shirley Street se trouve le Musée historique des Bahamas dont la visite renseigne sur le passé de l'archipel. Après l'église presbytérienne St-Andrews se dresse Government House, bâtisse rose et blanche d'inspiration néoclassique et résidence officielle du gouverneur depuis 1801. Plantée au milieu des marches, la statue de Christophe Colomb regarde vers la mer. Le samedi matin à 10 h se déroule la relève de la garde, une cérémonie haute en panache. En poursuivant sur West Hill Street, à l'ouest, des murs tentent de cacher à la vue des passants d'élégants manoirs. C'est ici que se trouve le meilleur restaurant de l'archipel, le Graycliff. Sur Market Street, en redescendant vers Bay Street, Balcony House, la plus ancienne maison en bois de Nassau, vaut le coup d'oeil. Elle possède un escalier provenant d'un navire et une véranda ouverte sur la brise.
Le musée des pirates
Ouvert en 1998 dans l'ancienne Lofthouse de Marlborough Street, le Musée des pirates n'est pas tout à fait comme les autres. Il a été conçu autant comme une attraction que comme un lieu de connaissance. Des jeunes gens déguisés en pirates accueillent les visiteurs à l'entrée. L'aventure commence alors au milieu d'abordages sanglants, de folles poursuites, de pillages et de pendaisons de ces bandits de haute mer. Les vedettes du lieu ont pour nom Barbe Noire, Jack Rackham, Ann Boney et Mary Read.
Les hauts de Nassau
Un peu à l'écart du centre-ville, perchés sur une colline, Fort Fincastle et Water Tower méritent le détour. Pour y accéder, il convient d'emprunter les 65 marches du Queen's Staircase, construit en 1793 par des esclaves qui taillèrent les blocs de l'escalier à même la falaise avant de les transporter. La situation en hauteur des bâtiments offre une vue d'ensemble sur la capitale. D'ailleurs, l'ancien château d'eau, Water Tower, a été judicieusement reconverti en belvédère. Un ascenseur mène jusqu'à sa balustrade ronde culminant à 66 mètres au-dessus du sol, soit le point le plus haut de l'archipel avec le mont Alveria. En contrebas, les toits de la ville et les jardinets forment un quadrillage multicolore. Plus loin, la silhouette hollywoodienne d'Atlantis, sur Paradise Island, se détache. Aux pieds de la tour, Fort Fincastle, en forme de proue de navire, pointe ses trois canons rouillés vers l'extérieur. Edifié en 1793 sur ordre du gouverneur Dunmore, il ne servit qu'à impressionner les ennemis.
Eastern Nassau
Tout au bout d'East Bay Street, Fort Montagu, édifié en 1741 pour décourager les Espagnols, consitute la plus vieille forteresse de Nassau,. Une longue plage publique s'étend au-delà et sert de cadre aussi bien à des régates à la voile qu'à la grande course annuelle des sloops bahamiens. A l'est de l'agglomération, The Retreat forme une réserve naturelle de 4,5 ha appartenant au National Trust. Ce parc luxuriant permet de se promener dans un environnement exotique quasi sauvage. Une belle collection de palmiers et de fleurs ravit le regard. Sur Village Road, une maison aux couleurs chamarrées attire l'attention. Une sculpture peinte en couleurs vives représente un homme en costume de junkanoo. Il s'agit du nouveau Musée du junkanoo. Des salles d'exposition présentent des 'uvres d'artistes locaux tandis qu'une annexe propose des articles dérivés de l'art du junkanoo : masques, décorations, livres, etc.
L'esplanade ouest
West Bay poursuit sa route au-delà du British Colonial. La plage est alors à l'orée de la ville et les hôtels jalonnent le trottoir. En haut d'une longue pelouse où des enfants jouent au football, Fort Charlotte (du nom de l'épouse de George III) présente ses douves sèches, son pont-levis, ses épais remparts et ses donjons. Les forts Stanley et D'Arcy complètent le bastion, défendu autrefois par 42 canons. De nos jours, il abrite de paresseux lézards. Plus loin, la pointe occidentale de Paradise Island, une île artificielle aménagée dans les années 1960, sert à stocker l'eau douce en provenance d'Andros. Juste à côté, une autre île factice abrite un parc d'attractions aquatiques de 6 ha, le Crystal Cay Marine Park. Son observatoire blanc émerge au-dessus des flots. Le spectateur peut y admirer une barrière de corail reconstituée, des dauphins et d'immenses aquariums où évoluent des requins. Il faut s'arrêter dans le coin pour avaler sur le pouce des conques fraîches ou du poisson frit et boire un cocktail local à l'ombre des paillotes. Ardastra Gardens and Zoo est à deux pas de Fort Charlotte. Ce parc botanique et zoologique permet de se familiariser avec la faune et la flore caribéennes. Perroquets en cage, flamants en liberté ainsi qu'iguanes et tortues d'eau douce constituent quelques-unes des 300 espèces visibles. Le jardin botanique voisin, joliment entretenu, offre une retraite calme dans la verdure. Il présente, sur 7,5 ha, 600 variétés de plantes différentes dont la yellow elder, fleur nationale. Saunders Beach est ourlée de magnifiques arbres, les casuarinas, originaires d'Australie et acclimatés par le botaniste anglais Banks. Leurs rameaux pendants qui brillent au soleil rappellent les plumes des casoars, cousins des autruches, d'où leur nom. L'espèce la plus répandue aux Antilles reste le filao, visible en bordure de plages. Enfin, The Grove, une grande palmeraie où jadis les colons exploitaient le sisal, a connu une reconversion en zone résidentielle.
Cable Beach
Cable Beach, nommée ainsi car le premier câble de télécommunication y fut enterré, se repère aisément de loin avec ses grands immeubles dominant la grève. A partir des années 1950, la maîtrise du béton armé et le boom touristique entraînèrent une vague de projets immobiliers dans le secteur. De nombreux hôtels et leur cortège de piscines, casinos, chaises longues et parasols surgirent alors.


