3 - Géographie
Flore
Flore Un écosystème insulaire
La végétation bahamienne est sans doute arrivée via le ventre des oiseaux. D'ailleurs, la plupart des arbres locaux produisent des baies et des cosses comestibles. Une minorité de plantes a choisi quant à elle un voyage de type météorologique : de grandes tempêtes en ont acheminé les graines. Beaucoup de plantes, notamment cultivées, ont enfin été introduites par l'homme. Ainsi, le manioc, produit de base de l'alimentation insulaire, provient des Amérindiens. Plus tard, les pommes de terre andines, les pois africains, la mangue des Indes ou encore l'orange chinoise s'acclimatèrent grâce à l'homme. D'autres fruits très populaires, comme la noix de coco ou la banane, demeurent en revanche d'origine indéfinissable. En dépit de son apparente uniformité, la flore des Bahamas possède 1 370 espèces, variétés ou hybrides de plantes. Ce score, sans doute maigre en comparaison de la richesse des environnements subtropicaux habituels, n'est cependant pas négligeable. Ici comme ailleurs, la règle insulaire s'applique : des espèces singulières propres à l'archipel, voire à une île, ont pu se développer. Selon une étude récente, 121 fleurs endémiques et 23 autres plantes coexistent. Cette relative pauvreté ' qui va s'aggravant en descendant dans le sud de l'archipel ' engendre un environnement d'autant plus perméable que des implantations exotiques en profitent parfois pour proliférer dangereusement et évincer encore un peu plus la flore originelle. Des pins australiens (Casuarina) se sont ainsi multipliés depuis leur introduction à la fin du XIXe siècle, dont l'épais tapis d'épines à leurs pieds empêche toute percée de sous-bois. Le cajeput (Melaleuca quinquenervia), un cousin de l'eucalyptus australien, s'est lui aussi propagé à grande vitesse malgré l'assainissement des marécages. La capacité de ces plantes à pomper l'eau nuit actuellement à leur environnement en transformant des sols riches en terres stériles et assoiffées.
La mangrove, une végétation adaptée
La mangrove est un biotope très particulier. Là où la mer et ses eaux salées devraient s'étendre sans ambages, quelques plantes douées d'un sens inné de l'adaptation parviennent à s'extirper au-dessus des flots. Ces plantes constituent la mangrove, une formation végétale typique du littoral tropical qui brouille la limite entre terre et océan. Là donc, juste au bord de la grande bleue, un entrelacs serré d'arbres plongent ses racines ' ou peut-être sont-ce des branches ? ' dans l'eau saumâtre. Il y a d'abord le manglier rouge haut perché sur ses échasses. Pour s'agripper à ce sol qui n'en est pas un, le manglier rouge s'est taillé un bois lourd et dense. Les feuilles des mangliers s'accumulent à leurs pieds et forment bientôt un tapis boueux. Le palétuvier gris, reconnaissable à ses tentacules, les pneumatophores, qui hérissent le sol alentour, peut alors prospérer. Les pneumatophores lui servent à capter le plus d'oxygène possible dans ce milieu hostile tout en harnachant solidement le radeau boueux. Progressivement, les fondations se stabilisent et permettent alors au manglier blanc de s'épanouir. Ce dernier respire non seulement grâce à ses tubulures mais aussi grâce à ses porosités ménagées dans le tronc. Sur ses feuilles se trouvent deux petites glandes lui permettant de secréter le sel. A l'abri de ces enchevêtrements vit une population dense. Outre les moustiques qui pullulent, la mangrove, à la manière d'une pouponnière naturelle, protège des colonies de langoustes, de crabes et de poissons. Les oiseaux ne sont pas en reste. Dans ce fouillis végétal, hérons, pique-boeufs et pélicans nichent tranquillement.
Une pharmacopée végétale
Cette plante mieux connue de ce côté de la Méditerranée sous l'appellation marijuana est cultivée principalement dans les montagnes du Rif, au nord du pays. Cette activité est tolérée. Le kif se consomme de différentes façons. Le majoun, par exemple, est un mélange de miel, de noix et de graines de kif écrasées qui se présente sous la forme de petites boules.




